Par Jean-Philippe Timmermans

« Le tyran est mort », « Le peuple libyen est sauvé » ou encore « La Libye est maintenant libre » titraient les journaux au lendemain de la mort du Colonel Mouammar Kadhafi. Nous, Occidentaux, avons joué un rôle dans cette « libération ». En protégeant la population de la répression particulièrement violente qu’exerçait Kadhafi et son armée, nous avons permis au peuple de se soulever et de venir à bout de celui qui se présentait comme leur « guide », mais dont l’oppression constituait l’unique stratégie politique. Nous ne pouvons donc que nous féliciter d’avoir contribué ainsi à la libération de tout un pays.

Le tableau parait bien flatteur. Cependant, le déroulement de ces événements présente des aspects quelque peu dérangeants. L’on peut en effet percevoir comme un décalage entre l’objectif principal de cette opération et les moyens utilisés pour y parvenir.

Le 17 mars 2011 est votée au Conseil de sécurité la résolution 1973 qui autorise « toutes mesures nécessaires », sauf occupation étrangère d’aucune sorte, « pour la protection des populations et des zones civiles menacées d’attaque » en Libye. Cette résolution se base sur le « devoir de protection » que nous avons vis-à-vis de la population civile libyenne. Il s’agit donc d’une intervention militaire justifiée par des raisons humanitaires, légitimée par le Conseil de sécurité, au motif que la situation en Libye est une menace pour la paix et la sécurité internationales.

Officiellement, nous n’intervenions donc que pour protéger les Libyens de leur dictateur sanguinaire. Mais la télévision d’Etat constituait-elle une menace pour le peuple libyen ? Le bombardement de la résidence personnelle de Kadhafi était-il nécessaire à la protection des civils ? Fournir la rébellion en armes et matériel militaire, était-ce une solution adéquate pour protéger les civils de la répression ? L’envoi de conseillers militaires ne relève-t-il pas plutôt d’un soutien unilatéral à l’insurrection armée ?

A l’issue du sommet de Paris le 19 mars 2011, deux jours après le vote de la résolution 1973, les participants déclaraient : « Nous assurons le peuple libyen de notre détermination à être à ses côtés pour l’aider à réaliser ses aspirations et à bâtir son avenir et ses institutions dans un cadre démocratique ». Le 28 mars, Nicolas Sarkozy et David Cameron annonçaient conjointement : « Kadhafi doit partir immédiatement ».  La résolution fut à peine adoptée que l’on envisageait déjà d’aller au-delà du simple devoir de protéger.

Bien qu’ils s’en défendent, les Etats intervenants avaient pourtant bien d’autres raisons relevant d’intérêts nationaux pour justifier leur intervention et le renversement du pouvoir.

Il y a en premier lieu les intérêts de types sécuritaires : il s’agissait d’éviter d’avoir à nos frontières un Etat paria, source d’instabilité ; d’éviter un potentiel flux migratoire incontrôlé de centaines de milliers de Libyens fuyant la répression dans leur pays ; d’éviter une riposte terroriste de la part du régime en place vis-à-vis des Occidentaux, menace d’autant plus probable que l’Allemagne, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne en ont déjà fait les frais par le passé.
Ensuite, il y a les incontournables intérêts économiques. La Libye est le pays d’Afrique qui détient les plus grandes réserves prouvées de pétrole brut enfouies sous son territoire et se place en 9ème position au niveau mondial. Elle détient également la 4ème place des plus grosses réserves gazières d’Afrique et la 21ème mondiale. La Libye est un très gros fournisseur d’énergie fossile pour l’Europe et une alternative nécessaire aux approvisionnements russes. L’Europe ne vise pas nécessairement le contrôle du secteur énergétique libyen, mais il est primordial que les approvisionnements soient assurés.

Enfin, il y a aussi un intérêt politique, notamment pour la France qui cherchait à redorer le blason de sa diplomatie après les révolutions de la Tunisie et de l’Egypte. En effet, alors que la Méditerranée est traditionnellement une chasse gardée de la diplomatie française, la France fut dépassée par les évènements qui ont secoué ces deux pays. Ne sachant que faire entre soutenir les peuples en train de se soulever ou les régimes en place considérés comme alliés, la France est restée particulièrement passive. Accusée de complaisance avec les régimes tyranniques de la région, la Libye offrait l’occasion de montrer aux peuples arabes l’engagement de la France pour leur auto-détermination.

Il apparaît évident que le renversement du régime de Kadhafi était un objectif en soi de l’Otan et de ses alliés. Bien que la capture de Kadhafi fût effectuée grâce à l’attaque de son convoi par les forces de la coalition, la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, persiste à dire que le renversement de Mouammar Kadhafi avait été « l’œuvre de Libyens ordinaires, courageux ». Comme s’il était nécessaire de rappeler que les forces occidentales n’y ont pas joué de rôle majeur étant donné que leur unique objectif était de « protéger » la population civile.

A l’heure où l’on ne parle que d’amélioration de la gouvernance politique et économique, l’hypocrisie avec laquelle nous avons encouragé ce renversement de régime crée un certain malaise. Regardons les choses en face ! Nous ne pouvons pas espérer être crédibles dans notre volonté de promouvoir la démocratie et la justice si nos propres actions cachent des objectifs différents. Comment réagiront les autres pays membres du conseil de sécurité, notamment la Chine et la Russie, lorsque nous demanderons une nouvelle application de ce « devoir de protéger » les populations, si légitime soit-elle, maintenant qu’ils savent pertinemment bien que nous n’hésitons pas à utiliser ce concept pour d’autres desseins ? L’aventure libyenne sonne probablement la fin des opérations de « protection » des populations soutenues par la communauté internationale, au grand dam des peuples opprimés et pour le plus grand bonheur des dictateurs toujours en place.

Néanmoins, doit-on pour autant déplorer cette opération en Libye ? Certes, elle a été menée avec beaucoup d’hypocrisie, mais faut-il regretter ce que nous avons accompli ? L’opération en Libye déroge peut-être aux règles du droit international et pourrait être qualifiée d’ingérence et de non respect de la souveraineté de cet Etat, mais combien de vies ce fou enragé aurait encore pu détruire s’il n’avait pas été renversé ? Non, nous ne regretterons pas le colonel Mouammar Kadhafi. Vu le caractère sanguinaire, excessif et imprévisible du personnage, nous ne pouvons qu’être soulagés par sa mort.  Sans lui, la Libye peut maintenant rêver d’un avenir moins cruel que celui que présentait la Jamahirya et son dirigeant sanguinaire. Aux représentants du peuple libyen de faire maintenant les bons choix afin de rendre cet avenir meilleur. A eux de ne pas verser dans le népotisme et la vengeance qui ne ferait que rétablir l’oppression sous d’autres aspects. Et ce ne sera pas si facile…

 

–          Nahda to reach out to Tunisian secular rivals – The Financial Times – 25/10/2011

Tunisia’s Islamist party and the big winner in the country’s first democratic election has started reaching out to secular rivals as it vows to work on building a stable democratic state. Mr Ferjani said Nahda wants to secure the position of prime minister in the coalition government.  He said they would invite  the Congress for the Republic to join the coalition, led by Moncef Marzouki, a former dissident who was exiled in France, and the Ettakatol group, headed by Mustafa Ben Jaafar, a veteran opposition leader. Despite some suspicions, the Islamists insist these fears are groundless and that their main aim is to offer the world a model proving that democracy and Islam are compatible.

–          In Slap at Syria, Turkey Shelters Anti-Assad Fighters– The New York Times – 27/10/2011

Once one of Syria’s closest allies, Turkey is hosting an armed opposition group waging an insurgency against the government of President Bashar al-Assad, providing shelter to the commander and dozens of members of the group, the Free Syrian Army, and allowing them to orchestrate attacks across the border from inside a camp guarded by the Turkish military. The support for the insurgents comes amid a broader Turkish campaign to undermine Mr. Assad’s government. Turkey is expected to impose sanctions soon on Syria, and it has deepened its support for an umbrella political opposition group known as the Syrian National Council, which announced its formation in Istanbul.

–          Yemen women burn their veils to protest regime violence – Haaretz – 27/10/2011

Hundreds of Yemeni women on Wednesday set fire to traditional female veils to protest the government’s brutal crackdown against the country’s popular uprising, as overnight clashes in the capital and another city killed 25 people, officials said. The women in Yemen have taken a key role in the uprising against President Ali Abdullah Saleh’s authoritarian rule that erupted in March, inspired by other Arab revolutions. Their role came into the limelight earlier in October, when Yemeni woman activist Tawakkul Karman was awarded the Nobel Peace Prize, along with two Liberian women, for their struggle for women’s rights.

–          The Sakharov Prize awarded to five Arab Spring activists ( Le prix Sakharov décerné à cinq militants du Printemps arabe)- Le Monde – 27/10/2011

The European Parliament awarded on Thursday Oct. 27, its prestigious Sakharov Prize for Freedom of Thought to five militants  of the Arab Spring.The winners are the protestor Tunisian Mohamed Bouazizi-honored posthumously – the Egyptian activist Asmaa Mahfouz, the Libyan dissident Ahmed Al-Zubair Ahmed Al-Sanusi, the lawyer Razan Zeitouneh Syrian and Syrian cartoonist Ali Farzat.

–          Libya after Qaddafi. A new timetable – The Economist – 29/10/2011

When Libya’s new rulers declared on October 23rd that their country, with the fall of Sirte and the death of Muammar Qaddafi, had definitively been liberated, a constitutional-cum-electoral clock began to tick. First, within a month, the chairman of the current National Transitional Council, Mustafa Abdel Jalil, is to appoint an interim government. Within three months it should pass preliminary electoral laws. And within eight months Libyans are to elect about 200 delegates to an assembly charged with drafting a constitution to be approved by a referendum within another year, meaning mid-2013. Once the constitution is endorsed, elections for a parliament and later for a president will follow. This should all take a couple of years.

 

–          Nahda tend les bras à ses rivaux tunisiens laïcs (Nahda to reach out to Tunisian secular rivals)- The Financial Times – 25/10/2011

Le parti islamiste tunisien, grand gagnant de la première élection démocratique du pays tend les bras à ses rivaux laïcs car il souhaite promouvoir un État démocratique stable. M. Ferjani a déclaré : Nahda veut sécuriser le poste de Premier ministre dans le gouvernement de coalition mais il invite à rejoindre la coalition le parti du Congrès pour la République, dirigée par Moncef Marzouki, un ancien dissident exilé en France, et le groupe Ettakatol, dirigée par Mustafa Ben Jaafar, un leader de l’opposition vétéran. Malgré quelques soupçons, les islamistes déclarent que ces craintes sont infondées et que leur but principal est d’offrir au monde un modèle qui prouve que la démocratie et l’islam sont compatibles.

–           Coup dur pour la Syrie : la Turquie accueille les combattants anti-Assad (In Slap at Syria, Turkey Shelters Anti-Assad Fighters)- The New York Times – 27/10/2011

Alors qu’elle était l’un des plus proches alliés de la Syrie, la Turquie accueille désormais un groupe armé d’opposition menant une insurrection contre le gouvernement du président Bachar al-Assad. Elle fournit ainsi un refuge au commandant et à des dizaines de membres du groupe de l’Armée libre syrienne en leur permettant d’orchestrer des attaques à travers la frontière à partir d’un camp gardé par l’armée turque. Le soutien aux insurgés s’inscrit dans une vaste campagne turque pour saper le gouvernement de M. Assad. La Turquie devrait imposer des sanctions à la Syrie et augmenter son soutien au  Conseil national syrien, qui s’est formé à Istanbul.

–          Des femmes yéménites brûlent leurs voiles pour protester contre la violence du régime en place ( Yemen women burn their veils to protest regime violence)- Haaretz – 27/10/2011

Des centaines de femmes yéménites ont mis le feu à leurs voiles traditionnels pour protester contre la répression brutale du gouvernement depuis le soulèvement populaire du pays, des affrontements dans la capitale et une autre ville ont tué 25 personnes. Les femmes au Yémen ont acquis un rôle clé dans le soulèvement contre le régime autoritaire du président Ali Abdallah Saleh qui a éclaté en mars dernier, inspiré par les autres révolutions arabes. Leur rôle s’est accru lorsq’une femme yéménite militante, Tawakkul Karman, a reçu le prix Nobel de la Paix avec deux femmes libériennes pour saluer leur lutte pour les droits des femmes.

–          Le prix Sakharov décerné à cinq militants du Printemps arabeLe Monde – 27/10/2011

Le Parlement européen a décerné, jeudi 27 octobre, son prestigieux prix Sakharov pour la liberté de l’esprit à cinq militants du Printemps arabe, a-t-on appris de source parlementaire. Les lauréats sont le protestataire tunisien Mohamed Bouazizi— honoré à titre posthume –, la militante égyptienne Asmaa Mahfouz, le dissident libyen Ahmed Al-Zubair Ahmed Al-Sanusi, l’avocate syrienne Razan Zeitouneh et le caricaturiste syrien Ali Farzat, a précisé cette source.

–          Libye après Kadhafi. Un nouveau calendrier ( Libya after Qaddafi. A new timetable)- The Economist – 29/10/2011 

Quand les nouveaux dirigeants de la Libye ont déclaré le 23 Octobre que leur pays, avec la chute de Syrte et la mort de Mouammar Kadhafi, avait été définitivement libérée, une horloge constitutionnelle et électorale a commencé s’est déclenché. Tout d’abord, dans un mois, le président de l’actuel Conseil national de transition, Mustafa Abdel Jalil, doit nommer un gouvernement intérimaire. Dans les trois mois, la Libye devra voter des lois électorales préliminaires. Et dans les huit mois, les Libyens  devront élire environ 200 délégués à une assemblée constituante. La nouvelle constitution devra être  approuvée par un référendum dans un an, ce qui signifie la mi-2013. Une fois que la constitution est approuvée, les élections pour un parlement et plus tard pour un président vont suivre. Tout cela devrait prendre quelques années.

 

L’Institut Royal des Relations Internationales

a l’honneur de vous inviter à une conférence le mercredi 16 novembre 2011 de 18.30 à 19.30 au Palais d’Egmont, 8 bis Place du petit Sablon, 1000 Bruxelles.

 

LA SYRIE, UNE RÉVOLTE À HUIS CLOS :

QUELLES ORIGINES ET QUELLES PERSPECTIVES ?

 

Par Monsieur Salam Kawakibi, Directeur de Recherche au Centre Initiative pour une Réforme Arabe et chercheur au Département des Sciences Sociales et Politiques, Université d’Amsterdam.

L’orateur évoquera les genèses de la révolte syrienne en expliquant la nature de la vie politique. Il mettra l’accent sur la composition du mouvement de la contestation dans sa diversité. Une approche internationale sera ainsi développée afin de constater la gestion de la communauté internationale dans le dossier.

La conférence sera présidée par Monsieur Marc Trenteseau, Directeur Général, Egmont

La conférence se déroulera en français, le débat aura lieu en français et en anglais.

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Talon Réponse

Il est indispensable de s’inscrire à l’avance, par fax (02-223.41.16), par courrier (69 rue de Namur, B-1000 Bruxelles) ou par courriel conferences@egmontinsitute.be , à EGMONT – Institut Royal des Relations Internationales,  avant le 10 novembre 2011.

Nom:

Titre:

Organisation:

(    ) Assistera à la Conference Mercredi 16 novembre 2011  à 18h 30 au Palais d’Egmont.

 

Sharia, a word that has troubled Western capital cities, raised concerns among public opinion and awoke the regular Islamophobic diatribes of Islam. Literally, the Sharia is the way, the common thread in life, rather than being just the Islamic law, it includes the precepts of the Koran, the Sunna (the Prophet’s tradition) and it is supposed to govern personal and family status as well as the criminal and public laws.

These interrogations about the sudden introduction of Sharia and its implications appeared after a statement, a clumsy one, of Mustafa Abdeljallil, president of the National Transitional Council (CNT) of Libya. This statement revealed that the Sharia will be the « main source of legislation » in the post-Qadhafi Libya. The recent victory (over 41% of votes) of the Islamist party Ennahda in Tunisia and the rise of the Muslim Brotherhood in Egypt has only fueled suspicions and increased the fear of radical Islam.

In the collective imagination, Sharia is often equated with stoning or polygamy. But actually the Sharia is the basis of law in many Arab countries constitutions. This is the case in Egypt since 1980, in Tunisia, where the first article of the Constitution states that Islam is the religion of the state. In Syria, the case law  relies on Islamic principles. Sharia is not a fixed set of laws. Its application depends on the interpretation that is made of it. The main distinction made in the Sharia between absolute and subjective principles is the key to its implementation. While the absolute principles are immutable, the subjective ones are subject to interpretation by the judge, case law can make the principles of Islamic sharia evolve, according to the evolution of society. Egyptian Constitutional Court has never clearly defined these absolute principles. A relative principle can be subject to an scalable interpretation and therefore an open one.

Apart from Saudi Arabia and Sudan, where Sharia is a part of the Penal Code, elsewhere it applies generally to family law and Islamic finance. Interpretations also vary according to different schools of case law in Sunni Islam, Saudi Arabia belonging to Wahhabi, the most rigorous of all.

Sharia law is not synonymous with lashing, stoning of adulterous women and hands cut off for theft, there is a large range of options between its blind application and its rejection.

Let’s put aside the effects of announcement, the idées reçues and the intellectual shortcuts to have a look at the facts as they are. The statement of the Libyan TNC, which has a political agenda much more than a societal or a religious one, informs us that the Sharia will be the source of the Libyan law, as it is the case in most Muslim countries. There is no indication that it will be strictly enforced. In Tunisia, the people spoke at a free and democratic election with record turnout. The ongoing negotiations between the various parties to form a coalition seem to reflect the will of Ennahda to submit to the rules of democracy.

It is not about being naive, one cannot ignore the weight of conservatism and tribalism in Libya. We must remain vigilant regarding the respect of fundamental freedoms, including gender equality, the protection of religious minorities, freedom of conscience . While rediscovering that Tunisia is a Muslim country, we should not content with the opposition between secularists and Islamists. An Islamist party does not automatically aim to the introduction of Sharia into the Constitution, just like the AKP in Turkey proves it.

The question is not whether we will regret Kadhafi and Ben Ali but the challenge is to trust the democratic aspirations of those people who have won the freedom to choose their leaders and their political system. It is not our responsibility to make judgments but to support them with as much fervor as we supported their fallen dictators for decades …

Dalila Bernard

 

Sharia, un mot qui a troublé les capitales occidentales, suscité des inquiétudes au sein des opinions publiques et réveillé les réflexes islamophobes des habituels diatribes de l’Islam. Littéralement, la Sharia est la voie, le fil conducteur dans la vie, plus que la loi islamique, elle comprend les préceptes du  Coran, de la Sunna (la tradition du Prophète) et est censée régir le statut personnel et familial de même que le droit pénal et public d’une société.

A la base de ces interrogations soudaines sur la mise en place de la Sharia et de ses implications, une déclaration, maladroite, de Moustapha Abdeljallil, président  du Conseil National de Transition (CNT) libyen. Déclaration selon laquelle la Sharia sera la « principale source de la législation » dans la Libye post-Kadhafi.  La récente victoire (à plus de 41% des voix)  du parti islamiste Ennahda en Tunisie et la montée des Frères musulmans en Egypte n’ont fait qu’alimenter les soupçons et renforcer la peur de l’islamisme radical.

Dans l’imaginaire collectif, la Sharia est souvent assimilée à la lapidation ou à la polygamie. Elle est en réalité la base du droit dans de nombreuses constitutions des pays arabes. C’est le cas en Egypte depuis 1980, en Tunisie où  l’article premier de la Constitution dispose que l’islam est la religion d’Etat, la Syrie, quant à elle, s’appuie sur une jurisprudence islamique. La Sharia n’est pas un ensemble de lois fixées. Son application dépend, pour beaucoup, de l’interprétation qui en est faite. La distinction principale faite au sein de la Sharia entre principes absolus et principes relatifs est la clé de sa mise en œuvre. Alors que les principes absolus sont immuables, les relatifs sont soumis à l’interprétation du juge, la jurisprudence peut ainsi faire évoluer les principes relatifs de la sharia islamique en fonction des évolutions de la société.  La cour constitutionnelle égyptienne n’a jamais clairement défini ces principes absolus. Un principe relatif est soumis à une interprétation évolutive et donc ouverte.

En dehors de l’Arabie Saoudite et du Soudan où la Sharia est inscrite dans le code pénal, celle-ci ne s’applique généralement que pour le droit de la famille et dans la finance islamique. Les interprétations varient également en fonction des différentes écoles de jurisprudence dans l’islam sunnite, l’Arabie Saoudite appartenant au wahabisme, la plus rigoriste de toutes.

La Sharia n’est donc pas synonyme de flagellation, lapidation des femmes adultères et mains coupées pour les voleurs, il y a un large volet  d’options envisageables entre son application aveugle et son rejet catégorique.

Et si l’on mettait de côté les effets d’annonce, les idées reçues et les raccourcis intellectuels pour regarder les faits tels qu’ils sont. La déclaration du CNT libyen, qui a des visées politiques beaucoup plus que sociétales ou religieuses, nous apprend que la Sharia sera la source du droit libyen, comme elle l’est dans la majorité des pays musulmans. Rien ne laisse présager qu’elle sera appliquée à la lettre. En Tunisie, le peuple s’est exprimé lors d’une élection libre et démocratique avec un taux de participation record. Les négociations en cours entre les différents partis pour la formation d’une coalition semblent témoigner de la volonté d’Ennahda de se soumettre au jeu de la démocratie.

Il ne s’agit pas ici de naïveté, on ne peut ignorer le poids du conservatisme et du tribalisme en Libye. Il faut rester vigilant quant au respect des libertés fondamentales et notamment l’égalité hommes/femmes, les minorités religieuses, la liberté de conscience et de culte. En redécouvrant que la Tunisie est un pays musulman, ne nous contentons pas de l’opposition entre laïcs et islamistes. Un parti islamiste ne vise pas automatiquement à l’introduction de la Sharia dans la Constitution comme en témoigne l’AKP en Turquie.

La question n’est pas de se demander si l’on va regretter Kadhafi et Ben-Ali mais de  faire confiance aux aspirations démocratiques de ces peuples qui ont gagné la liberté de choisir leurs dirigeants et leur système politique. Il ne nous appartient pas de porter des jugements mais de les soutenir avec au moins autant de ferveur que nous avions soutenu leurs dictateurs déchus pendant des décennies…

 Dalila Bernard

 

 

(English version below)

 

Madame, Monsieur,

 

La représentation de l’Ile-de-France auprès de l’UE a le plaisir de vous inviter à la conférence « Printemps arabe : quel rôle pour les autorités locales dans la Politique Européenne de Voisinage ? »

 

Date : mercredi 9 novembre à 14h30

Lieu : Parlement européen / salle A5G2

Programme à télécharger :  Programme FR.

 

Les mouvements d’émancipation démocratiques, qu’ont connu, à partir de la fin de l’année 2010, de nombreux pays de la rive sud de la Méditerranée et du Proche Orient, constituent une séquence historique majeure. Ce « Printemps arabe » oblige l’ensemble des acteurs présents dans cette zone à repenser leur action.

L’Union européenne a réagi rapidement en proposant deux communications, en mars puis en mai, visant à revitaliser sa Politique Européenne de Voisinage (PEV). A l’image de la Région Ile-de-France, qui prépare un rapport sur sa politique méditerranéenne, de nombreuses autorités locales européennes souhaitent également donner un nouveau souffle à leurs actions de coopération dans ces pays afin de soutenir le mouvement lancé par le Printemps arabe. Alors que de plusieurs pays du voisinage sud s’engagent dans un processus de décentralisation, se pose la question d’une meilleure prise en compte des autorités locales dans la nouvelle PEV et dans les futurs programmes européens de coopération au développement.

Après avoir débattu sur la contribution des autorités locales au développement et à la démocratisation des pays du sud de la Méditerranée, les participants échangeront sur la place des collectivités territoriales dans la nouvelle PEV.

 

Veuillez trouver le programme en pièce jointe. Merci de confirmer votre participation par email à jidfe2011@iledefrance-europe.eu avant le 4 novembre.

 

Pour obtenir un badge pour entrer au Parlement européen, merci de nous envoyer par mail vos nom, prénom, date de naissance et adresse. Merci de vous munir de votre carte d’identité ou de votre passeport le jour de la conférence et de vous présenter 30 minutes avant le début de la conférence à l’entrée du Parlement côté Place du Luxembourg (Bâtiment Altiero Spinelli). Un badge d’accès vous sera fourni.

 

Nous serions très heureux de pouvoir vous compter parmi nous lors de cette journée. Cette conférence se déroule dans le cadre des Journées Ile-de-France Europe 2011 qui se tiendront du 8 au 10 novembre à Bruxelles.

 

Contact :

Stéphane VICTOR

Chargé de mission

Ile-de-France Europe

 

Représentation de l’Ile-de-France à Bruxelles

10 rue Montoyer – B – 1000 Bruxelles

Tél. : + 32 (0) 2.289.25.10

Fax : + 32 (0) 2.513.63.74

stephane.victor@iledefrance-europe.eu

http://www.iledefrance-europe.eu

 

 

 

————————————————————————————————————————————————–

 

Dear Madam, Dear Sir,

The Ile-de-France Representation to the EU has the pleasure to invite you to the conference “Arab Spring: A new role for local authorities in the European Neighbourhood Policy?”

 

Date: Wednesday 9 November 2011 at 2.30 pm

Venue: European Parliament / Room A5G2

Download programme here: Programme EN.

 

The movements for democratic change that took place in many countries in the south of the Mediterranean Sea and the Middle East since the end of 2010 constitute a major historical event. This “Arab Spring” forces all development stakeholders involved in this area to rethink their action.

The European Commission reacted quickly by submitting two communications in March and May aiming at revitalizing the European Neighbourhood Policy (ENP). The Ile-de-France Region that is currently preparing a report on its Mediterranean policy, and many other European local authorities would also like to give a new angle and impetus to their cooperation in those countries in order to support the movement launched by the Arab Spring.

Also, the emergence of decentralization processes in many countries in the southern neighbourhood raises the question of a greater consideration of local authorities in the new ENP and in the future European development cooperation programmes.

After discussing the contribution of local authorities to the development and the democratization of southern Mediterranean countries, participants will exchange views on the role of local authorities in the new ENP.

 

Please find enclosed the programme of this event. Could you please confirm your attendance before the 4th November by sending an email to: jidfe2011@iledefrance-europe.eu?

 

In order to get an access badge for the European Parliament, please send us by email your name and surname, date of birth and address. Access badges will be delivered at the reception desk of the conference, at the entrance of the Parliament building facing Place Luxembourg (“Altiero Spinelli” building). Please come 30 min before the start of the event and do not forget to bring your ID card or Passport.

 

This event is organised in the framework of the “Ile-de-France Europe Days 2011” taking place from 8th to 10th November.

Contact :

Stéphane VICTOR

Chargé de mission

Ile-de-France Europe

 

Représentation de l’Ile-de-France à Bruxelles

10 rue Montoyer – B – 1000 Bruxelles

Tél. : + 32 (0) 2.289.25.10

Fax : + 32 (0) 2.513.63.74

stephane.victor@iledefrance-europe.eu

http://www.iledefrance-europe.eu

 

 

 

(English version below)

 

Madame, Monsieur,

 

La représentation de l’Ile-de-France auprès de l’UE a le plaisir de vous inviter à la conférence « Printemps arabe : quel rôle pour les autorités locales dans la Politique Européenne de Voisinage ? »

 

Date : mercredi 9 novembre à 14h30

Lieu : Parlement européen / salle A5G2

Programme à télécharger :  Programme FR.

Les mouvements d’émancipation démocratiques, qu’ont connu, à partir de la fin de l’année 2010, de nombreux pays de la rive sud de la Méditerranée et du Proche Orient, constituent une séquence historique majeure. Ce « Printemps arabe » oblige l’ensemble des acteurs présents dans cette zone à repenser leur action.

L’Union européenne a réagi rapidement en proposant deux communications, en mars puis en mai, visant à revitaliser sa Politique Européenne de Voisinage (PEV). A l’image de la Région Ile-de-France, qui prépare un rapport sur sa politique méditerranéenne, de nombreuses autorités locales européennes souhaitent également donner un nouveau souffle à leurs actions de coopération dans ces pays afin de soutenir le mouvement lancé par le Printemps arabe. Alors que de plusieurs pays du voisinage sud s’engagent dans un processus de décentralisation, se pose la question d’une meilleure prise en compte des autorités locales dans la nouvelle PEV et dans les futurs programmes européens de coopération au développement.

 

Après avoir débattu sur la contribution des autorités locales au développement et à la démocratisation des pays du sud de la Méditerranée, les participants échangeront sur la place des collectivités territoriales dans la nouvelle PEV.

Veuillez trouver le programme en pièce jointe. Merci de confirmer votre participation par email à jidfe2011@iledefrance-europe.eu avant le 4 novembre.

 

Pour obtenir un badge pour entrer au Parlement européen, merci de nous envoyer par mail vos nom, prénom, date de naissance et adresse. Merci de vous munir de votre carte d’identité ou de votre passeport le jour de la conférence et de vous présenter 30 minutes avant le début de la conférence à l’entrée du Parlement côté Place du Luxembourg (Bâtiment Altiero Spinelli). Un badge d’accès vous sera fourni.

 

Nous serions très heureux de pouvoir vous compter parmi nous lors de cette journée. Cette conférence se déroule dans le cadre des Journées Ile-de-France Europe 2011 qui se tiendront du 8 au 10 novembre à Bruxelles.

 

Contact :

Stéphane VICTOR

Chargé de mission

Ile-de-France Europe

Représentation de l’Ile-de-France à Bruxelles

10 rue Montoyer – B – 1000 Bruxelles

Tél. : + 32 (0) 2.289.25.10

Fax : + 32 (0) 2.513.63.74

stephane.victor@iledefrance-europe.eu

http://www.iledefrance-europe.eu

 

 

 

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Dear Madam, Dear Sir,

 

The Ile-de-France Representation to the EU has the pleasure to invite you to the conference “Arab Spring: A new role for local authorities in the European Neighbourhood Policy?”

 

Date: Wednesday 9 November 2011 at 2.30 pm

Venue: European Parliament / Room A5G2

Download programme here: Programme EN.

 

The movements for democratic change that took place in many countries in the south of the Mediterranean Sea and the Middle East since the end of 2010 constitute a major historical event. This “Arab Spring” forces all development stakeholders involved in this area to rethink their action.

The European Commission reacted quickly by submitting two communications in March and May aiming at revitalizing the European Neighbourhood Policy (ENP). The Ile-de-France Region that is currently preparing a report on its Mediterranean policy, and many other European local authorities would also like to give a new angle and impetus to their cooperation in those countries in order to support the movement launched by the Arab Spring.

Also, the emergence of decentralization processes in many countries in the southern neighbourhood raises the question of a greater consideration of local authorities in the new ENP and in the future European development cooperation programmes.

After discussing the contribution of local authorities to the development and the democratization of southern Mediterranean countries, participants will exchange views on the role of local authorities in the new ENP.

Please find enclosed the programme of this event. Could you please confirm your attendance before the 4th November by sending an email to: jidfe2011@iledefrance-europe.eu?

 

In order to get an access badge for the European Parliament, please send us by email your name and surname, date of birth and address. Access badges will be delivered at the reception desk of the conference, at the entrance of the Parliament building facing Place Luxembourg (“Altiero Spinelli” building). Please come 30 min before the start of the event and do not forget to bring your ID card or Passport.

 

This event is organised in the framework of the “Ile-de-France Europe Days 2011” taking place from 8th to 10th November.

 

Contact :

Stéphane VICTOR

Chargé de mission

Ile-de-France Europe

Représentation de l’Ile-de-France à Bruxelles

10 rue Montoyer – B – 1000 Bruxelles

Tél. : + 32 (0) 2.289.25.10

Fax : + 32 (0) 2.513.63.74

stephane.victor@iledefrance-europe.eu

http://www.iledefrance-europe.eu

 

 

 

Mardi 8 novembre 2011 de 12h30 à 14h

L’Institut MEDEA et l’Assemblée des Citoyens et des Citoyennes de la Méditerranée

avec le soutien de

Generation Europe Foundation

ont le plaisir de vous inviter à un déjeuner-débat avec

Ahmed DRISS

Président-directeur du Centre d’études méditerranéennes et internationales (CEMI) de Tunis.

Professeur de droit et de sciences politiques à l’Université tunisienne

 

Le 23 octobre, les Tunisiens se sont rendus aux urnes pour décider de ceux qui construiront le futur régime de la république suite au départ de Zine Abdine Ben Ali en janvier d. Les résultats confirment les pronostics : le parti islamiste modéré de Rached Ghannouchi, le parti Ennahda remporte 40% des voix. Cette victoire pose une série de questions : pourquoi le parti islamiste Ennahda est quasi majoritaire? ce résultat aura-t-il une incidence sur la société tunisienne, quel projet de société pour demain? Quel est le poids des différentes forces politiques avant et après les élections? Quelles sont les chances pour la démocratie?

L’Assemblée des Citoyens et Citoyennes de la Méditerranée (ACM) est un processus qui vise à favoriser le développement d’une communauté méditerranéenne des peuples, en favorisant l’émergence d’une parole et d’une action citoyennes communes, par la mise en œuvre de rencontres permanentes disposant de méthodes et d’outils novateurs. Une présentation de la prochaine ACM qui se déroulera du 2 au 4 décembre à Tunis prochain sera effectuée par Vicent GARCÈS, ancien eurodéputé et membre de la coordination de l’ACM.

 

Quand ? mardi 8 novembre, de 12h30 à 14h

Où ? Generation Europe Foundation, Chaussée St Pierre 123, 1040 Bruxelles

P.A.F. (à payer sur place. Inclus sandwichs et boissons): 5 €

Langue : français ; Q/A en français et anglais

 

 

Veuillez confirmer votre participation avant vendredi 4 novembre auprès de l’Institut MEDEA :

– par téléphone: 02/231 13 00 ou par fax: 02/231 06 46

– par email: medea@medea.be

 

 

 

 

Mardi 8 novembre 2011 de 12h30 à 14h

L’Institut MEDEA et l’Assemblée des Citoyens et des Citoyennes de la Méditerranée

avec le soutien de

Generation Europe Foundation

ont le plaisir de vous inviter à un déjeuner-débat avec

Ahmed DRISS

Président-directeur du Centre d’études méditerranéennes et internationales (CEMI) de Tunis.

Professeur de droit et de sciences politiques à l’Université tunisienne

 

Le 23 octobre, les Tunisiens se sont rendus aux urnes pour décider de ceux qui construiront le futur régime de la république suite au départ de Zine Abdine Ben Ali en janvier dernier. Les résultats confirment les pronostics : le parti islamiste modéré de Rached Ghannouchi, le parti Ennahda remporte 40% des voix. Cette victoire pose une série de questions : pourquoi le parti islamiste Ennahda est quasi majoritaire? ce résultat aura-t-il une incidence sur la société tunisienne, quel projet de société pour demain? Quel est le poids des différentes forces politiques avant et après les élections? Quelles sont les chances pour la démocratie?

L’Assemblée des Citoyens et Citoyennes de la Méditerranée (ACM) est un processus qui vise à favoriser le développement d’une communauté méditerranéenne des peuples, en favorisant l’émergence d’une parole et d’une action citoyennes communes, par la mise en œuvre de rencontres permanentes disposant de méthodes et d’outils novateurs. Une présentation de la prochaine ACM qui se déroulera du 2 au 4 décembre à Tunis prochain sera effectuée par Vicent GARCÈS, ancien eurodéputé et membre de la coordination de l’ACM.

 

Quand ? mardi 8 novembre, de 12h30 à 14h

Où ? Generation Europe Foundation, Chaussée St Pierre 123, 1040 Bruxelles

P.A.F. (à payer sur place. Inclus sandwichs et boissons): 5 €

Langue : français ; Q/A en français et anglais

 

 

Veuillez confirmer votre participation avant vendredi 4 novembre auprès de l’Institut MEDEA :

– par téléphone: 02/231 13 00 ou par fax: 02/231 06 46

– par email: medea@medea.be