31/08/2012

Israël : la non-diplomatie déclarée

Selon le gouvernement israélien, les terroristes qui ont attaqué, le 5 août, un poste de garde-frontière dans le nord du Sinaï, tuant 16 officiers égyptiens, cherchaient à déstabiliser encore plus le Proche Orient. Leur intention était de frapper durement le régime égyptien et de remettre en question les accords de paix entre Israël et l’Egypte, en provoquant un changement général dans le Proche Orient. Cependant, bien qu’il ne s’agisse pas encore d’une crise, Israël a été très préoccupé par  le déploiement de tanks dans la péninsule égyptienne du Sinaï, le premier depuis la fin de la guerre en octobre du 1973. En effet, les Israéliens se sont plaints auprès du gouvernement américain de ce déploiement par  l’Egypte  sans leur consentement, afin d’écraser les forces terroristes, dangereusement armées, qui auraient apparemment cherché protection et refuge à al-Halal. Les Israéliens craignent que la présence d’un certain nombre de troupes égyptiennes dans le Sinaï, en particulier celles équipées de tanks et d’avions de guerre, menace de déstabiliser la région alors même que le Président égyptien, Mohamed Morsi, appartient à l’organisation des Frères musulmans. Le gouvernement d’Israël se demande si l’Égypte a comme but le changement du statu quo dans le Sinaï et, donc, des accords de Camp David : en effet, ces dernières semaines, Mohamed Morsi a répété que la situation dans le Sinaï ne peut plus perdurer et il a promis que l’Egypte reprendrait le contrôle de la péninsule.

Pendant ce temps, les relations diplomatiques entre l’Iran et Israël se sont encore détériorées et une confrontation militaire entre les deux Pays semble presque inévitable. La confrontation armée entre Iran et Israël serait  très dangereuse car elle pourrait déclencher une réaction en chaîne, compte tenu que l’État iranien a de bonnes relations économiques et diplomatiques avec la Chine et la Russie, qui ne pourraient  tolérer une agression contre le gouvernement de Téhéran. Une attaque militaire israélienne pourrait être évitée, ou au moins retardée, jusqu’aux prochaines élections présidentielles aux États-Unis : en effet le Président américain Barack Obama ne souhaite sûrement pas une nouvelle guerre  pendant la campagne électorale. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou est sérieusement prêt à attaquer l’Iran, en profitant du prétexte que ce dernier est en en train de fabriquer des armes nucléaires. En août, le blogueur israélien Richard Silverstein a annoncé l’existence de plans secrets mis au point par Israël pour attaquer l’Iran, mais personne aujourd’hui ne peut prévoir quand la guerre va  commencer, malgré que la tension soit très élevée actuellement.

D’autre part, le Guide suprême de la Révolution islamique, Ali Khamenei, a menacé d’une riposte militaire en cas d’attaque sur les installations nucléaires. Afin de limiter les pertes dues à la réaction éventuelle de l’état iranien et du Hezbollah libanais, qui serait prêt de lancer sur Israël des centaines de missiles de toutes sortes, l’armée israélienne a pris des mesures afin de tester les systèmes de défense avancées, comme « The Home Front Command, mobile alerts system test ». Finalement, il ne faut pas oublier à cet égard, qu’une intervention militaire contre l’Iran pourrait avoir un impact profond sur l’économie israélienne. Selon les prévisions du BDI-Coface, si Israël devait opter pour une action militaire pour freiner les ambitions nucléaires de Téhéran, les pertes économiques  seraient d’au moins 167 milliards de shekels, c’est-à-dire 42 milliards de dollars, ce qui équivaut à 5,4% du PIB d’Israël en 2011. L’option militaire est de plus en plus brandie par les Israéliens pour empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, les options diplomatiques ayant toutes échouées jusqu’à présent. Mais un tel scénario n’est pas sans risque pour Israël et la région. Israël a-t-il seulement les moyens d’une telle action ?

GIACOMO MORABITO

Université de Messine