08/06/2011

Midi de la Méditerranée – Le printemps arabe et l’évolution de l’espace Schengen

LES MIDIS DE LA MÉDITERRANÉE (18)

 

Le Printemps Arabe et l’Evolution de l’Espace Schengen

by

Melchior Wathelet
Secrétaire d’Etat à la Politique de Migration et d’Asile

Mardi 7 juin 2011

organisée par le Mouvement européen-Belgique et l’Institut MEDEA
au Mouvement européen-Belgique

Compte-rendu : Iman Bahri
Crédit photographique: MEB

 

Modérateur:

Charles-Ferdinand Nothomb

Ministre d’Etat belge
Président d’honneur du MEB
Administrateur MEDEA


 

 

 

 

Le printemps arabe et l’évolution de l’espace Schengen

Le rejet de l’autre et l’extrême droite remportent de plus en plus de succès en Europe et les thématiques sensibles de l’asile et de l’immigration servent de plus en plus à renforcer les discours populistes.

 

Avec les changements de régime et les bouleversements qui agitent actuellement l’Afrique du Nord, ces sujets sont au centre de toutes les attentions aux niveaux national et européen. Les mouvements d’extrême droite s’appuient sur les inquiétudes des citoyens européens et proposent des solutions simplistes à une situation très complexe.

 

Melchior Wathelet  souligne que malheureusement, quand on est confronté à une crise, le repli identitaire, le repli sur soi, est souvent le réflexe le plus facile. Mais il estime aussi qu’une autre voie est possible : ce défi migratoire doit faire l’objet d’une réponse européenne. La vision de Melchior Wathelet se veut pragmatique et repose sur trois grandes lignes directrices.

Tout d’abord, l’UE doit construire un véritable partenariat avec les pays d’Afrique du Nord. Il faut aujourd’hui assumer le soutien européen aux révolutions par une action concrète de soutien notamment sur la question migratoire. Ce soutien doit être humanitaire comme financier. L’UE doit également contribuer à y ouvrir de nouvelles perspectives économiques pour offrir un avenir aux citoyens de ces pays.

 

Deuxièmement, il faut établir un contrôle commun des frontières de l’UE avec les pays qui sont aux marges de l’Europe et instaurer une véritable solidarité. Il faut tenir compte du fait que les frontières extérieures de l’UE sont communes à tous les Etats-membres. Cette solidarité signifie aussi de ne pas refouler tout le monde : ceux qui demandent une protection doivent pouvoir la recevoir. L’agence Frontex doit être rendue plus efficace pour permettre un contrôle accru aux frontières extérieures de l’Europe. Ce n’est qu’à ces conditions qu’une confiance pourra être rétablie entre les Etats européens.

 

Enfin, il faut instaurer des règles harmonisées à l’intérieur de l’espace Schengen. En effet, dans la situation actuelle, le risque est que les migrants choisissent de rester dans le pays de l’UE le moins contraignant. Sans cette condition, tous les mécanismes de solidarité sont réduits à néant. L’exemple de la Grèce est représentatif de cette mise à mal de la solidarité. En effet, le règlement Dublin détermine quel pays a la responsabilité du traitement de la demande d’asile. Mais il est connu que la Grèce est défaillante en termes de gestion de ces demandes et il est donc évident que le migrant ne peut pas y bénéficier de la protection recherchée. Connaissant cette situation, les autres pays de l’espace Schengen ne pourront pas y renvoyer les migrants dont la Grèce a pourtant la responsabilité. Cinq textes règlementaires sur les questions d’asile sont actuellement sur la table des négociations et permettraient une harmonisation.

 

Il faut également instaurer une véritable solidarité et proposer un soutien logistique et financier aux Etats que leur localisation géographique prédispose à recevoir des flux migratoires plus importants. Mais après leur entrée dans l’UE, la grande majorité des migrants visent d’autres destinations, principalement la France, la Belgique, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Suède qui doivent également bénéficier de mécanismes de solidarité. En régularisant en masse les migrants arrivés à Lampedusa, l’Italie a fait en sorte que ceux-ci ne s’établissent surtout pas sur son territoire et a ainsi brisé la confiance mutuelle. Cependant, la solution ne réside pas dans la réinstauration des frontières. Le défi migratoire met l’UE face à son mode de fonctionnement et à ses mécanismes de solidarité et la force à les questionner. L’Union européenne est-elle vraiment capable de créer un véritable espace commun ?

 

Pour finir, M. Wathelet estime qu’il faut changer le discours sur les migrations et cesser de voir celles-ci comme un fardeau. Il y aura toujours des flux migratoires quelques soient les barrières érigées aux portes de l’Europe et par ailleurs, étant donné la structure démographique du continent, ces flux constitueront bientôt un besoin et une chance.

Cette intervention s’est suivie d’une séance questions-réponses

 

 

 

LES MIDIS DE LA MÉDITERRANÉE SONT ORGANISÉS CONJOINTEMENT PAR L’INSTITUT MEDEA ET LE MOUVEMENT EUROPÉEN BELGIQUE.

INSTITUT MEDEA

Contact : Nathalie Janne d’Othée

Tel : +32 2 231 13 00

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Site webwww.medea.be

 

MOUVEMENT EUROPEEN-BELGIQUE

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Tel +32 2 231 06 22

Email : info@mouvement-europeen.be

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