10/02/2012

Les oubliés du printemps arabe

Les médias belges ont relayé cette semaine un communiqué de presse de l’association SOS jeunes – Quartier Libre qui lançait un avertissement sur la situation alarmante de certains mineurs étrangers non-accompagnés (MENA), laissés à leur sort alors que la Belgique traverse une vague de froid hors du commun. Bien que les mesures d’accueil mises en place par la nouvelle secrétaire d’Etat à l’immigration Maggie De Block montrent là une lacune, ce n’est pas sur cela que nous insisterons mais plutôt sur le fait que ces jeunes sont en grande majorité originaires du Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie). Le fait que ces jeunes soient laissés à eux-mêmes, du fait qu’ils ne veulent/peuvent pas demander l’asile, entraine une réflexion nécessaire sur nos politiques migratoires dans le sillage du printemps arabe.

Dans une intervention sur le blog de l’émission Avenue de l’Europe (France 3), l’europarlementaire Verte Hélène Flautre relève le besoin de certains gouvernements de souligner les effets négatifs de l’immigration, le besoin de parler de migrations en termes de dangers, plutôt que d’opportunités. Selon elle, le printemps arabe est une occasion inédite de repenser un cadre de coopération en Méditerranée. Elle remet en question principalement le travail de l’agence Frontex. Créée en 2004, cet organe décentralisé de l’UE est, malgré un discours où elle dit protéger les migrants qui s’élancent en mer, davantage attachée à sécuriser la fermeture hermétique de nos frontières.

Quand les décideurs européens réaliseront-ils qu’aucun barrage ne pourra jamais freiner les migrations ? Pourquoi empêcher ces jeunes qui ont peut-être des envies, des idées, d’arriver chez nous, alors que leur accueil structuré pourrait nous être bien plus bénéfique ? Il serait temps également de cesser les discours alarmistes sur le nombre de migrants récemment arrivés en Europe, puisque simultanément d’autres retournent dans leurs pays où l’avenir permet désormais plus d’espoir. C’est sur cette transition démocratique qui se profile chez nos voisins du Sud que doit se baser notre réflexion en termes de migrations.

Un an après le début du printemps arabe, la politique des Etats membres en matière de migration n’a pas évolué. Il est temps d’entrer en concertation avec les Etats en transition pour construire un réel partenariat autour de ces questions et donner à ces jeunes de réelles possibilités d’apporter quelque chose à l’Europe, comme à leurs pays d’origine. Pensons et mettons en place une politique migratoire qui sera décrite en terme positifs !

En attendant, il est nécessaire d’applaudir l’action d’organisations de la société civile comme SOS jeunes – Quartier libre qui prennent le relai de l’Etat quand celui-ci failli à son devoir. Mais cette solution n’est que partielle et ne peut être que provisoire.

 

Nathalie Janne d’Othée