13/11/2009

Une initiative française bienvenue

La France s’apprêterait-elle à reprendre un rôle actif dans le processus de paix au Moyen-Orient? Les développements diplomatiques de cette semaine semblent le démontrer. Après une visite de Netanyahou mercredi à l’Elysée, plusieurs coups de téléphone à Abbas, Nicolas Sarkozy reçoit aujourd’hui Bachar al-Assad.

Mercredi le Président Français recevait le Premier Ministre israélien à l’Elysée pour un entretien d’une heure quarante au cours duquel le Figaro rapporte une bonne ambiance mais néanmoins un certain nombre de désaccords, sur les suites à donner au rapport Goldstone ou encore sur le gel de la colonisation (voir le Figaro du 12/11/2009). La rencontre semble contre toute attente avoir fourni quelques avancées puisque Sarkozy a appelé jeudi Mahmoud Abbas pour lui faire d’ « importantes suggestions ». Le Président français avait en outre déjà appelé son homologue palestinien mardi afin de l’encourager à poursuivre son travail pour la paix à la tête de l’Autorité Palestinienne (Voir Le Monde, 12/11/2009).

Suite au faux pas de la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton sur la question des colonies (Voir leblog du journaliste du Figaro Pierre Rousselin ), l’effort américain en faveur du processus de paix semble avoir dangereusement pris l’eau. Obama et Netanyahou se sont entretenus lundi lors d’une réunion d’une heure quarante, mais à huis-clos, signe que les relations israélo-américaines sont fraiches. Nicolas Sarkozy choisit donc parfaitement son moment pour jouer la carte française dans la reprise du processus de paix. Ces efforts semblent en outre secondés par Moscou qui tente depuis quelques mois de peser sur la scène moyen-orientale. Sarkozy aurait ainsi proposé à Abbas d’organiser une conférence de paix sur le Proche-Orient dans la capitale russe.

Autre soutien au Président français, celui de Bachar al-Assad qui était reçu ce vendredi à l’Elysée. Suite aux réchauffements des relations franc-syriennes survenues dans la foulée de la Présidence de Nicolas Sarkozy, le Président syrien avait déjà appelé de ses vœux une implication de la France dans le processus de paix israélo-arabe (voir l’interview d’Al-Assad dans le Figaro du 8/7/2008). Il prend acte aujourd’hui de la faiblesse du partenaire américain (voir Interview d’al-Assad dans le Figaro du 12/11/2009) et appelle la France à un rôle plus actif au Moyen-Orient (voir BBC, 13/11/2009).

Bénéficiant du soutien d’une autre grande puissance et plébiscité par la Syrie, la France tiendrait une réelle occasion de débloquer le processus de paix. L’énergie diplomatique de Sarkozy et son pragmatisme sont autant de qualités qui jouent en sa faveur. Le changement de contexte peut également s’avérer un atout : au lieu de la traditionnelle poignée de main sur les marches de la Maison Blanche, assisterons-nous à une embrassade sur le seuil du Kremlin ? Il reste encore à voir si ces initiatives françaises suffiront à convaincre les Israéliens, les Palestiniens, les Syriens, voire les Libanais.

Toutefois, à défaut d’une politique extérieure commune aux 27 membres de l’Union Européenne, ainsi que d’un rôle substantiel de cette dernière sur la scène moyen-orientale, on ne peut que se féliciter de tels gestes. Osons néanmoins espérer que l’Union Européenne secondera l’effort français, afin que celui-ci connaisse un sort meilleur à celui de l’Union pour la Méditerranée.

Nathalie Janne d’Othée