08/08/2011

Israël : l’enfer du décor. Dix ans de radicalisation.

BOUSSOIS (Sébastien), Israël : l’enfer du décor. Dix ans de radicalisation, Paris, Editions du Cygne, 2010.

En Israël, le lent affaissement de la gauche et l’enracinement de la droite et de l’extrême-droite actuellement au pouvoir reflètent un bouleversement majeur depuis ces dix dernières années et l’échec des négociations de Camp David. Sébastien Boussois a commencé à étudier la société israélienne en 2000 au moment même du déclenchement de la seconde intifada sur l’esplanade des mosquées le 29 septembre. Il y était même. Il a pu observer la manière dont la société israélienne s’est radicalisée de jour en jour : le lent effondrement du camp de la paix, les remises en cause profonde de la politique sioniste en Israël et, en dehors, la persistance des menaces extérieures et de la création de nouvelles. Il a étudié également les grandes interrogations fondamentales sur l’avenir du pays : comment l’État d’Israël peut il assurer sa sécurité, demeurer un État juif et démocratique sans devenir l’État radicalisé qu’il est devenu avec une société au bout du spectre politique et au bord de l’implosion ?
Parce que la gauche n’a jamais apporté la paix, parce que la droite a su faire des concessions exemplaires, parce que le camp de la paix a été accusé de soutenir encore et toujours une autorité palestinienne qui n’aurait jamais voulu la réconciliation, parce que la sécurité reste la priorité des priorités quitte à en devenir une fin et non plus un moyen, parce que remettre en cause l’histoire d’Israël depuis 1948 conduit souvent au blasphème, l’auteur montre que malgré tout cela, il existe encore des raisons d’espérer un retour à la modération côté israélien. Ces deux sociétés qui ne peuvent actuellement plus se voir, cachées l’une de l’autre par un mur de huit mètres de haut auront tôt ou tard la nécessité de se reparler, de se reconsidérer à nouveau. Si la paix est un acte politique sur le papier, la confiance entre les peuples est avant tout un acte moral et social de longue haleine…