24/09/2010

Le Rapport Anna Lindh : un nouveau souffle pour l’UPM

Ce 15 septembre était présenté à Bruxelles le rapport Anna Lindh sur les tendances interculturelles 2010 dans la région euro-Méditerranée. Pour rappel, la Fondation euro-méditerranéenne Anna Lindh pour le Dialogue entre les Cultures, créée en 2005 par les gouvernements du Partenariat Euro-méditerranéen (Euromed), est un réseau d’organisations de la société civile œuvrant pour la promotion du dialogue interculturel dans la région méditerranéenne.

Ce rapport, très attendu, est un instrument scientifique qui combine à la fois une étude réalisé sur un échantillon de 13000 familles issues de 13 pays de la région tentant d’identifier les tendances actuelles dans les perceptions mutuelles, les valeurs, les comportements au sein du peuple des deux rives de la Méditerranée, avec une série d’analyses réalisées par un groupe d’experts pluridisciplinaires issus de différents pays de la région.

La démarche, selon le président de la fondation Anna Lindh André Azoulay, a été structurée dans une logique inclusive et novatrice « qui permet de mener la vie dure à ceux qui veulent monter les cultures les unes contre les autres ». Il rejette donc les idées reçues – souvent mises en avant ces dernières années au nom d’un prétendu clash des cultures – qui minent les relations humaines, économiques et socio-culturelles des deux rives de la Méditerranée. Le rapport observe en effet qu’il existe en Méditerranée un sentiment d’appartenance commune, des comportements culturels communs et l’attente d’un projet méditerranéen commun. Il souligne l’importance des villes, de la jeunesse et de la religion dans le débat interculturel. Cependant, le rapport note que les idées fausses et les stéréotypes persistent malgré un certain intérêt mutuel. Enfin, les médias y apparaissent à la fois comme un vecteur de dialogue mais aussi, et malheureusement, de stéréotypes.

Il  ressort très certainement du rapport une compréhension plus détaillée des obstacles à surmonter pour améliorer les relations interculturelles et la compréhension mutuelle et pour développer un projet commun basé sur des valeurs partagées. Les recommandations, loin d’être un catalogue de bonnes intentions, doivent maintenant susciter l’intérêt des responsables politiques des deux rives de la Méditerranée au moment où projet de l’Union pour la Méditerranée piétine.

Le rapport Anna  Lindh est-il l’outil socio-culturel qui peut donner un nouveau souffle à l’UPM ? On ne peut que souhaiter qu’il soit le début d’une spirale positive vers une plus grande compréhension mutuelle, un dialogue plus ouvert et plus franc qui pourrait mener à une coopération renforcée bénéfique aux deux rives de la Méditerranée. Cependant, les obstacles restent nombreux, au premier lieu desquels le conflit israélo-palestinien qui stigmatise lui-même de nombreuses idées reçues et stéréotypes, car, comme l’a également souligné André Azoulay à Bruxelles de manière très réaliste, « il n’y aura pas de Méditerranée tant qu’il n’y aura pas de Palestine ».

Geoffroy d’Aspremont