09/10/2009

Dénouer le Moyen-Orient: Obama Récompensé

Cette semaine a été marquée par le Prix Nobel de la paix obtenu, ce vendredi, par le président américain Barack Obama. Selon le chef norvégien du Comité Nobel, cité par la BBC, le résultat constitue une récompense légitime pour les « efforts extraordinaires pour le renforcement de la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples», démontrés par l’actuel président américain. Les déclarations faites par le Comité Nobel, réunis par le média britannique, mettent l’accent sur l’impact unique de Barak Obama sur la scène internationale actuelle, dans laquelle le président américain a « créé un nouveau climat dans la politique internationale ».

Averti vendredi matin, le président Obama semblait être «touché » par la nouvelle, rapporte laCNN. Ce succès constitue comme un exploit incroyable pour un président américain atteignant seulement la fin de sa première année à la Maison Blanche.

L’année 2009 restera sans doute une année mémorable pour le président américain. Barak Obama fut non seulement le premier africain-américain élu à la Maison Blanche, mais il devient maintenant l’un des rares membres du prestigieux groupe de lauréats du prix Nobel, pour son appel au désarmement mondial, ainsi que pour ses efforts pour le redémarrage des négociations de paix au Moyen-Orient, commente la CNN. Président Obama n’est que le troisième président américain actif à avoir reçu cette récompense prestigieuse, marchant dans les pas de deux autres présidents influents, Theodore Roosevelt et Woodrow Wilson, respectivement récompensés en 1906 et 1919, rapporte le correspondant de CBS News, Mark Knoller.
Le Prix Nobel de la Paix et le Moyen-Orient

Pleinement engagée dans le processus de paix au Moyen Orient, en faveur du désarmement nucléaire et à la recherche d’une plus grande compréhension mutuelle et d’un respect réciproque entre le monde musulman et l’Occident, le président Obama est devenu une figure emblématique pour  la recherche de solutions aux problèmes majeurs au Moyen-Orient.

Le désarmement nucléaire mondial, ainsi que les efforts visant à relancer les négociations de paix entre Israël et la Palestine, marquée par la visite actuelle de George Mitchell en Israël, étaient, selon Haaretz, les facteurs décisifs au succès de Barak Obama. En effet, cette récompense souligne la mesure dans laquelle négociation et dialogue politique sont devenus, pour Barak Obama, des instruments privilégiés dans la résolution du conflit israélo-palestinien, commente le Los Angeles Times.

Cité par The Washington Post, Hagit Ofran, présidente du mouvement Israel’s Peace Now, souligne que la volonté du président Obama reste très respectée et fait valoir que «ce n’est pas la paix et cela ne suffit pas, mais son discours a toutefois changé beaucoup de choses ». Le président israélien, Shimon Peres, souligne dans Haaretz que la paix est devenue «un agenda réel et original » depuis le début de la présidence de M. Obama. De même, Saeb Erekat, négociateur en chef palestinien pour la paix, soutenant fortement la sélection du prix Nobel, declare dans Reuters que Obama « sera en mesure de parvenir à la paix au Moyen-Orient». Simon Robinson, journaliste au TIME, suggère que cette nouvelle plate-forme influente offrira, en effet, «une nouvelle impulsion » aux plans d’Obama pour la paix au Moyen-Orient.

En outre, selon la Jewish Telegraphic Agency, le succès de Barack Obama n’a rien de surprenant, compte tenu des efforts persistants du président à tendre la main au monde musulman. Le discours du Président Obama donnée au Caire en Juin, est cité de façon récurrente comme une preuve de son engagement à améliorer la compréhension mutuelle entre l’Occident et le monde musulman, que le TIME décrit comme un «premier pas vers la réconciliation ». Le Los Angeles Times cite Thorbjoern Jagland, président du comité Nobel, soulignant le rôle clé joué par le président américain dans la fixation d’un «programme entièrement nouveau pour le monde musulman ».
Un Lauréat remis en question

Selon The Washington Post, la sélection du président Obama a engendré un certain nombre de réactions méfiantes au Moyen-Orient. Après avoir félicité le président américain, Ahmed Yousef, ministre adjoint des affaires étrangères du Hamas, a souligné, toutefois, que le président a été « jugé fondé sur de bonnes intentions envers la paix, mais pas sur ses résultats », une position partagée par Danny Danon, membre du partie Likoud.

Cité par Reuters, Sami Abu Zuhri, responsable du Hamas, a accentué le caractère prématuré du succès d’Obama, affirmant que le président américain a, en effet, «rien fait pour garantir la justice pour le bien des causes arabes et musulmanes». Un manque de compréhension mutuelle entre l’Occident et le monde musulman, ainsi que les tensions persistantes dans la région du Moyen-Orient accentuent ainsi les réalisations limitées du président Obama et montrent que beaucoup reste encore à faire.

L’attribution du Prix Nobel de la paix pour un président actif depuis seulement neuf mois, semble un « départ bizarre », récompensant Obama seulement « pour la prestation future des promesses», affirme Peter Beaumont au Guardian. En d’autres termes, les critiques questionneront pourquoi le président Obama a été récompensé du prix Nobel de la paix de façon si prématurée. Cité dans Le Monde, Lech Walesa, ancien lauréat du Prix Nobel, juge ce prix prématuré, soulignant qu’Obama n’a pas encore atteint sa première percée diplomatique concrète.

Mais « pourquoi pas ? » semble être la vraie question.  En effet, le président a incarné depuis son arrivée à la Maison Blanche, tout ce que l’on peut espérer d’un président aussi influent. Ayant récompensés ses succès antérieurs, on peut espérer que ces éloges amélioreront la légitimité de ses actions vis-à-vis le Moyen-Orient et fourniront une base influente pour la réussite de ses ambitieux objectifs à venir.

 

Andrew Bower