13/08/2010

Tensions israélo-libanaises

Le heurt entre le Liban et Israël était prévisible à en croire le rapport que venait justement de publier l’International Crisis Group (Drums of War : Israel and the « Axis of resistanceICG, 2/8/2010) la veille de l’incident qui opposa les deux pays la semaine dernière. Celui-ci met en exergue la situation autrement explosive du Liban, situé au point de rencontre des lignes de fractures régionales.

D’aucuns pourraient en effet s’étonner du calme qui règne entre Israël et le Liban depuis la fin de la guerre qui opposa Tsahal au Hezbollah durant l’été 2006. Cette accalmie n’est qu’une surface cachant une situation sous haute tension entre les deux pays. Le Hezbollah n’a cessé de se réarmer depuis quatre ans, grâce au soutien iranien, et sans qu’aucune mesure ne soit prise par le gouvernement libanais pour le limiter dans ses ambitions.

Depuis deux ans, les cas d’espionnage israéliens découverts au Liban se multiplient. Récemment, un réseau ayant infiltré la compagnie de téléphonie publique a été démantelé. Et cette semaine encore, un ancien général de l’armée libanaise, Fayez Karam, cadre du Courant Patriotique Libre (CPL) du général Aoun, a été accusé de collaborer avec l’état hébreu.

Enfin, tandis que Tribunal spécial des Nations-Unies pour le Liban s’apprête selon certaines sources à inculper des membres du Hezbollah, le leader du parti de Dieu, Hassan Nasrallah, a déclaré détenir des preuves de l’implication d’Israël dans le meurtre  de l’ancien Premier Ministre Rafik Hariri.

La situation est crispée, et les risques de conflits sont réels. La semaine passée, la « guerre de l’arbre » n’a pas eu lieu grâce à un déploiement en force de la diplomatie internationale. Mais la tension ne s’est pas résorbée pour autant. A la moindre étincelle, la frontière israélo-libanaise peut s’embraser. Selon le rapport de l’ICG, la solution se trouve dans une reprise des pourparlers de paix entre Israël et la Syrie, et ensuite, l’instauration de négociations de paix entre Israël et le Liban. L’intervention des Etats-Unis et des Européens dans ce sens est donc essentielle à ce stade. Quant aux Nations-Unies, il est impératif qu’elles renforcent l’application de la résolution 1701.

Nathalie Janne d’Othée