13/01/2012

La Syrie en route vers une guerre civile?

Le Président Syrien semble désormais prêt aux pires horreurs afin de se maintenir au pouvoir. A côté de la guerre que il livre aux manifestants, le président se livre également à une lamentable guerre des images afin de défendre son action et se dédouaner de toute implication dans les récents massacres et assassinats qui ensanglantent le pays. Si la bataille des images semble perdue pour le président, sur le terrain, elle est malheureusement très loin d’être perdue et la violence ne fait que croître, alors que la communauté internationale et la Ligue Arabe semblent impuissantes à la faire cesser.

Le régime use de stratagèmes ignobles pour justifier sa répression féroce, comme le suggèrent Libération et le Figaro qui soupçonnent le régime d’être à l’origine l’attentat de Kfar Soussé du 23 décembre ou de l’assassinat du journaliste français Gilles Jacquier. L’opposition, représentée par le Conseil National Syrien et accusée par le régime d’être à l’origine de ces faits, abonde évidemment dans le même sens que la presse française.

Alors que les massacres et misent en scène du régime se poursuivent, une armée Syrienne « libre », composée principalement de déserteurs de l’armée régulière, est en train de prendre forme, augurant le début d’une guerre civile. La Ligue Arabe ainsi que la communauté internationale sont ils en train de réaliser  qu’un tel scénario pourrait avoir des conséquences graves sur tous les pays limitrophes?

Malgré cette menace, leur réponse reste bien timide. Le plan de sortie de crise proposé par la Ligue Arabe et accepté par le régime ne semble à l’heure actuelle pas résoudre la crise car le régime ne fait que simuler son application. La mission de la Ligue en Syrie est un échec et certains observateurs de la Ligue Arabe s’en rendent compte et commencent enfin à dénoncer les atrocités de Bachar El Assad qui n’a ni l’intention d’abandonner le pouvoir, ni de le partager. Une solution diplomatique de la crise semble désormais très lointaine.

Les sanctions économiques et l’embargo sur les armes imposés par les Occidentaux ne feront certainement pas plier le régime non plus. En effet les sanctions économiques n’ont jamais renversé un régime et l’embargo sur les armes semble contourné,  comme l’annonce le New York Times, par l’un des alliés du régime, la Russie.

Un scénario, tel qu’il s’est produit en Libye semble également exclu à l’heure actuelle. Si une résolution condamnant la violence est étudiée par le Conseil de Sécurité en ce moment, une résolution autorisant l’usage de la force pour protéger les populations ne serait pas accepté par la Russie ou la Chine.

Dans ces conditions, le spectre de la guerre civile se rapproche de plus en plus et avec elle une déstabilisation régionale due aux différents jeux d’alliance, car le régime de Bachar El Assad peut encore compter sur certains alliés régionaux tels que l’Iran ou le Hezbollah, voire l’Algérie ou l’Irak, alors que la Turquie, les états du Golfe et les états occidentaux sont désormais contre lui.

Bachar El Assad a suffisamment démontré qu’il était un homme dangereux pour sa population et qu’il était temps pour lui et son clan de céder la place. L’opposition quant à elle, après tant de morts, luttera certainement jusqu’au bout. A La Ligue Arabe en premier lieu   – et dans une moindre mesure aux Occidentaux – d’user de tous les moyens possibles, comme la reconnaissance du Conseil National Syrien comme représentant légitime unique de la Syrie ou l’envoi d’une force d’interposition, pour éviter un carnage.

Geoffroy d’Aspremont