18/12/2009

Rétablir la primauté du droit international

Mercredi les Halles de Schaerbeek à Bruxelles recevaient une journée préparatoire à la première session du Tribunal Russell sur la Palestine. Celui-ci avait été lancé en mars dernier et tiendra sa première session à Barcelone début mars prochain. Cette première séance publique fut gratifiée par un public venu nombreux pour écouter les exposés de personnalités du monde académique, juridique et associatif sur les complicités et les manquements de l’Union Européenne, grâce auxquels l’Etat d’Israël se permet trop souvent de violer impunément le droit international.

L’intervention de l’ancien Premier Ministre néerlandais Dries Van Agt a été particulièrement remarquée. Déplorant le manque de cohérence de l’UE dans ses rapports avec Israël, il a applaudi les récentes conclusions du Conseil des ministres européens, mais a toutefois noté qu’aucune mesure concrète n’avait été prévue au cas où Israël n’obtempérait pas. L’Union Européenne peine souvent à joindre le geste à la parole, et malgré des outils nombreux  à sa disposition, continue à jouer un rôle effacé, essentiellement économique et financier, sur la scène moyen-orientale.

Le Tribunal Russell est donc un « non ! » citoyen de protestation face à cette inertie de la communauté internationale : non aux violations du droit international ne resteront pas impunies, non nous n’oublierons pas les droits inaliénables du peuple palestinien (voir site des Nations-Unies consacré à la question de Palestine), non nous ne laisserons pas nos gouvernements être complices de ces violations. Lord Bertrand Russell avait défini comme premier objectif du tribunal Russell sur le Vietnam (1966) de « prévenir le crime de silence ». Le tribunal se base donc sur un double aspect : la rigueur juridique des rapports d’expertise et des témoignages d’une part, l’ampleur médiatique d’un tribunal d’opinion d’autre part.

En termes de retentissement médiatique, le tribunal Russell sur la Palestine n’en est qu’à ses débuts. Il est néanmoins possible de trouver une mention de ce premier événement public dans les deux grands quotidiens francophones de Belgique : La Libre Belgique et Le Soir. Plus étonnant encore, le quotidien gratuit Metro consacrait ce matin une pleine page à une interview avec Stéphane Hessel, rédacteur de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et parrain du Tribunal Russell sur la Palestine.

Le Tribunal Russell se présente donc comme une initiative citoyenne pour remettre le droit au centre de la question israélo-palestinienne qui rappelle qu’il ne pourra y avoir de paix sans justice dans le conflit israélo-palestinien. Mais au-delà de ce conflit, comme le soulignait Gianni Tognoni du Tribunal Permanent des peuples (Bologne, Italie), le Tribunal Russell pour la Palestine est aussi un « test critique pour la crédibilité minimale du droit international » et en cela concerne notre avenir à tous.

Nathalie Janne d’Othée

Pour en savoir plus sur le Tribunal Russell sur la Palestine, consultez le site :http://www.russelltribunalonpalestine.org/