17/12/2012

Les monarchies pétrolières du Golfe à l’épreuve du printemps arabe

Analyse

par Elisabeth Vandenheede et Elisabeth Dubois, doctorantes en sciences politiques et en sciences sociales à l’Université Libre de Bruxelles

Depuis deux ans, une vague de révoltes déstabilise la plupart des régimes du monde arabe.  Face à ces changements et ces nouvelles perspectives d’avenir qui en ont surpris plus d’un, les chercheurs sont amenés à repenser les analyses, notamment du point de vue politologique.  En effet, il devient nécessaire de chausser d’autres lunettes pour observer et analyser les nouveaux défis qui s’imposent aujourd’hui au Sud de la Méditerranée et, particulièrement au Moyen-Orient. Dans ce contexte, les pétromonarchies du Golfe semblent être le parent pauvre du printemps arabe: les mouvements protestataires qui ont émergé dans les six pays arabes du Golfe (Arabie Saoudite, Oman, Emirats Arabes Unis, Qatar, Bahrain, Koweït) n’ont pas connu un grand succès, exception faite de Bahrain.

Aujourd’hui, il est possible de prendre du recul sur ces non-évènements qui laisseraient à penser que les monarchies du Golfe restent les exceptions autoritaires du monde arabe. Ainsi, mardi 18 et mercredi 19 décembre 2012, à l’Université Libre de Bruxelles, se réunira un panel de politologues, de chercheurs et de journalistes venus sonder les multiples impacts du printemps arabe dans les six pays du Golfe, tant aux niveaux théorique, qu’interne et international. Selon le cadre théorique de Fatiha Dazi-Héni, qui sera présente les deux journées, les monarchies du Golfe sont divisées en trois groupes : les monarchies conservatrices (Arabie Saoudite, Oman), les monarchies en cours de libéralisation (Qatar, Emirats Arabes Unis), les monarchies libérales (Bahrain, Koweït). Cette théorie nous a permis, avant le printemps arabe, de mieux comprendre les identités nationales, religieuses et genrées. Cette typologie correspond-elle toujours ? Quelles sont les nouvelles perspectives d’analyse du Moyen Orient qui s’offrent aux chercheurs ? Par ailleurs, au niveau international, les relations entre ces pays se sont modifiées ces dernières années : quelles sont ces nouvelles restructurations, quel est le rôle que le Qatar voudrait jouer ? D’autre part, l’Union européenne (UE) est appelée à jouer un rôle et se positionner dans un avenir proche ; notamment sur le conflit syrien alors que les pétromonarchies semblent y jouer déjà un rôle important. Qu’en est-il  de celui-ci ? Quelles sont les relations entre l’UE et le CCG (Conseil de Coopération du Golfe), institution qui rassemble les six pays du Golfe et façonnée sur le modèle européen ?

Face à ces questions ouvertes, le débat et l’analyse s’imposent pour mieux saisir les nouvelles réalités économiques, politiques et sociales qui émergent dans les pays du Golfe. Aux côtés des chercheurs et des journalistes, le témoignage d’une jeune Syrienne rapprochera la théorie à la réalité d’un quotidien en guerre où se cristallisent des enjeux majeurs pour la région. L’Université Libre de Bruxelles, l’Institut d’Etudes Européennes et le Pôle et la fondation Bernheim, en partenariat avec la FSP (Faculté de sciences ce politiques et sociales), le REPI (Recherche et Enseignement en Politique Internationale), le CECID (Centre d’Etudes sur la Coopération Internationale et du Développement), l’Institut Médéa, le CCMO (Cercle des Chercheurs du Moyen Orient), à l’initiative du professeur Jihane Sfeir et de la doctorante Elisabeth Vandenheede, nous offrent une tribune de discussion et d’échanges ouverts à tous au cœur de la capitale de l’Europe.