12/08/2011

Et la colonisation continue…

Au moment où des manifestations à l’échelle nationale contre le coût de la vie en Israël ont rassemblé plus de 300.000 manifestants dans les rues au cours de ces derniers jours, le ministre de l’intérieur israélien Eli Yishai a officiellement donné son accord pour la construction de 1.600 nouveaux logements à Jérusalem-Est, tandis que l’autorisation pour 2.700 autres est attendue très prochainement. Le gouvernement israélien insiste que ces nouveaux projets de logement à Ramat Shlomo, Givat Hamatos et Pisgat Zeev sont nécessaires afin de remédier aux problèmes de manque de logement dans le pays.

Palestiniens et mouvements d’opposition israéliens contre les colonies ont unanimement critiqué l’utilisation par les gouvernement des manifestations condamnant le coût de la vie pour justifier la nécessité économique de construire ces nouveaux logements. Selon le porte-parole du ministère de l’intérieur israélien, Roei Lachmanovich, cette décision controversée a été prise pour des fins économiques et non politiques (voir Guardian, 11/08/2011).

Alors que les chiffres semblent suggérer qu’une expansion des colonies pourrait accroître la disponibilité de logements abordables et ainsi calmer l’envolée des prix du marché de l’immobilier, la majorité des Palestiniens considère cette dernière autorisation de colonies à Jérusalem Est comme rien de plus qu’un coup politique du gouvernement israélien pour enraciner sa présence dans les territoires occupés. Ainsi, alors que le nombre de colons juifs dans les territoires occupés n’a cessé d’augmenter depuis 1967 atteignant aujourd’hui proche d’un demi million de colons, la reprise des négociations entre palestiniens et israéliens a subi un énième mauvais coup, peut-être fatal.

A l’échelle internationale,  aucune condamnation concrète de la part des américains n’a, pour l’heure, était faite. En Europe, la Haute Représentante de l’UE Catherine Ashton a décrié la « menace » de ces nouveaux efforts de colonisations « à la viabilité d’un accord » sur une possible solution négociée entre les deux partis, et s’est limité à l’expression du « profond regret » qu’une telle décision ait été prise par les autorités israéliennes. (voir la déclaration de la HR Catherine Ashton, 12/08/2011).

Rien n’a donc changé. Les justifications économiques fondées sur les demandes sociales des manifestations de ces derniers jours ont offert au gouvernement israélien une nouvelle raison de concrétiser ses ambitions politiques dans les territoires occupés, qui vont clairement à l’encontre d’une solution négociée au conflit. En outre, les réactions américaines et européennes  sont restées de nouveau beaucoup trop timides pour contrarier les ambitions colonisatrices israéliennes et ainsi ramener tout le monde à la table des négociations.

Andrew Bower