Opinion

La Révolution arabe, une chance pour l’Europe et le monde arabe

Par Antonin Gregoire, journaliste free lance à Beyrouth

La Révolution arabe, qui a commencé durant l’hiver 2010 – 2011, est une opportunité pour revoir et réinventer la façon dont l’Europe aborde le monde arabe depuis l’époque coloniale. Car la Révolution arabe met fin à l’Orientalisme qui emprisonnait toute pensée sur le monde arabe. Edward Saïd est l’homme qui a su théoriser ce qu’était l’orientalisme. Un système de pensée devenu scientifique qui a été développé en Occident et qui incarne et continue d’incarner tout regard autorisé sur « l’Orient ». L’Orient, magma géographique qui va de Séoul en « extrême orient » à Marrakech en passant par le Moyen-Orient, le Proche-Orient etc.

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Par Antonin Gregoire, journaliste free lance à Beyrouth

La Révolution arabe, qui a commencé durant l’hiver 2010 – 2011, est une opportunité pour revoir et réinventer la façon dont l’Europe aborde le monde arabe depuis l’époque coloniale. Car la Révolution arabe met fin à l’Orientalisme qui emprisonnait toute pensée sur le monde arabe.

Edward Saïd est l’homme qui a su théoriser ce qu’était l’orientalisme. Un système de pensée devenu scientifique qui a été développé en Occident et qui incarne et continue d’incarner tout regard autorisé sur « l’Orient ». L’Orient, magma géographique qui va de Séoul en « extrême orient » à Marrakech en passant par le Moyen-Orient, le Proche-Orient etc.

Cette pensée a consacré des mythes sur des grands concepts généraux uniformisants : les « orientaux » ou « les arabes » ou « l’islam », avec sa nouvelle version globalisante « les islamistes » mais a aussi divisé : « les chrétiens d’Orient »; « les chiites »; « les sunnites »; « les berbères ». Ainsi, par exemple, deux chiites ne pourraient avoir une opinion distincte l’une de l’autre basée sur une réflexion normale et humaine. L’islam ou les islamistes deviennent un corps uniforme. On peut écrire un livre sur l’islam, bien que cette religion rassemble un nombre incalculable de théories, de pensées, d’écoles, de droits religieux, de sectes, de courants, de commentaires, le tout étalé sur 1400 ans.

L’orientalisme était l’hégémonie culturelle indispensable à la colonisation, elle-même indispensable à la survie du système capitaliste de l’époque. Gramsci a montré comment le système capitaliste devait se maintenir par l’hégémonie culturelle et Saïd comment la colonisation a réussi à se maintenir de la même manière par l’hégémonie culturelle orientaliste.

La Révolution arabe, en renversant totalement les concepts et les acquis sur cette région, mérite déjà pleinement son nom de Révolution. Elle vient de prouver plusieurs faits.

La Palestine doit et ne peut être abordée que sous l’angle des Palestiniens. L’idée de vouloir régler cette question en passant par les pays alentours est impossible dans un contexte post-révolutionnaire : les dictateurs que l’on pensait maîtriser comme des pièces sur un échiquier sont tombés et l’aura acquise sur le règlement de ce conflit ne permet pas d’influencer les scènes politiques intérieures : le président égyptien Mohamed Morsi pensait faire passer son décret supra constitutionnel, fort de son succès diplomatique, a subi un revers cuisant ; le président syrien Bachar Al Assad qui se pensait à l’abri de toute révolution grâce à ses discours « pro-palestiniens » est sur le point de tomber.

La corruption est désormais fortement remise en cause. Bien sûr, elle peut continuer et les acteurs économiques européens qui voudront investir dans le monde arabe ne manqueront pas d’être séduits. Mais puisque la Révolution vise directement à éradiquer ces pratiques, tout acteur économique succombant à la tentation du « bakchich », l’argument culturel orientaliste aidant, succombe à la tentation contre-révolutionnaire. Si l’ancien régime revient et rétablit ces pratiques alors le pari de la corruption était le bon. Si par contre, c’est la Révolution qui triomphe et que les démocraties arabes naissantes mettent en place des outils de lutte contre le clientélisme et la corruption, alors les acteurs économiques ayant fait le choix de l’ancien régime seront en mauvaise posture. Dans tous les cas, l’argument culturel ne tient plus : la corruption pour faire des affaires ou pour avancer des ONG au Moyen-Orient n’est plus une fatalité mais relève désormais d’un choix politique.

Le tourisme est aussi une industrie moins rentable dans un contexte révolutionnaire. Le tourisme était en effet un outil de domination des dictateurs qui avaient là le moyen d’imposer la « stabilité » à leur population. Economie de soumission, de dépendance et de clichés culturels, le tourisme n’a pas, dans un contexte révolutionnaire, la place dominante qu’il avait sous la dictature. « Sous la plage, les pavés » pourrait-on dire pour paraphraser le célèbre slogan de Mai 68. Les liens touristiques qui unissaient le monde arabe et l’Europe sont condamnés à s’affaiblir au profit de nouvelles relations. Les dirigeants européens qui se sont laissé leurrer par les plages de sable fin de Tunisie ou les pyramides d’Egypte et la prétendue « stabilité » de ces pays ont commis des erreurs que la Révolution permet de ne pas reproduire.

L’industrie du renseignement, privé et public, tout entière tournée vers la menace islamiste est aussi directement opposée à la Révolution arabe et, de ce fait, menacée par elle. C’est cette « menace islamiste », qui entretient des milliers d’agences, de think-tanks, d’analystes, d’experts etc.  qui, depuis le 11 septembre 2001, a fini par dominer toute perception du « monde arabe ». C’est aussi au prix de la lutte contre la « menace islamiste » que de nombreux gouvernements européens ont fait le choix de l’alliance avec les dictatures « laïques ». Cette industrie du renseignement n’a pas permis de voir arriver la Révolution arabe ce qui est déjà une très grosse erreur en soi, le but du renseignement étant justement d’éviter ce genre d’erreur. Mais plus grave, cette industrie doit désormais pour sa survie lutter directement contre la Révolution afin de rétablir la prééminence de la « menace islamiste » qui, en réalité, n’est plus vraiment d’actualité. On peut déjà percevoir les effets néfastes : Bachar Al Assad est, dans les fait, une menace bien plus grande qu’Al Quaeda et a déjà fait plus de morts en 20 mois de conflit que tous les attentats d’Al Quaeda des dix dernières années. Cependant, les conseillers, experts et les hommes politiques sont encore réticents à l’envoi d’armes aux rebelles syriens de crainte qu’elles ne tombent ensuite aux mains des djihadistes. C’est donc encore la « menace islamiste » qui est jugée plus dangereuse que le dictateur « laïc » massacrant son peuple et affichant sa volonté de mettre le feu à toute la région. La Révolution arabe risque, sur ce point, de sérieusement remettre en cause de très nombreuses carrières, analyses ou expertises, et ce, à tous les niveaux de l’industrie du « risque » en Europe et aux Etats-Unis.

 

Plus qu’une leçon, c’est une inspiration que le monde arabe vient d’offrir au monde et à l’histoire. Un espoir, une réponse, une solution à ce monde post-guerre froide congelé dans des idéologies néo : néoconservateur, néocolonial, néolibéral, néonazi, néoraciste, néototalitaire. La Révolution arabe est aussi la révélation, l’explosion de ce que l’on refusait de voir : il ne s’agit pas d’intérêts de puissances, de calculs de dirigeants ou de suprématie de l’économie sur la politique, il s’agit d’êtres humains. L’oppression ne triomphe pas, l’homme naît libre et, réduit en esclavage, il finira par revendiquer sa liberté et sa dignité. Alors bien sur l’on dira de cette vérité qu’elle est idéaliste et l’on pourra lui opposer que ce n’est pas ainsi que le monde fonctionne. On pourra lui opposer que rien ne change vraiment, que rien ne peut vraiment changer, que rien, surtout, ne doit changer et que donc rien ne changera. Cette opposition au changement se nomme la réaction. La réaction n’est pas et ne sera jamais, malgré ce qu’elle prétend, rationnelle. Elle procède de la peur et de l’effondrement des certitudes idéologiques. Tenter de prouver que certains hommes sont différents des autres n’est pas rationnel. Ecrire l’histoire au futur islamiste n’est pas rationnel. Annoncer la défaite alors que la bataille vient à peine de commencer n’est pas rationnel. La peur est grande bien sûr et la Révolution arabe, comme toute révolution, menace. Elle menace par l’inconnu qui démonte les certitudes. Elle menace car elle vient de remettre en cause tout un système politique qu’on croyait « stable ». Elle menace car elle vient de détruire une série d’idéologie sur lesquelles des croyances, des postes, des carrières, des intérêts, des mensonges et des convictions ont été bâties depuis l’expédition d’Egypte de Bonaparte, et même avant. Il n’y a cependant pas d’alternative. Ce n’est qu’en comprenant et en acceptant le processus révolutionnaire en cours dans le monde arabe que l’Europe pourra devenir un partenaire privilégié et rétablir des relations historiques avec la région.

 

Opinion

Europe and Israel are not drifting apart

Palestine’s status has recently been upgraded to a non-member observer state in the United Nations (UN). The resolution of the General Assembly at the UN was passed with 138 votes in favour, 9 against, and 41 abstentions. Among the EU member states 14 voted for, 12 member states – including Germany and the United Kingdom – abstained, and the Czech Republic voted against. Does Europe’s divided voice implies that the EU-Israel relations are in a downward spiral, as is suggested?

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(published on Carnegie Europe)

The Friends of the Syrian Revolution and Opposition Forces met in Marrakesh on Dec. 12. The meeting was applauded by the group and criticized by Russia. It was a diplomatic success for the National Coalition, with 100 countries recognizing its legitimacy, but many questions remain unanswered and one can be skeptical about the follow-up by the Coalition’s leadership. Yet, seen from Brussels, the meeting helped clarify the situation and chart future evolution, at a very time when the Russian position is changing.

Although most press reports focused on discussions of weapons delivery to the rebellion, the Al-Nusra Front and the possible use of chemical weapons, other important themes were discussed.

In a forward-looking perspective, the Marrakesh Conclusions constitute the first real blueprint of the political and operational framework of a future Free Syrian government.

Remarkably, this 43-article text provides the basic ingredients of a future Syrian democracy: national unity and territorial integrity of the State, Syrian-led political solutions to the conflict, inclusion of all components of Syrian society in the democratic process, a commitment to respecting human rights and recognition of the National Coalition’s legitimacy.

The text sketches out the operational guidelines for transitional justice, the handling of humanitarian assistance to local communities without discrimination and the reconstruction effort (Trust Fund), all to be led by the future transitional authority.

It remains to be seen how much acceptance the National Coalition’s leadership will garner – from all its components and from the Supreme Military Council of the rebel forces – for this broad framework. This is a crucial test.

Equally remarkable is what happened outside the Marrakesh meeting, especially the evolving Russian position. Without being overly optimistic, it now appears that the Western powers and Russia agree on at least three elements of the conflict: there is no room for a military solution, the political solution should be Syrian-led and that the use of chemical weapons by the Assad regime would be totally unacceptable. Both sides said it very clearly during the past few days. And NATO’s Supreme Allied Commander for Europe, Admiral Stavridis, the ultimate decision-maker for the use of Patriot missiles, was equally clear in his blog post dated Dec. 14.

Meanwhile, Russian support for Bashar al-Assad is fading away. Although it was later denied in part, it is remarkable that Deputy Foreign Minister Bogdanov was reported saying Dec. 13 that “an opposition victory cannot be ruled out,” as NATO’s Secretary General made a similar statement. It is also notable that the Russian channel RT published on Dec. 11 an otherwise-unnoticed interview with the Ecuadorian president by a Brazilian newspaper where he offered asylum to Assad, if requested.

What remains an obstacle is Moscow’s insistence that negotiations with the regime should take place without asking for Assad’s departure. The question here is a simple one: what is there to negotiate with a leader whose forces randomly bomb civilians queuing for bread, use ballistic missiles against ground fighters, torture children and shoot entire families in their houses? No rebellion leader will ever accept negotiating with Assad, as Moaz al-Khateeb said very clearly in Marrakesh. Let’s remember that if members of old regimes participated in transition processes in Tunisia and Egypt, it was only after the former leaders departed from power. Replicating such a process in Syria would imply identifying the old regime’s figures as those with no blood on their hands and no prior involvement in military decisions.

Finally, the asymmetrical behavior between Russia and Western powers should be underlined: the latter has not accepted delivering weapons to rebels, while the former still resupplies the Assad regime on a daily basis. The sooner the realization is made in Moscow that the Assad regime is going nowhere else than the International Criminal Court, the better. What is at stake for Moscow is not only its standing in Syria, but also its image in Arab countries and in the world at large.

 

Marc Pierini

 

Une conférence du Centre Migrations et Citoyennetés de l’Ifri avec le British Council

Paris, 7 janvier 2013, 17h30-19h30

avec:

Jan Willem Duyvendak (Université d’Amsterdam)

Carolyn Sargent (Université Washington à St-Louis)

Christophe Bertossi (Ifri)

John Bowen (Université Washington à St-Louis)

Discutant: James Beckford (Université de Warwick)

 

La question de l’islam et des musulmans a envahi le discours public des pays européens au cours de la dernière décennie, en s’appuyant le plus souvent sur des perceptions négatives. L’islam a été dénoncé en raison des valeurs rétrogrades qu’il véhiculerait. En réaction, les Étatseuropéens ont tenté de constituer les identités nationales en réservoir de valeurs de la citoyenneté – la laïcité française, l’identité néerlandaise, la Britishness, etc. Ce faisant, ils ont transformé les valeurs libérales de la citoyenneté en valeurs de différenciation culturelle.

 

Dans ces débats, le thème de la relation entre musulmans et institutions de l’État est devenu central. Cela peut facilement s’illustrer par les discussions qu’ont connues des pays comme la France, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas ou l’Allemagne à propos des musulmans à l’école, à l’hôpital, dans les tribunaux ou l’armée, pour ne prendre que ces exemples. Or, on connaît mal la réalité empirique des interactions entre les populations musulmanes ou perçues comme telles et les institutions, et la façon dont ces interactions contribuent à façonner les perceptions et les frontières morales autour de l’islam et des musulmans dans les sociétés européennes.

 

Pendant trois ans, un groupe de chercheurs de l’Université Washington à Saint-Louis, de l’Université d’Amsterdam et du Centre Migrations et Citoyennetés de l’Ifri ont conduit un projet collaboratif sur les processus complexes qui produisent des cadres spécifiques sur l’islam et les musulmans dans plusieurs contextes institutionnels. Ces chercheurs présenteront une partie de leurs résultats lors de cette conférence, en s’interrogeant sur la façon dont les institutions de l’Étatcontribuent à construire les perceptions sociales et les frontières morales concernant les musulmans en Europe. Leurs présentations mettront plus particulièrement l’accent sur le cas des hôpitaux, des armées et des tribunaux.

 

Plus d’informations ici: www.ifri.org

 

Jeudi 20 décembre 2012 de 12h30 à 14h

L’Institut MEDEA, avec le soutien du Mouvement Européen Belgique

ont le plaisir de vous inviter à l’occasion de la sortie de son livre à un déjeuner-débat avec

Barah Mikail, directeur de recherches sur l’Afrique et le Moyen-Orient à l’institut FRIDE à Madrid, membre du conseil consultatif de l’Assemblée des Citoyens et Citoyennes de la Méditerranée  et auteur de l’ouvrage

 Une nécessaire relecture  du « Printemps arabe » (éditions du Cygne, Paris, 2012)

Il y a lieu de se réjouir des soulèvements initiés par le monde arabe en 2011. Mais leurs conséquences et évolutions sont aussi à étudier avec beaucoup de recul. La satisfaction devant les exclusions de dictateurs et leaders autoritaires au profit d’une donne politique plus ouverte est légitime. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut voir dans le bouleversement soudain des scènes politiques nationales et régionales un mouvement à encourager sans calcul.

Dans le cas du monde arabe notamment, la récupération politique reste de mise, et avec elle, le développement d’analyses et de perceptions qui passent souvent à côté de ce qu’il convient de réellement comprendre. Le présent ouvrage cherche à souligner que le caractère salvateur des soulèvements arabes n’annule pas la présence de contre-forces et acteurs bien plus intéressés par une récupération opportuniste des événements que par leur inscription à la lumière de réalités et faits objectifs.

Tout sur le livre à l’adresse suivante : http://www.editionsducygne.com/editions-du-cygne-necessaire-relecture-printemps-arabe.html

Quand ? jeudi 20 décembre, de 12h30 à 14h

Où ? Maison des Parlementaires, 3ème étage, 21 rue de Louvain, 1000 Bruxelles.

P.A.F. (à payer sur place. Inclus sandwichs et boissons):   5 €

Langue : français ; Q/A en français et anglais

Veuillez confirmer votre participation avant le lundi 17 décembre via le formulaire d’inscription en ligne

Invitation MEDEA 20 décembre pdf

 

Barcelona, IEMed, sala de actos,  11  février 2013, 18:30

 

Première séance du cycle « la Méditerranée 2013 : la consolidation de nouveaux pouvoirs » qui analysera la situation du Nord de l’Afrique et du Proche-Orient en abordant les grandes questions des relations euro-méditerranéennes actuelles et de ses répercussions pour l’avenir de toute la région.

 

Plus d’informations ici: www.iemed.org

 

Du 16 octobre 2012 au 03 février 2013

Salle des expositions 1 – 2 & Mobile art

 

A l’occasion de son 25e anniversaire et conformément à la vocation qui est la sienne de faire connaître et de soutenir la création contemporaine, l’Institut du monde arabe a fait le choix de présenter à son public une grande exposition d’arts plastiques spécialement conçue pour cette célébration et consacrée à « Vingt-cinq ans de créativité » dans le monde arabe. Cette exposition occupera différents espaces à l’intérieur de l’IMA, ainsi que le Mobile art.

Soucieux de poursuivre dans une voie qu’il a ouverte et tracée en proposant à son public plus d’une centaine d’expositions dans le domaine des arts plastiques au cours de ses premières vingt-cinq années d’existence, l’Institut du monde arabe organise à présent cette grande exposition intitulée Vingt-cinq ans de créativité arabe dont le commissariat a été confié au critique d’art et spécialiste égyptien Ihab El Laban.
L’exposition s’emploie à donner à voir les directions principales empruntées récemment par les artistes arabes et les sources d’inspiration qui travaillent de l’intérieur un art dont les spécificités viennent peu à peu à s’imposer. Elle élabore un panorama le plus exhaustif possible des tendances et des recherches, qui, depuis vingt-cinq ans, sont parties prenantes de la création arabe contemporaine, quels que soient les médiums utilisés : peinture, sculpture, photographie, vidéo, installation…
Elle associe des créateurs à la réalisation de cette importante manifestation en passant commande d’œuvres conçues spécialement pour la circonstance. Elle s’accompagne non seulement d’un catalogue, mais encore de conférences et de tables rondes.

 

Plus d’informations ici: www.imarabe.org

 

Analyse

par Elisabeth Vandenheede et Elisabeth Dubois, doctorantes en sciences politiques et en sciences sociales à l’Université Libre de Bruxelles

Depuis deux ans, une vague de révoltes déstabilise la plupart des régimes du monde arabe.  Face à ces changements et ces nouvelles perspectives d’avenir qui en ont surpris plus d’un, les chercheurs sont amenés à repenser les analyses, notamment du point de vue politologique.  En effet, il devient nécessaire de chausser d’autres lunettes pour observer et analyser les nouveaux défis qui s’imposent aujourd’hui au Sud de la Méditerranée et, particulièrement au Moyen-Orient. Dans ce contexte, les pétromonarchies du Golfe semblent être le parent pauvre du printemps arabe: les mouvements protestataires qui ont émergé dans les six pays arabes du Golfe (Arabie Saoudite, Oman, Emirats Arabes Unis, Qatar, Bahrain, Koweït) n’ont pas connu un grand succès, exception faite de Bahrain.

Aujourd’hui, il est possible de prendre du recul sur ces non-évènements qui laisseraient à penser que les monarchies du Golfe restent les exceptions autoritaires du monde arabe. Ainsi, mardi 18 et mercredi 19 décembre 2012, à l’Université Libre de Bruxelles, se réunira un panel de politologues, de chercheurs et de journalistes venus sonder les multiples impacts du printemps arabe dans les six pays du Golfe, tant aux niveaux théorique, qu’interne et international. Selon le cadre théorique de Fatiha Dazi-Héni, qui sera présente les deux journées, les monarchies du Golfe sont divisées en trois groupes : les monarchies conservatrices (Arabie Saoudite, Oman), les monarchies en cours de libéralisation (Qatar, Emirats Arabes Unis), les monarchies libérales (Bahrain, Koweït). Cette théorie nous a permis, avant le printemps arabe, de mieux comprendre les identités nationales, religieuses et genrées. Cette typologie correspond-elle toujours ? Quelles sont les nouvelles perspectives d’analyse du Moyen Orient qui s’offrent aux chercheurs ? Par ailleurs, au niveau international, les relations entre ces pays se sont modifiées ces dernières années : quelles sont ces nouvelles restructurations, quel est le rôle que le Qatar voudrait jouer ? D’autre part, l’Union européenne (UE) est appelée à jouer un rôle et se positionner dans un avenir proche ; notamment sur le conflit syrien alors que les pétromonarchies semblent y jouer déjà un rôle important. Qu’en est-il  de celui-ci ? Quelles sont les relations entre l’UE et le CCG (Conseil de Coopération du Golfe), institution qui rassemble les six pays du Golfe et façonnée sur le modèle européen ?

Face à ces questions ouvertes, le débat et l’analyse s’imposent pour mieux saisir les nouvelles réalités économiques, politiques et sociales qui émergent dans les pays du Golfe. Aux côtés des chercheurs et des journalistes, le témoignage d’une jeune Syrienne rapprochera la théorie à la réalité d’un quotidien en guerre où se cristallisent des enjeux majeurs pour la région. L’Université Libre de Bruxelles, l’Institut d’Etudes Européennes et le Pôle et la fondation Bernheim, en partenariat avec la FSP (Faculté de sciences ce politiques et sociales), le REPI (Recherche et Enseignement en Politique Internationale), le CECID (Centre d’Etudes sur la Coopération Internationale et du Développement), l’Institut Médéa, le CCMO (Cercle des Chercheurs du Moyen Orient), à l’initiative du professeur Jihane Sfeir et de la doctorante Elisabeth Vandenheede, nous offrent une tribune de discussion et d’échanges ouverts à tous au cœur de la capitale de l’Europe.

 

 

 

 

Analyse

Les monarchies pétrolières du Golfe à l’épreuve du printemps arabe

par Elisabeth Vandenheede et Elisabeth Dubois, doctorantes en sciences politiques et en sciences sociales à l’Université Libre de Bruxelles

Depuis deux ans, une vague de révoltes déstabilise la plupart des régimes du monde arabe.  Face à ces changements et ces nouvelles perspectives d’avenir qui en ont surpris plus d’un, les chercheurs sont amenés à repenser les analyses, notamment du point de vue politologique.  En effet, il devient nécessaire de chausser d’autres lunettes pour observer et analyser les nouveaux défis qui s’imposent aujourd’hui au Sud de la Méditerranée et, particulièrement au Moyen-Orient. Dans ce contexte, les pétromonarchies du Golfe semblent être le parent pauvre du printemps arabe: les mouvements protestataires qui ont émergé dans les six pays arabes du Golfe (Arabie Saoudite, Oman, Emirats Arabes Unis, Qatar, Bahrain, Koweït) n’ont pas connu un grand succès, exception faite de Bahrain.

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