29/07/2011

Déjà 3000 disparus

Selon Human Rights Watch, près de 3000 opposants et manifestants arrêtés en Syrie auraient déjà disparus. À ce chiffre qui donne froid dans le dos, il faut ajouter les 1500 tués et les 12000 personnes arrêtées depuis le début des contestations en mars. Ces chiffres donnent malheureusement un horrible aperçu de la violente répression du régime face à des protestataires aux revendications légitimes.

Les tactiques souvent contradictoires du régime – fin de l’état d’urgence, amnisties mais dans le même temps augmentation du nombre d’arrestations et répression sanglante – n’ont toujours pas permis de mater la révolte et les derniers événements démontrent toute l’inefficacité de la répression face à des manifestants déterminés : attaque d’un oléoduc à Homs, affrontement à Daïr al Zour après la mort de cinq manifestants, manifestations dans la capitale. La révolution va en effet se poursuivre « parce qu’il y a eu trop de morts et parce que la répression a été aveugle, démesurée, dépassant tout entendement » confirme Ali Sadreddine al-Bayanouni, leader des Frères musulmans syriens de 1996 à 2010, aujourd’hui installé à Londres et interrogé par France 24.

Cette semaine, le gouvernement syrien persiste et signe en adoptant un projet de loi autorisant la formation de partis politiques dans le but « de permettre l’alternance », selon l’agence officielle syrienne Sana, alors qu’il arrêtait dans le même temps des figures de l’opposition telles que Georges Sabra ou l’écrivain Ali Abdallah. A cours de solutions, le régime est également soupçonner d’attiser les tensions interconfessionelles afin de se maintenir. Mais, en cette veille de ramadan, le régime semble perdre le contrôle de la situation.

Alors qu’en cette période de jeûne, les musulmans sont appelés à se purifier spirituellement en se rendant, notamment, régulièrement à la mosquée, ces lieux de culte sont devenus en Syrie un point de ralliement pour les opposants au régime de Bachar al-Assad. Les rassemblements à la mosquée seront donc quotidiens et provoqueront certainement encore plus de manifestations, qui elles-mêmes risquent d’amplifier la répression.

On ne peut donc présager pour l’instant que la poursuite de cette spirale sanglante. En effet, la communauté internationale ne semble pas en mesure d’intervenir et les maîtres de la Syrie, majoritairement issus de la minorité Alaouite, n’abandonneront jamais le pouvoir au risque d’être à leur tour victime d’une répression revancharde.

Geoffroy d’Aspremont