26/02/2010

L’Union Européenne : acteur de la paix au Proche Orient?

Cette dernière semaine de février a été marquée par la visite en Europe du Président de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, ainsi que du ministre israélien des Affaires Etrangères, Avigdor Lieberman. 

Ce dernier est officiellement venu à Bruxelles pour un congrès avec ces homologues européens ainsi que pour parler du rapport Goldstone. Contrairement à Mahmoud Abbas, dont la venue en Europe a été suivie par les médias, la visite de Lieberman est restée discrète jusqu’à son arrivée. Peut être le ministre israélien redoutait-il les demandes d’explications des gouvernements européens concernant l’affaire du « Dubaïgate » ?  (Voir l’édito de Medea du 19 février 2010).

Il est vrai que les médias se sont plus attardés sur cet événement plutôt que sur la réelle motivation de la visite du Ministre, c’est-à-dire le rehaussement des relations entre l’Union Européenne et Israël. Or la question des relations a son importance dans la détermination du rôle de l’Union dans le conflit israélo-palestinien.
Le processus de paix au Proche Orient fut également mentionné lors la rencontre  du Ministre des Affaires étrangères israéliennes avec Catherine Ashton, haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères. Lieberman a rassuré les inquiétudes européennes quant à la relance des négociations avec la Palestine.  Le Président du Parlement Européen, Jerzy Buzek, a déclaré que l’Etat d’Israël était un partenaire important pour l’Union Européenne. De plus, ce dernier  a profité de cette occasion pour pousser les israéliens a relancé le processus de paix avec les palestiniens.

Un débat sur le rapport Goldstone était justement organisé au Parlement Européen mercredi. Cependant, la présence d’un homme tel que Lieberman à Bruxelles, a provoqué un sentiment de malaise au sein de l’hémicycle européen.

Cela a été  exprimé par Véronique De Keyser (MEP, PSE). L’eurodéputée  a rappelé les conséquences lourdes de l’attaque israélienne et le courage du rapport établi par le juge Goldstone pour les Nations-Unies. Elle a dénoncé la politique menée par Israël pour bloquer toute suite à ce rapport, et a rappelé que le Parlement Européen n’admettrait aucune intimidation. Elle s’est également exprimée quant à la visite de Mr Lieberman : « Vous n’êtes pas le bienvenu, non pas parce que vous représentez Israël, mais parce que vos positions racistes et xénophobes ne sont pas conformes aux valeurs européennes ». Véronique De Keyser a terminé en demandant « La lumière et la justice, rien d’autre ».

Il est regrettable que, du aux récents événements à Dubaï, le processus de paix dans le conflit israélo-palestinien ne fut pas une priorité.
De plus, à quelques jours près de la venue d’Avigdor Lieberman, c’est au tour de Mahmoud Abbas d’arriver à Bruxelles.
Le voyage du Président de l’Autorité Palestinienne avait pour objectif de renforcer ses soutiens internationaux afin de défendre ses intérêts dans les négociations. Cet appui a été trouvé auprès des ministres des Affaires étrangères français et espagnol, Bernard Kouchner et Miguel Angel Moratinos. Ces derniers avaient proposé lors d’une tribune commune dans le Mondeque l’Union Européenne joue un nouveau rôle en établissant un « calendrier de négociations ».

Il serait souhaitable que le processus de paix soit relancé, avec un nouveau dynamisme. Suite à l’absence de résultats des politiques lancées par les Etats-Unis, l’Autorité Palestinienne place son espoir en l’Union Européenne qui serait à même de donner un nouvel élan aux négociations.
Or, l’Union ne peut pas jouer un double rôle : si elle se place en tant que moteur dans les négociations, elle se doit d’adopter un positionnement clair dans ses relations avec l’Etat juif, et se doit de protéger les droits des Palestiniens.

Sophia Vignard