24/08/2012

Syrie : la guerre civile s’installe sans aucune perspective de fin

La guerre civile syrienne continue à faire rage depuis le début des contestations en mars 2011. Le nombre de victimes s’élèverait à 23.000 à présent, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, sans compter les milliers de réfugiés en Turquie et dans les pays voisins. Les batailles de Damas et Alep se poursuivent mais le gouvernement de Bachar El Assad, alaouite, et ses opposants à majorité sunnites, ne parviennent pas à s’imposer militairement, malgré l’appui des uns et des autres par des puissances étrangères en armes et en hommes.

L’ONU reste divisée, la Chine et la Russie continuent à imposer leur veto au conseil de sécurité en faveur de toute intervention militaire internationale, ces deux puissances considèrent que l’affaire syrienne est une affaire intérieure à régler par les syriens eux-mêmes. Kofi Annan, ancien secrétaire général, a jeté l’éponge, sa médiation ayant échoué, et est remplacé par Lakdhar Brahimi, diplomate algérien chevronné âgé de 78 ans, comme nouveau médiateur. La mission de 300 observateurs de l’ONU déployés en Syrie en mars dernier pour surveiller l’application du cessez-le-feu s’est terminé le 20 août dernier, vu la poursuite des combats.

Barack Obama menace d’intervenir militairement si les armes chimiques sont utilisées par le régime. L’armée syrienne et les rebelles sot accusés de crimes contre l’humanité. La Ligue Arabe a une nouvelle fois condamné le régime de Bachar El Assad et le punit de toute coopération économique.

Le vice-premier ministre syrien Qadri Jamil a laissé entendre à Moscou que le gouvernement serait prêt à discuter d’une démission du président Bachar El Assad dans le cadre d’un processus de négociations avec l’opposition.

Entre temps, le Liban, qui a été occupé par la Syrie pendant 30 ans, reste divisé entre ses opposants et ses partisans de Damas. Les tensions entre chiites et sunnites libanais sont à cran et le conflit syrien menace de s’étendre au Liban voisin.

Vu les blocages au Conseil de Sécurité, on ne peut qu’à nouveau lancer des appels au dialogue et à la réconciliation. La guerre renforcera la guerre.

PIERRE COLOT