28/05/2010

Report du Sommet de l’Union pour la Méditerranée : nouvel échec

Le Sommet pour l’Union pour la Méditerranée, regroupant les 43 pays, devait avoir lieu le 7 juin 2010, sous présidence Espagnole. Malheureusement, Madrid a annoncé que cette réunion serait reportée à novembre prochain dans le but officiel de laisser du temps aux négociations indirectes entre Israéliens et Palestiniens.
Cependant, ce report n’a point été un choix mais une obligation. En effet, les pays arabes membres de l’UpM avaient menacé de boycotter ce sommet si Israël s’y rendait. Ainsi, lorsque le 11 mai dernier, Avigdor Lieberman, ministre israélien des affaires étrangères, a annoncé qu’il ferait partie de la délégation israélienne, la France et l’Egypte qui co-président l’UpM, en accord avec l’Espagne, ont souhaité remettre à plus tard le Sommet en espérant une avancée des négociations durant les prochains mois.
L’Union pour la Méditerranée n’a pas un objectif politique, au contraire, elle s’est construite sur la base de projets plus techniques qui permettraient aux Etats membres d’avancer sur des questions touchant à l’énergie ou l’environnement. Il est navrant de constater que même en essayant de s’attaquer à des problèmes plus concrets, l’UpM fait face à des difficultés d’ordre politique. Lorsqu’Israël est concerné, l’UpM doit faire face à une unité arabe qui bloque alors toute avancée possible. Ce front commun arabe contre l’Etat juif est mené par certains états plus durs et plus exigeants que d’autres, notamment la Syrie. D’ailleurs, c’est pour cela que les ministres espagnol et français des Affaires étrangères ont rendu visite au dirigeant syrien Bachar El Assad, dans l’espoir de le convaincre de ne pas boycotter le Sommet UpM.
Le report du Sommet marque un nouvel échec pour l’UpM, qui venait d’essuyer une défaite en avril dernier lors de la conférence Euromed sur l’eau.  Tant que la situation au Proche Orient n’est pas tempérée, il va être difficile pour l’UpM d’avancer sur des projets. Elle connaîtra toujours des paralysies et n’aura jamais un fonctionnement fluide.  Le processus est bloqué pour l’UpM qui va, en attendant novembre 2010, devoir espérer que les négociations indirectes portent leurs fruits.
L’UpM n’a aucune position dans le processus de paix et c’est là un de ses points faibles. Mais ce qui est le plus regrettable est que l’Union Européenne reste en retrait sur la question du conflit israélo-palestinien alors qu’elle a une carte à jouer, un rôle à prendre pour tenter de changer la situation au Proche Orient.

Sophia Vignard