12/06/2013

Le M.U.O.S (Mobile User Operating System): une arme américaine en plein cœur de la Méditerranée ? Quand les citoyens siciliens résistent à l’Empire

Par Carlotta Ebbreo et Federico Coppola – Comité No Muos Bruxelles

Le nouveau système de défense américain MUOS voit se déployer un système de communication satellitaire unique au monde, qui dispose cinq satellites géostationnaires et de quatre relais sur la planète : un en Virginie, un en Australie, un en Hawaii et enfin le dernier…en Sicile. Déjà dotée des beaucoup des bases américaines, elle compte bien résister à cette nouvelle installation.

Au centre des enjeux stratégiques et des routes  dans la Méditerranée, la Sicile a toujours représenté  une terre de passage et de circulation des populations. Aujourd’hui, elle est l’une des premières frontières de la «forteresse Europe ».

Les enjeux s’élargissent désormais pour elle au militaire. Et les nouveaux équilibres géopolitiques nécessitent de nouveaux dispositifs de contrôle, armes et stratégies.

Au centre de l’île, dans une des dernières chênaies  en Europe, site protégé en tant que SIC (site d’intérêt communautaire) proche de Niscemi,  une population résiste à l’implantation d’un de ces dispositifs : Le M.U.O.S. a pour but de relier  toutes les unités mobiles de combats américaines – telles que drones,  sous-marins, navires de guerre, chasseurs-bombardiers et engins de guerre– à un réseau global de commandement et de communication. Déjà formé  par trois bases dans le monde (Virginie, Hawaï et Australie, construits par la firme Générale Dynamics) celle de Niscemi devrait être la dernière. Le territoire est en partie déjà sous contrôle américain, de même que 112 autres lieux en Italie.

Ainsi,  bien peu documenté,  le ministère de l’intérieur italien a autorisé en 2005 la construction du dispositif qui prévoit  trois antennes de 149 mètres de hauteur. Par rapport aux émissions électromagnétiques  en novembre 2011, un rapport scientifique a confirmé la nocivité du système pour la santé de la population.

La mairie et le gouvernement régional ont demandé à ce que les travaux soient suspendus jusqu’à ce que des études fiables sur l’impact sanitaire aient été publiées. Cependant les travaux, commencés en 2008,  semblent continuer. De plus, le gouvernement italien a assigné  en justice le gouvernement régional sicilien pour « mise en danger des relations internationales ». Dans cette logique – contrôle e(s)t sécurité –  le M.U.O.S  « est un instrument de paix », la Sicile un Check point de l’Alliance atlantique.

La population relève la tête en exigent le droit à la paix, à la santé, à la nature et au futur.  Elle a fondé le Comité No Muos en novembre 2011.  Autour de ce comité principal,  d’autres groupes se sont créés : les comités des mères, des grands-pères, des maires, des artistes, etc. Depuis l’endroit où se tient le sit-in permanent, les gens s’interposent pacifiquement pour empêcher le passage des véhicules vers les travaux. Les actes de résistance civile sont quotidiens. Les procédures légales et administratives contre les membres du comité se multiplient autant que la violence policière.

En revanche, la lutte s’élargit, résiste. Plusieurs activités (rencontres, camping international, manifestations, service civique international) sont prévues pour cet été sur le site pour réunir des réseaux de solidarité nationaux et internationaux.

Parce que cette terre, devenue tristement célèbre pour être une frontière sous tension de l’Europe, ne veut plus être l’instrument de la militarisation de la Méditerranée, plutôt le point de reconstruction de la fraternité des peuples et du respect pour les hommes et la terre.