LES MIDIS DE LA MÉDITERRANÉE (20)

Le printemps arabe, les enjeux politiques de la transition

par

Hasni Abidi


Politologue
Directeur du Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (CERMAM)
Chercheur invité à l’Université Paris I

Jeudi 30 juin 2011

organisé par conjointement par le CERMAM, Génération Europe et l’Institut MEDEA.

à Generation Europe Foundation

Compte-rendu : Nathalie Janne d’Othée

 

Mot d’introduction et présentation de l’orateur par Charles Kleinermann, Secrétaire Général de l’Institut MEDEA

Hasni Abidi est le directeur du Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (CERMAM) situé à Genève. Il est politologue de formation et spécialiste du monde arabe.

Il vient de faire paraitre un livre intitulé « Le Manifeste des Arabes » paru aux éditions Encre d’Orient en juin 2011.

 

Le printemps arabe, les enjeux politiques de la transition par Hasni Abidi

Hasni Abidi aborde la question de la transition démocratique dans le monde arabe en trois points : les difficultés de la transition, ses enjeux et les scénarios.

Tout d’abord, il est nécessaire de rappeler qu’il est difficile de parler de la transition démocratique dans le monde arabe et cela pour plusieurs raisons :

1)      Pour le monde arabe, l’expérience actuelle est une expérience inédite. Aucune expérience empirique antérieure ne peut aujourd’hui les guider.

2)      La période de transition représente une incertitude démocratique. Le retour à l’autoritarisme sont fréquents dans des processus de transition et notamment dans des espaces qui n’ont pas encore connu de processus similaires.

3)      La dénomination de « printemps arabe » ignore la multiplicité de l’espace arabe : Kurdes, Berbères/Amazighs, etc… sont aussi concernés et contribuent au changement et à ce désir démocratique. Le monde arabe n’est pas homogène.

Et puis, les révolutions ont également des caractères très différents :

–          Révolutions civiles en Tunisie et en Egypte, révolutions à peu près abouties

–          En Libye, la révolution a pris une forme militaire et menace de se transformer en guerre civile

–          En Syrie, le régime a choisi la répression militaire contre les demandes des manifestants.

–          La révolte au Yémen a aussi été réprimée par le régime.

–          Au Bahreïn, une revendication démocratique citoyenne (et non pas confessionnelle) a été réprimée dans le sang. L’Europe n’était pas prête et à accepter que le travail soit sous-traité à l’Arabie Saoudite.

Certains demandent pourquoi l’Europe n’a rien fait pour le Bahreïn. Mais l’Europe et les Etats-Unis n’interviennent finalement que quand il y a une convergence d’intérêt avec certains pays et en aucun cas par réponse à des SOS démocratique.

De même il est faux de dire que les révolutions s’inscrivent dans le sillage des tentatives américaines – et européennes – de démocratiser la région, comme l’initiative du « Grand Moyen-Orient » présentée par Condoleeza Rice. Il faut rappeler que les dictateurs remplissaient à merveille le cahier de charges dicté par les Européens et les Américains, alors pourquoi vouloir les changer aujourd’hui ?

Il ne s’agit donc pas d’un complot, ni d’une opération pensée à l’étranger. Il s’agit souvent d’une situation ayant atteint une situation de non-retour à laquelle s’ajoute une convergence d’éléments économiques et sociales qui ont fait que la « rue » arabe s’est révoltée. C’est en effet bien la rue, et pas le peuple, qui exprime le mieux cette manière de s’exprimer qui a exclu toutes les autres formes d’action.

Les difficultés de la transition

Comment entreprendre, gérer la transition ? Cette question est au centre du débat dans les pays du Sud ayant entrepris un changement de régime. Plusieurs particularités, difficultés sont à souligner :

1)      Les révolutions étaient populaires. L’offre politique était ignorée par la classe populaire durant les révolutions. La classe politique n’était pas présente lors des premiers jours à Tunis ou au Caire.

En Egypte, seuls 18% de la population avaient accès à Internet, un peu plus en Tunisie. Comme beaucoup l’ont souligné, ce ne sont pas les réseaux sociaux qui ont permis en soi les révolutions, ce n’étaient que des relais. Les appels à manifester sur la toile n’étaient pas nouveaux. Ce qui était par contre inédit c’est l’utilisation conjointe des réseaux sociaux et des télévisions satellitaires. Les manifestants informaient les télévisions via les réseaux sociaux : les citoyens deviennent donc des reporters bénévoles pour les médias, avec des images venant du terrain.

2)      Comment peut-on faire cette transition ? La transition doit prendre en compte deux revendications à la base des révolutions : le respect des droits humains et les principes démocratiques et une bonne redistribution économique. Dans les deux cas qui nous servent d’exemple et qui seront des locomotives pour les autres, la Tunisie et l’Egypte, les difficultés économiques sont grandes. L’un ne pourra subsister longtemps sans l’autre.

3)      Il n’y a pas de garantie de réussite : la transition a besoin de beaucoup de temps. Dans le monde arabe on est très impatient. Le pouvoir a souvent été représentée par le zaïm, l’homme fort, figure centrale du régime. L’homme étant parti, on attend le changement, mais ça ne va pas aussi vite. Il est nécessaire pour ces pays de prendre le temps de développer une véritable culture démocratique et d’accepter cette transition.

Lorsqu’on parle de transition, on parle d’un processus de négociation entre acteurs pas forcément démocratiques. Le problème est qu’on veut ici faire table rase du passé. Il faut donc des figures, des personnes capables de porter la transition. Dans cette perspective, la difficulté consiste à trouver des hommes neufs. En Tunisie, la plupart avaient la carte du RCD, en Egypte, celle du PND. Il était souvent nécessaire de l’avoir pour pouvoir travailler. Mais cela ne veut rien dire. L’exemple de l’Amérique Latine nous a montré que d’anciens communistes pouvaient faire de très bons démocrates.

 

Les trois conditions de la transition

Les conditions d’une bonne transition sont connues. Elles s’appliquent aussi dans le monde arabe :

1)      Mise en place d’institutions : En Egypte et en Tunisie, on assiste sur la mise en place d’une assemblée constituante et donc sur une constitution. L’écriture de la constitution est donc essentielle, même si elle est imparfaite.

2)      Mise en place du jeu démocratique : il est nécessaire de définir un contrat social pour que l’alternance puisse être respectée. Il fait créer un consensus, un minimum autour de cette alternance.

3)      Traitement des difficultés économiques : ceux qui se sont joints aux jeunes protestataires « Facebook » doivent voir leurs problèmes résolus. Ceux qui ont connu une révolution savent qu’elle ne survient que quand le fossé économique est grand. En Egypte, il faut travailler pour remplir les caisses comme a dit Tantawi le chef de l’armée. En Tunisie, ce serait déjà bien de récupérer un tiers des fortunes des dictateurs. Il faut donc compter à la fois sur l’interne et sur l’externe.

Le Processus de Barcelone a beaucoup de mérite. Il a été inspiré du processus d’Helsinki, qui avait accompagné la transition dans les pays d’Europe de l’Est. Malheureusement, malgré un processus bien conçu, l’Europe a continué à favoriser des régimes dictatoriaux. En effet ces derniers se vendent mieux, communiquent mieux a avec l’étranger. L’échec du processus de Barcelone est souvent imputé au conflit israélo-palestinien, mais les blocages vont au-delà de ça. On a tenté d’éviter le politique en ne s’occupant que de questions techniques. Malheureusement ni le technique, ni le politique n’ont fonctionné.

 

Les trois enjeux de la transition

Les trois étapes ou enjeux que devra connaître la transition dans le monde arabe sont les suivants :

1)      La libéralisation politique : autoriser des partis qui étaient interdits jusque là.

2)      La démocratisation : il ne suffit pas d’autoriser des partis, il faut aussi travailler sur les partis politiques. Aujourd’hui les Américains qui sont très présents en Egypte, et essayent d’apprendre à la population de ne plus accepter d’argent de la part des candidats. Il y a donc un travail très important à faire en amont auprès de la population pour leur dire : « Votre voix compte, vous n’avez pas le droit de la vendre ». La transition est un processus qui nécessite du temps. Les élections de septembre et octobre se présentent trop tôt. Les conséquences seront qu’elles ne permettront pas d’atteindre une véritable diversité politique. Les forces préalablement organisées seront par ailleurs favorisées, ce qui veut dire l’armée et les islamistes.

3)      La redéfinition du rôle de l’armée : Les armées ont joué un rôle important en Tunisie et plus encore en Egypte. Dans le cas Libyen, on a plutôt des brigades de sécurité qui pourraient accompagner la transition. En Syrie par contre, le régime d’Assad a fusionné avec le service des renseignements. L’armée défend donc la présidence, contrairement à l’Egypte où l’armée a sacrifié le dictateur pour ne pas tout perdre.

Les processus à l’œuvre sont aussi différents. Les Tunisiens et les Egyptiens appelaient au changement, tandis que dans les cas syriens et yéménites, il s’agit d’une mise à jour de l’autoritarisme avec un certain nombre d’arrangements. Ce qu’essayent aussi de faire les Marocains et les Algériens.

 

Scénarios futurs

Quelles sont les conséquences, les scénarios pour le futur ?

L’UE ne va pas trop loin dans l’idée de transition pour l’instant d’une part parce que l’UE maintient des relations proches avec des pays qui n’ont pas encore réellement entamé de transition, d’autre part parce que certaines puissances gardent le monopole de leurs relations avec certains pays.

Il faudrait donc que le printemps arabe atteigne Bruxelles et les couloirs de la Commission afin que l’UE sorte de la logique sécuritaire pour s’intéresser aux problématiques socio-économiques et entreprenne de s’occuper de cette dynamique.

L’opinion publique française est formée par plusieurs centres de recherche et par des experts. On a découvert que certains de ces « experts » vantaient les mérites du libéralisme politique amené par les révolutions alors que trois-quatre semaines auparavant ils qualifiaient l’autoritarisme de Ben Ali et Moubarak d’uniques remparts contre l’obscurantisme islamique. Ces derniers ne devraient pas être autorisés à s’exprimer sur le sujet.

Deuxièmement, lorsque les révolutions arabes ont commencé, ma voisine du Valet Mme Robert m’a dit quelque chose de tout à fait significatif : « Au fond, les Arabes sont sympathiques ces Arabes. J’ai vu des jeunes qui manifestaient pour la démocratie et les droits de l’Homme. Finalement ils nous ressemblent ces Arabes ». La Ligue Arabe a pourtant beaucoup investi pour le changement de son image. Ce sont finalement les révolutions qui ont changé la perception que les Européens avaient des Arabes. La révolution a réalisé un changement de mentalités. Grâce à cela, les Arabes peuvent eux aussi s’inscrire dans une certaine universalité. Auparavant si l’image du monde arabe était si désastreuse, ce n’est pas du à sa population mais ce sont les dirigeants eux-mêmes qui véhiculaient cette image afin de mettre un soi-disant exceptionnalisme arabe qu’eux seuls étaient à même de gérer.

Trois types de scénarios futurs :

1)      Un scénario à la tunisienne ou à l’égyptienne : Ces deux premières révolutions sont les seules à avoir entamé leur transition. Leur réussite sera donc très importante pour les révolutions en attente.

2)      Une mise à jour de l’autoritarisme : Même si le roi du Maroc a été très ambitieux dans ses demandes de réformes, plus que ne l’était la classe politique. La mise à jour de l’autoritarisme vise à répondre à la demande de la rue et anticiper toute secousse. Certains pays comme l’Egypte, la Tunisie ou encore le Maroc ne supporteraient en effet pas ce genre de secousses, leur fond de commerce résidant dans l’image qu’ils véhiculent à l’étranger, que ce soit pour les dividendes du tourisme, mais aussi pour la proximité avec l’Occident. Ce qui n’est pas le cas de pays comme la Libye ou l’Algérie qui sont peu soucieux de leur image sachant que les autres sont dépendants d’eux.

3)      Scénario catastrophe ou contre-révolution : Les révolutions à l’œuvre dans le monde arabe étant inédites, l’incertitude existe quant à leur réussite. Si celles-ci échouent et qu’une contre-révolution voit le jour, ce serait un message terrible pour les changements en cours dans le monde arabe, mais également partout ailleurs dans le monde.

 

Conséquences pour l’UE

 

1)      Changement de l’image, de la perception, du regard vers l’autre

2)      Difficultés d’appréhender la nouveauté et les changements fréquents dans le sud après des années de stabilité figée. Le monde arabe qui change représente donc un challenge pour l’Union Européenne.

3)      Conséquence sur les flux migratoires : risque à prendre au sérieux parce qu’un des pays engagés dans en Libye va bientôt connaître des élections, en l’occurrence la France, et les images d’un échec peuvent être néfastes et peuvent se répercuter sur l’intérieur.

L’UE doit impérativement réorienter sa politique, s’interroger sur la faisabilité de sa politique étrangère qui a été conçue pour une élite politique aujourd’hui discréditée.

 

Conclusion

Ma conclusion se base sur quelque chose entendu d’hommes d’affaire turcs. Ces disaient qu’ils aimaient le statut de pays candidat, plus que celui d’Etat membre. Un pays candidat continuera de faire des efforts, de tendre vers les progrès, comme une fiancée avant le mariage.

L’Europe devrait pour cela penser à une récompense, un « grand prix » pour les peuples qui réussiront leur transition. Il faut réfléchir à cette récompense afin d’encourager les peuples en transition.

 

Questions/débat

A quelles récompenses pensez-vous ? Les peuples arabes ne cherchent pas à plaire à l’Occident. Est-ce que l’UE a intérêt à avoir des démocraties dans le monde arabe ? On pouvait s’attendre à ce que ça bouge suite à la pression effectuée par ces pays sur les institutions européennes, le FMI et autres.

Oui c’était facile de prévoir qu’il allait y avoir une révolution, mais c’était plus difficile de déterminer quand et où.

Quand je dis récompense, l’UE et les Etats-Unis ne sont pas des œuvres de charité. Il faut les intéresser. La Serbie a participé à la justice internationale parce qu’il y avait l’adhésion à la clé.

Ces pays ont des problèmes économiques énormes, ils ne peuvent pas s’en sortir sans les investissements sans avoir une économie ouverte. Et ce ne sont pas les Européens qui ont le plus payé, ce sont les pays du Golfe.

Quand vous parlez de grand prix, est-ce qu’on doit penser en termes de partenariat euro-méditerranéen, jusqu’ici un échec, de politique de voisinage rénovée ou encore en terme peut-être d’élargissement ?

Quand le roi du Maroc a demandé de rejoindre l’UE, tout le monde a rit. Mais lui savait sûrement très bien ce qu’il faisait. Son geste avait un but beaucoup plus didactique. Demander l’adhésion était une manière de faire évoluer les choses.

Je n’ai pas les modalités de ce « grand prix », cela pourrait être par exemple une sorte de statut avancé. Mais il faut une récompense, non pas de l’argent, mais en termes de proximité politique et culturelle pour réussir la transition.

Vous dites que le conflit israélo-palestinien a été un prétexte pour faire échouer le Processus de Barcelone, mais vous ne précisez pas qui et pour quel motif ?

La position de certains pays arabes était de boycotter des réunions où se tenaient des délégués israéliens. Quand on est revenu à l’UPM, Israël n’a jamais été exclu. Je concède qu’il y a un problème de droit, Israël ne respecte pas le droit international. Mais comment peut-on avancer lorsqu’on exclut un partenaire important. Il est là et fait partie d’un ensemble régional. Et beaucoup de thèse de science politique et économique mentionnent que la démocratisation et l’apaisement des conflits pourraient passer par l’établissement d’un ensemble régional.

Je reste persuadé que le refus d’Israël de siéger dans certaines enceintes de l’UPM ou du processus de Barcelone, c’était une réponse à certaines exigences beaucoup plus profondes. Le première mouture du Processus de Barcelone était calqué sur l’offre d’Helsinki, mais il y a eu des modifications, on a enlevé la conditionnalité etc. Mais même avec ce service minimum, le processus de Barcelone était la meilleure offre qu’on puisse offrir et avoir dans les relations entre l’UE et la Méditerranée. Les élites du Sud ont vu dans ce processus un mariage blanc, ou une énième façon de se re-légitimer. Ils l’ont accepté mais en le vidant de tout son sens. D’où l’échec de Barcelone jusqu’au réveil de Sarkozy pour dire que Barcelone a échoué. Et cet échec est également du à un manque de volonté politique pour dire c’est comme ça ou rien.

Comment percevez-vous la présence et l’action des courants religieux, alors que l’Egypte et la Tunisie sont les deux pays laïcs où la révolution a fonctionné ?

Je suis persuadé que les islamistes sont une force importante en Egypte, en Tunisie, en Algérie etc… Je suis peut-être un peu optimiste, mais je crois en l’idée de la domestication des islamistes. Il vaut mieux les confronter à la réalité que les exclure. En restant en dehors du système, ils diront que l’islam est la solution et pêcheront par virginité.

Mais je reviens à l’exigence de l’institution d’institutions démocratiques, et donc pluralistes et un contrat social. Mais est-ce qu’on doit accepter la participation d’islamistes modérés ? Nous sommes tous séduits par l’exemple de l’AKP, mais on oublie que si l’AKP a fait de bons résultats, c’est parce que l’armée a gardé son rôle de contrôle. Il faut concevoir la laïcité dans un sens plus positif, c’est-à-dire la neutralité des institutions et pas la séparation du religieux et du politique qui est quelque chose d’inacceptable dans le monde arabe.

Les Tunisiens préfèrent les relations bilatérales avec l’Europe. Avec le processus de Barcelone, ils ont l’impression d’avancer à pas plus lents.

Il n’y a pas de contradiction, les deux peuvent fonctionner conjointement. Chaque pays a sa particularité. Mais en ce qui concerne la transition, il est nécessaire d’avoir une expertise. Or ceux qui ont une expertise ce sont entre autres les pays de l’Est, il faut donc les consulter. Après chaque pays en révolution a ses propres spécificités. Donc il est faux de dire qu’il faut une réponse homogène et unique de la part de l’UE face au printemps arabe, il faut une réponse cas par cas et qui répond aux priorités, aux urgences de terrain qui sont énormes.

Dans les trois pays où la révolution a fait face à une réponse militaire, c’est-à-dire la Libye, la Syrie et le Yémen, les familles au pouvoir n’ont-elle pas encore trop de pouvoir clientéliste qui empêche un soulèvement de l’ensemble de la population ? Dans ces schémas-là, quel être le rôle des responsables européens?

Il en effet illusoire de croire que Khadafi est coupé de toute audience. Il garde une certaine popularité au-delà de sa tribu et de sa famille. En Syrie, les minorités ont toujours été séduites par les régimes autoritaires. Après la chute de Saddam, les chrétiens ont subi le pire sort. La Syrie, qui est une mosaïque de minorités, vivait dans une certaine harmonie. Aujourd’hui il y a donc une peur de l’inconnu.

La Tunisie a quant à elle été presque dirigée par une famille, et la belle famille, mais il y avait une armée relativement autonome.

L’Europe se trompe en croyant qu’on ne peut pas imposer nos conditions au CNT. Ce dernier refuse toute négociation avec Kadhafi, c’est une erreur parce que comme je l’ai déjà dit, la transition ne se fera pas qu’avec les démocrates. Une transition existe lorsqu’on essaye de passer d’une situation A à une situation B, ce qui signifie pas que tous les acteurs de la situation A se retrouveront dans la situation B. Certains prétendent avoir essayé de négocier avec Kadhafi, en envoyant le président Mauritanien. Mais sans vouloir juger de ses capacités de négociateur, que pèse réellement Mohamed Ould Abdel Aziz ? Il fallait obtenir des garanties de pays importants.

Quand vous vous référez à l’Europe, vous oubliez de distinguer Bruxelles, des Etats membres et des Européens. Il faut réintroduire la société civile dans le débat.

La société civile a toujours eu une autre vision que le pouvoir sur les dynamiques socio-économiques dans le sud-méditerranéen.

L’Euromed, le processus de Barcelone, n’a pas totalement échoué. Il y a eu des ententes, des réalisations dans le domaine de l’énergie et aussi des politiques européennes qui sont très présentes dans certains pays d’Afrique du Nord.

Le processus de Barcelone n’a pas échoué, il a été enterré trop vite. On avait intérêt à l’enterrer, et on revient avec cela à une question antérieure qui demandait si les Etats démocratiques ont intérêt à ce que les pays du sud se démocratisent. Ils n’en ont pas l’habitude, il va falloir qu’il s’y habitue. Heureusement, il y a le contrôle de la société civile qui poussera nos démocraties dans ce sens.

Pour les hommes d’affaires, il était par exemple plus simple de s’adresser à la famille Trabelsi, de faire des affaires avec des gens connus, que de répondre à des appels d’offre et passer par des procédures compliquées.

Il faut donc du temps et de la patience. La transition est une période d’incertitudes. Il faut en tous cas régler les difficultés économiques en priorité pour ne pas qu’échoue la transition.

 

The increasing tension at the Turkish-Syrian border let us remember the potential danger of the current situation in Syria for the region. Compared to all previous revolutions, the uprising of the Syrian people is clearly the one with the highest risk of regional spread. This risk was clearly established by the U.S. Secretary of State, in her address to the press yesterday.

Showed in a video on the Guardian website, Hilary Clinton has expressed concern about « an escalation of conflicts in the region »  if the Syrian regime continued its policy of repression of the democratic aspirations of its people. Such a declaration made by the U.S. Secretary of State, based on observations made by the U.S. services in the region, is likely to worry us.

Syria is indeed unique because it is not a docile state in the Western perspective of the term, and also because it exercises an influence on its neighborhood. So far, however, the U.S. and the EU seemed satisfied with a Bashar al-Assad showing from time to time signs of good will. The regional policy of the Syrian president was indeed conducted intelligently, sparing the one and the others – Americans and Iranians, Palestinians and Israelis – with the result of today blur in the analysis on the regional implications of the fall of the Syrian regime.

These consequences have already taken shape. On two occasions, on May 15 and on June 5, the Palestinian refugees in Syria tried to cross the borders separating the Golan highs, occupied by Israel. Having observed some restraint towards the first infiltration, the Israeli army has proved far more violent towards the second. Moreover since two weeks, the refugees are more and more to settle in camps on the southern border of Turkey, in a historic area of ​​conflict between Syria and Turkey. Besides this, the special relationship between Syria and Iran may implicate Tehran into the play. So far under control, the impact of the Syrian revolution may thus have a snowball effect on the region.

Compared to the “going to war” attitude against Libya, the international community seems to act here – too – carefully. Earlier this week, the Council of EU Foreign Affairs has severely condemned the attitude of the Syrian government by increasing its sanctions against the Syrian regime and its allies. More and more countries are turning their backs to the regime of Bashar al-Assad, but the Security Council has meanwhile not yet decided on sanctions because of the persistence of the Russian veto. The Syrian situation is complex, to the detriment of the main concerned: the Syrian people.

N.J.O

 

 

L’accroissement de la tension à la frontière turco-syrienne rappelle le danger potentiel que constitue l’actuelle situation syrienne pour la région. En comparaison avec toutes les précédentes révolutions, le soulèvement du peuple syrien est clairement celui qui semble comporter le plus de risques de propagation régionale. Ce risque a été clairement établi pas la Secrétaire d’Etat américaine, dans une adresse hier à la presse.

Reprise dans une vidéo sur le site du Guardian, Hilary Clinton a en effet déclaré craindre « une escalade des conflits dans la région » si le régime syrien poursuivait sa politique de répression des aspirations démocratiques de son peuple. Une telle déclaration effectuée par la Secrétaire d’Etat américaine, fondée sur des observations des services américains dans la région, est de nature à inquiéter.

La Syrie a en effet de particulier qu’elle est un Etat peu docile dans la perspective occidentale du terme, et exerçant en outre une influence sur son voisinage. Jusqu’ici pourtant, les Etats-Unis et l’UE s’accommodaient bien d’un Bachar al Assad qui montrait de temps à autres des signes de bonne volonté. La politique régionale du président syrien était en effet intelligemment menée, ménageant les uns et les autres – les Américains et les Iraniens, les Palestiniens et les Israéliens – avec pour conséquence d’aujourd’hui brouiller les analyses sur les implications régionales de la chute du régime syrien.

Ces conséquences ont déjà pris corps. A deux reprises déjà, le 15 mai et le 5 juin, des réfugiés palestiniens de Syrie tentèrent de passer les frontières les séparant du Golan, occupé par Israël. Ayant observé une certaine retenue à la première infiltration, l’armée israélienne s’est montrée nettement plus violente à la deuxième. Et depuis une quinzaine de jours, les réfugiés sont de plus en plus nombreux à s’installer dans les camps installés à la frontière sud de la Turquie, dans une région historique de conflit entre la Syrie et la Turquie. Et à côté de cela, les relations privilégiées existant entre la Syrie et l’Iran laissent à craindre une entrée en jeu de Téhéran. Jusqu’ici maîtrisées, les retombées de la révolution syrienne pourraient donc avoir un effet boule de neige sur la région.

En comparaison à l’attitude va-t-en-guerre observée face à la Libye, la communauté internationale semble donc agir ici avec beaucoup, voire trop, de prudence. En début de semaine, le conseil des Affaires étrangères de l’UE a durement dénoncé l’attitude du gouvernement syrien en alourdissant ses sanctions à l’encontre du régime syrien et de ses alliés. De plus en plus de pays tournent ainsi le dos au régime de Bachar al Assad, mais le Conseil de Sécurité n’a quant à lui pas encore décidé de sanctions du fait de la persistance du veto russe. La situation syrienne est donc complexe, et cela au détriment du principal concerné : le peuple syrien.

N.J.O.

 

 

Free, but unemployed in Tunisia

22/06/2011 – New York Times

In Sidi Bouzid, where Mohamed Bouazizi immolated on December 17, many other young persons holding a university degree also attempted to suicide. For them the only current winner of the revolution is the police. For others there is not yet job or career opportunities since the departure of President Ben Ali. The educational system is pointed since university degrees are not connected with business and economic activities.

 

Gaza Flottilla : « All is expected » (Flotille pour Gaza: « On s’attend à tout »)

23/06/2011 – JDD.fr

On June 28 in Athens, a dozen of ships will take part in a new “Free Gaza Flotilla”, one year after the first arrest of a ship in which nine Turks died. Objective: To break the blockade imposed by Israel on the Gaza Strip since 2007. The great unknown of the journey remained the response of the Jewish state. But on Thursday, Israel has responded, saying he is « determined to stop the fleet. » Israel’s ambassador to the UN, Ron Prosor, considers this fleet as a « provocation » that has « nothing to do with humanitarian aid. »

 

Libya: will doubts destroy the coalition?

23/06/2011 – The Guardian

Is the NATO intervention in Lybia in a stalemate? After 3 months and without real military progress on the ground, doubts have occurred among the coalition. Amr Moussa, The President of the Arab League, who supported at first the UN Resolution, have again criticized the military intervention. Second the Italian Foreign Minister, Franco Frattini, wants to reach a political solution to the crisis. Finally , Britain and France are hardly able to sustain another front, beside those of Afghanistan.

 

– The Franco Lebanese Amin Maalouf elected at the Académie française (Le franco-libanais Amin Maalouf élu à l’Académie française)

24/06/2011 – Jeune Afrique

35 years ago, Amin Maalouf arrived in France, fleeing is own country, Lebanon, shaked by a bloody civil and religious war. He was 27 years old. His decision to leave has changed is life by opening him an exceptional literacy career. His election at the “Académie française” is a enthronement for this autor seating between Orient and Occident, who has, among others, written “the Cruisades seen by the Arabs”, “Leon the African” and “ Samarcande”.

 

– The Question of identity, one of the main problems of the Arab world (La question de l’identité, un des problèmes fondamentaux du monde arabe)

24/06/2011- L’Orient le Jour

In order to follow the democratic transitions”, UNESCO organized debates gathering various people from the political sector, medias, universities, other actors and observers of the current changes in the Arab world. One of the main conclusions of the debate was that the question of identity was one of the main problem of the Arab world.

 

First funding of the EIB to the « new Tunisia » : € 163 millions for roads and jobs (Premier financement de la BEI à la « Tunisie nouvelle » : 163 M€ pour les routes et l’emploi)

24/06/2011 – Le JMed

A contract of €163 millions (325 millions Tunisian Dinars) was signed between the European Investment Bank (EIB) and the Tunisian Government in order to support economic development, jobs and roads modernization in Tunisia. This signature demonstrate that Europeans have confidence in the democratic transition that started in Tunisia since the fall of President Ben Ali

 

Libre, mais sans emploi en Tunisie. (free, but unemployed in Tunisia)

22/06/2011 – New York Times,

A Sidi Bouzid, où Mohamed Bouazizi s’est immolé le 1è décembre, de nombreux autres jeunes possédant un diplôme universitaire ont également tenter de se suicider. Selon eux, l’unique gagnant de la révolution est pour l’instant la police. Pour les autres, il n’y a pas encore d’opportunités de travail ou de carrières depuis le départ du président Ben Ali. Le system éducatif est pointé du doigt car il n’est pas connecté à l’activité économique et au business.

Flottille pour Gaza : « On s’attend à tout »

23/06/2011 – JDD.fr

A Athènes, le 28 juin, une dizaine de bateaux prendront part à une nouvelle « flottille de la liberté » pour Gaza, un an après l’arraisonnement d’un premier navire dans lequel neuf Turcs avaient trouvé la mort. Objectif : forcer le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza depuis 2007. La grande inconnue du voyage demeurait la réponse de l’Etat hébreu. Mais, jeudi, Israël a réagi, se déclarant « déterminé à stopper la flottille ». L’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Ron Prosor, considère cette flottille comme une « provocation » qui n’a « rien à voir avec une aide humanitaire ».

Libye: les doutes auront ils raison de la coalition ? (Libya: will doubts destroy the coalition)

23/06/2011 – The Guardian

L’intervention de l’OTAN en Libye est il dans une impasse ? Après 3 mois et sans réelle avancée militaire sur le terrain, des doutes sont apparus au sein de la coalition. Amr Moussa , le secrétaire général de la Ligue Arabe, tout d’abord, qui avait dans un premier temps soutenu la résolution de l’ONU, a  à nouveau critiqué l’intervention militaire ; Deuxièmement, le ministre italien des affaires étrangères, désire plutôt arriver à une solution politique ; Finalement, Le Royaume-Uni et la France sont difficilement capable de soutenir un deuxième front à côté de celui d’Afghanistan.

La question de l’identité, un des problèmes fondamentaux du monde arabe

24/06/2011 – L’Orient Le Jour

L’Unesco afin d’« accompagner les transitions démocratiques », organisait, à cette fin, une journée de débats regroupant diverses personnalités du monde politique, médiatique et universitaire, acteurs et observateurs des bouleversements en cours dans les sociétés arabes. Une des grandes conclusions de ces débats, était que la question de l’identité était l’un des problèmes fondamentaux du monde arabe.

Le franco-Libanais Amin Maalouf élu à l’Académie française

24/06/2011 – Jeune Afrique

il y a trente-cinq ans, Amin Maalouf partait pour la France, fuyant son pays, le Liban, en proie à une guerre civile religieuse sanglante.  Il avait alors 27 ans. Sa décision de partir a changé sa vie, lui ouvrant les portes d’une carrière littéraire exceptionnelle. Cette élection à l’académie française est un couronnement pour cet auteur tellement à cheval entre Orient et Occident , qui a notamment écrit « les croisades vues par les Arabes », « Léon l’Africain » ou encore « Samarcande ».

Premier financement de la BEI à la « Tunisie nouvelle » : 163 M€ pour les routes et l’emploi

24/06/2011 – Le Jmed

Ce vendredi 24 juin un contrat de 163 M€, soit 325 millions de dinars tunisiens, pour soutenir le développement économique, l’emploi et la modernisation routière de la Tunisie a été signé entre le gouvernement tunisien et la Banque Européenne d’Investissement (BEI). Cette signature constitue une marque de confiance des Européens dans la transition démocratique, amorcée en Tunisie depuis la chute de Ben Ali.

 

BOUSSOIS (Sébastien), Israël, l’enfer du décor. Dix ans de radicalisation, Paris, Editions du Cygne, 2011.

 

En Israël, le lent affaissement de la gauche et l’enracinement de la droite et de l’extrême-droite actuellement au pouvoir reflètent un bouleversement majeur depuis ces dix dernières années et l’échec des négociations de Camp David. Sébastien Boussois a commencé à étudier la société israélienne en 2000 au moment même du déclenchement de la seconde intifada sur l’esplanade des mosquées le 29 septembre. Il y était même. Il a pu observer la manière dont la société israélienne s’est radicalisée de jour en jour : le lent effondrement du camp de la paix, les remises en cause profonde de la politique sioniste en Israël et, en dehors, la persistance des menaces extérieures et de la création de nouvelles. Il a étudié également les grandes interrogations fondamentales sur l’avenir du pays : comment l’État d’Israël peut il assurer sa sécurité, demeurer un État juif et démocratique sans devenir l’État radicalisé qu’il est devenu avec une société au bout du spectre politique et au bord de l’implosion ? Parce que la gauche n’a jamais apporté la paix, parce que la droite a su faire des concessions exemplaires, parce que le camp de la paix a été accusé de soutenir encore et toujours une autorité palestinienne qui n’aurait jamais voulu la réconciliation, parce que la sécurité reste la priorité des priorités quitte à en devenir une fin et non plus un moyen, parce que remettre en cause l’histoire d’Israël depuis 1948 conduit souvent au blasphème, l’auteur montre que malgré tout cela, il existe encore des raisons d’espérer un retour à la modération côté israélien. Ces deux sociétés qui ne peuvent actuellement plus se voir, cachées l’une de l’autre par un mur de huit mètres de haut auront tôt ou tard la nécessité de se reparler, de se reconsidérer à nouveau. Si la paix est un acte politique sur le papier, la confiance entre les peuples est avant tout un acte moral et social de longue haleine…

 

BOUSSOIS (Sébastien), Israël, l’enfer du décor. Dix ans de radicalisation, Paris, Editions du Cygne, 2011.

 

En Israël, le lent affaissement de la gauche et l’enracinement de la droite et de l’extrême-droite actuellement au pouvoir reflètent un bouleversement majeur depuis ces dix dernières années et l’échec des négociations de Camp David. Sébastien Boussois a commencé à étudier la société israélienne en 2000 au moment même du déclenchement de la seconde intifada sur l’esplanade des mosquées le 29 septembre. Il y était même. Il a pu observer la manière dont la société israélienne s’est radicalisée de jour en jour : le lent effondrement du camp de la paix, les remises en cause profonde de la politique sioniste en Israël et, en dehors, la persistance des menaces extérieures et de la création de nouvelles. Il a étudié également les grandes interrogations fondamentales sur l’avenir du pays : comment l’État d’Israël peut il assurer sa sécurité, demeurer un État juif et démocratique sans devenir l’État radicalisé qu’il est devenu avec une société au bout du spectre politique et au bord de l’implosion ? Parce que la gauche n’a jamais apporté la paix, parce que la droite a su faire des concessions exemplaires, parce que le camp de la paix a été accusé de soutenir encore et toujours une autorité palestinienne qui n’aurait jamais voulu la réconciliation, parce que la sécurité reste la priorité des priorités quitte à en devenir une fin et non plus un moyen, parce que remettre en cause l’histoire d’Israël depuis 1948 conduit souvent au blasphème, l’auteur montre que malgré tout cela, il existe encore des raisons d’espérer un retour à la modération côté israélien. Ces deux sociétés qui ne peuvent actuellement plus se voir, cachées l’une de l’autre par un mur de huit mètres de haut auront tôt ou tard la nécessité de se reparler, de se reconsidérer à nouveau. Si la paix est un acte politique sur le papier, la confiance entre les peuples est avant tout un acte moral et social de longue haleine…

 

En collaboration avec le CERMAM et Generation Europe Foundation,

l’Institut MEDEA vous invite

Manifestations à Banyas © Syria Frames of Freedom

 

 

 

Le printemps arabe: les enjeux politiques de la transition

 

 

par

Hasni ABIDI

Politologue
Directeur du Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (CERMAM)
Chercheur invité à l’Université Paris I


Jeudi 30 juin 2011 de 12h30 à 14h

A l’occasion de la sortie de son dernier livre « Le Manifeste des Arabes », livre ‘coup de poing’ écrit en pleine vague des révolutions populaires au sud de la Méditerranée, Hasni Abidi reviendra sur les grandes interrogations que le monde arabe a nourries et dont il a souvent souffert: arabité, identité, nationalisme, islamisme. A l’heure des révolutions arabes, peut-on concevoir une voie possible vers la démocratie dans cet Orient déchiré, multiconfessionnel et même tribal ? La chute de certains potentats du monde arabe et la mort de Ben Laden permettront-elles l’élan démocratique nécessaire vers une modernisation institutionnelle et constitutionnelle des sociétés arabes?

 

Langue : français ; Q/A en français et anglais
Quand ? Jeudi 30 juin, de 12h30 à 14h
Où ? Generation Europe Foundation, Chaussée St Pierre 123, 1040 Bruxelles
P.A.F. (à payer sur place. Inclus sandwichs et boissons):   €4

Veuillez confirmer votre participation avant mardi 28 juin auprès de l’Institut MEDEA :
– par téléphone: 02/231 13 00 ou par fax: 02/231 06 46
– par email: medea@medea.be

 

 

ACM slideshow site MEDEA
Towards a Mediterranean Community of people

 

ACM slideshow site MEDEA
Vers une communauté Méditerranéenne des Peuples.