02/10/2009

Tensions sur la question nucléaire iranienne

(Revue de presse – semaine du 28 septembre au 2 octobre 2009)

 

Le Président Mahmoud Ahmadinejad n’a jamais cessé de défendre les droits nucléaires de l’Iran et a même, selon le Tehran Times, menacé de retirer l’Iran du Traité de non-prolifération, compromettant ainsi tout espoir d’amélioration dans le règlement des tensions concernant la question nucléaire iranienne. En effet, des questions demeurent sur le véritable objectif des ambitions nucléaires de la République islamique, un problème aggravé par une semaine marquée par la découverte d’une deuxième usine d’enrichissement iranienne et les essais de missiles de longue portée, malgré les grands espoirs placés dans les discussions tenues ce jeudi à Genève. Marquée de tensions, préoccupations sécuritaires, sanctions, secrets et un manque de coopération entre l’Iran et la communauté internationale, la question des ambitions nucléaires iraniennes est régulièrement traitée par la presse régionale et internationale. Nous nous pencherons sur les journaux régionaux arabes et israéliens afin de mettre en perspective l’importance du problème iranien d’un point de vue régional.

La semaine passée a été marquée par un certain nombre de développements dans le dossier nucléaire iranien. Suite à la découverte d’une usine secrète d’enrichissement iranienne, aux essais de missiles à longue portée, ainsi qu’au dialogue tant attendu entre l’Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité accompagnée par l’Allemagne dans les Alpes suisses, l’Iran a de nouveau été au centre des débats, présenté de façon perspicace par Le NationalAl Jazeera a, par exemple, largement couvert les événements de la semaine dernière, offrant simultanément une interview spéciale se concentrant sur les « capacités de l’Iran ».

Selon Sabah, les efforts vers une solution « pacifique par le dialogue» ont été mis à l’épreuve suite la découverte d’une seconde usine iranienne d’enrichissement d’uranium. Les nouvelles récentes d’une deuxième usine d’enrichissement d’uranium construites près de la ville de Qom, a produit un « tollé globale », en dépit des allégations persistantes par les responsables iraniens que la dispersion des installations d’enrichissement n’était pas pour des fins militaires, rapporte Al Jazeera. Le Premier ministre israélien, Avigdor Lieberman, déclare dans leJerusalem Post que la République islamique est « sans doute » à la poursuite d’armes nucléaires. La communauté internationale, conduite par l’agence de supervision nucléaire des Nations Unis, a décrit le développement d’une deuxième installation comme une « violation flagrante du droit international» et a réitéré les accusations selon lesquelles l’Iran a construit son propre arsenal nucléaire « sous le couvert d’un programme nucléaire pacifique et civil », dit Al Watan.

De même, les tensions ont ensuite été aggravées par la réussite d’éssais de missiles longue portée Shahab-3 et Sejil, les missiles de plus longue portée développés par la République islamique jusqu’à aujourd’hui, souligne Al-Jazeera.

Ces événements dramatiques pour les relations entre l’Iran et la communauté internationale interviennent quelques jours avant la rencontre tant attendue entre l’Iran et le groupe 5 +1 qui s’est tenue à Genève ce jeudi. À un moment où les relations entre l’Iran et les Etats-Unis semblent quelque peu s’améliorer suite à une visite rapide du ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, de la représentation iranienne aux Etats-Unis, les optimistes espèrent beaucoup de ces pourparlers.

Le journal turc Today’s Zaman, souligne les avantages potentiels de ces efforts qui pourraient permettre de consolider leur volonté de mettre fin à cette crise par des fins pacifiques. Le document met en évidence la nature novatrice de ces pourparlers, en soulignant la première vraie participation depuis plus de trois décennies, des États-Unis dans les négociations diplomatiques avec l’Iran sur les questions nucléaires. Malgré le degré de tension caractéristique de la coopération iranienne avec la communauté internationale, le Daily Starlibanais souligne que « quelque chose de beaucoup plus prometteur et positif se passe dans les coulisses ». Le Gulf Times a clairement souligné l’importance des pourparlers en Suisse, en soulignant le rôle crucial des « puissances clés » dans un effort de réduire les risques associés aux ambitions iraniennes de prolifération nucléaire. Citant un certain nombre de fonctionnaires américains et des Nations Unis, le quotidien qatari met l’accent sur la nécessité stratégique de confronter la menace iranienne de développement nucléaire pour des fins militaires.

Sans surprise, Israël demeure le chef d’opposition régional concernant le développement du nucléaire iranien. Les articles publiés durant la semaine dans le journal Haaretz confirment un fort sentiment d’opposition à l’Iran vis-à-vis des questions soulevées autour de la découverte d’une deuxième usine d’enrichissement d’uranium. Les inquiétudes israéliennes après le lancement de missiles iraniens de longue portée capables de frapper Israël, sont perceptibles à travers les articles portant sur la question iranienne. Bien que l’importance de «sanctions paralysantes » infligée à l’Iran soit réitérée tout au long de cette semaine, le journal israélien met en garde l’Iran de sa « dernière chance d’échapper à des sanctions sévères » lors des entretiens tenus jeudi. Le pessimisme israélien à l’égard de la question iranienne est clairement perceptible dans un article intitulé « Washington ne comprends pas: l’Iran veut juste la bombe », publié le même jour que les pourparlers de Genève. La position anti-iranienne maintenue par l’Israel est reflété dans un article présentant les résultats des sondages concernant les Juifs américains en faveur d’une intervention militaire en Iran.

En dépit d’opinions divergentes, les journaux arabes et israéliens ont unanimement couvert le cours des événements impliquant l’Iran et la communauté internationale sur la question nucléaire. Le journal belge Le Soir a fait observer que, malgré les divergences entre les nations arabes et leur voisin israélien à l’égard de la menace iranienne, les deux parties semblent partager la conviction que la stabilité régionale pourrait être maintenue de manière plus efficace grâce à la préservation d’un statu quo nucléaire dans la région. La question des ambitions nucléaires de l’Iran reste donc une « zone complexe », remarque John Large pour Al Jazeera. Néanmoins, selon le Jerusalem Post, les pourparlers qui ont récemment eu lieu à Genève ont été décrits par le président Obama comme un « début constructif » pour les relations entre l’Iran et la communauté internationale.