10/04/2012

L’image de l’autre. l’Europe et le Hamas

par Sydney Leclercq

Volontairement singulière, « l’image » de l’intitulé de cette contribution reflète l’approche par laquelle l’Union européenne (UE) semble appréhender le mouvement islamiste Hamas. L’ensemble des facettes et complexités du mouvement paraissent en effet, depuis son inscription sur sa liste des organisations terroristes en 2003, avoir été éclipsées par la seule image du « terroriste ». Bien que cette liste ait suscité de nombreux débats, ceux là se sont souvent concentrés sur ses dimensions internes et juridiques, particulièrement la mesure dans laquelle les droits fondamentaux des personnes ou entités listées ont été respectés. Peu d’études portent sur le caractère politique et international de cette « labellisation », pourtant essentiel à une compréhension approfondie de la construction de la politiqué étrangère européenne. L’analyse de ces éléments constitue l’objet de cette contribution. L’objectif sera ainsi de déconstruire la labellisation terroriste, à la fois de manière théorique et pour l’Union européenne, analyser ses conséquences dans le cas du Hamas et inférer ses implications sur la place et le rôle de l’UE dans les relations internationales.

Déconstruire l’étiquetage terroriste

Nul besoin d’avoir recours à un détour étymologique extensif pour saisir que le sens attribué au terme de « terrorisme » a évolué, puisqu’il a été utilisé pour décrire une violence de l’État, une violence contre l’état, un mode d’action révolutionnaire, un combat nationaliste ou séparatiste, une lutte religieuse etc.[1]. Que cette évolution n’a donc pas été négligeable puisque le terme a pris des significations parfois opposées. Significations qui se sont elles-mêmes souvent superposées. Les évolutions, antonymies et superpositions n’ont toutefois pas empêché une multiplication des formes de violence qualifiées de « terroristes » aujourd’hui. Cette pluralité sémantique nuit ainsi à l’appréhension du phénomène, le rendant sibyllin et complexe. L’incapacité des Nations Unies et du milieu académique à aboutir à une définition objective et universellement acceptée confirme cette incompréhensibilité[2]. Néanmoins, cette incapacité possède une valeur heuristique majeure et requiert un changement de perspective. Si les obstacles définitionnels proviennent du sens que donnent les acteurs au terme, l’attention ne doit pas se porter sur la définition du terrorisme mais sur son utilisation. La question ne serait donc plus de savoir si des actes peuvent être définis comme du terrorisme ou des acteurs comme des terroristes mais s’ils sont oui ou non définis comme tel[3]. Le terrorisme peut alors être perçu comme une arme dans un combat politique et symbolique[4]. C’est ici que se situe l’enjeu de la labellisation terroriste.

À partir de la littérature, notamment sur la théorie de l’étiquetage, un processus de labellisation terroriste semble se dégager (fig. 1.1). Tout d’abord, la labellisation qualifie un acte de violence. De la multiplication des actes qualifiés de terroriste paraît néanmoins résulter une essentialisation des caractéristiques de ses auteurs. La théorie sociologique de l’étiquetage confirme la tendance réductrice du label en affirmant que  le processus masque les autres identités de l’acteur et en faisant du label son identité dominante[5]. La preception  de l’Autre devient donc singulière. Ensuite, l’ensemble des caractéristiques, motifs ou valeurs de l’acteur étiqueté se fondent, dans le cas du terrorisme, en une seule formule réductrice: le “mal”. Cette disqualification polarise ainsi le positionnement possible face à l’acteur labellisé. Il est évident que les attentats du 11 septembre ont recquis une prise de position des acteurs dans un combat du “bien” contre le “mal”, aucune forme de nuance ne paraissant acceptable[6]. Enfin, une telle diabolisation permet de justifier une lutte qui dépasse le cadre légal et politique classique du conflit. Il paraît en effet difficilement justifiable de négocier avec le diable.

Fig. 1.1 Processus de labellisation terroriste

Cette déconstruction est nécessaire pour poser les bases de l’analyse de la labellisation terroriste de l’UE et, dans un second temps, de ses conséquences sur sa politique étrangère.

Les listes terroristes européennes face au modèle

Les premières listes terroristes européennes trouvent leur origine dans la résolution 1267 du Conseil de Sécurité de l’ONU[7]. Celle-ci a créé une première liste de « terroristes » visant à geler les fonds et le financement des Taliban[8]. L’établissement des premières listes européennes ne s’est donc fait de manière autonome mais découle des listes préétablies par le Conseil de sécurité que l’UE doit servilement appliquer[9].

Suite au 11 septembre cependant[10], l’UE a créé sa propre liste terroriste[11]. L’élaboration d’une liste autonome constitue une nouvelle étape, importante, dans l’intégration de la politique européenne anti-terroriste. Celle-ci consistant en effet à se risquer à définir ensemble quel groupe ou personne est considéré comme terroriste avec les conséquences – bénéfices et préjudices – en termes politique et symbolique que cela implique pour l’Union, son agenda anti-terroriste, la compatibilité avec ses autres agendas, la perception qu’elle aura du monde et que le monde aura sur elle. Quatre éléments sont fondamentaux dans la compréhension de cette liste : la notion d’ « acte de terrorisme » ; les critères d’inclusion ; le fonctionnement de la liste ; et sa portée.

Définie par la Position commune 2001/931/PESC[12], la notion d’ « acte de terrorisme » est assez opaque et imprécise. L’utilisation des expressions « par sa nature ou son contexte », « gravement » ou encore « structures fondamentales » laissant place à une vaste interprétation de ce que pourrait être un tel acte. De même, les critères d’inclusion pâtissent des mêmes symptômes, l’inscription se basant sur des « informations précises », ou des « preuves ou des indices sérieux et crédibles ». Les critères démontrent également qu’une condamnation préalable est facultative à l’inscription sur la liste. Une personne ou un groupe peut donc être étiqueté « terroriste » sans qu’il soit condamné par quelconque instance juridictionnelle. Le fonctionnement de la liste est également trouble. La responsabilité de l’établissement, la révision ou la modification des listes européennes appartient au Conseil de l’UE qui, à l’unanimité de ses membres et régulièrement (au moins une fois par semestre), doit statuer sur celle-ci. Néanmoins, ses décisions sont préparées par un groupe de travail baptisé « Clearing House ». Qualifié par la presse de « groupe de travail le plus secret de Bruxelles »[13], la composition ou le mécanisme de décision de celui-ci – ou même la véracité de son existence – reste inconnue. Contrastant avec l’imprécision des trois précédents éléments, la portée de la liste est, elle, diaphane. Elle ne s’insère que dans le cadre d’une lutte contre le financement du terrorisme et par conséquent ne prévoit que des sanctions financières. Elle ne régit donc pas, a priori, les contacts diplomatiques et les actions politiques du Conseil. Une réponse du Conseil à une question parlementaire sur les conséquences de l’inscription d’un groupe sur la liste des organisations terroristes est claire : « Le Conseil ne prend par conséquent aucune mesure pour mettre en œuvre la décision de 2003 »[14].

De la confrontation du type idéal à la labellisation terroriste formelle de l’UE, deux réflexions émergent. Tout d’abord, l’opacité autour de la définition, des critères et de la procédure d’inclusion de la liste semble inadéquate au regard des enjeux symboliques et politiques du label. Néanmoins, cela démontre clairement le caractère « exceptionnelle » de la menace terroriste, ouvrant la voie à une forme de reconfiguration des pouvoirs exécutif et judiciaire[15]. L’UE donne ainsi une marge de manœuvre importante à l’arbitraire et par conséquent une forte dimension politique à l’inscription. Ensuite, si les trois éléments mentionnés s’intègrent dans le schéma du processus de labellisation,  un élément semble faire exception : la clarté juridique de la portée de la liste. A ce stade, il existe donc une discordance entre, d’une part, les ramifications politiques et symboliques a priori liés à l’étiquetage terroriste et de l’autre, son application européenne ne prévoyant que des sanctions financières. Ces deux réflexions permettent de poser les hypothèses suivantes. D’une part, la dimension politique forte donnée à l’inscription sur la liste va muer l’outil de lutte contre le financement du terrorisme en un instrument de politique étrangère. D’autre part, les dimensions symboliques et politiques de l’étiquette de terroriste vont élargir le cadre des ramifications prévues à la liste tout en contraignant la politique étrangère européenne.

La labellisation terroriste européenne en action : le cas du Hamas

Afin de mettre à l’épreuve ces hypothèses, le mouvement de la résistance islamiste Hamas a été choisi. Et ce, pour deux raisons. Tout d’abord, le Hamas offre deux moments clés pour l’analyse de la labellisation terroriste eu égard à la politique étrangère européenne: l’inscription du mouvement sur la liste noire et la période suivant les élections législatives de 2006. Le choix s’est également imposé par la « priorité stratégique » que revêt la région du Proche-Orient dans le discours de l’Union, engagement formellement inscrit dans l’agenda de la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC) dès sa création[16].

a) Etiquetage terroriste: lutte contre le terrorisme ou instrument de politique étrangère ?

En pleine seconde Intifada, le Hamas perpétra, le 11 juin 2003, un attentat suicide contre un bus faisant 17 morts à Jérusalem. L’UE a alors entamé une série de discussions sur l’inscription du mouvement sur sa liste noire, inscription qui fût finalement décidée le 6 septembre 2003. Une analyse de ces trois mois de tractations révèle le caractère quadruplement politique de l’étiquetage.

Tout d’abord, la nature terroriste de l’acte n’est jamais remise en cause. La déclaration de Javier Solana, Haut Représentant de le PESC, est claire : « À la lumière des événements tragiques des derniers jours et, en particulier, des attentats terroristes perpétrés par le Hamas […] »[17]. Si l’Union qualifie l’acte de « terroriste » et en identifie l’auteur, l’existence même d’un débat sur l’inclusion du groupe sur la liste est hautement discutable. L’absence de transparence dans la procédure d’inclusion permet donc bien une plus grande marge de manœuvre au Conseil pour intégrer d’autres paramètres dans son processus décisionnel.

Ensuite les tergiversations européennes ne peuvent se lire qu’au regard de l’évolution de la situation sur le terrain. Nous pouvons identifier trois temps de la situation sur place : (1) les pourparlers entre les mouvements palestiniens pour un cessez-le-feu ; (2) la trêve signée le 29 juin 2003 entre les trois principaux groupes armés palestiniens dont le Hamas ; et (3) la rupture de cette trêve par le Hamas le 19 août par un attentat suicide dans un bus à Jérusalem. Parallèlement, trois temps de la prise de décision européenne peuvent être distingués: (1) les menaces d’inclusion à l’encontre du mouvement suite à l’attentat en juin; (2) la décision de ne pas décider sur le sort du Hamas « en raison de l’évolution de la situation sur le terrain »[18] le 3 juillet; et (3) le choix d’inscrire le Hamas sur la liste des organisations terroristes le 6 septembre après l’attentat du 19 août qui a « fait basculer les européens »[19]. Une simple superposition de ces deux temporalités démontre leur inévitable interdépendance (fig. 1.2.).

Fig. 1.2. Interdépendance entre l’évolution sur le terrain et les discussions européennes.

Cette interdépendance est aussi révélatrice de la dimension instrumentale de la labellisation terroriste. Consécutivement menace, récompense et sanction, celle-ci a donc été un outil de stratégie court-terme pour la diplomatie européenne, à la fois vis-à-vis du Hamas et des partenaires de l’UE afin d’exister dans la résolution du conflit. Enfin, lorsque le mouvement a finalement été inscrit sur la liste des organisations terroristes, ni ses membres, ni ses leaders et ni les organisations caritatives soupçonnées de récolter ses fonds, n’y ont été ajoutés[20]. Dans le cadre d’une « lutte contre le financement du terrorisme », ces restrictions semblent en atténuer fortement la portée pratique mais dénote encore du caractère d’opportunité politique que l’inscription a constitué pour l’UE.

b) Labellisation terroriste et politique post-électorale européenne

A partir de l’inclusion du Hamas sur la liste en 2003 jusqu’aux élections législatives de 2006, l’attitude de l’UE envers le mouvement peut être qualifiée d’ambiguë et fluctuante[21]. Il lui était en effet difficile de gérer un acteur à la fois incontournable sur le terrain et infréquentable sur le papier. Son approche des élections reflète cette schizophrénie. L’UE s’est ainsi simultanément prononcée contre une participation des groupes armés aux élections, pour la tenue des élections en dépit d’une telle participation et enfin contre les efforts israéliens visant à entraver la campagne du Hamas[22]. La victoire du Hamas aux élections a rendu son approche équivoque impossible à maintenir. Elle a également remis en cause les relations établies de longue date avec le gouvernement de l’Autorité Palestinienne (AP). Car l’UE est un acteur particulier en Palestine. Non seulement, elle est son principal bailleur de fonds mais elle finance majoritairement ses institutions pour tenter d’en assurer le développement, la viabilité et la stabilité. Sa présence se fait également à travers des missions civiles de la Politique Européenne de Sécurité et Défense (PESD), le financement de certaines ONG, ou encore indirectement au travers de l’UNRWA[23].

La stratégie politique et économique post-électorale de l’UE peut se résumer en trois lignes directrices : suspendre l’aide financière et les programmes ayant quelconque lien avec le gouvernement de l’AP ; chercher des alternatives au soutien économique des palestiniens ; et isoler diplomatiquement et politiquement le nouveau gouvernement. La politique européenne était de conditionner la reprise de son assistance à l’adhésion du Hamas aux trois critères du Quartet[24].

Trois questions se posent alors. Si un lien existe entre la labellisation terroriste et la politique européenne, quelle en est la nature ? La labellisation a-t-elle constitué une limite dans la « palette » des options disponibles à l’UE ? Et la labellisation a-t-elle justifié la politique ?

Si, au regard des sanctions uniquement financières de la liste, la politique menée ne paraît pas être une simple opérationnalisation de la liste noire ; elle semble tout de même en être fonction. En effet, « le raisonnement semble être que tout contact politique est exclu, par analogie avec la labellisation d’une organisation terroriste »[25]. Le modèle développé supra permet d’affirmer que les conséquences légales de la liste agissent en boîte de pandore aux conséquences symboliques et politiques, confirmant par là la nature « hors du cadre conventionnel » de la réponse apportée au terrorisme (fig. 1.3).

Fig. 1.3. Rôle de la labellisation terroriste dans la politique européenne

Si la disqualification du Hamas génère l’impossibilité – non per se mais de facto  de négocier ou maintenir tout type de relation, celle-ci conditionne inévitablement la politique européenne suite à la victoire du mouvement islamiste. Alors que tout un éventail d’options était disponible au Conseil (dans le niveau des sanctions et les formes de relations diplomatiques et politiques, à la fois formel et informel), l’étiquette de terroriste a circonscrit la palette d’actions possible à un nombre limité d’options radicales[26]. D’un outil de politique étrangère, la labellisation terroriste est donc devenue une contrainte.

Entre outil et handicap, une labellisation qui affaiblit

A partir des quatre critères élaborés par J. Jupille et J. Caporaso, cette contribution entend enfin inférer certaines conclusions sur l’impact de l’étiquetage terroriste sur l’actorness européen[27].

Critère de reconnaissance externe. La labellisation terroriste a affecté la reconnaissance de l’UE vis-à-vis de ses partenaires à plusieurs égards. Tout d’abord, alors que  l’UE est souvent apparu, dans le partage des rôles avec Washington, comme le « sponsor » des palestiniens[28], son attitude ensuivant les élections  a réduit les attentes des palestiniens et certains pays arabes envers elle[29]. Egalement, la reconnaissance étant réciproque, en ne reconnaissant plus le gouvernement de l’AP,  elle ne peut plus jouer un rôle effectif dans les affaires israélo-palestiniennes liés au Hamas alors que son rôle avait été important à plusieurs reprises durant la seconde intifada dans la négociation de trêves[30].

Critère d’autorité. Il s’agit ici de la compétence légale donnée à l’UE par ses Etats Membres (EM)[31]. Bien que l’inscription sur la liste des organisations terroristes ait constitué un nouvel outil de politique étrangère – comme l’a clairement démontré l’exemple du Hamas –, les conséquences politiques intrinsèques à l’enjeu symbolique de l’étiquetage agissent en contrainte et non plus en opportunité politique.

Critère d’autonomie. C’est-à-dire une distinction institutionnelle et un certain niveau d’indépendance par rapport aux autres acteurs[32]. Un double affaiblissement est perceptible ici. D’une part, certains EM ont repris des contacts directs ou indirects avec le mouvement. Ce faisant, ces Etats reprennent, de facto, certaines compétences de politique étrangère, sinon jouissance de l’UE. D’autre part, l’UE ne pouvant avoir de contact direct avec le Hamas, elle dépend d’acteurs tiers pour son implication dans les processus de négociation, comme ce fût le cas durant l’opération « Plomb durci » à Gaza en 2008-2009, avec la Turquie notamment.

Enfin, critère de cohérence. Bien que de nombreux éléments puissent étoffer l’affaiblissement lié à ce critère, nous nous contenterons ici de pointer deux éléments majeurs. Tout d’abord, l’existence de doubles standards, notamment au regard du mouvement islamiste Hezbollah dont, ni son volet militaire ni son volet politique, ne sont inclus sur la liste des organisations terroristes de l’UE. Bien que différents éléments puissent expliquer une telle différence d’appréciation, ceux-ci sont tous de nature politique ou symbolique[33]. Ensuite, il existe une opposition majeure entre l’agenda terroriste et l’objectif de démocratisation et de state-building promu par l’UE. Cela en n’acceptant pas le résultat d’élections qu’elle a elle-même contribué a financé ; en provoquant une radicalisation des acteurs Fatah et Hamas qui a entravé la formation d’un gouvernement unitaire, favorisé le conflit et la division politique et géographique palestinienne entre Gaza, sous direction Hamas, et la Cisjordanie, sous direction Fatah. Bien que n’étant évidemment pas la seule responsable, l’UE, par la nature de ses actions dans les territoires palestiniens, a alimenté une dynamique de division sociale et politique contre ses propres concepts de « stabilité structurelle » et de « causes profondes des conflits »[34].

Percevoir singulièrement un acteur n’est pas sans conséquences. Pour l’Union européenne, la perception singulière du Hamas comme « terroriste »  a eu un impact fondamental sur sa propre capacité d’agir en politique internationale. L’étiquetage terroriste rompt ainsi avec une approche multidimensionnelle d’une implication efficace et effective dans la résolution d’un conflit en excluant ses complexités et racines pour ne le lire qu’à partir d’une seule image, trop restrictive.


 

 

 



[1] Chaliand et Arnaud Blin (sous la dir. de), Histoire du terrorisme. De l’antiquité à Al Qaida. Bayard, Paris, 2004.

[2] Les Nations Unies éludent d’ailleurs la question d’une définition du terrorisme pour se concentrer sur une énumération d’actes qui sont considérés, a priori, comme terroristes. Quant aux chercheurs, chaque tentative de définition du concept s’est heurtée à d’importantes apories. Voir Sorel, Jean-Marc « Existe-t-il une définition universelle du terrorisme ? », in Karine Bannelier et al., Le droit international face au terrorisme, Editions Pedone, Paris, 2002, p. 36. Et Duez, Denis, « De la définition à la labellisation: le terrorisme comme construction sociale », in Karine Bannelier et al., Le droit international face au terrorisme, Editions Pedone, Paris, 2002.

[3] Barrinha, André, « The terrorist label in securitised conflicts : Turkey’s discourse on the PKK », article présenté à la 49ème conférence annuelle de l’ISA à San Francisco, 26-29 mars 2008, p. 4.

[4] Bigo, Didier, « L’impossible cartographie du terrorisme », Cultures &Conflits, Articles inédits, [En ligne], mis en ligne le 25 février 2005. URL : http://www.conflits.org/index1149.html.

[5] Ritzer, George et Smart, Barry, Handbook of Social Theory, Sage Publications, London, 2003, p. 223

[6] Bhatia, Michael V., « Naming Terrorists, Bandits Rebels and Other Violent Actors », in Third World Quarterly, Vol. 26, n°1, 2005, p. 8.

[7] Résolution 1267(1999) du Conseil de Sécurité des Nations Unies, 15 octobre 1999.

[8] L’étendue et la nature de ces sanctions ont toutefois été modifiées dès 2000 pour inclure l’interdiction de voyager et l’embargo sur les armes, et s’appliquer aux personnes et entités associées à Al Qaeda, à Oussama ben Laden, et aux Taliban, notamment par les résolutions 1333(2000), 1390(2002), 1455(2003), 1526(2004), 1617(2005), 1735(2006) ou 1822(2008).

[9] Bailleux, Antoine et Meerbeeck, Van, « Droit de l’homme, droit pénal et droit communautaire à Luxembourg. Enjeux, paradoxes et difficultés d’un ménage à trois », in Yves Cartuyvels, Hugues Dumont, François Ost, Michel van de Kerchove, et Sébastien Van Drooghenbroeck (sous la dir. de), Les droits de l’homme, Bouclier ou épée du droit pénal ?, Editions Facultés Universitaires Saint-Louis Bruxelles & Bruylant, Bruxelles, 2007, p. 143.

[10] Et la résolution 1373 du Conseil de Sécurité de l’ONU demandant notamment aux États de geler « «  sans attendre les fonds et autres avoirs financiers ou ressources économiques des personnes qui commettent, ou tentent de commettre, des actes de terrorisme ». Résolution 1373(2001) du Conseil de Sécurité, s/RES/1373 (2001), 28 septembre 2001.

[11] Par les Positions Communes du Conseil 2001/930/PESC et 2001/931/PESC.

[12] Position Commune du Conseil (2001/931/PESC) du 27 décembre 2001, relative à l’application de mesures spécifiques en vue de lutter contre le terrorisme.

[13] Le Figaro, Alexandrine Bouilhet, Les Tigres du Sri Lanka sur la liste noire de l’UE, 20 mai 2006.

[14] Réponse du Conseil à la question parlementaire écrite de Ilka Schröder (E-009/04), 12 janvier 2004

[15] Berger, Emmanuel, « Quand l’insécurité sert le pouvoir exécutif », in Politique. Revues de débats, n°59, avril 2009, p. 9-12.

[16] Conclusions de la Présidence, Conseil européen de Berlin des 24 et 25 mars 1999.

[17] Remarks by the EU High Representative for Common Foreign and Security Policy, Javier Solana, on the latest developments in the Middle East, Bruxelles, S0133/03, 13 juin 2003.

[18] AFP, Les Quinze reportent à nouveau une décision sur le Hamas, 3 juillet 2003.

[19] Le Monde, Laurent Zecchini, Les Européens décident d’inscrire le Hamas sur leur « liste terroriste », 9 septembre 2003.

[20] ibidem.

[21] International Crisis Group, « Enter Hamas : The Challenges of Political intégration », Middle East report n°49, janvier 2006, p. 1.

[22] Le Monde, Robert Malley, Prendre l’ascendant sur le Hamas, 24 janvier 2006.

[23] L’UNRWA (United Nations Relief and Works Agency) est le programme de l’ONU pour l’aide aux réfugiés palestiniens dans la Bande de Gaza, en Cisjordanie, en Jordanie, au Liban et en Syrie.

[24] Reconnaissance d’Israël ; arrêt de la violence ; et reconnaissance des accords et obligations précédentes.

[25] Hellquist, Elin, « Outlawing Hamas : an illustration of the High stakes of légalisation », Lund University, p. 11.

[26] Hellquist, Elin, op. cit. p. 12.

[27] Caporaso, James et Jupille, Joseph, « States, Agency and Rules : The European Union in Global Environment Politics », dans Carolyn Rhodes (ed.), The European Union in the World Community, Lynne Rienner Publishers, Boulder, 1998, p. 213-229.

[28] Remacle, Eric, « Les leçons pour l’Europe après la guerre du Liban : quelles clés pour analyser la PESC ? », Eyes on Europe, n°5, hiver 2006, p. 69.

[29] Voir notamment Hill, Christopher, « closing the Capability-Expectations Gap ? », in John Peterson et Helene Sjursen (eds.), A Common Foreign Policy for Europe ? Competing visions of the CFSP, Londres, Routledge, 1998, p. 18-38. Et Hill, Christopher, « The capability – Expectations Gap, or Conceptualizing Europe’s International Role, Journal of Common Market Studies, vol. 3, n°3, septembre 1993, p. 305-328.

[30] Hroub, Khaled, Le Hamas, Demopolis, Paris, 2008, p. 158-159.

[31] Caporaso, James et Jupille, Joseph, op. cit. p. 216 ;

[32] Petiteville, Franck, La politique internationale de l’Union européenne, Presses de Sciences Po, Paris, 2006, p. 196.

[33] Comme notamment : l’absence d’une opportunité politique pour utiliser la « carte de l’étiquetage »; les conséquences qu’un étiquetage terroriste Hezbollah aurait sur ses relations avec les soldats des États membres de la Mission de l’ONU en Liban (FINUL) ; l’ébranlement d’un équilibre politique fragile fondé sur le pluri-confessionnalisme ; ou encore la sensibilité du message symbolique que cela enverrait à la communauté chiite libanaise.

[34] Pour ces concepts, voy. notamment Santopinto, Federico, « L’UE et la gestion de crises : le rôle de la Commission européenne », in Barbara Delcourt, Marta Martinelli et Emmanuel Klimis (eds.),  L’Union européenne et la gestion de crises, Editions de l’Université de Bruxelles, Bruxelles, 2008, p. 47-64