28/11/2009

Le mirage de la Blue Card

Ayant fait son entrée il y a un peu plus d’un an dans le paysage communautaire, la Blue cardvient de passer un cap supplémentaire : le rapport présenté par la parlementaire Ewa Klamt a été approuvé jeudi 20 novembre par le Parlement Européen.

La « Green card à l’européenne » ne suscite pourtant pas l’enthousiasme.

D’un point de vue positif, on peut parler de visibilité, de simplification et standardisation des démarches administratives migratoires dans l’UE.

D’un point de vue négatif, la Blue card fait en quelque sorte figure de non-événement. Sous des dehors de création d’une politique migratoire européenne, la carte ne constitue pas une harmonisation au sens « Européen » du terme, puisqu’elle ne détruit pas les particularismes nationaux en matière d’immigration.

La Blue card vise donc à simplifier la mobilité intra-européenne pour les migrants hautement qualifiés d’Etat tiers, tout en laissant leur prérogative aux Etats. Quant à la clarification des démarches administratives, elle est toute relative vu les variations possibles d’Etat à Etat.

Parler de carte brouille en fait les pistes. La Blue card fait miroiter un accès aisé au marché de l’emploi européen, mais laisse un goût de trop peu. L’effet de pub aura peut-être des conséquences bénéfiques temporaires en terme de compétitivité de l’Europe sur le marché des travailleurs qualifiés. Mais à long terme, le mirage de la Blue card ne pourra néanmoins pas concurrencer sa sœur verte.

 

N.J.O. & L. R.