21/10/2011

Kadhafi a définitivement perdu la partie

Le Conseil National de transition libyen a officiellement annoncé la mort de Mouammar Kadhafi ainsi que celle de son fils Mootassem, jeudi 20 octobre. Le dictateur fantasque, tantôt honni, tantôt acclamé, que 42 années de pouvoir absolu avait rendu complètement incontrôlable, voire fou, a donc définitivement perdu la partie, apparemment abattu à la sortie d’une bouche d’égout où il se cachait après l’attaque par l’OTAN du convoi qui l’accompagnait. Bien que les circonstances de sa mort restent encore floues, La fin de Kadhafi est bien pathétique.

Toutes les chancelleries étaient donc en ébullition suite à cette annonce et de nombreuses d’entre elles, parmi lesquelles les Etats-Unis, se sont féliciter de cette nouvelle. On peut cependant se poser la question de savoir si il est toujours judicieux de se féliciter de la mort d’un homme, quel qu’il soit ou quelles que soient les atrocités qu’il ait commises, et qu’il n’aurait pas fallu plutôt regretter qu’il n’ait pu être jugé devant une cour internationale – un procès en Libye n’aurait en effet été qu’un simulacre de la justice des vainqueurs.

De nombreux pays ont cependant appelé plutôt à la reconstruction du pays et à l’unité nationale des Libyens. L’OTAN a quant à lui déjà annoncé la fin imminente de son intervention militaire et les pays arabes ont salué la fin de la tyrannie et encouragé les libyens à la reconstruction du pays.

Seul le populiste et autoritaire président vénézuélien Hugo Chavez, dernier soutien de Kadhafi, a condamné « l’assassinat » d’un « martyr » et d’un « grand combattant ». Kadhafi, qui aura essayé pendant tant d’année à sortir son pays de l’isolement dans lequel il l’avait plongé, aura donc fini bien seul.

La mort du dictateur, qui avait déjà été renversé à la fin du mois d’août, ne change cependant pas fondamentalement la situation du pays. Tout reste à reconstruire, que ce soit au niveau des infrastructures détruites par la guerre qu’au niveau des institutions. On ne peut espérer maintenant que toutes les forces libyennes qui se sont unies contre le tyran, ne s’entre déchirent entre elles pour la conquête du pouvoir et le contrôle des hydrocarbures du pays.

 Les européens et américains doivent quant à eux cesser immédiatement les opérations militaires, se retirer du pays sans surtout commencer à favoriser un camp contre un autre dans le but de stabiliser le pays le plus rapidement possible, de remporter les contrats de reconstruction et de permettre le redémarrage à plein régime des livraisons d’hydrocarbures.

 La balle est désormais dans le camp du CNT qui doit désormais se concentrer sur la reconstruction du pays et la création d’un régime stable, dépassant les clivages tribaux, et permettant l’établissement d’institutions démocratiques, d’une justice équitable et de contre-pouvoirs indépendants.

Geoffroy d’Aspremont