Revue de presse du 23 au 29 mars

 

Syrie : les Etats-Unis veulent contrer les groupes islamistesLe Monde, 23 mars 2013

Le président Obama s’est dit « très inquiet » que la Syrie devienne une enclave des extrémistes, lors de l’étape jordanienne de sa tournée au Proche-Orient, et a promis une aide au royaume confronté à l’afflux de réfugiés syriens. « Les extrémistes prospèrent dans une situation de chaos, prospèrent en cas de vide du pouvoir », a déclaré M. Obama, lors d’une conférence de presse en présence du roi Abdallah II de Jordanie à Amman.

Turquie: le PKK officialise le cessez-le-feu, pas de retrait immédiatLe Point, 23 mars 2013

Les rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont proclamé samedi la trêve à laquelle leur chef emprisonné Abdullah Öcalan avait appelé deux jours plus tôt et ont indiqué qu’ils attendraient que les autorités turques « prennent leurs responsabilités » avant d’entamer un retrait de Turquie.

L’opposition syrienne ouvre sa première «ambassade» à Doha au QatarRFI– 27 mars 2013

le Qatar a fait un pas de plus dans la reconnaissance de la coalition en lui offrant une « ambassade ». Les nouveaux locaux ont été inaugurés à Doha ce mercredi 27 mars, en présence d’ambassadeurs arabes et occidentaux. L’ambassade officielle de Syrie reste, elle, fermée.

Syrie: la Russie critique la Ligue arabeLe Figaro – 28 mars 2013

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a estimé aujourd’hui que la Ligue arabe avait « renoncé » à un règlement pacifique de la crise syrienne en accordant le siège de Damas à l’opposition au régime de Bachar al-Assad.

 

 

 

Conférence

Rencontre avec le Doyen de la faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de l’Université de la Manouba

 

Vendredi 19 avril, de 18h à 19h30 au Cercle des Voyageurs

Habib Kazdaghli, Doyen de la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de l’Université de la Manouba (Tunisie) est devenu en l’espace de quelques mois un symbole de résistance politique dans la société tunisienne face à la montée des Salafistes. Il est l’objet d’un procès, reporté au 4 avril par Le tribunal de première instance de La Manouba, qui lui fait encourir une peine de cinq ans de prison, pour avoir selon la victime, giflé une jeune étudiante portant le niqab.

En recevant Habib Kazdaghli, l’institut MEDEA reviendra sur cette affaire complexe, sur les débats qui agitent la société civile dans la Tunisie post-révolutionnaire, en pleine tentative de trouver enfin une nouvelle Constitution ; sur la question de la religion et le rôle des islamistes et des laïcs dans la reconstruction politique et sociale en Tunisie ; et sur la nécessaire préservation de l’espace académique de toute récupération politique dans un contexte plus que tendu. Pour que l’université perdure dans ses valeurs fondamentales de diffusion de la connaissance et de liberté.

 

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Il y a trop peu d’occasions d’être optimiste lorsque l’on s’intéresse au Moyen-Orient. Tentons de voir la visite du Président américain au Moyen-Orient de la semaine dernière un tout petit peu différemment.

Une semaine après la première visite d’Etat, cordiale et amicale, du président américain Barack Obama, en Israël, en Palestine, et en Jordanie, le constat peut paraître de prime abord bien amer. Depuis 64 ans, nous attendons tous que la question israélo-palestinienne trouve une issue favorable avec la coexistence pacifique de deux Etats dans la région grâce à une médiation de la première puissance mondiale. Obama a apporté la semaine dernière un bien curieux message avouant son impuissance aujourd’hui à trouver une issue satisfaisante pour tous : pour certains un message de paix en renvoyant chacune des parties face à ses responsabilités, pour d’autres un message éternel de soutien inaltéré à Israël et donc à sa politique. Mais en rien, Obama n’a apporté de pierre nouvelle à l’édifice : on ne pourra guère le lui reprocher puisqu’il avait annoncé dès le début venir dans la région pour discuter et observer.

Il y avait toutefois un programme établi des urgences. La priorité fut avant tout, et ce malgré les humiliations historiques des USA face à l’intransigeance israélienne sur la colonisation des Territoires, la réconciliation avec le nouveau premier ministre Benjamin Netanyahou, chaudement propulsé à la tête de son 3ème gouvernement en 15 ans quelques jours seulement avant l’arrivée d’Obama. Les Palestiniens, avec à leur tête Mahmoud Abbas, et une partie de la communauté internationale avaient espéré un rééquilibrage des relations américaines avec les Arabes suite aux déceptions nombreuses quatre ans après le discours du Caire et surtout face aux nouvelles sanctions imposées à Ramallah après la reconnaissance de la Palestine par l’ONU en novembre 2012. Les relations entre USA et Israël avaient été détestables pendant le premier mandat d’Obama et beaucoup d’analyses pensaient, que désengagé des enjeux de sa réélection en 2012, il forcerait cette fois-ci les Israéliens à revenir à la table des négociations et à enfin arrêter la colonisation. Que nenni. Les résultats des élections israéliennes en janvier dernier donnaient largement vainqueurs une majorité de défenseurs de la poursuite de la construction des implantations et à la continuité du travail de déstructuration de ce qui devait être un Etat palestinien viable. Comme si les colons avaient gagné dans ce pays. La visite d’Obama annoncée peu après ne laissait donc pas beaucoup d’espoir. Et les priorités initiales restèrent les priorités finales : réchauffement des relations, question de l’Iran et de la Syrie. Rien de neuf sur le dossier israélo-palestinien.

Pourtant, à peine Obama parti, on apprenait l’annonce officielle des excuses d’Israël à la Turquie, demande d’Ankara restée lettre morte depuis trois ans suite à l’affaire tragique de la flottille à Gaza et à l’arraisonnement du Navi Marmara. Depuis 2010, les relations s’étaient largement dégradées entre les deux anciens alliés stratégiques de la région mais la crise syrienne, néfaste pour les deux pays, semble les avoir finalement rapproché. On a appris aussi cette semaine qu’Israël reprenait le transfert intégral du reversement des taxes à l’Autorité palestinienne qu’il avait bloqué en novembre dernier pour « punir » Mahmoud Abbas. C’est bien là la preuve qu’Israël qui gère la « situation » avec les Palestiniens depuis des années, préfère le statu quo aux avancées. Surtout dans le contexte régional mouvant actuel. L’impasse n’est finalement pas si mal.

Il se pourrait donc qu’Obama ait provoqué un léger mouvement de rééquilibrage entre les deux parties lors de sa venue. Cela s’apparente un peu à un lot de consolation pour les parties, car le Président américain sait bien qu’il ne pourra aller plus loin et faire plier le gouvernement israélien sur l’Etat palestinien. La réconciliation israélo-turque surprise peut remettre le curseur sur le régional et favoriser l’émergence d’un nouveau médiateur en local. C’est a priori une chance unique pour les deux poids lourds régionaux que sont l’Egypte de Mohamed Morsi, déjà coresponsable avec l’ancienne Secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton de la trêve de décembre dernier avec le Hamas, et la Turquie de nouveau « en paix » avec Israël afin de faire bouger les lignes : seuls deux pays musulmans en paix avec Israël peuvent être des moteurs dans la région d’une résolution de la question israélo-palestinienne. Il reste bien l’Union européenne pour tenter de profiter du vide provoqué par la quasi démission des Américains. Mais une fois encore, la seule solution n’est-elle pas une résolution locale, en local, avec les acteurs régionaux concernés sans intervention extérieure ? Et si pour une fois la première puissance mondiale avait tiré les leçons de ses échecs passés depuis dix ans au Moyen-Orient, et surtout pris conscience des dangers de l’ingérence et des interventions extérieures ? C’est en tout cas l’occasion pour la région de tenter de redevenir maître de son destin, au moins sur ce dossier.

Sébastien Boussois

 

The Department of EU International Relations and Diplomacy Studies at the College of Europe, Bruges campus, with the financial support of the European Commission, is organising a series of events dedicated to the issue of the ‘neighbours of the neighbours’ of the European Union. This concept was introduced by the European Commission in the framework of the European Neighbourhood Policy (ENP) and refers mainly to countries in Saharan Africa, the Middle East and Central Asia.

A second public high-level lecture will be held at the College of Europe in Bruges on Friday, 12 April 2013 (16:30-17:30) on the topic: “Les voisins des voisins de l’Union européenne et les projets de l’Union pour la Méditerranée ». The lecture will be followed by a Q&A session and a public reception (17:30-18:30).

To attend, register below before 10 April 2013.

Click here for more info.

 

 

Le département des relations internationales et diplomatiques de l’Union européenne du Collège d’Europe, Bruges, organise, avec le soutien financier de la Commission européenne, une série d’événements sur la question des « voisins des voisins de l’Union européenne ». Ce concept a été développé par la Commission européenne dans le cadre de la Politique européenne de Voisinage (PEV) et se réfère essentiellement à l’Afrique saharienne, au Moyen-Orient et à l’Asie Centrale.

Une seconde conférence de haut niveau se tiendra au Collège d’Europe à Bruges le vendredi 12 avril 2013 (16:30-17:30) sur le thème: “Les voisins des voisins de l’Union européenne et les projets de l’Union pour la Méditerranée”. La conférence sera suivie par une session de questions-réponses et  par une réception publique (17:30-18:30).

 

Registration, avant le 10 avril 2013 .

Clicker ici pour plus d’info

 

Exceptional meeting with Scholo Sand, about his latest book: “Comment j’ai cessé d?etre juif”

Friday 29 March from 12h30 to 14h – Paris

Shlomo Sand, professor of contemporary history at the University of Tel Aviv, after studying in Israel and at the EHESS, he has published in France “Les Mots et a Terre”. “Les intellectuels en Israel » (Fayard, 2006, Chamsp, 2010), and « Comment la terre d’Israël fut inventée » (Flammarion 2012).

Registration : infos@iremmo.org /Participation : 8 and 5€*

* Reduced rate for students and job seekers

iReMMO 5, rue Basse des Carmes 75005 Paris (Maubert Mutualité)

More info :  01 43 29 05 65 – www.iremmo.org

 

Rencontre exceptionnelle avec Shlomo Sand, autour de son dernier ouvrage « Comment j’ai cessé d’être juif »

Vendredi 29 mars de 12h30 à 14h – Paris

« Supportant mal que les lois israéliennes m’imposent l’appartenance à une ethnie fictive, supportant encore plus mal d’apparaître auprès du reste du monde comme membre d’un club d’élus, je souhaite démissionner et cesser de me considérer comme juif. »

Shlomo Sand, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Tel-Aviv, après avoir étudié en Israël et à l’EHESS, il a notamment publié en France Les Mots et la Terre. Les intellectuels en Israël (Fayard, 2006, Champs, 2010), Comment le peuple juif fut inventé (Fayart, 2009, Champ, 2010, prix Aujourd’hui) et Comment la terre d’Israël fut inventée (Flammarion 2012).

Inscription : infos@iremmo.org /Participation à la séance : 8 et 5€*

* Tarif réduit : étudiants et demandeurs d’emploi

iReMMO 5, rue Basse des Carmes 75005 Paris (Maubert Mutualité)

En savoir plus: 01 43 29 05 65 – www.iremmo.org

 

 

La France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis vont demander au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, d’envoyer une mission d’enquête en Syrie pour vérifier les accusations évoquant l’utilisation d’armes chimiques. Il s’agira de « faire une enquête sur l’ensemble du territoire (syrien) pour mettre la lumière sur toutes les allégations » venant de Damas et de l’opposition, a déclaré l’ambassadeur français, Gérard Araud.

 

Le président Barack Obama n’a pas apporté un nouveau plan de paix à Jérusalem mais  son discours, qui s’adresse  principalement  à un jeune public, était basé sur le faite qu’il faut  donner une autre chance à la paix. Sa mission à Jérusalem était double: d’une part, de « connecter » avec la jeunesse israélienne, d’autre part, pour récupérer  «la solution à deux Etats ».

 

La brutalité policière était une raison importante pour laquelle les Egyptiens en colère sont descendus dans les rues le 25 Janvier 2011, le premier jour de leur révolution. Mais, deux ans plus tard, il est de plus en plus évident que les choses n’ont pas vraiment  changé. Ces derniers mois, plusieurs cas d’enlèvements de militants de premier plan, dont certains sont morts après avoir été battus, ont été attribués aux services de sécurité.

 

Les séparatistes kurdes se préparent aujourd’hui à franchir l’étape la plus critique dans leurs efforts de mettre fin au conflit qui a duré 30 ans avec l’état Turque en faisant appel à un cessez le feu. Abdullah Ocalan le chef emprisonné du parti des travailleurs kurdes va profiter des festivités qui accompagnent la célébration du nouvel an kurde pour annoncer une trêve selon les politiciens kurdes qui ont récemment visité la prison turque de l’ile Imrali ou Ocalan a passé les 14 dernières années.

 

Une attention s’est portée progressivement sur les implications géopolitiques du printemps arabe. C’est largement reconnu que les processus  de changement en cours au Moyen-Orient et Afrique du Nord ne sont pas seulement sur ​​le niveau de la politique intérieure, mais aussi sur les dynamiques régionales de sécurité. Mais il n’a pas encore un encadrement qui soit capable de capturer les  dynamiques  stratégiques naissantes dans la région. Les États-Unis et l’Union européenne  répètent qu’ils se sont engagés à façonner leurs politiques autour des attentes et des opinions arabes.

 

France, the United Kingdom and the United States will ask to the UN General Secretary, Ban Ki-moon to send a fact-finding mission to Syria to verify the charges citing the use of chemical weapons. It will be «a survey of the whole (syrian) territory to shed light on all the allegations » coming from Damascus and the opposition, said the French ambassador, Gerard Araud.

President Barack Obama did not bring a new peace plan to Jerusalem but his speech, to a mainly young audience, was about as strong a message he could give that the status quo is intolerable and that peace has to be given a renewed chance. His mission in Jerusalem was twofold; firstly, to « connect » with the Israeli youth, secondly, to rescue « the two-state solution ».

Police brutality was a big reason why angry Egyptians took to the streets on January 25th 2011, the first day of their revolution. For months afterwards the country’s omnipresent security services promised to mend their ways. But, two years later, it is increasingly evident that little has really changed. In recent months several cases of kidnappings of prominent activists, some of whom have died after being beaten, have been attributed to the security service.

Kurdish separatists in Turkey are poised today to take the most critical step yet in efforts to end a 30-year conflict with the Turkish state when they call a ceasefire. Abdullah Ocalan, the jailed leader of the Kurdistan Workers’ party (PKK), is due to use the Kurdish new year’s celebrations to announce a truce, according to Kurdish politicians who recently visited the Turkish prison island of Imrali, where Ocalan has been held for the past 14 years.

Attention has gradually turned to the geopolitical implications of the Arab spring. It is broadly recognised that ongoing processes of change in the Middle East and North Africa are not just about domestic level political reform but also regional security dynamics. But no strategic framework yet fully captures incipient dynamics in the region. Both the United States and the EU frequently repeat that they are committed to shaping their policies around local, Arab expectations and views. In the current MENA scenario, the US and the EU must equip themselves to deal with a far more diverse geopolitics.

 

Analyse

A propos de l’Algerie comme exception du « printemps arabe »

par Nadji Safir, sociologue 

Alors qu’en ce mois de Mars 2013, la société algérienne est de nouveau traversée par d’importants mouvements sociaux, essentiellement animés par de jeunes chômeurs et articulés autour de leur revendications en matière d’emploi, le pays, replacé dans le contexte de ce qui a pu être appelé le « printemps arabe », continue encore d’être perçu comme une  exception.

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