01/10/2010

Processus de paix israélo-palestinien: un rôle à prendre pour l’UE

Les médias de cette semaine ont rendu compte d’efforts frénétiques pour sauver les négociations directes entre Palestiniens et Israéliens enclenchées au début du mois de septembre. Personne, que ce soient les Etats-Unis, Mahmoud Abbas ou Benjamin Netanyahou, ne désire porter la responsabilité d’un échec.

Mahmoud Abbas repousse sans cesse sa décision de quitter la table des négociations, la date butoir étant désormais reportée à sa rencontre la semaine prochaine avec les autres membres de la Ligue Arabe. Benjamin Netanyahou semble quant à lui utiliser la méthode Coué pour se persuader qu’il est un homme de paix, et qu’un accord reste possible. Ne pouvant plus essuyer un échec, Barack Obama continue de son côté à faire pression sur Netanyahou afin que celui-ci prolonge le moratoire sur la colonisation de deux mois. Des rumeurs ont d’ailleurs dévoilé des offres plus que généreuses pour convaincre le Premier Ministre israélien, ce qu’a tout de suite démenti la Maison Blanche.

Après une absence remarquée depuis le début des négociations, l’Europe semble également s’être mise au chevet de la paix moribonde. Suite à la reprise de la colonisation à l’expiration du moratoire dimanche dernier, la Haute Représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, a déclaré : « La position de l’UE est très claire : les colonies sont illégales selon le droit international, représentent un obstacle à la paix et menacent de rendre une solution à deux-Etats impossible » (Déclaration du 27 septembre 2010en anglais).

Pourtant l’UE ne semble pas oser signifier cette « position claire » à son partenaire israélien. Premier marché d’import et d’export captant un tiers de son commerce extérieur d’Israël,, l’UE a à sa disposition des leviers d’action qui pourraient avoir une incidence sur le processus de paix. Au lieu de cela, Catherine Ashton semble avoir choisi la solution de la facilité en poussant Mahmoud Abbas à poursuivre les négociations (voir « Catherine Ashton se rend au Proche-Orient » dans Le Point, 30/9/2010).

La dynamique entre les trois acteurs traditionnels du processus de paix tourne fou. L’entrée en scène de l’UE est souhaitable, si pas indispensable, pour sauver l’actuel cycle des négociations et ceux qui s’y sont investis. Elle permettrait à la politique extérieure de l’UE de se montrer à la hauteur de ses ambitions. Il reste donc à espérer que l’UE ira désormais au-delà des formules creuses.

Nathalie Janne d’Othée

>> Sur le même sujet, voir aussi l’article de Bilal Benyaich, L’Europe, fantôme dans les négociations israélo-palestiniennes?