29/01/2013

Une radicalisation de la société

Entretien avec SÉBASTIEN BOUSSOIS, chercheur en sciences politiques à l’Université libre de Bruxelles et à l’institut Medea

PROPOS RECUEILLIS PAR VIRGINIE LE BORGNE

 

Dans quel contexte ces élections s’inscrivent-elles ?

Il y a une radicalisation et une droitisation de la société et du champ politique. Il y a plusieurs explications : il n’existe pas une opposition véritablement unifiée. Les citoyens se tournent donc vers la droite, car elle représente une morale et une fermeté, mais surtout une capacité politique à jouer sur la menace. La droite récupère aussi de l’adhésion grâce à un contexte double. D’une part, les printemps arabes ont engendré un contexte géopolitique défavorable et inquiétant. D’autre part, la crise économique et sociale extrêmement forte a paradoxalement joué en sa faveur.

 

Doit-on s’attendre à une surprise ?

Tout va dépendre du choix de Benyamin Nétanyahou. Une alliance avec le centre-gauche est problématique pour lui : chaque fois qu’il a fait un compromis en faveur des Palestiniens, cela a échoué. Sans grande surprise, le Likoud s’alliera avec le traditionnel Shass (parti ultra-orthodoxe). Seule la montée du parti de Naftali Ben­nett, qui sait jouer sur plusieurs éléments qui plaisent énormé­ment, le national et le religieux, est un peu surprenante.

 

Quelle sera la priorité du nouveau gouvernement ?

Le programme numéro un d’Israël est la sécurité du pays, et c’est ce qui primera toujours. La droite reste considérée comme plus à même de gérer cette question.

 

Publié sur metrofrance.com

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