La nouvelle loi sur les organisations non gouvernementales (ONG) en Égypte, actuellement examinée par le Conseil consultatif, la chambre haute du Parlement égyptien, porterait un coup fatal à la société civile indépendante dans le pays, a déclaré Amnesty International.

« La chronique de l’échec annoncé » de la conférence internationale prévue à Genève « peut d’ores et déjà être écrite », estime Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences Po (Paris), membre du conseil scientifique de l’iReMMO. Ce qu’il faut, poursuit l’auteur du « Nouveau Moyen-Orient » (Fayard, 2013), c’est « donner les moyens » à la résistance « de reprendre pied en Syrie même, d’y établir une autorité alternative et de contester sur le terrain la toute-puissance du régime Assad ».

L’opposition syrienne affirme avoir réussi à envoyer des renforts, appartenant principalement à un groupe proche des Frères musulmans, dans la ville de Qoussair. Le chef par intérim de la coalition de l’opposition, George Sabra, a annoncé vendredi 31 mai, à la fin d’une réunion d’une semaine à Istanbul, que « quelque 1 000 combattants de toute la Syrie » avaient réussi à pénétrer dans cette place forte de la rébellion, située au centre-ouest du pays.

Militante du mouvement féministe né en Ukraine, Amina, 18 ans, était jugée ce jeudi pour avoir tagué un muret proche de la grande mosquée de Kairouan. Detenue depuis le 19 mai, elle restera en prison.

Le parlement libanais a voté pour reporter les élections censées de se dérouler en juin en raison de problèmes de sécurité sur le conflit en Syrie, disent les officiels.

 

Par Sébastien Boussois

En parlant de « nouvel ordre mondial » en 1991, le président Georges Bush père, annonçait l’effondrement d’un système bipolaire mondial et l’avènement d’un monde unipolaire, en sous-estimant par contre le retour d’une planète multipolaire quelques années seulement plus tard. Même si l’expression est à peu près tout aussi contestable que l’expression atlantiste de redéfinition d’un «grand Moyen-Orient » depuis dix ans, force est de constater que les transformations mondiales de la nature des conflits a essaimé au cœur du Moyen-Orient de la même façon et que les crises locales se sont largement multipliées.  

La prolifération des conflits intraétatiques dans le monde en général, au Moyen-Orient en particulier, a largement pris le pas sur les crises interétatiques. Et aujourd’hui, après la domination américaine écrasante, le retour de vieilles puissances et l’émergence de nouvelles redéfinissent la donne et influent de nouveau le jeu des alliances et des contre-alliances locales. Jusqu’à revenir à l’ancien ordre ? La comparaison est parfois troublante. La crise syrienne en est la preuve dans un bras de fer entre USA et Russie incessant depuis deux ans. Alors que le président américain Obama n’écarte plus l’option d’armer les « rebelles », l’annonce récente de Vladimir Poutine de fournir des armes au président syrien Bachar Al Assad, ravive des souvenirs. L’arrivée des batteries anti-missiles S-300 à Damas en provenance directe de Moscou jette un peu plus d’huile sur le feu.

Au sujet de la Guerre froide, les théoriciens des relations internationales avertis ont pour habitude de dire que jamais finalement le monde n’avait été aussi stable sur cette période. La confrontation permanente des deux grands Blocs, le positionnement d’un grand nombre de pays d’un côté ou de l’autre dans une forme de guerre psychologique de tranchées malgré quelques grandes guerres, et l’échec d’une tentative d’une troisième voie des non-alignés donnèrent toutefois une forme d’équilibre au monde quasi-inédit.

Désormais, il a cédé la place sur la scène mondiale à l’agitation dû aux puissances régionales de retour en quête de leadership continental ; soit pour jouer les maître du jeu en indépendant soit plutôt pour assurer le rôle de médiateurs privilégiés de la communauté internationale : c’est le cas de la Turquie, de l’Egypte avec l’aval international, c’est le cas de l’Iran plus solitaire qui est désormais en perte de vitesse dans l’effritement de l’axe chiite avec la crise syrienne et la libanisation du conflit.

De même, à l’image de la nature même des conflits qui étaient largement interétatiques avant la chute de l’URSS, les conflits régionaux et notamment au Moyen-Orient sont totalement différents : alors que les Etats sont plus sécurisés sur leurs frontières malgré certaines instabilités régionales récentes (la crise syrienne et ses remous aux frontières turque, libanaise et jordanienne), les armées conventionnelles elles deviennent largement impuissantes face aux phénomènes de guérillas de mouvements non-étatiques et non traditionnels. Le Hezbollah donnait déjà du fil à retordre au Liban, voilà qu’il entre en guerre en Syrie, hors de son terrain d’action habituel. Enfin, c’est l’occasion d’évoquer, au-delà du phénomène de guerre unilatérales déclenchées tout de même pas certaines puissances contre un Etat ennemi, comme Israël contre le pouvoir du Hamas à Gaza en 2008, la transformation de l’équipement même des armées dites traditionnelles avec l’acquisition croissante de drones, bijoux de technologies, pilotés à distance, sans pilote, et qui permettent d’effectuer des frappes bien ciblées contre du matériel ou pratiquer des éliminations humaines souvent moins précises, sans risque aucun. Comme le dit Grégoire Chamayou dans « Théories du drone » (La Fabrique, Paris, 2012), « le drone est l’instrument d’une violence à distance, où l’on peut voir sans être vu, toucher sans être touché, ôter des vies sans jamais risquer la sienne. Cette forme de violence télécommandée, qui à la fois supprime le face-à-face et fait éclater la distance impose de repenser des concepts apparemment aussi évidents que ceux de combattant (qu’est-ce qu’un combattant sans combat ?) ou de zone de conflit (où a lieu, une telle violence, écartelée entre des points si distants ?). Mais, plus radicalement, c’est la notion de « guerre » qui entre elle-même en crise : le drone est l’emblème de la « chasse à l’homme préventive », forme de violence qui débouche, à mi-chemin entre guerre et police, sur des campagnes d’exécutions extrajudiciaires menées à l’échelle globale. » Et aujourd’hui, les drones s’activent largement dans la région jusqu’à l’Afghanistan désormais depuis avril 2013, et ce souvent contrôlés du sol britannique.

La multiplication des conflits locaux évoluerait-il vers un traitement mondial et risquerait-il l’internationalisation, donc le retour au pire ? Rien n’est moins sûr. Ce qu’il l’est c’est que notre monde change à vitesse grand V, en termes de progrès comme en termes de régression. La période que nous vivons est l’occasion unique d’assister à une redéfinition complète des relations internationales. La guerre devient plus réelle pour ceux qui la subissent, et plus virtuelle pour ceux qui la mènent. Mais au final, les victimes restent les mêmes : les civils. Alors qu’au début du XXe siècle, 90% des victimes des guerres étaient les militaires contre 10% de civils, aujourd’hui, c’est bien de chiffres totalement inverses dont il est question et la virtualisation récente du traitement de la guerre ne risque pas d’inverser la tendance.

 

 

L’AFFAIRE HABIB KAZDAGHLI, OU LA TUNISIE POST-RÉVOLUTIONNAIRE FACE AUX DIFFICULTÉS DU JEU DÉMOCRATIQUE

Rencontre avec le Doyen de la faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de l’Université de la Manouba

 

 conferencia kaz

 

Introduction par Sébastien Boussois 

La situation en Tunisie depuis deux ans est un des meilleurs laboratoires en ce qui concerne la transition démocratique, une transition en version accélérée dans un Moyen Orient et un Maghreb en plein transformation. A cette occasion, la société civile a clairement révélé son dynamisme. Il y a dans cette société civile tunisienne un certain nombre de combats menés et le succès de la transition démocratique comme le respect de la démocratie doit se faire dans un respect des droits de l’Homme et dans une certaine liberté de conscience.

Notre invité, Habib Kazdaghli, fait partie aujourd’hui, surement malgré lui,  de ces acteurs extrêmement importants de la société civile tunisienne. Habib Kazdaghli est professeur d’histoire et  doyen de la Faculté de Lettres, des Arts, et des Humanité de l’Université de la Manouba à Tunis et il est devenu dans l’espace de quelques mois un symbole de la résistance politique dans la société civile tunisienne face à la montée de salafisme.

Il est l’objet d’un procès qui lui fait encourir une peine de cinq ans de prison, et qui l’accusait d’avoir giflé une jeune étudiante portant le niqab.

Discussion avec Habib Kazdaghli :

L’Université est devenue un symbole de ces changements profonds en Tunisie, mais il y a malheureusement des groupes  qui  essayent  de la changer en proposant la fin de la laïcité en son sein. Les questions  tournent maintenant autour du port du niqab, de la prière, etc. Pour y arriver, ces groupes sont passés par deux phases : une première phase où ils ont essayé de convaincre l’Administration et le Conseil Scientifique et une deuxième phase, après quelques semaines, où ils sont  passé à l’action en utilisant la violence et la pression dans une situation d’impunité totale.

Même s’ils ont été délogés, (ces groupes avaient occupé des bureaux à l’université) ils ont continué leur pression. Le point culminant est arrivé en mars 2013 puisqu’on a fait fonctionner le Conseil de Discipline pour lutter contre ces actes de pression contre les professeurs et contre les insultes.

Ces attitudes ont abouti finalement  avec la profanation du drapeau national. Nous pouvons affirmer qu’ils ont fini par représenter un nouveau pouvoir marqué par la banalisation.

Ces mêmes pratiques ont été aussi expérimentées en dehors de la Manouba, contre les journalistes, contre les artistes et ensuite contre les représentations diplomatiques à Tunis au mois de septembre  2012. Sans que personne ne soit puni, la situation s’est faite sous l’instrumentalisation de la justice. Celle-ci  a pris la forme d’une affaire politique et le procès contre un doyen de l’université qui a commencé le 5 juillet et qui finira le 2 mai prochain et dont je suis la victime.

Sébastien Boussois: Par  rapport à ce que vous venez de nous dire, je retiendrai un élément intéressant dont on ne parle pas assez. C’est le rôle joué par les intellectuels dans un processus de transformation politique. Je donne deux citations qui peuvent faire réfléchir sur le rôle de l’intellectuel.

« Il  ne faut pas laisser les intellectuels jouer avec des allumettes. » de  Jacques Prévert.

Et une deuxième qui probablement se rapproche de la situation de la Tunisie.  C’était Jean Paul Sartre qui disait : « Il y a 50 ans que le peuple et les intellectuels se sont séparés, il faut qu’ils  ne fassent plus qu’un. »

La question qui se pose est la suivante : que peuvent faire les intellectuels dans cette Tunisie à la croisée des chemins ?  Et finalement, est-ce que vous avez un véritable soutien des intellectuels ? 

Habib Kazdaghli : Aujourd’hui, je dirais qu’il y a une démocratie naissante mais on continue à séparer les intellectuels du reste.  Ce qui est devenu très important c’est le rôle de l’Université, elle n’est pas là pour attaquer les politiques ou la religion. A chaque fois on a présenté l’Université comme un endroit pour lutter contre la religion, ce qui n’est pas vrai. Le rôle de la religion pour moi c’est d’être dans les lieux de prière, et celui de la politique c’est d’agir à travers les partis. A l’Université on constate le soutien de la société civile, et entre nous il y  a un vrai sens de la solidarité. Nous sommes tous doyens,  l’Université doit concerner tout le monde.

Sébastien Boussois : Comment aviez-vous imaginé la fin de Ben Ali ? Vous  parlez souvent de la Tunisie comme une terre de passage, une terre de dialogue, dans cette phase de transition en Tunisie, est-ce que vous croyez qu’on peut préserver  cet esprit de dialogue qui a la Tunisie ? 

Habib Kazdaghli : En ce qui concerne la première question, nous étions tous contre la dictature symboliquement le 14 janvier. Cela a été une révolution de couche moyenne. C’était prévisible pour un tel régime de finir à un moment ou à un autre mais ce qui était difficile c’était de prévoir comment cela pourrait se passer. Je pense que notre rôle c’est de garder la flamme, et de rappeler les vrais valeurs de cette révolution que sont la liberté, la justice sociale et la dignité.

Concernant la deuxième question, en effet, la Tunisie est un pays ouvert. Elle a 1300 km de côtes qui ont favorisé une ouverture ancestrale au monde méditerranéen. Je pense que le devoir des générations actuelles ce n’est pas de préserver seulement ce capital mais aussi de rajouter de nouvelles influences. J’ai confiance en elles.

Dans cette phase de transition il y a eu deux visions, une vision progressiste et une vision conservatrice qui se confrontent. Comme dans toutes les révolutions, il y a des gens qui profitent et essaient de s’emparer des rêves des autres. Je pense que ces deux forces là sont présentes et j’espère qu’il y aura à la fin une belle synthèse à la tunisienne.

Sébastien Boussois : Je vais finir avec  une question qui est plus personnelle : je voudrais savoir comment vous vivez cette histoire qui dure déjà deux ans, et enfin, est-ce que vous pensez qu’il serait bon, à  un moment où à un autre que  vous vous engagez véritablement en politique ? 

Habib Kazdaghli : Je commence par la dernière question. Je n’ai jamais été désengagé, je suis dans la politique depuis 38 ans, et je considère que ma génération, n’a  jamais été neutre par rapport à l’évolution du pays. Mon combat actuel est celui de la liberté académique, la liberté de l’Université.

En ce qui concerne la question de comment je vis cette affaire,  je peux dire que c’est en effet difficile au niveau personnel. Mon compte Facebook a été piraté à deux reprises  et j’ai été insulté et diabolisé. Les agressions deviennent aussi  matérielles et je dois désormais être protégé dans tous mes mouvements. Mais je peux vous dire que je n’ai pas peur, ce qui ne veut pas dire que je ne sois pas prudent. J’espère que cette période ne va pas durer longtemps. Cela va dépendre un peu de la situation du pays.

Finalement, Habib Kazdaghli a été acquitté  le 2 mai et les deux étudiantes ont été condamnées pour atteinte aux biens d’autrui et préjudice à un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions.

 

Vous pouvez télécharger l’enregistrement audio du rencontre en cliquant ici.

 

DOCUMENTAIRE (Emission « 66 Minutes » sur M6)

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By Antonin Grégoire, translated from French by Amal El Gharbi

« Extension of the Syrian crisis in Lebanon, » « increasing risk of regional war, » « conflagration in the Middle East », « open war between Sunnis and Shiites, » « possibility of the emergence of an Alawite state as a haven for Assad » …

Persistent and emerging ideas in the opinion that set the mind of the analyst in such a way  that he no longer has the option not to mention, not to go to them, not to be his. The axiom of the risk of a general conflagration in the Middle East becomes, then, the top of the mountain that the analyst must climb. He is free to choose its catchment: geopolitics, with thoughtful calculations of power game leading to the same conclusion, cultural and religious, which leads to the essential difference between Shiites and Sunnis, with a historical litany of wars and conflicts in the region … But the conclusion remains the same: the Middle East with the Syrian crisis goes to the general confrontation of all against all.

And yet, such a thing never happened in the Middle East. Frequently in Europe, but never in the Middle East. Conflicts are very localized and difficult to reach the regional level. Everyone participates, but everyone agrees that the battlefield does not extend. Neither the Palestinian issue nor any of the two world wars have managed to overcome this rule: there is no regional conflict in the Middle East. And for now, the « crisis » does not extend, but the reverse. It is in Syria that are Israeli strikes, promised on Iran, strike, in Syria that Hezbollah’s weapons are used, in Syria that Iran defends its nuclear, again in  Syria that Putin plays his influence, and in Syria that chemical weapons are used. Actually, this is not the « Syrian crisis » that extends to Lebanon, but the Lebanese crisis that is seeping in Syria.

The argument of the Syrian crisis extending to Lebanon is quite convenient in a country accustomed to make the foreigner responsible for its problems. The increase in Syrian refugees is a problem in Lebanon because the Lebanese society is deeply racist; the owners do not hesitate to blow up the rents, housing whole families in small rooms, because there is no government, and because crime increases. The reason for being of Hezbollah’s weapons is not a Syrian problem. It is a Lebanese problem that occurs in Syria. The rise of the Salafists is not due to what is euphemistically called the Syrian « crisis. » It is due to the fact that Saad Hariri has decided to remain the leader of the opposition and the current moderate Sunni exile but that created a political vacuum, in which engulfed the Asir Sheikhs encouraging to … Jihad in Syria.

The Arab Revolution is a historical force that threatens regional balance. It is not intended to question in favor of a new equilibrium, but to overthrow completely and fundamentally. Accordingly, it is the regional balance that completely and fundamentally fights against the revolution. Surrounding countries and the international community, have the same interest to perpetuate this balance, to protect or reproduce it. Balance between Shiites and Sunnis, between Iran and Israel, between Hezbollah and the Israeli army, between area of Iranian influence and Saudi influence, between Moscow and Washington, between the United States and Al Qaeda, between East and West, between « imperialism » and « anti-imperialism ». This balance, always described as delicate, as an integrated and protected system by all regional and international actors and with a cultural hegemony that can be called Orientalism. Besides, it is this system (Nizaam) that wants to overthrow the Arab Revolution by its slogan (Ashaab yurid iskhat al nizam – the people want the fall of the regime). This idea, that we take from the historian Jean-Pierre Filiu, is certainly more elaborated to understand what is playing right now in the Middle East: not a « regional imbalance » or a « threat to stability », but a complete reversal of the system of balance and stability based on colonialism, oppression and dictatorship, fear of Islam, religious divisions and geopolitical calculations.

Finally, it is to perpetuate the system that Bashar al-Assad is killing his people today. It is to maintain this balance that Putin, Iran and Hezbollah are helping the Syrian president. Moreover, it is the fear that this system is reversed which prevents France or the United States to deliver weapons to the Revolution, too easily confused with Al Qaeda. The common idea, as well as to those who supply weapons to Bashar al-Assad and those who remain reluctant to engage the rebels, is the following: there is no revolution in Syria, but only Islamist fanatic Arabs fighting bloody Arab dictators. The balance between the two must continue to persist regardless of the price.

 

 

 

 

CONFERENCE

Après les incidents récents à Londres, ce thème gagne encore en actualité. Voici une table ronde avec:

  • MICHAEL KÖHLER

Directeur de la politique européenne de voisinage à la commission européenne

  • SARAH TURINE

Echevine à Molenbeek-St-Jean (quartier bruxellois habité largement par des musulmans) chargé de jeunesse, cohésion sociale et dialogue interculturel 

  • TANKO MOUHAMADOU

Chercheur en Philosophie à l’ULB et Vice-Président European Muslim Network

Modéré par CHRISTIAN GSODAM
Adviseur au secrétaire-général, Committée des Régions

Quand?  Mercredi 29 mai, 19h00

Où? Chapelle de la Résurrection

rue Van Maerlantstraat 22-24
B-1040 Brussel Bruxelles

 

tunisie

 

La Tunisie face à l’expérience démocratique

coordonné par Meriem BEN LAMINE et Sébastien BOUSSOIS

avec 

Vincent LEGRAND, Karima SOUID et Hélé BEJI

 

ISBN : 978-2-84924-318-3

14 x 21 cm

92 pages

12,00 €

Disponible ICI ou sur demande à l’adresse email medea@medea.be

Personne, pas même les spécialistes des phénomènes politiques dans le monde arabe, n’avait prévu la chute aussi rapide du régime de Ben Ali en 2011 et ses « effets de diffusion » à l’ensemble de la région. Il n’y a pas de révolution qui arrive trop tôt ou trop tard. Si l’histoire met parfois du temps à se remettre en marche, il n’est jamais trop tard pour s’engager sur la voie de la démocratisation. Et la société tunisienne s’y exerce depuis maintenant deux ans avec les pires difficultés. Si le plus dur reste à faire aujourd’hui, le pays a enclenché un formidable mouvement irréversible de dominos dans une région qui, trop longtemps malheureusement, est restée paralysée. Elle est en cela un exemple et un laboratoire social et politique.
Cet ouvrage est le fruit d’une partie des travaux qui ont eu lieu au Parlement européen à Bruxelles en partenariat avec l’Institut MEDEA (Institut Européen de Recherche sur la coopération euro-méditerranéenne et euro-arabe), de l’ACM (Assemblée des Citoyens et Citoyennes de la Méditerranée) et du CCMO (Cercle des Chercheurs sur le Moyen-Orient) lors de la première grande conférence organisée sur la Tunisie post-Ben Ali depuis la révolution dans le cadre des institutions européennes.

 

Iran’s Guardian Council confirmed the list of approved candidates for Iran’s June 14 presidential elections and with it the suspicions of many that this will be a less-than-exciting election season. In whittling down 686 presidential hopefuls to just eight finalists, the Council arguably left off the two most interesting contenders: former President Akbar Hashemi Rafsanjani and President Mahmoud Ahmadinejad’s hand-picked successor Esfandiar Rahim Mashaei.

Global inaction on human rights is making the world an increasingly dangerous place for refugees and migrants, Amnesty International said today as it launched its annual assessment of the world’s human rights. « Too many governments are abusing human rights in the name of immigration control – going well beyond legitimate border control measures».

The Syrian government has agreed on its participation at the international conference on Syria, announced the Russian Ministry of Foreign Affairs. This conference, proposed by Russia and United States, seeks to negotiate a political solution to the civil war in Syria, which has killed more than 80,000 people.

Since more than five days, 17 dead and 150 injuries, Tripoli has immersed in a war that does not want to say his name. What is happening in Tripoli is not a trivial brawl or a knee-jerk reaction, but one of the episodes of the inexorable war taking place in Syria.

Drawing lessons from past failures, the African Union (AU) now seems to focus on economic development to promote the cohesion of the continent. « Officially, the African Union is carried by people. But fifty years after his birth, I am sorry to say that the people have nothing to do with it » says the Senegalese Pape Ibrahima Kane, of the Open Society Foundation.

 

 

Le Conseil des Gardiens de l’Iran a confirmé la liste des candidats approuvés pour les élections présidentielles iraniennes du 14 juin. De là les soupçons que ce sera une saison d’élection moins enthousiasmant  que prévu. En amenuisement 686 candidats à seulement huit finalistes, le Conseil a laissé les deux prétendants les plus intéressants: l’ancien président Akbar Hashemi Rafsanjani et le successeur désigné du président Mahmoud Ahmadinejad, Esfandiar Rahim Mashaei.

Faute d’action internationale dans le domaine des droits humains, le monde est en train de devenir de plus en plus dangereux pour les réfugiés et les migrants, a déclaré Amnesty International le 23 mai à l’occasion de la sortie de son rapport annuel sur la situation des droits humains dans le monde. « De nombreux États bafouent les droits fondamentaux au nom du contrôle de l’immigration et vont bien au-delà des mesures légitimes de contrôle aux frontières ».

Le gouvernement syrien a donné son accord de principe sur sa participation à la conférence internationale sur la Syrie, a annoncé le ministère des affaires étrangères russe. Cette conférence, proposée par la Russie et les Etats-Unis, vise à négocier une solution politique à la guerre civile en Syrie, qui a fait plus de 80 000 morts.

Depuis plus de cinq jours, 17 morts et 150 blessés, Tripoli est plongée dans une véritable guerre qui ne veut pas encore dire son nom. Ce qui se passe à Tripoli n’est ni une rixe banale ni une réaction impulsive, mais bien un des épisodes de la guerre sans merci qui se déroule en Syrie.

Tirant les leçons de ses échecs passés, l’Union africaine (UA) semble désormais miser sur le développement économique pour favoriser la cohésion du continent. « Officiellement, l’Union africaine est portée par les peuples. Mais, cinquante ans après sa naissance, je suis désolé de dire que les peuples n’ont rien à voir avec tout cela » affirme le Sénégalais Pape Ibrahima Kane, de la fondation Open Society.

 

Dire que la démocratie se joue à petits pas au quotidien au Moyen-Orient  depuis deux ans serait un doux euphémisme. Bien sûr, elle passe par des phases difficiles, voire tragiques, mais elle se rôde. Alors que certains pays sont traversés par la guerre civile comme en Syrie, que d’autres essaient d’installer des processus démocratiques viables comme en Egypte, il y a des pays qui, malgré les tensions régionales et internes, vivent leurs élections presque comme si de rien n’était.

Si les révolutions ont ouvert la voie à des processus de démocratisation lents, il est des pays qui vivent depuis plusieurs mois des élections cruciales comme en Israël ou en Jordanie. Et puis enfin, d’autres comme en Iran voient défiler les candidats « admissibles » mais écartés un à un par le Conseil des Gardiens de la Révolution. Le bal des prétendants se réduit à peau de chagrin depuis quelques jours et les élections semblent déjà jouées à l’avance.

En effet, les prochaines élections en Iran se présentent comme les plus restreintes depuis le début de la révolution de 1979. Loin sont les années où le timide réformisme de Khatami soufflait un air nouveau dans un pays qui a, ne l’oublions pas,  les troisièmes réserves mondiales de pétrole brut. L’Iran, aujourd’hui, est ancré de plus en plus dans un  conservatisme installé écartant tout espoir de réforme.

Les récentes décisions du Conseil des Gardiens soutiennent un régime qui craint un retour aux protestations qui ont entaché les élections de 2009. Le Guide Ali Khamenei a veillé à ce que ses candidats soient imposés tout en éliminant ceux qui sont critiques de l’establishment. Sur les 686 candidats inscrits, seulement  huit ont réussi à passer le filtre du Conseil.

Les deux candidats les plus célèbres qui ont été écartés de la liste définitive sont Hachemi Rafsandjani et Esfandiar Rahim Mashaei. Le premier est une vieille connaissance de la scène politique iranienne (Président de la République islamique d’Iran de 1989 à 1997). La décision du Conseil a été critiquée même par une des filles de Khomeyni, Zahra Mastafvi, qui a écrit une lettre ouverte au Guide en expliquant: « Je vous demande d’intervenir dans cette affaire importante (…) et de prouver, comme l’affirmait l’imam [Khomeyni], que le but du gouvernement du docte [velayat faghih] est de barrer la route à la dictature ».Pas de doute, la décision d’écarter Rafsandjani a porté un coup sérieux à la crédibilité du système électoral.

Le deuxième, Mashaei, est le protégé du président sortant Mahmoud Ahmadinejad, qui avait déclenché une polémique en accompagnant ce candidat considéré comme la « bête noir » du Guide Khamenei.

Parmi les candidats qui restent pour le 14 juin, on peut souligner la présence de Saïd Jalili, le favori de l’ayatollah Khamenei  et le candidat des « principalistes »[i], une association de religieux et de militaires fidèles à l’autorité du Guide.

 

Félix Pernas Ramírez

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[i] Iran: Portraits de candidats (Le Monde):  http://www.lemonde.fr/proche-orient/visuel/2013/05/23/iran-portraits-de-candidats_3386947_3218.html

 

Conference

Orateur : Eric DAVID

Professeur de droit international à l’ULB et Président du Centre de droit international.

Modération: Simone SUSSKIND

Présidente d’Actions in the Mediterranean

Quand?:  Le Vendredi 7 juin 2013 de 12h à 14h

Où?:  Génération Europe, chaussée Saint-Pierre 123, 1040 Bruxelles

Le conflit syrien débuté il y a plus de deux ans n’en finit pas de s’enflammer. Après avoir évoqué la possibilité de soutien militaire aux rebelles, la communauté internationale a finalement décidé de retourner autour de la table afin de plancher sur une solution négociée et pacifique au conflit. Ce dernier n’est pas pour autant terminé et les atrocités sont toujours monnaie courante pour le peuple syrien. Comment lutter contre l’impunité alors même que le conflit fait encore rage ? Eric David, professeur de droit international à l’ULB nous éclairera sur cette question épineuse.
Ce midi se déroule avec le soutien de l’Institut MEDEA dans le cadre des Midis de la CNAPD et du réseau belge de la Fondation Anna Lindh.

Entrée gratuite. Possibilité de restauration sur place.  

Informations et inscription : 02/640.52.62  – info@cnapd.be

Cliquez ici pour voir l’invitation.