Bruxelles, ville multiculturelle, accueille pour la 12ème fois le festival du Cinéma Méditerranéen, écho de la richesse et de la multiplicité des cultures qui se rencontrent et cohabitent. Et le choix de Bruxelles n »est pas le fruit du hasard : notre Région crée un climat, invente une façon d’être, démontre sa volonté de tisser des liens entre nos cultures. Bruxelles est ouverte aux idées, aux modes d’expression et aux artistes venus du monde entier. Et la culture méditerranéenne, nous avons appris à la connaître et à l’intégrer.

Initié par la Commission communautaire française, l’événement fait découvrir le meilleur du 7ème art des pays du Sud, et avec plus de 20 pays et de 70 films, le festival promet une fois encore de réchauffer cœurs, sens et esprits.

Gala d’ouverture au Bozar.

Lieu et date: Botanique du 9 au 17 novembre 2012.

Tous renseignements sur: http://www.cinemamed.be/2012/fiche.php?id=accueil

 

Notre première rencontre le 11 octobre avec les membres participants était productive: le groupe a exprimé sa volonté d’agir ensemble, de réaliser des projets sur des nouveaux territoires/des chemins innovants, d’ouvrir le dialogue, et de s’investir dans un nouveau projet.

Pour la suite, nous invitons les membres du réseau belge de la Fondation Anna Lindh le 14 novembre de 9 à 13h à la réunion suivante.

Lors de cette réunion nous continuerons la réflexion devant aboutir à la conception d’un ou deux projet(s). Vous êtes les bienvenu(e)s à joindre ce projet commun de renforcement des capacités du réseau belge de la Fondation Anna Lindh.

Pour plus d’informations, veuillez-nous contacter par email: medea (at) medea.be.

 

 

Programme Islamic Financing – 27th November 

The Egmont Institute with the kind support of the Embassy of Indonesia has the honour to inform you that an Expert Seminar on “Islamic financing in Europe” will take place on November the 27th (morning) at the Egmont palace, Brussels

Dr. Muhammad Syafii Antonio, member of the Islamic banking committee at the Central Bank of Indonesia will present the role of Islamic financing as a development tool in Indonesia while Mr.Mohamed Boulif, chairman of Al Maalya, Global Islamic Finance, will consider Islamic financing as an economic instrument between the EU and the Mediterranean. Their presentations will be followed by a comparison with conventional banking.

The panel will be moderated by Professor Laurent Gheeraert, professor of finance at the Solvay Brussels School of economics and management.

A debate will follow the presentations.

 

 

 

Programme Islamic Financing – 27th November

The Egmont Institute with the kind support of the Embassy of Indonesia has the honour to inform you that an Expert Seminar on “Islamic financing in Europe” will take place on November the 27th (morning) at the Egmont palace, Brussels

Dr. Muhammad Syafii Antonio, member of the Islamic banking committee at the Central Bank of Indonesia will present the role of Islamic financing as a development tool in Indonesia while Mr.Mohamed Boulif, chairman of Al Maalya, Global Islamic Finance, will consider Islamic financing as an economic instrument between the EU and the Mediterranean. Their presentations will be followed by a comparison with conventional banking.

The panel will be moderated by Professor Laurent Gheeraert, professor of finance at the Solvay Brussels School of economics and management.

A debate will follow the presentations.

 

 

La deuxième Edition du  forum  Anna Lindh prévue à Marseille du  4 au 7 Avril 2013 constituera le plus grand rassemblement des organisations  de la société civile depuis le soulèvement  arabe. Plus de 1000 personnes sont attendues à cet évènement pour partager les réflexions et élaborer une feuille de route pour la promotion de la citoyenneté et du dialogue interculturel dans la région Méditerranéenne.

http://www.euromedalex.org/fr/nouvelles/marseille-capitale-de-la-culture-europ-enne-accueille-le-forum-anna-lindh-2013

 

 

Analyse

Emirats-arabes-unis (EAU): un bilan géostratégique 2012

L’année 2011 a été marquée aux Emirats arabes unis par les commémorations du 40e anniversaire de la Fédération formée le 2 décembre 1971 entre sept émirats à la superficie et au poids démographie très différents, à la suite du retrait des Britanniques de la région. Ces festivités cherchaient à montrer l’unité de la nation émirienne dans un Etat, où les expatriés sont largement majoritaires…

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Analyse

Emirats-arabes-unis (EAU): un bilan géostratégique 2012

 

L’année 2011 a été marquée aux Emirats arabes unis par les commémorations du 40e anniversaire de la Fédération formée le 2 décembre 1971 entre sept émirats à la superficie et au poids démographie très différents, à la suite du retrait des Britanniques de la région. Ces festivités cherchaient à montrer l’unité de la nation émirienne dans un Etat, où les expatriés sont largement majoritaires (80% de la population du pays) et alors que les pouvoirs basculaient dans plusieurs pays arabes, y compris dans le voisinage (Bahreïn) emportés par le vent du « Printemps arabe ». Hantées par la crainte d’une déstabilisation néfaste au pouvoir hériditaire en place et au développement économique, les autorités émiriennes ont joué finalement joué la carte d’ une ouverture politique  très mesurée. En septembre 2011, ont été organisées des élections prévues depuis deux ans pour choisir les 20 membres « élus » du Conseil fédéral national. Ce geste reste toutefois purement symbolique puisque cette assemblée de 40 membres ne joue qu’un simple rôle consultatif et que le corps électoral était limité à un nombre restreint de citoyens. Le lendemain du 40e anniversaire de l’Etat, le Président de la fédération a décidé d’amnistier quatre bloggeurs qui avaient été arrêtés au printemps après avoir appelé aux réformes politiques dans le pays. Reste que deux ONG occidentales promouvant la démocratie, la Fondation allemande Konrad Adenauer et l’organisation américaine National Democratic Institute ont dû fermer leurs portes fin mars, pour des motifs administratifs et sans aucune justification officielle des autorités.

Au niveau stratégique, les tensions croissantes liées au programme nucléaire iranien ont été la principale préoccupation émirienne : d’abord en raison des menaces proférées par le régime islamique de fermer le détroit d’Ormuz où passe 40% du trafic mondial de pétrole et le commerce en provenance et en direction des Emirats (hub portuaire de Dubaï), ensuite à cause de la visite du Président iranien M. Ahmadinedjad début avril 2012 sur l’île d’Abou Moussa, qui fait l’objet d’un contentieux territorial avec les Emirats. Face à ce que le Ministre des affaires étrangères émirien a qualifié de provocation, Abou Dhabi a réagi en rappelant son ambassadeur en poste à Téhéran, et obtenu le soutien de l’ensemble des membres du Conseil de coopération du Golfe. Depuis 1971, l’île qui dépendait de l’émirat de Sharjah est occupée militairement par l’Iran, mais continue d’être revendiquée par les Emirats qui ont accepté la présence iranienne tant que leur souveraineté n’est pas remise en cause et qu’un accord soit définitivement trouvé.

Dans ce contexte, la finalisation d’un oléoduc d’une capacité estimée entre 1,5 et 1,8 millions de barrils de pétrole-jour entre Habshan situé sur le Golfe Persique et le terminal pétrolier de Fujaïrah le long de la mer d’Oman arrive à point. Le Abu Dhabi Crude Oil Pipeline (ADCOP) inauguré en mai ou juin permet en effet de contourner le détroit d’Ormuz et ainsi d’assurer la sécurité des approvisionnements énergétiques. L’oléoduc permettra à Abou Dhabi d’exporter environ les trois quarts de sa production, puis de l’acheminer par voie maritime à ses clients asiatiques, européens et américains. Déjà en 2010, avait été achevé le projet Dolphin qui permet d’exporter le gaz du Qatar sans passer par Ormuz.

Sur le plan économique, la reprise semble s’affirmer avec une croissance prévue de 3,8% pour 2012, y compris sur le marché immobilier à Dubaï qui avait été très affecté par la crise de 2008. La diversification se poursuit avec le tourisme comme secteur phare, le maintien d’un prix du baril à plus de 100 dollars ayant permis d’importants investissements dans ce secteur qui représente 13,5% des activités économiques aujourd’hui. Le pays a accueilli 8,2 millions de touristes en 2011, bénéficiant de l’instabilité qui perdure en Egypte et en Tunisie et de l’attrait croissant de Dubaï comme destination. 2013 verra d’ailleurs la tenue à Abou Dhabi du sommet annuel du World Travel and Tourism Council (WTTC), le plus influent et prestigieux événement mondial du secteur touristique, en attendant l’inauguration entre 2015 et 2017 des Musées du Louvre, Guggenheim et Zayed au centre d’un projet de complexe culturel de 27 milliards de dollars dont la construction a été relancée par le Conseil exécutif d’Abou Dhabi le 12 janvier 2012. Grâce à la prise de participation du fond Aabar dans Virgin Galactic, Abou Dhabi accueillera le second aéroport au monde pour les vols dans l’espace. Le renforcement des infrastructures (port Khalifa, zones industrielles, autoroutes vers l’Arabie saoudite et le Qatar, extension de l’aéroport d’Abou Dhabi, écoles, centres de soins), la construction de logements pour les nationaux ainsi que la diversification énergétique (projets de centrale solaire et de ferme éolienne) s’appuient  sur l’abondance des moyens financiers provenant des exportations pétrolières et des fonds souverains, dont ADIA, le premier au monde avec 627 milliards de dollars,  et visent à la stabilité sociale d’une population nationale minoritaire.

Franck Tétart

 

 

 

 

Analyse

Pourquoi la guerre contre l’Iran est déjà un échec

La guerre des étoiles des années 1980 entre l’URSS et les Etats-Unis et la relance des armements avaient fini par faire « pschitt » : fort heureusement, il n’y eut jamais de troisième guerre mondiale…

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La guerre des étoiles des années 1980 entre l’URSS et les Etats-Unis et la relance des armements avaient fini par faire « pschitt » : fort heureusement, il n’y eut jamais de troisième guerre mondiale…

La montée des tensions politiques mais surtout médiatiques entre Israël et l’Iran relève presque d’un scénario similaire de blockbuster américain. La campagne de communication lancée par l’Etat d’Israël depuis deux mois contre le danger iranien et les menaces nucléaires qui seraient fin prêtes à être mises a exécution courant octobre s’apparente de plus en plus à un coup de bluff.

Tous les ingrédients d’un film d’espionnage et d’action du temps de la Guerre froide y sont : deux pays puissants que tout oppose, clivages idéologiques et culturels monstres, menace de masse par le fait d’armes non-conventionnelles et de destruction massive, échec des diplomaties de couloir pour trouver une solution à l’amiable, déséquilibre des partitions avec un pays détenteur qui n’a jamais été autorisé à posséder l’arme nucléaire mais que l’on tolère et un que l’on interdit totalement, contexte géopolitique régional tourmenté, risque d’embrasement « mondial » annoncé, personnalités extrêmes des deux protagonistes Benjamin Netanyahu et Mahmoud Ahmadinejad coincés par le pouvoir qui semble les téléguider vers le clash, inquiétudes internes sur l’irresponsabilité des gouvernants et la capacité de ces derniers à protéger leur population en cas de guerre ouverte.

Le climax a été atteint début septembre au moment même où après l’Etat major, l’opinion publique, l’opposition israélienne, la communauté internationale, ce fut le Président Shimon Pérès qui se déclara contre toute intervention unilatérale hasardeuse et solitaire de l’Etat hébreu contre l’Iran. Il ne restait plus que le quatuor accordé Netanyahou-Ovadia-Barak-Lieberman, perdu au sommet de l’Etat, pour continuer l’opération de menace. En réalité, cette question récurrente d’une guerre entre Israël et l’Iran date des années 1990. Elle fut brandie à maintes reprises entre les deux anciens alliées. Elle aurait peut être été possible à une autre période, mais aujourd’hui, elle paraît tout sauf réalisable et à même d’être un succès.

Il y a trois raisons majeures à cela : l’Iran n’est pas l’ennemi que l’on imagine, il n’en a même pas la force ni la solidité et probablement pas la volonté s’il ne se sent pas menacé et porté au ban des Nations ; Israël est déconnecté de la nature des conflits d’aujourd’hui et ne gagne plus de guerre depuis bien longtemps ; enfin l’enjeu des élections américaines de novembre est le gage quasi-certain qu’Obama maintiendrait le statu quo et ne menacerait pas sa réélection dans une aventure à risques contre un nouveau pays musulman.

La volonté iranienne de produire du nucléaire militaire n’est pas plus avérée que la présence d’armes de destruction massives en Irak en 2003

Rien n’est prouvé à ce jour sur la réalité de la menace ou pas. Le dernier rapport de l’AIEA expliquait en septembre dernier que dans quelques semaines l’Iran aurait réussi à enrichir son uranium à 20% devenant de fait, un outil pour une potentielle constitution de l’arme nucléaire.

Mais rien n’est prouvé des véritables desseins iraniens à l’heure actuelle : nucléaire civil ou militaire [1].« L’idée d’une attaque contre les installations nucléaires iraniennes est évoquée par Israël depuis 1994 mais c’est depuis 2002 que cette option est véritablement étudiée comme possible réponse à la menace d’un Iran nucléarisé. Deux raisons expliquent l’étude du recours à la force contre l’Iran : d’une part, le programme nucléaire iranien connaît depuis 2002 une nette accélération et, d’autre part, l’arrivée au pouvoir de Mahmoud Ahmadinejad a entrainé une plus grande radicalisation du discours », explique Jean-Baptiste Beauchard, doctorant à l’IRSEM et à l’Ecole militaire, auteur avec Sébastien Boussois de Le défi sécuritaire en Israël : mythes et réalités [2].

Au regard de la transformation globale de la région depuis plusieurs mois, la question de la menace iranienne aurait pu rétrograder dans la conscience des politiques israéliens. Or, il n’en est rien, bien au contraire selon Yigal Palmor, le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères israélien : « La menace iranienne n’a jamais été la seule. Elle était, et elle reste, la plus importante. Des armes nucléaires aux mains d’un régime intégriste qui sacralise et enseigne l’attentat suicide, qui commet des attentats un peu partout dans le monde, qui martyrise sa propre population et prête main-forte a Assad qui en fait davantage pour la sienne, c’est le cauchemar du Proche et du Moyen Orient tout entier, et bien au-delà. » [3]

Israël est un Etat de plus en plus affaibli

Il est loin le temps où Israël et Iran coopéraient ensemble contre le pouvoir de Saddam Hussein qui possédait des armes chimiques et bactériologiques et bataillait contre son ennemi perse de 1980 à 1988 lors de la première Guerre du Golfe qui fit près d’un million de morts. Les guerres successives menées par Israël depuis plusieurs années n’ont pas eu le résultat escompté par l’Etat-major, et ont donné au pays une image de plus en plus belliqueuse. Mais cela n’est pas un fait nouveau.

En réalité, l’image d’Israël s’est écornée depuis au moins une dizaine d’années, et si l’on en croit un sondage récent de la BBC [4], ce n’est pas prêt de changer : Israël arrive en tête – juste devant le Pakistan, la Corée du Nord et l’Iran – des États les plus mal vus. Son influence est jugée « négative dans le monde » par 49 % des sondés, contre 21 % qui l’estiment « positive ». C’est que le spectacle des bombardements indiscriminés contre le Liban en 2006, puis contre la bande de Gaza 2008-2009, suivis de l’attaque pirate contre la Flottille de la paix  ont soulevé une émotion sans précédent. Il faut s’attacher à la question de la réputation et de l’image d’Israël pour comprendre et appréhender le soutien que l’Etat hébreu pourra obtenir dans le déclenchement d’une nouvelle guerre, contre l’Iran cette fois-ci. Le problème essentiel pour le gouvernement israélien réside donc dans son isolement pour mener une telle guerre et donc en la légitimité de son action aux yeux de la communauté internationale mais également en le risque de déstabilisation globale de la région.

En effet, anciens généraux, Etat-major, services de sécurité Shabak doutent de l’efficacité d’une intervention aérienne lointaine sur des sites majoritairement éparpillés et enfouis profondément dans le sol, restant indétectables à coup sûr par les satellites et drones du genre. Il suffit enfin d’analyser les capacités militaires d’Israël pour se rendre compte du risque d’échec encouru en attaquant l’Iran. Israël n’est pas doté de la dernière génération de bombes américaines MOP GBU-57A « bunker buster » capables de pénétrer en sous-sol afin de détruire les « fameuses » installations nucléaires iraniennes bunkérisées. Les Américains semblent réticents à vouloir leur fournir voire les utiliser. De toute façon, Tsahal devrait avoir l’appui américain quoi qu’il se passe, pour utiliser ces bombes seules à même de parvenir à l’objectif initial, car elle ne possède pas non plus les avions de combat Northrop Grumman’s B-2 à même de les transporter et de les larguer.

Enfin, Israël n’a pas suffisamment d’avions de ravitaillement en vol Lockheed Martin KC-130 (5) pour réapprovisionner en fuel ses avions de combat F-15s et F-16s alors que les Américains en disposent de près de 80. On comprend alors tout l’intérêt de bases-arrières de ravitaillement comme ce pourrait être le cas en Azerbaïdjan par exemple.

Et si Israël cherchait tout simplement à court-circuiter les USA ou surtout mettre à mal la réélection d’Obama ?

Les derniers sondages d’opinion en Israël menés par la chaine Channel 10 [5] témoignent encore de l’incertitude des Israéliens: en effet, 46% s’opposent à une guerre unilatérale pendant que 32% se montrent favorables et 22% restent à l’heure indécis. Mais pire  encore: 19% des Israéliens seulement pensent qu’Israël peut attaquer seul l’Iran, contre 42% requérant l’appui logistique et politique des USA. Plus troublant, dans un autre sondage de février 2012 de la  Sadat Chair de l’université du Maryland avec le soutien de l’Institut Dahaf en Israël, 44% des Israéliens pensent qu’a l’issue d’une attaque de Téhéran, le régime dit des Mollahs sortira renforcé, 45% pensent qu’il sera affaibli. Enfin, signe d’une frilosité des Israéliens: 22% pensent que l’opération contre l’Iran durerait des années, 29% des mois, 19% des semaines[6].

Il y a rupture manifeste et croissante entre les Israéliens et leur gouvernement sur le sujet. Mais le premier ministre Benjamin Netanyahou et Ehud Barak, son ministre de la Défense ont battu en brèche les critiques et tiennent bon leur coalition. Ils réfutent même l’idée de la nécessité d’un vote à la Knesset, malgré la gravité de la situation.

Certains parlent d’hystérie collective de la population israélienne depuis que le régime syrien a reconnu pour la première fois posséder des armes chimiques à la mi-août. On va dans la surenchère au point que l’on commence en Israël à réquisitionner des parkings, des garages, d’anciens bâtiments pour servir d’abris en cas de contre-attaque iranienne, et les Israéliens commencent à recevoir de nouveau des masques à gaz en cas de bombardement d’armes chimiques. Un système d’alerte par SMS en cas d’attaque iranienne sur le pays a été mise au point mais toute la population est encore loin d’être équipée (4000 masques distribués par jour). La distribution a commencé gratuitement dans les supermarchés.

Même l’ancien chef des renseignements Uri Saguy condamnait cet affolement instrumenté par le gouvernement: « Il y a une hystérie orchestrée et dont le timing a été planifié pour placer le pays dans un état d’anxiété artificiel ou non » [7] A l’heure actuelle, les chiffres oscillent mais on estime entre 50 et 54% de la population équipée en masques à gaz. Serge Dumont, journaliste israélien pour Le Temps et Le Soir explique dans un de ses articles : « De l’aveu même de (…) Tsahal, à peine 54% des civils israéliens disposent du masque à gaz qui leur est livré à domicile par la poste. Au rythme où la distribution se poursuit, elle ne sera pas achevée avant 2016 lorsque les filtres de certains de ces masques auront dépassé la date de péremption. » [8] Pour autant, même si inquiète, la population n’a quasi pas manifesté contre cette guerre. Les dernières contestations publiques à Tel Aviv n’ont même pas attiré 200 personnes le 22 août dernier. Comme si la population s’y était déjà fatalement préparée malgré elle.

Pourquoi la guerre est déjà un échec avant même d’avoir commencé… si elle survient.

C’est la première fois de l’histoire qu’un gouvernement se retrouve aussi isolé sur un tel choix stratégique, politique et militaire, En effet, l’impossibilité de la victoire israélienne sans l’appui des Etats-Unis, la capacité de détourner l’attention intérieure des véritables problèmes internes, la relégation de la résolution de la question palestinienne renvoyée aux calendes grecques, ne doivent pas faire oublier une dernière hypothèse expliquant un tel emballement de Tel Aviv : le soutien israélien direct au candidat républicain Mitt Romney pour les élections américaines de novembre.

En effet, les relations entre USA et Israël sont détestables depuis quatre ans et un retour des « croisés » donnerait à coup sûr un aval direct à Israël pour poursuivre sa politique contre l’Iran, sa politique défensive contre ses nouveaux voisins par l’enfermement entre quatre murs, son refus de relancer les négociations avec les Palestiniens sans préalable comme ce leur fut demandé en vain, mais accélérer encore l’occupation des Territoires palestiniens et de Jérusalem-et pour finir d’enterrer un projet d’Etat palestinien, qui sera peu soutenu dans les faits par la droite américaine. Netanyahou sait aussi, qu’une fois réélu, Obama fera tout pour le contraindre cette fois ci à reprendre le chemin des négociations avec les Palestiniens, libéré de l’enjeu de sa réélection.  Tous ces motifs peuvent faire véritablement douter aujourd’hui qu’Israël se lance dans une telle opération suicidaire contre Téhéran qui pourrait faire au minimum 500 morts côté israélien mais surtout qui, selon les propres mots d’Ephraïm Halévy, ancien directeur du Mossad, pourrait provoquer «  une guerre longue de plusieurs générations » [9]avec une société israélienne qui n’en a déjà pas besoin. Une guerre qui échoue dans les esprits avant même le début est une guerre en partie déjà perdue sur le terrain.

C’est bien sûr sans compter les guerres d’Israël qui avaient été annoncé comme des succès à venir et qui ont été de sérieux échecs ces dernières années : la guerre contre le Liban en 2006 et l’opération « Plomb durci » contre Gaza en décembre 2008.

Sébastien Boussois

[1] http://www.lexpressiondz.com/internationale/160043-l-occident-s-emploie-a-trouver-de-nouvelles-ripostes.html

[2] La majorité des développements qui suivent sont développés à partir de cet ouvrage, Editions du Cygne, Paris, 2012.

[3] Interview réalisée en août 2012.

[4] Cité dans http://www.ism-france.org/communiques/Sondage-BBC-L-image-d-Israel-toujours-majoritairement-negative-dans-le-monde-article-16989

[5] http://nationalinterest.org/commentary/calling-netanyahus-bluff-7371

[6]http://www.brookings.edu/~/media/research/files/reports/2012/2/29%20israel%20poll%20telhami/0229_israel_poll_report_telhami

[7] http://www.bfmtv.com/israel-ruee-sur-les-masques-a-gaz-actu32159.html

[8] http://www.letemps.ch/Page/Uuid/68dd6468-eac9-11e1-a54b-3420e70b137c/Le_prix_dune_guerre_avec_lIran

[9] http://www.haaretz.com/weekend/magazine/former-mossad-chief-an-attack-on-iran-likely-to-foment-a-generations-long-war.premium-1.461760

 

Les 26 et 27 octobre derniers s’est tenue à Volos (Grèce) la Troisième rencontre de l’Assemblée des Citoyens et des Citoyennes de la Méditerranée, sur le thème « Changements dans la Méditerranée, la dynamique des Cercles de citoyens méditerranéens et le futur de l’ACM». Cette rencontre fut un symbole et ce pour deux raisons : le premier Cercle y fut créé et l’ACM voulait marquer son soutien face à la crise économique et sociale que traverse la Grèce. Les membres du Conseil Consultatif, les membres des Cercles des Citoyens et l’Institut MEDEA, secrétariat de l’ACM, y étaient présents. Le but de cette réunion annuelle est de favoriser l’échange d’idées, d’expériences, d’initiatives et de perspectives utiles au renforcement structurel et à l’enracinement de l’ACM dans le paysage citoyen méditerranéen mais aussi de réfléchir à l’avenir institutionnel de l’Assemblée. Des représentants  des Cercles de Tunis, de Tirana, de Valencia, de Rome, de Naples, de Thessalie, d’Istanbul, d’Alexandrie, d’Alger, de Casablanca, de Chypre, de Podgorica, de Beyrouth, et de Zagreb étaient présents.

La première journée, dont le but principal était d’établir le diagnostic sur la situation actuelle en Méditerranée, s’est ouverte avec un long débat sur la crise économique mondiale et régionale. A l’époque de l’impuissance du politique face à l’économie, il est nécessaire de trouver des réponses à un niveau différent de celui de l’Etat nation : au niveau régional mais aussi au niveau international. L’analyse de la dramatique situation grecque en particulier, a permis d’écouter plusieurs universitaires et citoyens grecs puis d’étudier la réaction de la société grecque face à la crise, la manière dont les citoyens peuvent s’impliquer à un niveau local à la réduction des inégalités et de l’appauvrissement général, le développement de modèles alternatifs de production et d’échanges économiques pour que chacun passe cette période économique difficile. Toutes ces idées ont montré la volonté et la nécessité de renforcer la notion de citoyenneté basée de nouveau sur la responsabilité collective. Dans l’après-midi, les représentants des cercles de l’ACM ont pris ensuite la parole et ont exposé la situation politique, économique et culturelle de leur pays. La situation syrienne est revenue au premier plan des discussions comme l’exemple de l’impuissance européenne, l’immobilité des organisations internationales et l’incapacité de trouver une solution régionale pour exposer ensuite le rôle que la société civile internationale doit jouer dans ce type de situation. Chaque cercle a enfin présenté ses propres initiatives et activités : éducation, promotion du dialogue, actions de solidarité, défense des droits de l’homme, protection des libertés individuelles, pour que l’individu revienne au coeur des enjeux de la région.

La seconde journée se consacra ensuite de manière plus pratique aux questions suivantes : avenir et institutionnalisation de l’ACM, réflexions autour de la coordination des activités des Cercles, question de l’autonomie et du financement de ces derniers, développement des programmes de contenus pour faire connaître les travaux des Cercles, outils pour permettre la médiatisation et la promotion de l’ACM de manière générale mais également pour étendre à de nouvelles catégories socio-professionnelles cet intérêt croissant et vital désormais du statut de citoyenneté méditerranéenne.

Sébastien Boussois