30/10/2012

Retour sur la Troisième Assemblée des Citoyens et Citoyennes de la Méditerranée à Volos (Grèce)

Les 26 et 27 octobre derniers s’est tenue à Volos (Grèce) la Troisième rencontre de l’Assemblée des Citoyens et des Citoyennes de la Méditerranée, sur le thème « Changements dans la Méditerranée, la dynamique des Cercles de citoyens méditerranéens et le futur de l’ACM». Cette rencontre fut un symbole et ce pour deux raisons : le premier Cercle y fut créé et l’ACM voulait marquer son soutien face à la crise économique et sociale que traverse la Grèce. Les membres du Conseil Consultatif, les membres des Cercles des Citoyens et l’Institut MEDEA, secrétariat de l’ACM, y étaient présents. Le but de cette réunion annuelle est de favoriser l’échange d’idées, d’expériences, d’initiatives et de perspectives utiles au renforcement structurel et à l’enracinement de l’ACM dans le paysage citoyen méditerranéen mais aussi de réfléchir à l’avenir institutionnel de l’Assemblée. Des représentants  des Cercles de Tunis, de Tirana, de Valencia, de Rome, de Naples, de Thessalie, d’Istanbul, d’Alexandrie, d’Alger, de Casablanca, de Chypre, de Podgorica, de Beyrouth, et de Zagreb étaient présents.

La première journée, dont le but principal était d’établir le diagnostic sur la situation actuelle en Méditerranée, s’est ouverte avec un long débat sur la crise économique mondiale et régionale. A l’époque de l’impuissance du politique face à l’économie, il est nécessaire de trouver des réponses à un niveau différent de celui de l’Etat nation : au niveau régional mais aussi au niveau international. L’analyse de la dramatique situation grecque en particulier, a permis d’écouter plusieurs universitaires et citoyens grecs puis d’étudier la réaction de la société grecque face à la crise, la manière dont les citoyens peuvent s’impliquer à un niveau local à la réduction des inégalités et de l’appauvrissement général, le développement de modèles alternatifs de production et d’échanges économiques pour que chacun passe cette période économique difficile. Toutes ces idées ont montré la volonté et la nécessité de renforcer la notion de citoyenneté basée de nouveau sur la responsabilité collective. Dans l’après-midi, les représentants des cercles de l’ACM ont pris ensuite la parole et ont exposé la situation politique, économique et culturelle de leur pays. La situation syrienne est revenue au premier plan des discussions comme l’exemple de l’impuissance européenne, l’immobilité des organisations internationales et l’incapacité de trouver une solution régionale pour exposer ensuite le rôle que la société civile internationale doit jouer dans ce type de situation. Chaque cercle a enfin présenté ses propres initiatives et activités : éducation, promotion du dialogue, actions de solidarité, défense des droits de l’homme, protection des libertés individuelles, pour que l’individu revienne au coeur des enjeux de la région.

La seconde journée se consacra ensuite de manière plus pratique aux questions suivantes : avenir et institutionnalisation de l’ACM, réflexions autour de la coordination des activités des Cercles, question de l’autonomie et du financement de ces derniers, développement des programmes de contenus pour faire connaître les travaux des Cercles, outils pour permettre la médiatisation et la promotion de l’ACM de manière générale mais également pour étendre à de nouvelles catégories socio-professionnelles cet intérêt croissant et vital désormais du statut de citoyenneté méditerranéenne.

Sébastien Boussois