More than 1,500 people have died since the beginning of popular protests in January in Yemen, a country where power has faced  for many years military rebellions. It seems important to come back on the last events in order to understand the current situation and the dangers facing the country.

As a reminder, since the early 2000s, the Yemeni government is facing Islamist rebel movements, and since 2004, Yemen also faces an armed rebellion from the Zaidi minority in the  province of Sa’dah (north West), which does not recognize the regime of President Ali Abdullah Saleh, in power since the reunification in 1990. In 2009, the civil war and Saudi Arabia intervened militarily against the rebels.

Drawing on other Arab examples, demonstrations, mostly young people, broke in early 2011, demanding democracy, an end to corruption and the stranglehold of the General People’s Congress (GPC, in power), better conditions of life and the departure of President. The government’s response was initially a very harsh repression of protests, sometimes making many deaths, especially after the demonstration on March 18 (52 dead). After this event, the state of emergency was declared and important supporters of the regime switch to the opposition: the parliamentary opposition, major tribes and army generals. Sheikh Sadek al-Ahmar, head of the tribe Hached, the tribe of the President Saleh, also announced its support for the protesters, followed by many members of this tribe and the other large tribe of Yemen, the Bakili.

To overcome the crisis and begin a transition process, the 30/60 plan, developed by the European Union and the United States and presented by the Gulf Cooperation Council (GCC) is accepted by the PMC and signed on 21 May by the PMC and the opposition. President Saleh procrastinates in order to save time and eventually suffered a bomb attack that moved him away for three months.

On September 23, President Saleh returned home and appears at present not prepared to relinquish his post. On the other hand, Sadek al-Ahmar, which now controls many military units, seems to do battle by force, while other tribal or religious factions are on the lookout. Chaos and civil war seem to move, to the chagrin of the GCC, Europeans and Americans who fear that the country falls ultimately under the control of radical Islamists or becomes a kind of Somalia bis, threatening the routes to the Gulf oil through the Strait of Bab al Mandab.

Although the 30/60 plan will not serve only the interests of the Yemeni population, it seems at present the only chance to end the crisis. The risk now is that the country mired in civil war in which no part in the presence only emerge without provoking a bloodbath and the consolidation of radical Islamist movements. Unfortunately, it seems that the red line has been crossed, that the plan will become a dead letter and announced the death today of Anwar Al-Aulaqi, a senior al-Qaeda in Yemen is unlikely certainly not change the prospect. Yemeni youth, who demanded changes, will have to be patient in order to avoid sinking itself in radicalism.

Geoffroy d’Aspremont

 

 

Plus de 1500 personnes ont déjà perdu la vie depuis le commencement des contestations populaires en janvier au Yémen, pays où le pouvoir doit faire face depuis de nombreuses années à des rebellions armées. Petit retour sur les événements de ces derniers mois pour bien comprendre la situation actuelle et les dangers qui guettent le pays.

Pour rappel, depuis le début des années 2000, le gouvernement yéménite doit faire face à des mouvements rebelles islamistes, et, depuis 2004, le Yémen est aussi confronté à une rébellion armée de la minorité chiite zaïdite dans la province de Sa’dah (nord-ouest), qui ne reconnait pas le régime du président Ali Abdullah Saleh, au pouvoir depuis la réunification du pays en 1990. En 2009, la guerre civile continue et l’Arabie Saoudite intervient militairement contre la rébellion.

S’inspirant des précédents algériens, tunisiens et égyptiens, des manifestations, surtout de jeunes, éclatent début 2011, réclamant la démocratie, la fin de la corruption et de la mainmise du congrès général du peuple (CGP, au pouvoir), de meilleures conditions de vie et le départ du président. La réponse du gouvernement fut d’abord une répression très dure des manifestations, faisant parfois de nombreux morts, notamment après la manifestation du 18 mars (52 morts). Après cette manifestation, l’état d’urgence est décrété et d’importants soutiens du régime passent à la contestation : l’opposition parlementaire, d’importantes tribus, et des généraux de l’armée. Le cheikh Sadek al-Ahmar, chef de la tribu Hached, la propre tribu du président, annonce lui aussi son soutien aux contestataires, suivi par de nombreux membres de cette tribu et par l’autre grande tribu du Yémen, les Bakils.

Pour sortir de la crise et entamer un processus de transition, le plan 30/60, élaboré par l’Union Européenne et les États-Unis et présenté par le conseil de coopération du Golfe  (CCG) est accepté par le CGP et signé le 21 mai par le CGP et l’opposition. Le Président Saleh préfère tergiverser pour gagner du temps et est victime d’un attentat qui l’éloignera du pays pendant trois mois.

Le 23 septembre dernier, le Président Saleh est rentré au pays et ne semble pour l’heure pas prêt à renoncer à son poste. De son côté Sadek al-Ahmar, qui contrôle désormais de nombreuses unités militaires, semble vouloir en découdre par la force, alors que d’autres factions tribales ou religieuses restent à l’affût. Le chaos et la guerre civile semblent donc s’installer, au grand dam du CCG, des européens et des américains qui craignent que le pays ne tombe in fine sous la coupe d’islamistes radicaux ou ne devienne une sorte de Somalie bis, menaçant par là l’une des voies d’accès au pétrole du Golfe, via le détroit de Bab al Mandab.

Bien que le plan 30/60 ne servira pas que les intérêts des yéménites, il semble cependant à l’heure actuelle la seule chance de sortie de crise, au risque de voir le pays s’enliser dans une guerre civile où aucune partie en présence n’émergera sans provoquer un bain de sang et/ou la consolidation des mouvements islamistes radicaux. Malheureusement, il semble que la ligne rouge ait été franchie et que le plan restera désormais lettre morte.  La mort annoncée aujourd’hui d’Anwar Al-Aulaqi, un responsable d’Al-Qaïda au Yémen, ne risque certainement pas de changer la donne. La jeunesse yéménite, qui réclamait des changements, devra donc s’armer de patience afin d’éviter de sombrer elle-même dans le radicalisme.

Geoffroy d’Aspremont

 

par Jean-Baptiste Beauchard.

 

« Le régime disparaîtra mais le peuple restera ». Ces slogans, brandis dans les villes syriennes, reflètent une rupture de plus en plus marquée entre société et régime. Même si les soulèvements demeurent fragmentés et que le régime ne se fissure pas pour le moment, le fossé s’accroît. (suite…)

 

–          Les islamistes libyens doivent être inclus dans le pouvoir, prévient un leader (Libyan Islamists must have share in power, warns leader) The Guardian– 27/09/2011

Les groupes islamistes libyens “ne permettront pas” les politiciens laics de les exclure ou les marginaliser dans l’intense bataille pour le pouvoir dans l’ère post-Kadhafi. « Nous devons résister aux tentatives de certains politiciens libyens d’exclure certains des participants de la révolution » a déclaré Abdel Hakim Belhaj Belhaj, chef du Conseil militaire de Tripoli. Le Conseil National de Transition (CNT) n’a pas réussi à s’élargir pour être plus représentatif, générant une division sur le futur du pays, ce qui inquiète un grand nombre de diplomates occidentaux et de Libyens.

–        Dans le casse-tête des révolutions au Moyen-Orient, la Turquie se positionne en tant que solution (In Riddle of Mideast Upheaval, Turkey Offers Itself as an Answer) The New York Times– 27/09/2011

Recep Tayyip Erdogan semble être une des figures politiques les plus populaires au Moyen-Orient grâce à sa stratégie de positionnement de la Turquie en tant que soutien des révolutions dans le monde arabe. Après ses récentes visites en Tunisie, Egypte et Libye, tous les regards sont tournés vers la nouvelle politique étrangère de la Turquie. Le pays doit d’abord consolider son réseau diplomatique avant de pouvoir relancer l’intégration de la région notamment au niveau économique.

–          La candidature aux Nations Unies signe la fin de l’ancienne garde de la Palestine (UN Bid Heralds Death of Palestine’s Old Guard) Middle East Online– 27/09/2011

La victoire significative de Mahmoud Abbas, chef de l’Autorité palestinienne aux Nations Unies a été de décrédibiliser les EtatsUnis dans leur rôle d’arbitre dans le processus de paix au Proche-Orient. Le leadership des Etats-Unis est désormais remis en cause, « nous devons arrêter de croire qu’un seul pays, même le plus grand, ou un petit nombre de pays peut résoudre un problème d’une telle complexité » déclarait Nicolas Sarkozy dans le discours qu’il a adressé à l’Assemblée générale des Nations Unies. La candidature d’Abbas a également permis de mettre à jour l’impuissance de l’ONU sur la question lorsque la reconnaissance d’un Etat dépend du Conseil de sécurité dominé par les Etats-Unis.

–         Ashton adopte une position pro-palestinienne au Parlement européen (Ashton shows pro-Palestinian side at EU Parliament) Euobserver– 28/09/2011

La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a pris une position pro-palestinienne devant les députés européens le mardi 27 septembre à Strasbourg en condamnant fermement la récente décision d’Israël de construire 1100 nouveaux logements de colonisation à Gilo (Jérusalem-est occupé). Alors que les Etats membres de l’UE ont montré clairement leurs divisions à l’ONU à New York, 10 (Belgique, Finlande, France, Grèce, Irlande, Luxembourg, Malte, Portugal, Espagne et Suède) sont pour l’adhésion de la Palestine, 5 contre (Bulgarie, République Tchèque, Italie, Roumanie et Royaume Uni).

–           Égypte : les élections fixées fin novembre  Jeune Afrique–  28/09/2011

Les premières élections législatives égyptiennes depuis la chute de Hosni Moubarak  sont fixées au 28 novembre prochain par le Conseil suprême des forces armées (CSFA).  Le scrutin uninominal qui sera utilisé est  accusé par de nombreux partis politiques de favoriser le retour de personnalités proches de l’ancien pouvoir. Selon un sondage Mena, 35% des Egyptiens soutiendraient le parti des Frères musulmans.

–          La Syrie dérive vers la guerre civile alors que la résolution pour les sanctions échoue (Syria slips towards civil war as sanctions bid fails) The Independent–  29/09/2011

Une guerre civile pourrait prochainement éclater en Syrie étant donné que des centaines de soldats qui ont déserté ont pris les armes contre les forces de Bashar Al-Assad pour ce qui est la première confrontation majeure avec le régime. Depuis l’intensification de la violence, la Grande Bretagne et ses alliés européens ont proposé l’adoption de sanctions immédiates contre la Syrie mais la Russie et la Chine se sont fermement opposées à l’adoption de de telles sanctions.

 

–          Libyan Islamists must have share in power, warns leader The Guardian– 27/09/2011

Libya’s Islamist groups « will not allow » secular politicians to exclude or marginalize them in the intensifying battle for power in the post-Gaddafi era. « We must resist attempts by some Libyan politicians to exclude some of the participants in the revolution, » said Abdel Hakim Belhaj Belhaj, head of the Tripoli Military Council. The National Transitional Council (NTC) has failed to expand to be more representative, generating a sense of division about the future that western diplomats and many Libyans admit is worrying.

–        In Riddle of Mideast Upheaval, Turkey Offers Itself as an Answer The New York Times–  27/09/2011

Recep Tayyip Erdogan may be the most famous figure in the Middle East by positioning Turkey on the side of the Arab uprising. After its recent tour in Tunisia, Egypt and Libya, all eyes are set on Turkey’s foreign policy. In spite of its new consolidated position as a key regional power, the country still needs to overcome its internal challenges regarding its diplomatic capacities.

–           UN Bid Heralds Death of Palestine’s Old Guard Middle East Online–  27/09/2011

The significant victory at the UN for Mahmoud Abbas, the head of the Palestinian Authority was the loss of credebility of the US as the arbiter of the Middle East peace process. US leadership is now put into question, “We must stop believing that a single country, even the largest, or a small group of countries can resolve so complex a problem” the French President Nicolas Sarkozy in his speech to the General Assembly. Abbas’ application also exposes the UN’s powerlessness to intervene in an effective way. Statehood depends on a successful referral to the Security Council, which is dominated by the US.

–           Ashton shows pro-Palestinian side at EU parliament Euobserver– 28/09/2011

EU foreign relations chief Catherine Ashton showed her pro-Palestinian sympathies at the European Parliament on Tuesday 27 September in Strasbourg by making a statement against Israel’s new decision to build 1,100 Jewish housing units on Palestinian land at its Gilo settlement. Meanwhile, EU countries have voiced clear divisions at the UN in New York over the past week. Ten (Belgium, Finland, France, Greece, Ireland, Luxembourg, Malta, Portugal, Spain and Sweden) are on the pro-upgrade side. Five (Bulgaria, the Czech Republic, Italy, Romania and the UK) have indicated they would vote No.

–           Egypt:  elections set at the end of November (Égypte : les élections fixées fin novembre) Jeune Afrique–  28/09/2011

The first Egyptian parliamentary elections, since the downfall of Hosni Mubarak, are to be held on November 28th 2011 according to the Supreme Council of Armed Forces (SCAF) decision. The voting for a single candidate is being criticized; it may help the return of political figures close to the former regime. According to a Mena poll, 35% of Egyptians back the Muslim Brotherhood party.

–           Syria slips towards civil war as sanctions bid fails The Independent–  29/09/2011

Fears are mounting that Syria may be on the verge of civil war as hundreds of army deserters were battling Bashar al-Assad’s forces in the first major confrontation against the regime. With an intensification of violence looking increasingly likely, Britain and its EU allies have been forced to drop calls for immediate UN sanctions against Syria but they were scrapped in the face of Russian and Chinese opposition.

 

Halles de Schaerbeek – 26octobre 2011 + 29 novembre 2011 – 20h30 – 5/3€

 

Halles de Schaerbeek – 26octobre 2011 + 29 novembre 2011 – 20h30 – 5/3€

 

Mahmoud Abbas just finished his speech , and received a standing ovation from the vast majority of the UN General Assembly. The Palestinian leader has asked the full membership of Palestine within the organization. But yet, ite missa est. The U.S. veto will fall sooner or later, excluding the accession of a State of Palestine to the United Nations. In addition to the basic question posed by the Palestinian initiative, the reactions to this approach will in fact reveal the true face of Western policies in the Middle East.

In his address to the General Assembly of the United Nations, a year after he called for the creation of a Palestinian state in 2011, Barack Obama reiterated today’s U.S. position, modeled on the Israeli position, that peace can only come from a negotiated solution. At one year of U.S. presidential and possible renewal of its mandate, the U.S. U-turn between 2010 and 2011 shows the little latitude left to Barack Obama’s foreign policy decisions, especially regarding Israel.

Facing this American change, Palestinian disappointment is palpable. Mahmoud Abbas and his team are not to blame for blocking the negotiation process, and Obama knows it. Since the end of the moratorium on the settlement late September 2010, the Israeli government made no efforts to stop the construction of new housing units in the occupied territories. Adopting such a biased attitude, the sponsor of the peace process, what were the United States, will never been considered as a neutral arbiter of the situation anymore.

For his part, Nicolas Sarkozy spoke on Tuesday in front of the same Assembly, offering Palestine to acquire the status not of member state, but the one of observer state. French president proposes here a solution – known from long by the PLO – which avoids the introduction of the request to the Security Council, and thus avoids for the U.S. having to impose their veto. A solution which also shows that the EU failed to take a common position, and finally found a middle one that seems to make everyone happy.

A non-member state has in itself some symbolic value, but by the state character it gives, confers also the possibility to ratify international treaties, including the International Criminal Court one. However, since such an eventuality is exactly what frightens Israel, it is likely that special status would be found for Palestine, which excludes the possibility of such approaches. We will therefore have to analyze the conditions of accession of Palestine to the United Nations as a observer state before to celebrate.

The Palestinians, some of which were already skeptical about the approach of the Palestinian Authority, will maybe see in all this just another trick to avoid giving them full independence. For most of them, being a member or a almost member to the UN does not change anything to the Israeli occupation they have to face daily. The relative failure of the Palestinian initiative to the UN may finally give the blow to Fatah’s old guard surrounding the President of the Palestinian Authority, and by extension discredit the entire institution.

Having virtually let the Palestinian approach meaningless, the international community thus gives again priority to the negotiations. Negotiations will now have to take place in the most difficult context. And if neither the U.S. nor the European Union are able to assume the role of neutral sponsor of the peace process, what is the future of those negotiations? The European Union has shown in the past that it was a weak actor in the international arena. However things can sometimes change. But the situation on the Israeli-Palestinian arena and the Arab spring require reforms and actions that it seems ultimately unable to achieve.

 

Nathalie Janne d’Othée

 

Le speech de Mahmoud Abbas vient de se terminer, recevant une vibrante ovation d’une vaste majorité de l’Assemblée Générale des Nations Unies. Le leader palestinien a demandé l’adhésion à part entière de la Palestine au sein de l’organisation. Et pourtant, la messe est dite. Le veto américain tombera tôt ou tard, excluant l’adhésion d’un Etat de Palestine aux Nations Unies. Outre la question de fond que pose l’initiative palestinienne, les réactions par rapport à cette démarche nous révèlent en fait la vraie figure des politiques occidentales au Moyen-Orient.

Dans son allocution à l’Assemblée Générale des Nations Unies, un an après avoir appelé de ses vœux la création d’un Etat palestinien en 2011, Barack Obama a réitéré la position américaine actuelle, calquée sur la position israélienne, que la paix ne peut venir que d’une solution négociée. A un an des présidentielles aux Etats-Unis et d’une possible reconduction de son mandat, cette volte-face américaine entre 2010 et 2011 montre bien le peu de latitude laissée à Barack Obama dans ses décisions de politiques étrangères, spécialement en ce qui concerne Israël.

Face à ce revirement américain, la déception palestinienne est perceptible. Mahmoud Abbas et son équipe ne sont pas à blâmer pour le blocage du processus de négociations, et Obama le sait pertinemment. Depuis la fin du moratoire sur la colonisation fin septembre 2010, le gouvernement israélien n’a fait aucun effort pour freiner la construction de nouveaux logements dans les territoires occupés. En adoptant une attitude aussi, le parrain du processus de paix, qu’étaient les Etats-Unis, ne pourra plus jamais s’affirmer comme arbitre neutre de la situation.

De son côté, Nicolas Sarkozy s’est exprimé devant la même assemblée, proposant à la Palestine d’acquérir non pas le statut d’Etat membre, mais celui d’Etat observateur. Le président français propose la solution – connue depuis longtemps par l’OLP – qui permet d’éviter l’introduction de la demande auprès du Conseil de Sécurité, et donc d’éviter aux Etats-Unis de devoir imposer leur veto. Une solution qui montre également que l’Union Européenne n’a pas réussi à s’accorder,  et a finalement trouvé une position intermédiaire qui semble arranger tout le monde.

En effet, un Etat non membre a en soi une certaine charge symbolique, mais également, par le caractère étatique qu’il confère donne accès à la ratification de certains traités, dont celui de la Cour pénale internationale. Néanmoins, étant donné qu’une telle éventualité est justement ce qui effraie Israël, il est probable qu’un statut spécial soit accordé à la Palestine, qui exclue la possibilité de telles démarches. Il faudra donc analyser les conditions de l’adhésion de la Palestine à l’ONU en tant qu’Etat non membre avant de se réjouir.

Les Palestiniens, dont certains étaient déjà sceptiques sur la démarche de l’Autorité Palestinienne, n’y verront finalement qu’un énième artifice pour éviter de leur donner l’indépendance pleine et entière. Pour la plupart, être Etat membre ou non membre à l’ONU ne change en effet rien à l’occupation israélienne qu’ils subissent quotidiennement. Le  relatif échec de l’initiative palestinienne à l’ONU risque enfin de donner le coup de grâce à la vieille garde du Fatah qui entoure le Président de l’Autorité Palestinienne, et par extension à décrédibiliser l’ensemble de l’institution.

Ayant quasiment vidé de son sens la démarche palestinienne, la communauté internationale donne donc à nouveau la priorité à des négociations. Des négociations qui doivent aujourd’hui prendre place dans un contexte des plus difficiles. Et si ni Etats-Unis, ni Union Européenne ne sont capables d’assurer le rôle de parrain neutre du processus de paix, quel avenir lui est destiné ? L’Union Européenne a montré par le passé qu’elle était un acteur faible sur la scène internationale. Les choses pourraient pourtant changer. Autant la situation sur la scène israélo-palestinienne que le printemps arabe exigent des réformes et des actions qu’elle ne semble en définitive pas en mesure de réaliser.

 

Nathalie Janne d’Othée

 

–          L’Europe accentue les pressions sur Assad (Europe to step up pressure on Assad) The Financial Times – 21/09/2011

Les Gouvernements de l’Union Européenne ont interdit aux entreprises européennes de faire de nouveaux investissements dans l’industrie pétrolière en Syrie et ont ajouté plusieurs nouvelles entités ainsi que deux personnes physiques à une liste de sanctions. Les sanctions seront formellement approuvées par écrit par les 27 Etats membres d’ici vendredi, et prendront effet samedi. Elles comprennent également une interdiction de livraison des billets et les pièces syriennes produites dans l’UE.

–          La Démocratie dans les pays Arabes convient-elle aux Etats-Unis ? (Democracy in Any Arab Country Suit the United States?) Dar Al-Hayat – 22/09/2011

Chaque révolution arabe de rage, depuis l’immolation de Mohamed Bouazizi le 17 décembre 2010, avait ses propres raisons, qu’ils soient tunisiens, égyptiens, yéménites ou encore libyens. Cependant, une chose est commune parmi eux, c’est la haine d’Israël. Les Egyptiens ont attaqué et ont fait irruption dans l’ambassade d’Israël après avoir manifesté contre ce pays sur la place Tahrir. Les Jordaniens ont organisé des manifestations devant l’ambassade israélienne à Amman, et la Turquie a expulsé l’ambassadeur israélien à Ankara pour une raison «palestinienne», à savoir le raid contre la flottille de la liberté en haute mer.

–          Mots très durs de la Turquie sur Israël, et de l’Iran sur les Etats-Unis (Harsh Words From Turkey About Israel, and From Iran About United States) The New-York Times – 22/09/2011

Ignorant les tentatives américaines de tenter un dégel des relations turco-israéliennes, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan de la Turquie a utilisé son allocution devant l’Assemblée générale annuelle ce jeudi pour énumérer une longue liste de griefs envers Israël, un ancien allié régional. M. Erdogan a été le deuxième grand leader du Moyen-Orient à parler devant l’Assemblée générale, en mettant l’accent sur le problème le plus insoluble de la région, le conflit israélo-palestinien.

–          Bill Clinton : Un accord de paix au Moyen-Orient n’intéresse pas Netanyahu (Bill Clinton: Netanyahu isn’t interested in Mideast peace deal) Haaretz – 23/09/2011

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, est responsable de l’impossibilité de parvenir à un accord de paix qui mettrait fin au conflit entre Israël et les Palestiniens, a déclaré jeudi l’ancien président américain Bill Clinton. S’exprimant en marge de la conférence de la Clinton Global Initiative à New York, l’ancien président américain a été cité par le magazine Foreign Policy en affirmant que M. Netanyahu a perdu l’intérêt dans le processus de paix alors que deux demandes israéliennes de base semblait atteignables: un leadership palestinien et la possibilité de normaliser les relations avec le monde arabe

–          Surprise Surprise ? Saleh est de retour au Yémen (Surprise surprise? Saleh is back to Yemen) Middle East Online – 23/09/2011

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh est rentré à Sanaa le vendredi après plus de trois mois de traitement médical en Arabie Saoudite, alors même que ses forces étaient aux prises avec les troupes dissidentes dans la capitale. Le retour surprise de Saleh a été annoncée par la télévision d’Etat. Il est arrivé par avion à Sanaa au 05h00 (02H00 GMT), selon une source aéroportuaire.