Monde arabe. Etat des résistances dans le Sud 2010, éd. Bernard Duterme et Aurélie Leroy, Paris, Syllepses, 2010. (Alternatives Sud, Vol. XVI-2009/4)

(Quatrième de couverture)

Deux clichés sont d’emblée discutés par cet Etat des résistances dans le monde arabe. D’abord, celui du « vide d’acteurs » civils et sociaux qui caractériserait les sociétés non démocratiques. L’autoritarisme, le militarisme ou les tiraillements des Etats de la région auraient pour corollaire mécanique la confiscation rédhibitoire de tout espace autonome de mobilisation citoyenne et de contestation sociale.

Ensuite, second lieu commun mis en perspective, l’épuisement de l’essentiel des formes protestataires dans la figure simplifiée et réifiée des « fous de Dieu », figure qui fige et surdimensionne la rhétorique religieuse. Les contradictions supposées intrinsèques entre mouvements islamistes et dynamiques de modernisation sociale et politique sont fixées a priori. Or, les réalités des résistances à l’ordre établi et aux inégalités sociales dans le monde arabe apparaissent, à un deuxième niveau de lecture, à la fois plus denses et plus complexes.

L’échec des politiques de développement mimétique, l’essoufflement des moteurs idéologiques – socialisme, nationalisme, panarabisme – des Etats postcoloniaux et les crises laissées ouvertes par la libéralisation économique, la mondialisation et la géopolitique du pétrole ont nourri le mécontentement social et ouvert la voie à la (ré)émergence de sociétés civiles identitaires, nationalistes et démocratiques… Les réactions des pouvoirs contestés oscillent entre éradication, répression cachée, cooptation sélective, ouvertures en trompe-l’oeil et intégration neutralisante à la scène politique.

 

MAZZELLA (Sylvie), La mondialisation étudiante : le Maghreb entre le Nord et le Sud, Edition Karthala,  2010, 404p, Collection : Hommes et société

(quatrième de couverture)

Rares sont les études empiriques qui interrogent les formes actuelles d’internationalisation de l’enseignement supérieur dans les pays du Sud, et plus particulièrement au Maghreb. Fruit d’une recherche collective – menée dans trois pays du Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie) et en France -, ce livre pose un autre regard sur le sens des transformations en cours de l’enseignement supérieur et des mobilités étudiantes Sud-Nord et Sud-Sud. Comment les universités maghrébines s’adaptent-elles au processus de Bologne dit LMD ? De quelles manières les états du Maghreb autorisent-ils l’ouverture d’universités privées nationales et étrangères ? Depuis 2005, quelle politique d’immigration des étudiants la France met-elle en place dans les pays d’origine ?

À un moment de restriction de l’accès aux universités publiques européennes et américaines, les auteurs analysent également un autre volet rarement exploré jusqu’ici : la venue au Maghreb d’étudiants étrangers issus du reste du continent africain. Des changements sociaux significatifs sont analysés tels que l’implication de nouveaux entrepreneurs du savoir, brouillant la frontière public/privé, le profil du « bon » étudiant du Sud dans la mondialisation, et la constitution d’une nouvelle élite subsaharienne formée au Maghreb, issue des classes moyennes et supérieures, et dont la demande sociale produit déjà ses effets en termes de politiques publiques d’enseignement et d’immigration.

Le Maghreb, entre Europe et Afrique, occupe sans doute une place stratégique dans la création d’un large espace universitaire euro-africain, mais il doit se frayer un chemin étroit entre régime autoritaire et politique libérale, contrôle des états et « marchandisation » des savoirs.

 

LAURENS (Henry), Le rêve méditerranéen : Grandeurs et avatars, CNRS, 2010, 31p

L’affirmation d’un commun humanisme méditerranéen, dans la lignée de Valéry et de Camus, permettra d’intégrer la totalité des patrimoines de la Méditerranée en, un même ensemble, mais tendra à rejeter au second plan les référents religieux, au risque de susciter d’irrémédiables résistances.H.L.

 

BERGEAUD-BLACKLER (Florence) et BERNARD (Bruno), Comprendre le Halal, Editions EDIPRO, 2010, 160p

Derrière le terme arabo-islamique halal se cache un grand marché qui concerne un nombre toujours croissant de produits de consommation que les pays les plus industrialisés s’échangent. Le « marché halal » n’est pas un marché traditionnel mais un produit de la modernité.
Comprendre le Halal est un ouvrage de vulgarisation dont le but est de permettre à tous, musulmans et non musulmans, de comprendre les origines et les principaux enjeux économiques et sociaux de la production, de la régulation et de la consommation halal.

 

OSELLA (Filippo) and SOARES (Benjamin) , Islam, Politics, Anthropology, WileyBlackwell,  2010, 256p

Islam, Politics, Anthropology offers critical reflections on past and current studies of Islam and politics in anthropology and charts new analytical approaches to examining Islam in the post-911 world.- Challenges current and past approaches to the study of Islam and Muslim politics in anthropology- Offers a critical comprehensive review of past and current literature on the subject- Presents innovative ethnographic description and analysis of everyday Muslim politics in Asia, Africa, the Middle East, and North America- Proposes new analytical approaches to the study of Islam and Muslim politics.

 

AÏT-CHAALAL (Amin), KHADER (Bichara) et ROOSENS (Claude), Proche-Orient entre espoirs de paix et réalités de guerre, Bruxelles, Editions GRIP, 2010.

Les développements contemporains de la question israélo-palestinienne s’inscrivent dans une trame historique dense et complexe. Le poids de cette question et sa présence permanente au sein des préoccupations internationales depuis plus d’un demi-siècle incitent à étudier avec attention sa genèse et ses évolutions.

Vu les positions partisanes des principaux acteurs impliqués, il n’est guère facile de se forger une opinion nuancée. Sans nier le droit à une interprétation engagée, il importe, d’un point de vue scientifique, d’aborder l’examen de ces conflits et des processus en cours à partir des données brutes : textes, documents, statistiques, cartes.

Les diverses pièces du « puzzle » sont ensuite décryptées et liées entre elles par des textes d’analyse et de réflexion. Ce qui permet d’établir une cohérence et de donner une vision d’ensemble de la problématique.

L’ouvrage s’articule autour de quatre chapitres :
– Les circonstances historiques analyse les évolutions jusqu’en 1947.
– Le chemin complexe vers une perspective de conciliation traite de la période 1947-1991, de la résolution 181 sur le partage de la Palestine à la conférence de Madrid.
– Le processus de paix au Proche-Orient et sa destruction porte sur les évolutions depuis 1991.
– La question de Jérusalem s’intéresse au cas spécifique de la Ville sainte.
– La postface traite des premières étapes de la politique au Proche-Orient du président Barack Obama.

L’Institut MEDEA a été associé à la matinée de présentation du livre le 13 octibre 2010 >> voir notes.

 

 

 

AL FATTAL (Rouba), European Union Foreign Policy in the Occupied Palestinian Territory, PASSIA, Jerusalem, March 2010, 228p.

Fifteen years after its launch, the impact of the Barcelona Process on the Palestinian Territories is in need of a reassessment. Despite some initial improvements in the political and economic structures, the EMP alone failed to anchor a peace deal between Israel and the Palestinians leading to the outbreak of the Second Intifada.
In response, the ENP was launched to bring a number of new foreign policy instruments which induced substantial reforms. However, Hamas’ electoral win brought a halt to the EU’s aid and diplomacy. This boycott proved detrimental, as it widened the rift between the main parties to the point of no reconciliation. Whether the UfM proves any better than its predecessor policies in the region remains to be seen.
This work aims to provide a broad picture of EU’s policies toward the Palestinian Territories, in order to draw lessons from them and offer proposals for the way ahead.

 

During the 1990s, Libya has had to face several threats. The regime was threatened by the international community who wanted to impose sanctions, but also Islamists were the main opponent of Colonel Gadhafi, seeking to overthrow the regime. (suite…)

 

Pendant les années 1990, la Libye a du faire face à plusieurs menaces. Non seulement le régime était menacé par la communauté internationale de sanctions mais l’islamisme s’imposait comme principal opposant du Colonel Kadhafi, cherchant à renverser le régime en place. (suite…)

 

– Netanyahou devra choisir (26/3/2010) – La Libre Belgique

Netanyahou pense avoir avancé dans sa recherche d’un « juste milieu » entre les demandes américaines et les exigences de son électorat nationaliste. Tel n’est pourtant pas l’avis de la Maison Blanche pour laquelle la rencontre entre Netanyahou et Obama n’a rien apporté de nouveau. Le Premier Ministre israélien devra pourtant choisir entre son credo nationaliste et la relance diplomatique.

– La tension irakienne monte du fait du malentendu des candidats sur le résultat à la veille de l’élection (Iraqi tension rises as poll candidates dispute result on eve of election) (25/3/2010) – The Guardian

En Irak,  aucun des deux antagonistes ne veut reconnaître les résultats des élections s’il perd. Nouri al-Maliki, le premier ministre sortant, a condamné la manière dont les 13 millions de votes avaient été compté et dit ne pas vouloir empêcher l’éclatement de violences. Son challenger, Iyad Allawi et sa coalition mixte a reçu a grand appui de la communauté sunnite. Aucun des deux leaders de coalition n’est garanti de prendre la place de Premier Ministre en cas de victoire au vu des difficiles négociations pour la formation d’un gouvernement. La situation semble donc instable à la veille du retrait des troupes américaines d’Irak.

– Les ambitions syriennes au sommet (Syria’s summit ambitions) (25-31/3/2010) –Al Ahram Weekly

A l’approche du sommet arabe qui se tiendra les 27 et 28 mars prochain à Tripoli, la Syrie place ses pions afin qu’y soit consacrée sa place de leader régional. Le Président Bashar Al-Assad a rencontré mercredi son homologue libyen Mouammar Kadhafi afin de préparer le sommet et trouver les moyens d’empêcher d’éventuels blocages du sommet. De son côté, le Vice-Président syrien Farouk al Sharae a fait le tour des capitales arabes afin d’aplanir les différends avant le Jour J. La Syrie veut que le sommet se focalise sur des sujets recevant l’assentiment quasi général comme la question de la réconciliation palestinienne ou la menace militaire israélienne. Suite à trois années de froid entre la Syrie et l’Egypte, Damas désire également reprendre des relations de collaboration avec le Caire. Mais avant d’être accepté comme leader régional, la Syrie devra s’expliquer sur certaines questions comme celle de ses relations avec l’Iran ou le Hezbollah libanais.

– Vers une troisième Intifada palestinienne? (Towards a Third Palestinian Intifada?) (23/10/2010) – Arab Reform Bulletin

Les heurts de plus en plus fréquents à Jérusalem Est et en Cisjordanie prédisent-ils l’éclatement d’un troisième Intifada ? Hossam Ezzedine, journaliste de Ramallah, souligne que les divisions de la société palestinienne entre Fatah et Hamas ne rendent pas possible une nouvelle Intifada. Le Hamas appelle à un nouveau soulèvement armé. De son côté, le Fatah appelle à la résistance passive et soupçonne les autorités israéliennes de provoquer les violences afin de masquer la crise diplomatique en cours avec les Etats-Unis.

– Hissa Hillal, une femme saoudienne, détruit le clergé musulmans sur Live TV (Hissa Hilal, Saudi Woman, Blasts Muslim Clerics On Live TV) (22/3/2010) – Huffington Post

Dans un concours télévisé de poésie arabe, calqué sur le modèle d’ « American Idol », sur la chaîne Live TV, Hissa Hillal a déclamé une poésie s’en prenant férocement au clergé musulman. Cette femme saoudienne, dont seuls les yeux sont visibles des téléspectateurs s’insurge contre les prédicateurs musulmans « qui sont assis dans la position de force, mais ne font au final qu’effrayer les gens avec leurs fatwas, ou décrets religieux, fondant comme des loups sur leurs proies sur ceux qui désirent la paix ».

– Asharq Al Awsat parle au nouveau chef d’Al Azhar, le Dr Ahmed al-Tayeb(Asharq Al-Awsat Talks to New Al-Azhar Head Dr. Ahmed al-Tayeb) (21/3/2010) –Asharq Al-Awsat (anglais)

Dans une interview avec Mohammed Khalil au Caire, le nouvel Sheikh d’Al Azhar, le Dr Ahmed al-Tayeb s’exprime dans Asharq al-Awsat à propos de sa succession au Sheikh Mohammed Sayyed al-Tantawi, décédé la semaine passée. Le nouveau chef d’Al-Azhar est connu pour être un modéré et un critique des Frères Musulmans. Son programme sera axé sur le renforcement de l’éducation d’un l’Islam modéré, basé sur la tolérance et qui formera des générations d’étudiants « capables de s’accommoder aux changements de la modernité ». Le nouveau Sheikh désire également renforcer le dialogue interconfessionnel avec l’Occident, initié par Al Azhar il y a quelques années.