30/10/2009

Une querelle stupide

La querelle qui oppose le Hamas au Fatah a une fois de plus occupé l’actualité moyen-orientale cette semaine. Le Fatah a signé l’accord de réconciliation proposé par le Caire alors que le Hamas a de son côté refusé de la signer. Mahmoud Abbas a alors annoncé dans la foulée la tenue d’élections présidentielles le 24 janvier 2010, alors que l’accord proposait leur report au 28 juin de la même année. Le Hamas a alors riposté en annonçant qu’il interdira l’organisation d’élections dans la Bande de Gaza. Les deux parties bénéficient depuis février dernier de la médiation égyptienne et la situation ressemble encore et toujours à un dialogue de sourds.

Dans une interview dispensée au quotidien saoudien Ash Sharq Al Awsat, le secrétaire général de la Ligue Arabe, Amr Musa, décrit la querelle intra-palestinienne comme la chose la plus « bête » qui pouvait arriver au peuple palestinien dans sa longue lutte. Cette querelle fratricide est en effet stupide. Mais l’Europe en saisit-elle les réelles implications ?

Mahmoud Abbas ne tient en place que par le rôle qu’elle joue sur la scène internationale, et ce rôle ne fait que le rendre plus impopulaire. La crédibilité de l’Autorité Palestinienne s’est ainsi encore trouvée fragilisée suite à la publication du rapport Goldstone (voir un résumé des faits sur le site de RFI). Sous la pression américaine, Mahmoud Abbas avait en effet accepté de remettre l’examen du rapport à plus tard, provoquant ainsi la colère des Palestiniens. Récupérée par le Hamas, cette critique a forcé Abbas a finalement faire «volte-face » et demander l’examen du rapport par le Conseil de Sécurité.

Face à une telle perte de vitesse du Fatah, le Hamas n’a rien à gagner à signer un accord de réconciliation puisqu’il gagne chaque jour en popularité et cela sans efforts. La communauté internationale a quant à elle une position double puisque d’une part elle refuse de traiter avec le Hamas, d’autre part elle ne fait aucun effort pour renforcer la position de Mahmoud Abbas.

Il est difficile de savoir ce que nous réservent les mois à venir. Le futur n’augure rien de bon pour l’unité, non pas du peuple, mais de la classe politique palestinienne. Le peuple, lui, a seulement besoin de cohérence et d’un leadership capable de faire face aux vrais enjeux que représentent l’occupation israélienne ou la détérioration de la situation économique.

 

Nathalie Janne d’Othée