14/06/2013

Révolutions arabes : une fenêtre d’opportunité pour fonder le partenariat MED ?

Par Lina Kennouche et Chafik Gaouar. Lina Kennouche est titulaire d’un master recherche en sciences politiques de l’USJ (Beyrouth) et Chafik Gaouar est analyste politique.

Le Partenariat EUROMED, aussi appelé « processus de Barcelone » a été formulé en 1995 à l’initiative de l’UE et de 12 autres Etats riverains de la mer Méditerranée. Basé à l’époque sur l’idéologie triomphante du libre-échange comme unique axe de développement pour les pays de la rive Sud, il est aujourd’hui un échec. Le Partenariat n’a été ni à la hauteur des espoirs, ni même des moyens financiers et des dispositifs institutionnels mobilisés.

Dix-huit ans se sont écoulés depuis cette initiative, le contexte régional et international est aujourd’hui marqué au Nord par la crise profonde du modèle libéral de régulation par les marchés, et au-delà des graves turbulences financière qui la ravagent actuellement, l’Europe connait une crise multidimensionnelle. Celle tout d’abord de l’économie réelle, avec la baisse continue de la production industrielle et l’accroissement des inégalités sociales qui en découle, le déclin démographique et le vieillissement de la population, la crispation idéologique et le repli identitaire, et une défiance accrue vis-à-vis des institutions européennes et des élites en général. La fin, de plus en plus visible, de l’hégémonie occidentale sur le monde et le rééquilibrage des rapports de forces internationaux en faveur de la Russie, de l’Asie et de l’Amérique latine, changent aussi les données d’un partenariat Nord-Sud quel qu’il soit.

Au Sud,  après les décolonisations, souvent sanglantes, des années 60, de nouveaux liens de dépendances sont noués entre anciennes puissances colonisatrices et pays nouvellement indépendants. Le rapport de soumission, dans l’intérêt des entreprises européennes, que le vocable « d’aide au développement » n’arrive pas à cacher, n’a bénéficié dans les pays du Sud qu’aux classes dirigeantes et y a entrainé une corruption massive. Dans les années 80 et 90, la spirale de l’endettement, et ses conséquences inévitables en restructurations, déréglementations et politiques d’austérité dictés par le FMI, la banque mondiale et l’UE, ont été d’une violence sociale inouïe pour les peuples du Sud, créant ainsi le terreau favorable à la montée des mouvements islamistes, par rejet des valeurs du Nord,  et pour une revendication de nouvelles valeurs  tirées confusément du religieux, alors même que ce sont des aspirations à plus de justice et plus de participation effective à la prise de décision politique, qui sont à l’œuvre .

L’entrée en mouvement de certaines sociétés arabes ces dernières années, sur des revendications essentiellement sociales et de refus de l’arbitraire ont changé une donne que l’on croyait jusqu’ici figée. Le rejet violent des népotismes et de la corruption de régimes vécus par les populations comme des instruments exogènes soutenus par l’Occident (Tunisie et Egypte) et marqué par la logique de prédation rentière et le verrouillage institutionnel, a permis l’entrée désormais irréversible des opinions dans l’élaboration des décisions politiques. Assumant désormais leurs pluralités et traversées par des dynamiques multiples et contradictoires, les sociétés arabes ouvrent la voie à de nouvelles opportunités pour elles-mêmes, mais modifient aussi profondément la nature de leurs rapports avec le Nord, dont elles n’accepteront plus l’asymétrie en leur défaveur, et la domination européenne multiforme que ces partenariats ont trop souvent incarné à leurs yeux.

Face à ces bouleversements régionaux et internationaux, il s’agit donc de fonder un partenariat envisageant les pays riverains de la méditerranée comme de véritables partenaires autonomes, égaux et plus au fait des réalités sociales. Pour esquisser quelques pistes de réflexions sur ce que signifie fonder un projet « méditerranéen », il convient de revenir sur l’ensemble des blocages qui ont paralysé le processus de Barcelone. 

La déclaration de Barcelone énonce les principaux objectifs de ce partenariat à savoir la construction d’un espace de paix, de sécurité et de prospérité partagée. Elle privilégie une approche globale et des actions dans les domaines politiques, financiers, économiques, sociaux et culturels. Le premier constat est celui de :

  • La contradiction flagrante entre le cadre multilatérale du PEM et la conduite des politiques bilatérales dans le cadre de la PEV

La mise en place de la PEV est née de la prise de conscience des conséquences de l’élargissement européen de 2004.  Bien qu’elle s’inscrive dans le cadre multilatéral, elle a d’abord été conçue pour les pays de l’Europe de l’Est entrainant une réorientation de l’Union à l’Est au détriment de la zone méditerranéenne. Elle a été modifiée par la suite pour intervenir sur le PEM, ce qui a conduit à un renforcement des rapports bilatéraux et de la différenciation de traitement.

La PEV prévoit une coopération dans les domaines de sécurité, de justice et de prévention des conflits ; des réformes économiques et la libéralisation du commerce ; le développement des réseaux énergétiques, des transports, des télécoms et de l’environnement ; la promotion des contacts entre les populations (éducation, recherche…). Mais, en introduisant le traitement différencié par dérogation aux obligations qui s’imposent dans le cadre politique commun, elle porte atteinte à la logique multilatérale. Elle a vidé en substance le contenu du PEM en donnant naissance à un partenariat à géométrie variable, soumettant l’alignement  des législations sur l’acquis communautaire à la bonne volonté des Etats.

L’introduction d’une conditionnalité politique pour l’octroie de financements en fonction des évolutions et des progrès en matière de démocratisation a posé plusieurs problèmes.

La légitimité que s’accorde l’Europe sur ces questions dans un réflexe colonial de « mission civilisatrice », et l’application à géométrie très variable de ces principes, supplantés largement par l’obsession sécuritaire de l’UE, et surtout par ses intérêts économiques, ont créé au Sud, un sentiment d’humiliation et la certitude de l’instrumentalisation de la question des droits de l’homme à leurs dépens.  L’union est restée enfermée dans des préoccupations liées à l’obtention de marchés pour ses produits, et, pour des raisons de politiques internes, à la question du terrorisme et des flux migratoires, sans tenir compte de la dimension sociale au Sud.  La politique bilatérale a servi les intérêts de l’UE qui a atteint ses objectifs en matière de coopération dans le domaine sécuritaire. Sur ce point, on note :

  • L’obsession sécuritaire de l’Union

Dans le cadre de la PEV on a assisté à un renforcement de la gestion des frontières, la création d’unités de gardes-frontières, le renforcement des politiques de visas et de droit d’asile contre l’immigration illégale, le terrorisme, le trafic de drogue, d’armes, d’êtres humains, etc.  Systématiquement la question des migrations n’a été considérée qu’en termes de politiques sécuritaires.

L’UE adopte de plus en plus de politiques de rejet des étrangers, et de fermeture de ses frontières.  On constate par exemple, qu’après la révolution tunisienne de janvier 2011, la première réaction de l’Europe avec ses 500 millions d’habitants, a été de refouler les 25 000 Tunisiens qui ont débarqué sur ses côtes, au même moment où la Tunisie avec ses 10 millions d’habitants, accueillait plus de 250 000 réfugiés libyens, au nom d’une solidarité avant tout humaine.  La réalité est que l’Europe, en fonction des besoins de son économie et pour la rentabilité de ses entreprises, accueille dans des conditions assez éloignées des droits de l’homme, une main d’œuvre précaire et bon marché venue du Sud, en même temps qu’elle capte en partie la fuite des cerveaux de ces pays qui se retrouvent à manquer des cadres nécessaires à leur propre développement. Ces flux migratoire sont ensuite largement instrumentalisés par les décideurs politiques pour détourner l’attention de l’opinion des réels problèmes trouvant racine dans la financiarisation de l’économie et la politique de la dette. Le débat reste figé et monopolisé par une classe politique qui agite la carte de l’émotionnel en stimulant les peurs et le repli. Il faut donc commencer par repenser la question de l’immigration dans un cadre plus global : d’une part, si elle est utile à l’Europe, l’immigration ne peut se faire sans dignité pour les populations du Sud, et d’autre part, elle ne peut se faire au détriment des pays du Sud, qui voient chaque année leurs enfants quitter leurs terres, par manque de perspectives économiques, conséquences précisément des déréglementations libérales et de la spoliation des richesses de ces pays par des multinationales souvent d’origine européennes. Tant que sur cette question et les autres, les rapports resteront enfermés dans une verticalité, c’est une imposture de parler de partenariat. Car un partenariat, ne peut avoir des fondements solides que dans les principes d’égalité et de réciprocité.

L’Europe doit mettre en place des politiques inclusives qui créent un sentiment d’appartenance à un espace commun. Or sur ce point également, les politiques libérales n’ont fait que creuser les disparités.

  • Des politiques libérales sans effet sur le développement

La PEV consiste essentiellement à contrôler les flux migratoires selon la logique d’immigration « choisie », à lutter contre le terrorisme et surtout à ouvrir des marchés aux produits européens. Loin d’avoir réduit les inégalités sociales, les politiques libérales ont au contraire produit des effets négatifs avec la déréglementation de l’emploi, les atteintes aux droits sociaux fondamentaux dans les Etats du Sud qui avaient déjà des bases fragiles.

L’UE a en effet négocié dans le cadre de l’OMC, l’ouverture des marchés industriels et agricoles, ce qui n’a pas été sans conséquences sur les agricultures locales des pays du Maghreb. Rappelons ici que les révoltes arabes ont d’abord été des soulèvements contre la misère, le facteur socio-économique étant primordial dans l’émergence des mouvements de contestation.

L’Europe a également obtenu la baisse des barrières douanières et l’ouverture des marchés des pays importateurs de biens de consommation européens, mais l’ouverture des marchés et le libre-échange n’ont pas conduit au développement économique et encore moins à la mise en place d’un système démocratique dans les pays du Sud. L’Europe a apporté un soutien sans failles aux régimes corrompus et brutaux du Sud, y compris médiatiquement, à condition que ceux-ci garantissent l’adoption de l’ALE et collaborent activement dans la lutte contre les migrations non voulues et le terrorisme. Le double langage sur les droits de l’homme et son utilisation à géométrie variable en fonction de « l’utilité » ou non des pays de l’autre rive, a ancré l’idée d’une Europe soucieuse de ses intérêts et uniquement d’eux.

Le Libre-échange n’a pas mis fin au système des rentes mais a tout simplement remplacé les rentes d’État par les rentes privées assurant de meilleurs débouchés commerciales aux produits européens.  Ces programmes euromed sont restés déconnectés des réalités sociales et politiques des pays du Sud en envisageant des rapports à sens unique.

Le Sud constitue aujourd’hui la première zone d’importation du monde pour les produits de base en provenance du Nord. On observe parallèlement que les économies du Sud échangent peu entre elles, la coopération SUD-SUD ne s’est pas encore développée.  Par ailleurs, les disparités entre les deux rives  ne se résument pas uniquement aux contrastes en termes de niveau de vie, d’indicateurs de développement humain, de potentiel agricole…etc. On retrouve une différence de modèle de développement avec au Sud la prédominance du modèle rentier.

Ainsi au lieu de chercher à réduire les écarts entre la rive Nord et Sud pour créer une zone de stabilité partagée comme le prévoyaient les objectifs de Barcelone, l’Union a mis en place des politiques de gestion du Sud par le Nord, on retrouve dans cette attitude, le poids d’une vision héritée du colonialisme. Au fond, les enjeux de la PEV ne diffèrent pas de ceux du PEM. L’UE n’a pas été en mesure de revoir sa position dominante, palier à ces échanges inégalitaires pour établir des rapports qui reposent sur la complémentarité. A son tour, l’UPM n’a pas été à l’abri des blocages qui ont affaibli le processus de Barcelone.

  • UPM : un projet tombé en désuétude

Quand Le 6 mai 2007 Nicolas Sarkozy lance un appel pour «  Bâtir une union méditerranéenne », ce projet français qui visait à établir une dynamique politique hors de l’UE, à offrir une alternative sérieuse à l’adhésion de la Turquie à l’UE et permettre à la France d’avoir une main mise sur la méditerranée, soulignait déjà l’échec du processus de Barcelone. En écartant dans un premier temps l’Allemagne et de la Grande-Bretagne, l’UPM cherchait à saper le processus de Barcelone, mais les pressions exercées par l’Espagne et l’Allemagne ont tenu en échec cet objectif.  Au final, le projet lancé en fanfare au sommet de Paris le 13 juillet 2008 a maintenu une partie substantielle du PEM, tout en renforçant le fonctionnement intergouvernemental.

L’UPM prévoyait une enceinte de dialogue politique  avec la tenue des sommets de chefs d’État pour aborder les questions stratégiques ; une réforme institutionnelle avec la mise en place d’une coprésidence entre les deux rives, ainsi qu’une série de projets globaux à l’échelle régionale comme le projet de dépollution de la Méditerranée ou celui du Plan solaire méditerranéen qui  ne correspondaient pas à l’intérêt réel des sociétés, mais ont été pensé d’abord dans l’intérêt des touristes et des consommateurs européens. C’est le conflit israélo palestinien qui constituera la principale hypothèque de la structure naissante, l’opération israélienne plomb durci contre Gaza en 2008 et ses 1300 morts dont 800 enfants, bloquera le dialogue entre certains pays arabes et Israël.

Sur ce point, on a commis l’erreur fondamentale d’inclure Israël au processus, alors que l’Europe se refuse à envisager la question palestinienne conformément aux principes du droit international et aux aspirations légitimes de ce peuple, reproduisant, encore une fois, une vision néocoloniale des peuples du sud, notamment arabes. Il était ainsi demandé aux pays arabes de coopérer avec Israël tout en niant les droits reconnus aux Palestiniens et qui attendent toujours leur application. Cela n’a fait que confirmer l’incapacité des pays européens à analyser la situation de la région en dehors de leurs propres référents géopolitiques et historiques.

La politique des deux poids deux mesures conduite par l’Union concernant ce point de crispation hautement symbolique qu’est le conflit israélo-palestinien, a profondément entamé sa crédibilité. Son obstination, sous la pression de lobbys pro-israélien très actifs en Europe, à intégrer Israël dans l’UPM, démontre le reniement des valeurs qu’elle affiche, en effet, comment parler de droits de l’homme et de démocratie d’un côté et de l’autre, apporter un soutien sans faille à un Etat colonial et donc par essence raciste, et nier au peuple Palestinien ses droits les plus élémentaires comme celui d’avoir un Etat sur ses propres terres ? Sur ce terrain, le chantier est vaste. Si la solution à deux Etats apparait de moins en moins réaliste, il faut commencer à se pencher sur une solution qui s’inspirait de l’exemple de l’Afrique du Sud, en gardant à l’esprit  que rien de solide ou de viable ne pourra se mettre en place avant que l’on n’accepte de réparer l’injustice faite au peuple palestinien. 

  • Evolutions en cours : Renoncer au PEM pour fonder le PM ?

L’approche qui sous-tend le PEM est aujourd’hui dépassée. Le PEM n’a pas été à la hauteur des sommes investies, et l’objectif  de construction d’une zone de coprospérité, proclamé dans la déclaration de Barcelone n’a pas été atteint. L’Europe s’est uniquement préoccupée de ses intérêts économiques et sécuritaires. La nature qui a présidé jusque-là aux relations entre l’Europe et les pays de la rive Sud exposées précédemment et les changements observés au niveau régional et international créent un nouveau rapport de force : face à un Nord vieillissant, en perte de vitesse économique et géopolitique et l’apparition de nouveaux pôles comme le BRICS, les révolutions arabes ont, elles, ouvert la voie à l’émancipation politique, économique et culturelle de ces pays.

L’Europe doit prendre conscience aujourd’hui plus que jamais, que cette transition vers la modernité, n’implique pas l’importation du modèle européen ni même l’adoption de toutes ses normes, surtout quand ceux-ci ne peuvent plus être présentés comme gages de prospérité au vu de la situation des pays du Sud de l’Europe notamment. Elle suppose au contraire le respect de la spécificité de ces pays, la compatibilité avec leurs valeurs et traditions.

À cet égard, il faut tirer les conséquences de l’erreur qui a été faite par les pays du Sud de l’Europe. Qu’il s’agisse de l’Italie, de l’Espagne, du Portugal ou de la Grèce, ces pays, au lieu de s’appuyer sur une logique de riverains pour renforcer leurs positions au sein de l’UE, ont nié leur spécificité et se sont alignés sur un mode de régulation social voulu par l’Europe mais en complet décalage avec les aspirations de leurs sociétés. Ils se sont retrouvés avec la crise confrontés à d’importants déséquilibres socio-politiques. Ainsi, la nouvelle réalité politique et sociale au Sud pourrait réhabiliter le rôle des pays de la rive sud qui en assumant leurs spécificités, peuvent à leur tour offrir de nouvelles opportunités à un Nord qui se débat dans une crise multidimensionnelle.

Cela suppose pour commencer que l’Europe change de conception, qu’elle cesse de dicter les règles du jeu pour réfléchir à un partenariat sur des bases réellement égalitaires, en reconnaissant ces sociétés comme des pairs, cela suppose aussi de renoncer à l’idée d’une construction par les institutions pour s’orienter vers l’idée d’une construction par les sociétés. Il faut également, dans une vision réaliste prendre la mesure du changement :

– Non seulement, on observe que les pays du Machrek comme ceux du Maghreb sont de plus en plus tournés vers leurs voisins des pays du Golfe ou la Turquie, mais aussi vers les pays du BRICS, qui eux n’ont pas de passif colonial et sont positivement perçus par les pays de la rive Sud parce qu’ils entretiennent avec eux des relations beaucoup plus égalitaires et des échanges culturels.

– Les pays arabes vont  recouvrir une marge de manœuvre plus importante dans la conduite de leurs politiques extérieures, plus en conformité avec la volonté de leurs populations, notamment grâce à l’émergence de puissances diplomatiques nouvelles comme la Russie et la Chine, qui apportent un contrepoids à la prédominance occidentale rendue insupportable par le principe d’ingérence, souvent injuste et toujours sanglant. Autrement dit, c’est la fin de la soumission à des politiques décidées par l’UE dans son seul intérêt.

À partir de là, il est possible d’envisager :

– La construction sur la rive Sud, d’un espace régional politique et économique solide, dans l’intérêt des peuples de ces pays.

– Quel que soit le partenariat à fonder à l’avenir avec l’UE, il doit reposer sur des complémentarités économiques (techniques, énergétique … etc) et non une mise en concurrence déloyale et destructrice pour les pays de la rive Sud.

– Cela implique aussi de mettre en place à terme des politiques économique de co-développement, qui passeront par une remise en cause du néolibéralisme qui retarde le renforcement compétitif de la région face aux ensembles nord-américain et asiatique.

– Symboliquement, renoncer à l’expression même d’Euromed, qui souligne le caractère euro-centré du projet,  rappelle l’attitude néocoloniale du Nord envers le Sud,  associe un modèle unique, un marché commun et des normes communes, et traduit l’idée que l’essentiel réside dans la volonté des Européens à se prémunir pour défendre leurs intérêts. Il est préférable de parler de partenariat méditerranéen pour rétablir la symétrie des rapports.

Le processus sera sans doute lent et connaîtra beaucoup de revers, l’important est de prendre conscience et de tenir compte de la volonté des sociétés riveraines, réfléchir sur des projets concrets qui tiennent comptent de leurs intérêts, investir dans les secteurs  qui permettront de passer du stade de la coopération au stade de co-développement, et d’intérêt réciproque.