02/10/2009

Démonstration de force iranienne

La scène internationale a été marquée cette semaine par de fortes tensions sur la question du nucléaire iranien. En effet, lundi 21 septembre, l’Iran dévoilait à l’AIEA l’existence du site nucléaire de Qom. Suite à quoi, lors du G20 de Pittsburg, Barack Obama, entouré de ses homologues français et britannique, a menacé l’Iran de sanctions s’il ne se pliait pas à la surveillance internationale de son programme nucléaire. Les trois puissances se sont en outre opposées à l’enrichissement d’uranium par Téhéran. Pour toute réponse, l’Iran a alors procédé au début de cette semaine à des tirs de missiles de courte et de longue portées, ces derniers pouvant atteindre Israël voire certaines villes européennes.

Jeudi à Genève les négociations des P5+1 (les cinq permanents du Conseil de Sécurité et l’Allemagne)avec les représentants iraniens semblent contre toute attente avoir porté leurs fruits. La stratégie payante fut celle de prendre au pied de la lettre les déclarations iraniennes de développement du nucléaire civil, et de l’aider à y parvenir. La France et la Russie se sont ainsi toutes deux déclarées prêtes à enrichir de l’uranium à destination du nucléaire civil iranien.

Mais tout cela ne se fera qu’au cas où l’AIEA rencontre et éprouve la bonne volonté iranienne d ouvrir leurs installations au contrôle, en particulier celles du site de Qom. Les Etats-Unis ont laissé deux semaines à l’Iran pour faire un geste et ont laissé entendre qu’ils n’étaient plus là pour « parler pour le plaisir de parler ». Le Président Obama a toutefois donné un ton positif aux négociations entamées hier à Genève en parlant de dialogue « constructif ». A noter en outre que pour la première fois depuis la rupture de leurs relations diplomatiques, des officiels iraniens et américains se sont rencontrés en tête à tête.

Contrairement à ses habitudes sur ce sujet, le gouvernement israélien est quant à lui resté silencieux. Il demeure néanmoins sous la pression d’une opinion largement préoccupée par cette question et en demande de réponses claires sur la sécurité du pays. Les analystes n’excluent donc  pas encore une attaque préventive israélienne sur les sites nucléaires iraniens suspects, comme cela avait été fait en 1981 en Irak et en 2007 en Syrie.

Les autorités iraniennes ont donc bien manœuvré cette semaine puisque malgré des gestes de provocations sans précédents, le programme de nucléaire civil iranien a reçu l’aval des grandes puissances. Les incertitudes sont néanmoins encore nombreuses sur les réelles visées du programme nucléaire iranien. Les semaines qui viennent nous en diront sûrement un peu plus. Une fois encore, la balle est dans le camp iranien.

N.J.O.