29/10/2010

Les Relations UE-CCG envahissent le Parlement Européen

L’état des relations entre l’UE et ses partenaires du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) a été l’objet de discussions ce mardi 26 Octobre au Parlement européen, dans le cadre d’une audition publique organisée par la Commission Parlementaire pour les Affaires Etrangères (AFET), en partenariat avec la Comission Parlementaire pour le Commerce International (INTA). Deux experts sur les relations UE-Golfe étaient présents pour débattre, informer et accentuer l’importance stratégique des relations UE-CCG pour l’avenir. Le nombre relativement élevé de participants, comprenant des fonctionnaires de l’UE, les ambassadeurs du Koweït et du CCG, ainsi que des représentants d’ONG et des journalistes, laisse peu de doute quant à l’intérêt européen grandissant envers la région du Golfe.

De toute évidence, l’importance stratégique de la Péninsule Arabique ne peut être sous-estimée. Avec plus de 60% de toutes les réserves connues de pétrole, les pays du Golfe comptent pour un tiers de la production mondiale de pétrole et restent l’une des principales forces de stabilisation sur le marché international du pétrole. Néanmoins, avec la percée de nouveaux acteurs sur la scène internationale, la concurrence pour l’accès aux ressources naturelles du Golfe n’a jamais été aussi féroce. Avec l’influence grandissante d’investisseurs asiatiques et latino-américains dans la région, l’UE ne sera pas en mesure de s’appuyer encore longtemps sur son influence historique dans la région, si elle souhaite garantir son accès futur aux ressources naturelles du Golfe.

Il en va de même pour d’autres domaines économiques tels que la haute technologie et de la sécurité, des secteurs que les pays du Golfe cherchent à exploiter afin d’alléger leur dépendance économique sur le pétrole. Les pays du CCG s’orientent de plus en plus vers le développement de la haute technologie et l’élaboration d’autres projets futuristes (Dubai en est un bon exemple), suscitant ainsi l’intérêt des pays d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique. Si l’Europe veut donc éviter d’être considérée comme un Vieux Continent à la traîne sur la scène commerciale internationale, la mise en place d’un partenariat renforcé avec les états du CCG doit être une priorité.

La proximité des pays du CCG de certains des principaux points chauds de la planète, comme l’Iran, le Yémen, l’Irak et le Pakistan, ainsi que l’interaction des pays du CCG dans la région, sont des éléments importants pour la stabilité régionale et la sécurité internationale, qui appellent également à renforcer les liens stratégiques entre l’UE et la région du Golfe. Selon les experts présents, un Partenariat Stratégique doit donc être envisagé dès que possible. Celui-ci accenturait, en outre, le rôle de l’UE sur la scène géo-stratégique régionale et internationale.

Il est important également de souligner qu’un partenariat renforcé UE-CCG bénéficiera grandement les états du CCG. Le CCG demeure une structure régionale relativement nouvelle et fragile, composée de pays qui connaissent d’importantes réformes économiques et politiques. L’UE, par son expérience en termes d’intégration régionale et de son apparente solidité structurelle, se révéle un partenaire régional précieux pour le CCG qui tente de devenir une entité régionale crédible. En outre, le renforcement des liens avec l’UE aidera les pays du CCG vers une plus grande diversification de leur économie (voir l’édito sur les villes économiques en Arabie Saoudite). Enfin, une meilleure collaboration, entraide et connaissance réciproque ne peuvent qu’aider à soulager progressivement les pays du CGG des nombreux stéréotypes négatifs souvent associés à la région.

Prenant en compte tous ces critères, il semble être dans le meilleur intérêt de l’UE de développer ses relations avec les pays du Conseil de coopération du Golfe. Comme l’ont souligné unanimement les orateurs, il est temps de regarder au-delà des plans d’Accord de Libre Echange, qui font obstacle à l’avancement d’une relation qui pourrait être mutuellement bénéfique. Pourquoi ne pas commencer par la tenue régulière de sommets UE-CCG afin de permettre aux deux parties d’échanger, de collaborer et, surtout, d’apprendre à se connaître les uns les autres? Comment le prochain Conseil Conjoint UE-CCG, qui se tiendra aux Émirats Arabes Unis en 2011, pourra être utilisé pour promouvoir l’importance d’un partenariat stratégique UE-CCG? Ces suggestions, qui ont été soulevées par les différents intervenants, ne seront sûrement pas la concrétisées de sitôt, mais fourniront néanmoins matière à réflexion pour une audience  dont l’intérêt pour de meilleures relations avec le Golfe semble avoir pris un élan considérable.

Andrew Bower