23/08/2013

Du 17 au 23 août

Depuis un mois, les voix internationales se sont presque toute éteintes pour défendre la légitimité démocratique du président Morsi, déchu le 3 juillet dernier. Qu’en est-il aujourd’hui, alors que les Frères musulmans subissent les foudres de l’armée déployée dans les rues du Caire ? Réponses avec Barah Mikail, directeur de recherche pour le think tank Fride.

Les Frères musulmans ont remporté les élections de 2012 en faisant des promesses contradictoires aux révolutionnaires et aux contre-révolutionnaires. Une fois au pouvoir, les contradictions inhérentes à cette stratégie les ont menés à leur perte, en relançant à leurs dépends à la fois la révolution et la contre-révolution, unies dans l’objectif de les chasser du pouvoir.

On comprend désormais davantage pourquoi les États-Unis et l’Union européenne peinent à sanctionner le nouveau gouvernement égyptien après la sanglante répression des manifestants pro-Morsi qui a fait près d’un millier de morts en une semaine. Leur plus grand allié au Moyen-Orient, l’Arabie saoudite, pèse de tout son poids pour protéger l’armée égyptienne.

Le plus accablant dans la tragédie où s’enfonce l’Egypte, ce ne sont pas les mosquées transformées en morgues, les femmes et les enfants mitraillés, les blessés achevés sur leur lit d’hôpital. Le plus effrayant, ce ne sont pas les rues dévastées, les églises incendiées et la propagande de haine que déversent les médias. Non, le plus terrible c’est que militaires et islamistes sont en train de ramener l’Egypte soixante ans en arrière.

Après Annapolis, Charm El-Cheikh ou Taba hier, Jérusalem et Jéricho aujourd’hui. Vingt ans après la signature des accords d’Oslo et pour la dixième fois, Israël et l’Autorité palestinienne se retrouvent, depuis le 14 août, pour tenter de négocier la fin d’un conflit qui dure depuis la création de l’Etat hébreu, en 1948. Deux nouvelles rencontres préparatoires ont eu lieu ce mardi à Jérusalem, avant la poursuite de discussions plus approfondies à Jéricho la semaine prochaine.