29/05/2012

Syrie : catastrophe humanitaire et impuissance de la diplomatie

Selon un rapport de l’Organisation des Nations Unies (ONU) sur la répression syrienne, de mars 2011 jusqu’à mai dernier il y a eu près de 10’000 décès causés par le conflit et des milliers de cas de violations des droits de l’homme. La majorité des crimes de guerre ont été commis par les forces militaires de l’armée régulière syrienne et, en particulier, à l’encontre des déserteurs. Le plan de l’ONU n’a pas calmé la violence et, selon le rapport, le conflit est devenu de plus en plus militarisée. Le rapport dénonce de nombreuses exécutions commises dans les résidences privées et, aussi, de détention et de torture d’enfants.

Le 25 mai, à Hula, dans la province syrienne de Homs, ont été tués environ 110 civils, dont 50 enfants: certaines victimes ont trouvé la mort à la suite des tirs d’artillerie et d’autres ont été massacrés par les forces du régime syrien, mais les médias d’État ont accusé les groupes liés à Al-Qaïda d’être les auteurs du massacre. Les scènes de ce massacre ont été filmées et diffusées sur Youtube, provoquant l’indignation de la Communauté Internationale : en particulier, la secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, qui a condamné les atrocités du massacre et le Haute Représentante pour les Affaires Étrangères de l’Union Européenne (UE), Catherine Ashton, qui s’est déclarée « horrifiée par les nouvelles du massacre brutal ». Le Conseil de Sécurité de l’ONU a approuvé à l’unanimité, Russie comprise et qui a pourtant toujours été le principal allié du gouvernement de Damas, un document qui condamne le massacre. L’État russe était un allié de la Syrie depuis des décennies et il a mis son veto à deux résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU qui condamnaient les atrocités commises par le régime syrien. Toutefois, bien que la Russie suive ses intérêts économiques et stratégiques, elle ne peut plus apparaître comme le défenseur d’un régime violent et répressif.

Récemment deux navires, l’un russe (Professeur Katsman) et l’autre nord-coréen  (Odai), ont été aperçus a large des ports syriens et, selon plusieurs médias du Moyen-Orient, ils transportaient du matériel de guerre probablement destiné au régime syrien. En effet, dans le développement de ses programmes sur les armes de destruction massive, on estime que la Syrie a reçu des formes directes de l’assistance de la Russie, de la Chine, de l’Iran et de la Corée du Nord. La principale raison qui pousserait le pays à acquérir des armes serait sa propre défense contre la menace israélienne. La Communauté Internationale a exprimé son inquiétude sur le sort de l’arsenal de missiles balistiques et des armes chimiques en Syrie dans le cas d’un effondrement du régime : paradoxalement, le meilleur résultat en termes de contrôle de l’arsenal des armes de destruction massive de la Syrie serait de conserver le pouvoir du Président syrien, Bachar el-Assad, mais ce résultat semble être de moins en moins probable.

La solution pour mettre fin à la violence, selon Barack Obama, pourrait provenir du Yémen. Le Président des États-Unis d’Amérique proposerait à Bachar el-Assad l’exil. Barak Obama et le Président russe, Vladimir Poutine, se réuniront en juin et discuteront de la possible solution en Syrie, un pays-clé pour l’équilibre de du Moyen-Orient. Probablement, Obama fera des pressions pour le départ du Président syrien et pour gérer la période de transition avec son gouvernement, comme cela s’est passé au Yémen. En attendant, le 28 mai, l’envoyé spécial de l’ONU et de la Ligue des États Arabes, Kofi Annan, est arrivé à Damas avec un ordre du jour complet des réunions et des charges de responsabilité, dont le plus important a lieu le 29 mai, puisqu’il y rencontrera Bachar el-Assad.

Le rapport de l’ONU : UNCHR Syria – Periodic update

GIACOMO MORABITO

Université de Messine