04/03/2011

28 février au 4 mars 2011

– Face-à-face tendu à Bahreïn
01/03/2011 – Le Monde diplomatique

Depuis le 14 février 2011, le petit royaume de Bahreïn est en proie à des mouvements de protestations sociales et politiques. Après une vague de répression par l’armée, un calme précaire prévaut depuis le 17 mars sans pour autant que les manifestants n’aient renoncé. Depuis son émancipation des tutelles perse et britannique, le Bahreïn est caractérisé par une agitation politique constante. En effet, plusieurs éléments poussent au mécontentement populaire. La dissolution de l’Assemblée et l’abrogation de la Constitution mises en place en 1973, le chômage et les discriminations touchant en particulier les Chiites (majoritaires dans un pays dominé par une monarchie sunnite) en font partie. Malgré une campagne entachée de fraudes en faveur du gouvernement, l’opposition obtient tout de même, en 2006, 17 sièges sur 40 mais ses revendications ne sont pas prises en compte. Le mécontentement grandit et débouche sur les manifestations du 14 février, la répression, puis le face-à-face qui se prolonge avec le gouvernement et le mouvement sunnite pro-monarchie. Il existe parmi les manifestants des divergences entre ceux qui réclament l’abolition pure et simple de la monarchie et ceux qui se prononcent pour une monarchie constitutionnelle. De son côté, la famille royale prône le dialogue tandis que le premier ministre adopte une ligne plus dure. De plus, l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis ont également des intérêts dans le pays, ce qui ajoute à la confusion qui y règne.

– Oman: un signal d’alarme, dans un monde arabe qui a besoin de changement
03/03/2011 – El Watan

De récentes tensions à Oman, sultanat réputé calme à l’embouchure du Golfe, ont illustré comment le débat politique qui a pris une nouvelle visibilité avec les révoltes en Tunisie et en Egypte, s’est installé dans toutes les sociétés arabes. Des échauffourées ont eu lieu récemment à Sohar, une cité portuaire au nord de Mascate, entre la police et des manifestants qui demandaient de meilleurs conditions de vie et le départ de ministres accusés de corruption et auraient fait un mort. Face aux revendications des manifestants, le sultan Qabous a annoncé la création de 50.000 emplois, des aides pour les chômeurs, ainsi que la mise en place d’une commission chargée de faire des propositions pour donner plus de pouvoir à l’assemblée consultative élue.

– Méditerranée, miroir du Monde
01/03/2011 – Confluences Méditerranée

Face aux turbulences socio-politiques qui secouent le monde arabe, l’article met en avant deux constats stratégiques. D’une part, les pays méditerranéens ont développé des politiques étrangères multidirectionnelles et diversifié leurs rapports commerciaux internationaux. Ils ne sont plus exclusivement tournés vers l’Occident, les relations Sud-Sud y fleurissent. Tous les grands Etats (Chine, Russie, Europe, Etats-Unis) semblent inquiets face aux événements dans le monde arabe et à cette soif de libertés qui galvanise des populations trop longtemps opprimées. D’autre part, ces explosions sociales s’expliquent par le fait que les interdépendances sont devenues globales. Depuis plusieurs années, la dépendance aux marchés internationaux s’accroît dans la majorité des pays arabes, dont l’une des priorités est d’assurer la sécurité alimentaire notamment des villes pour y acheter en quelque sorte la paix sociale. Internet a servi de catalyseur à la contestation dans la rue, devenue alors plus populaire et plus globale.

– Une intervention en Libye dénaturerait la révolution arabe (Intervention in Libya would poison the Arab revolution)
02/03/2011 – Guardian

L’article revient sur l’éventualité d’une intervention armée en Libye pour mettre fin au massacre perpétré par Kadhafi, après des années de soutien et s’y oppose fermement. Celle-ci serait contre-productive et risquée car l’ingérence occidentale offrirait à Kadhafi le prétexte de la lutte anti-impérialiste pour accentuer sa brutalité. De plus, l’opposition libyenne craint qu’une opération étrangère ne la dépossède de son soulèvement. Enfin, la responsabilité de protection invoquée par l’Occident ne peut être prise au sérieux étant donné la manière sélective dont elle est appliquée. En réalité, les puissances occidentales font aujourd’hui face à une perte d’influence dans la région avec les soulèvements populaires et la perspective d’un gouvernement représentatif.  Ils sont déterminés à s’approprier le processus révolutionnaire dans la mesure du possible et de le limiter à des changements cosmétiques qui leur garantissent de garder le contrôle.