19/08/2011

Syrie : le vent tourne. Qu’en est-il du futur ?

Les Européens et les Américains ont tous appelés le Président syrien à démissionner hier soir. La toile aussi se déchaine, une campagne étant lancée pour demander à Bashar al Assad de quitter son poste (#TellBashar2Go). En ce vendredi, les manifestations ont repris de plus belle. Et malheureusement, il en est de même pour la répression du régime, qui acculé n’a plus grand-chose à perdre. Assistera-t-on au départ d’Assad ce weekend ? Le vent semble en tous cas avoir définitivement tourné pour le régime syrien en place. Jetons un coup d’œil sur les perspectives futures pour la Syrie.

Le Nouvel Observateur présentait cette semaine les principales figures de l’opposition. Elles sont nombreuses, mais semblent difficilement pouvoir constituer une force unie. Entre les exilés et les opposants de l’intérieur, les laïques et les religieux, ceux qui ont accepté de participer au rassemblement de l’opposition à l’hôtel Sémiramis en juin  et les autres, …

Est-ce le manque d’unité de l’opposition qui aurait empêché les chancelleries occidentales d’adopter un discours clair vis-à-vis du Président syrien jusqu’ici? Ce facteur a sans doute joué une rôle, mais la raison officielle est que les grandes puissances attendaient que le régime mette en place un programme de réformes. Un programme qui, semble-t-il, peine à voir le jour. La communauté internationale a donc perdu patience… mais a néanmoins exclu toute intervention militaire pour protéger les civils syriens. Comment éviter la comparaison avec le cas libyen où au même stade, cette même communauté internationale décidait d’envoyer ces chars pour défendre les civils libyens ?

Mais il n’y a pas que les grandes puissances qui s’interrogent sur l’avenir de la Syrie. Carole Alfarah, jeune photographe syrienne a interrogé pour le Monde des citoyens Damascènes sur leur vision de l’avenir du pays. Les avis sont partagés sur le sujet. Nombreux sont ceux qui imaginent une Syrie réformée, plus libre, plus démocratique, mais encore sous l’autorité de Bashar al Assad. Mais n’est-ce pas une fois encore l’avenir incertain qui pousse certains à se raccrocher au statu quo ?

L’avenir est peut-être plein d’incertitudes, mais comme le souligne la figure de l’opposition Suhair Atassi, il n’y a plus vraiment de retour en arrière possible. Un grand nombre de Syriens ont payé de leurs vies leur désir de changement. Abandonner si près du but serait, selon la jeune femme, trahir tous ces martyrs de la liberté. Au-delà d’un refus du statu quo, il est donc aujourd’hui nécessaire de jeter les bases de la nouvelle Syrie.

 

Nathalie Janne d’Othée