17/12/2010

Coopération UE-Maroc: et après

Trois nouveaux accords entre le Maroc et l’Union Européenne ont été signés lors de la neuvième session du conseil d’association UE-Maroc. Ces accords sont relatifs à la participation aux programmes communautaires, à l’agriculture et au règlement des différends.

En vertu de l’accord sur la participation du Maroc aux programmes communautaires, le Royaume est autorisé à participer à tous les programmes actuels et futurs de l’Union européenne ouverts au Maroc. L’accord précise que les représentants du Maroc sont autorisés à participer à titre d’observateurs et pour les points qui concernent le Royaume, aux comités de gestion chargés du suivi des programmes auxquels le pays contribue financièrement.

Le deuxième accord prévoit la mise en œuvre de manière progressive d’une plus grande libéralisation d’échanges réciproques de produits agricoles et de produits de la pêche et  s’inscrit dans le cadre de la feuille de route euro-méditerranéenne pour l’agriculture (feuille de route de Rabat) adoptée en novembre 2005 lors de la conférence euro méditerranéenne.

Finalement, le troisième accord sur le règlement des différends a pour objectif de prévenir et de régler tout différend de nature commerciale entre les parties signataires, en vue de parvenir, dans la mesure du possible, à une solution mutuellement acceptable.

Pour rappel, le Maroc a depuis octobre 2008, obtenu le « statut avancé ». Plus que l’association, sorte d’antichambre à l’adhésion, ce statut vise en théorie à dépasser le cadre de l’association en place et atteindre un niveau renforcé de partenariat, incluant les sphères politique et de sécurité, économique et financière, sociale et culturelle. La signature de ces trois accords s’inscrit donc dans ce processus de renforcement de la coopération entre le Maroc et l’Union Européenne.

Cet accord a été salué avec enthousiasme par la presse marocaine et l’Union Européenne – alors que la presse européenne a été quasi muette sur l’événement – , quelques semaines seulement après les tensions nées suite à la répression marocaine au Sahara Occidentale et les réactions d’indignations en Europe. Le Matin, journal proche de la monarchie, souligne par exemple que « Les relations entre le Maroc et l’Union européenne (UE) sont à placer sous le sceau de l’excellence ».

L’Union Européenne s’est également félicité de ces accords en indiquant que « l’Union Européenne considère que son partenariat avec le Maroc a une valeur fondamentale compte tenu du rôle qu’il joue non seulement au Maghreb et sur le continent africain, mais dans toute la région méditerranéenne ». Cependant, l’UE, tout en félicitant le Maroc pour sa coopération en matière de droits de l’homme, a indiqué qu’elle encourageait le Maroc à collaborer étroitement avec les Nations Unies en vue de trouver une solution juste, acceptable et équitable qui permettrait l’autodétermination du peuple sarahoui, comme le stipule les résolutions des Nations Unies, ce dont la presse marocaine n’a pas touché mot.

On ne peut que se féliciter de cette coopération renforcée avec le Maroc et espérer que d’autres accords de ce type suivront, non seulement avec le Maroc, mais aussi avec d’autres partenaires Méditerranéens. Le renforcement de cette coopération montre que l’Union Européenne a tout de même la capacité d’être un acteur sur lequel il faut compter en Méditerranée. Il faut maintenant qu’elle profite de cet élan en pesant de tout son poids, et donc autrement que par des encouragements, pour favoriser la signature d’un accord équitable concernant l’éternel conflit au Sahara Occidental .

Geoffroy d’Aspremont