09/12/2011

Le citoyen, moteur des changements en Méditerranée?

Du 1er au 4 décembre s’est tenu à Tunis la deuxième Assemblée des Citoyens et Citoyennes de la Méditerranée. L’Assemblée des Citoyens et Citoyennes de la Méditerranée (ACM) est une initiative indépendante et autonome qui se veut être un espace de dialogue, un lieu de rencontre où l’on pratique une diplomatie citoyenne, entre gens égaux, indépendamment de la diversité culturelle, religieuse ou nationale.

La première Assemblée des Citoyens et Citoyennes de la Méditerranée qui eut lieu en juillet 2010 à Valencia avait exprimée le besoin de favoriser l’émergence d’une communauté méditerranéenne des peuples, ancrée dans un espace politique méditerranéen et dans une citoyenneté méditerranéenne. Depuis 2011, les évolutions intervenues au Nord et au Sud de la Méditerranée ont démontré la détermination des citoyens et des citoyennes à prendre en main durablement leur avenir.

Des dynamiques citoyennes se retrouvent aujourd’hui au Nord et au Sud de la Méditerranée, où une conjonction de facteurs a consacré l’affirmation forte de la citoyenneté. Cette même détermination des citoyens fait écho à la profondeur de la foi qu’ils ont en une possible et véritable amélioration de leurs perspectives.

Lors de cette deuxième Assemblée à Tunis, ont participé plus de 150 citoyens et citoyennes, provenant de tous les pays de la Méditerranée et de divers milieux socio-professionnels, et des représentants des diverses institutions et entités publiques présentes en Méditerranée.

Le premier jour de l’Assemblée, les citoyens ont eu l’occasion d’analyser, chacun de leur point de vue, les faits et la situation en Méditerranée, de la Turquie à l’Espagne, du Maroc à l’Egypte. Le lendemain, les citoyens étaient appelés à discuter et émettre des propositions concrètes concernant les questions communes qui les touchent tous dans les domaines politiques, économiques, sociaux, culturels et religieux.

Cet exercice de la liberté et de responsabilité civique s’est adressé à tous, à un moment où les institutions euro-méditerranéennes sont obligées de revoir sérieusement leurs politiques, et où les peuples d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient s’interrogent sur leur avenir et  demandent des réponses sérieuses à leurs questions et attentes.

Parmi les très nombreuses propositions formulées lors de cette « Assemblée », on peut en souligner quelques unes, réalisables à court terme et qui pourraient dès à présent rapprocher les peuples de la Méditerranée, telles que faciliter la mobilité des citoyens comme on facilite celle des marchandises, par la suppression des visas, offrir de vrais échanges universitaires aux étudiants méditerranéens, et proposer un enseignement qui apprenne également la culture de l’autre.

Il faut maintenant que les pouvoirs publics, invités et présents à cette assemblée, prennent en considération ces demandes citoyennes afin que la Méditerranée ne soit plus une frontière mais redevienne ce lieu d’échange et de compréhension mutuelle au bénéfice de tous.

Geoffroy d’Aspremont