A Syrian solution to civil conflict? The Free Syrian Army is holding talks with Assad’s senior staff 30/09/2013The Independent

Six weeks ago, a two-man delegation arrived in secret in Damascus: civilians from Aleppo who represented elements of the Free Syrian Army, the rebel group largely composed of fighters who deserted the regime’s army in the first year of the war.

Het lang beloofde hervormingspakket van Erdogan3/10/2013Mo*

The Turkish Prime Minister Tayyip Erdogan announced reforms on Monday, September 3th, which according to him are very beneficial to the Turkish democracy. This package of reforms is primarily designed to meet the requirements of the Kurds, but also relates to religious freedom in Turkey.

Hezbollah and Rouhani –3/10/2013Al-Monitor

Hezbollah leaders are convinced that no matter who the president of the Islamic Republic of Iran is, it will not change Tehran’s position in principle vis-à-vis the party. Moreover, their analysis rejects all speculation that a reformist president in Tehran will lead to less support for Hezbollah.

Italy boat wreck: Hundreds of migrants feared dead after ship sinks off Lampedusa4/10/2013The Independent

The forgotten tragedy of African migrants who pay with their lives for the desire to reach Europe became a human drama the world could no longer ignore, as hundreds perished in a matter of hours off the Italian coast.

Palestinians win settlement land from Israel3/10/2013Aljazeera

Palestinian farmers have reclaimed lands they had lost decades earlier to an Israeli settlement; in a rare legal victory their lawyer says is proof that Israel’s settlement policy is reversible.

 

U.N. Deal on Syrian Arms Is Milestone After Years of Inertia 26/09/2013The New York times

NATIONS UNIES – les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies ont convenu d’une résolution qui exigera que la Syrie renonce à ses armes chimiques, mais il n’y aura aucune pénalité automatique si les Syriens manquent de se soumettre, les officiels ont dit jeudi.

Le journaliste Ali Anouzla dans les griffes du pouvoir26/09/2013Courrier International

Après une semaine de garde à vue, le journaliste indépendant Ali Anouzla a été placé le 24 septembre en détention préventive pour incitation au terrorisme. Une arrestation arbitraire faite par un pouvoir qui renoue avec les pratiques autoritaires, dénonce Hicham El-Alaoui.

Europa kiest voorzichtige opstelling in VN-Syriëresolutie –26/09/2013Mo*

Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, a déclaré à l’Assemblé Général des Nations Unies (NU) que l’Union européenne désire une résolution pour le conflit syrien, mais ne veut pas prendre parti concernant le conflit entre la Russie et les Etats Unies. La Commission européenne (CE) a annoncée dans un communiqué de presse que l’UE et ces membres Etats représentent conjointement le plus grand donateur d’aide d’urgence et de rétablissement en Syrie.

Iran : rencontre historique Kerry-Zarif et reprise des négociations27/09/2013LeMonde

Les négociations sur le nucléaire iranien reprendront les 15 et 16 octobre à Genève, a annoncé, jeudi 26 septembre à l’ONU, la chef de la diplomatieeuropéenne, Catherine Ashton.
Mme Ashton a fait ces déclarations après une rencontre sans précédent entre le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, et ses homologues des grandes puissances, dont les Etats-Unis, sur ce dossier, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU.

Liberté d’expression En tunisie : Tours de vis  –27/09/2013Lepoint

Un rappeur a de nouveau écopé de 6 mois ferme jeudi. Une affaire de plus qui inquiète l’opposition et les associations de défense des droits de l’homme. Bras dans le dos, tête baissée, Klay BBJ a accusé le choc :  »six mois de prison ferme » pour outrage à agent et atteinte aux bonnes moeurs. Dehors, les gamins de l’école d’à côté, qui l’avaient accueilli à son arrivée au tribunal d’Hammamet avec sifflets et applaudissements, sont d’abord hésitants, puis ils improvisent une manif :  »Libérez Klay ! » crient-ils en soulevant des nuages de poussière sous le regard courroucé d’une surveillante.

 

 

 

 

U.N. Deal on Syrian Arms Is Milestone After Years of Inertia -26/09/2013 – The New York times

UNITED NATIONS — The five permanent members of the United Nations Security Council have agreed on a resolution that will require Syria to give up its chemical weapons, but there will be no automatic penalties if the Syrians fail to comply, officials said Thursday.

Le journaliste Ali Anouzla dans les griffes du pouvoir -26/09/2013 -Courrier international

After a week of police custody, the independent journalist Ali Anouzla was placed on September 24th in detention on remand for incentive(terrorism. An arbitrary arrest made by a power which takes up with the authoritarian practices, denounces Hicham El-Alaoui.

Europa kiest voorzichtige opstelling in VN-Syriëresolutie -26/09/2013- Mo*

Herman Van Rompuy, the president of the European Council, declared at the  General Assembly of the United Nations (UN) that the European Union (EU) wants a clear resolution on the Syrian conflict, but doesn’t pick sides in the dispute between Russia and the United States. De European Commission (EC) announced in a press release that the EU and its member states together are the largest donor of emergency en rehabilitation assistance for Syria.

Iran : rencontre historique Kerry-Zarif et reprise des négociations– 27/09/2013 – LeMonde

The negotiations on Iranian nuclear power will start again on October 15th and 16th in Geneva, announced, on Thursday, September 26th to the UNO, minister of European diplomacy, Catherine Ashton.

Liberté d’experssion En tunisie : Tours de vis  -27/09/2013 -Lepoint

Arm in the back, the lowered head, Klay BBJ accused the shock:  » six months of imprisonment  » for insulting behavior and infringement on common decency. Outside, the kids of the school nearby, who had welcomed him upon his arrival in the court of Hammamet with whistles and applauses, are at first hesitating, then they improvise a demonstration:  » Libérez Klay!  » They shout in lifting clouds of dust under the wrathful look of a guard.

 

 

 

 

LES MIDIS DE LA MÉDITERRANÉE 

Syrianisation du Liban et libanisation du conflit syrien: les risques d’embrasement

Déjeuner-débat avec Jean-Baptiste Beauchard, doctorant rattaché à l’IRSEM (Institut de recherche stratégique de l’école militaire, Paris) et à l’Ecole Militaire.

Jeudi 19 septembre 2013 de 12h30 à 14h 

Organisé avec le soutien du Mouvement Européen-Belgique

Introduction par Sébastien Boussois 

Merci d’être venus à ce nouveau Midi de la Méditerranée que l’Institut MEDEA organise désormais systématiquement avec le Mouvement Européen et par intermittence avec le Cercle des Chercheurs sur le Moyen Orient et dont Jean-Baptiste Beauchard est un des représentants.

Sur des sujets comme l’Egypte et la Syrie, le public est toujours en demande de conférences, de débat, de réflexionq. Aujourd’hui on reçoit Jean-Baptiste Beauchard, doctorant rattaché à l’IRSEM (Institut de recherche stratégique de l’école militaire, Paris).

On va aujourd’hui dresser un panorama de la question syrienne dans son interaction avec le voisin libanais. Jean-Baptiste a utilisé les termes de Syrianisation et de Libanisation de la question : il en dira davantage tout à l’heure. Concepts concrets de politique internationale qui sont intéressant vis à vis des situations politiques données, on a à un moment donné utilisé aussi balkanisation et la pratique nous permet souvent la conceptualisation ensuite de l’évolution des relations internationales.

 

Intervention de Jean-Baptiste Beauchard :

J’étais venu il y a un an et demi pour parler du même sujet, j’aurais préféré venir dans des circonstances différentes et dans une situation un peu plus calmée, mais ce n’est pas le cas.

Je vais parler du jeu de miroir entre la Syrie et le Liban. C’est donc l’interaction entre la Syrie et le Liban qui m’intéresse. Je ne veux pas m’attarder que sur la Syrie ou sur le Liban, c’est vraiment à chaque fois le lien, le jeu de vases communicants entre les deux. En somme le jeu de miroir entre les deux voisins levantins

Je vais replacer mon intervention dans un temps un peu plus long et donc pas du début de la crise syrienne en 2011, mais je vais remonter rapidement en 2005 que j’estime être la date de  départ de la crise syrienne avec la résolution 1559 du CSNU. A ce moment le régime syrien a été contraint par le Conseil de Sécurité et par des soulèvements internes au Liban à retirer ses troupes. Partant de là on a pu constater deux effets : évidemment le Liban représentait une manne financière extrêmement importante pour la Syrie du fait de l’occupation, donc le fait de ne  plus être présent militairement au Liban a représenté pour Damas une perte financière assez importante, qui finançait la cohésion du régime. Le deuxième élément c’est qu’à travers cette occupation il y avait une attitude des services de renseignement syriens au Liban, qui les plaçaient dans un comportement arrogant et de domination vis à vis des Libanais : malgré le fait de revenir en Syrie aussi subitement, ils sont restés dans ce type de logique avec les Syriens ou même avec les Libanais et je pense que ça a contribué à accroitre la fracture, en plus des autres causes (à savoir le clientélisme, la captation des entreprises par le régime) entre le régime et la société.

Le départ du Liban a été la perte d’une carte régionale pour le régime syrien, qui a eu des répercussions au sein même du régime : le régime avait commencé à se fissurer en 2000 avec la mort de Hafez al-Assad, c’est à dire que la politique menée par Bachar à ce moment-là au Liban ne se jouait plus sur des acteurs politiques, mais a renforcé son omniprésence par le système sécuritaire, l’appareil des renseignements. 2005 marque la fin de cette hégémonie, de cette « pax syriana » au Liban. La politique étrangère syrienne c’était un élément de stabilité pour eux : le fait de partir du Liban a engendré des effets au sein du régime et au sein même de la société syrienne. Donc ça c’est mon hypothèse de départ, à partir de là on imagine que chaque évolution sur la scène syrienne à des effets sur la scène libanaise et que chaque évolution sur la scène libanaise à des impacts également sur la Syrie.

Ça me permet de poser mes deux axes d’études qui sont la Syrianisation du Liban et la Libanisation de la Syrie. Ce que j’entends par cela est que la crise syrienne va se projeter sur la scène libanaise et qu’elle va se greffer sur tous les antagonismes préexistants. La fracture principale au Liban est entre les pro-Syriens et les anti-Syriens, entre les mouvements du 8 mars et du 14 mars. Donc la crise syrienne va se rajouter à cet antagonisme central de la classe politique libanaise et de la société libanaise.  Inversement, les fractures préexistantes au Liban vont trouver leur prolongement sur la scène syrienne : les pro-syriens vont aider le régime et les anti-syriens vont venir tenter de trouver leur place dans cette guerre civile qui prends forme depuis quelque mois déjà. Donc il y a ce jeu de miroir entre le Liban et la Syrie.

Je vais commencer par la Libanisation de la Syrie ou la parcellisation confessionnelle.

On peut la mesurer sur trois facteurs, il y a trois échelons :

1. Echelon régional : le Liban a été le seul sujet qui a rassemblé la Ligue Arabe. Par exemple sur la question israélo-palestinienne la Ligue Arabe n’a jamais eu un réel poids aboutissant à une mise en œuvre d’un plan. A contrario le Liban a permis à la ligue arabe de véritablement exprimer pour la première fois une position politique commune suivie des faits : par exemple, les accords de Doha en 2008 qui étaient censés mettre fin au vide institutionnel au Liban a été permis par la Ligue Arabe. Tout ça pour dire que le Liban était  objet de consensus au sein de la Ligue Arabe et aussi l’objet d’une préoccupation qui a permis de faire évoluer la Ligue Arabe.

La Ligue arabe a tenté de s’emparer de la question syrienne, elle a voulu reproduire (janvier-février 2012) le consensus qu’elle a eu sur le Liban en 2008. Ce plan a été parrainé par Kofi Annan. Il y a eu un mouvement parallèle de la société internationale qui a été un échec total : les observateurs  de l’ONU n’ont pas pu mettre en pratique les résolutions onusiennes.

Janvier-février 2012 a été le seul moment où la Ligue Arabe a mis en pratique un consensus à l’égard de la Syrie. Ensuite les tensions se sont accrues et le faible consensus au sein de la Ligue Arabe a cessé à ce moment-là.

2. Echelon International : L’échec de la régionalisation de la gestion de la crise syrienne a conduit à l’internationalisation du conflit. C’est le deuxième parallèle avec le Liban : depuis 2004, avec la résolution 1559, le Liban est au cœur des préoccupations du CSNU, c’est peut-être le seul pays qui dans un période de 5-6 ans a eu un nombre aussi considérable de résolutions onusiennes et notamment du Conseil de Sécurité (le plus importantes sont les Rés. 459, Rés 1701, Rés. 1757).

La Syrie connaît maintenant le même sort, ça devient un élément de préoccupation majeur de la société internationale et du Conseil de Sécurité. Le CSNU est bloqué par le veto de la Russie et de la Chine. L’attaque avec les armes chimiques du 21 août a réactualisé la question du Conseil de Sécurité, il y a eu déjà trois vetos sino-russes contre toutes tentatives de résolution visant à mettre en place un plan ou des sanctions contre le régime syrien. C’est qui s’est passé cet été c’est un certain éclatement de l’ordre internationale face à la question syrienne. Parce que face au blocage du Conseil de Sécurité on a vu que les américains sont sortis de l’arène onusienne pour aller chercher une légitimité sur la question de trouver un support à une éventuelle intervention à plusieurs échelons (G20, G8, UE, Ligue arabe, CGG).

Tout le monde a salué la contreproposition russe qui est venue mettre un frein à cette dynamique franco- américaine de frapper le régime de Bachar. Il pourrait s’agir d’une victoire à la Phyrrus : les russes initialement voulaient éviter l’internationalisation du conflit, et là finalement  ils sont en train d’obtenir ce qu’ils ne voulaient pas, c’est à dire un retour devant le Conseil de Sécurité. En plus de ça, s’ils attendaient le vote du congrès américain ils allaient obtenir mieux de ce qu’ils ont obtenu maintenant, à savoir un blocage national de l’intervention en Syrie (je me mets à leur place). Paradoxalement le dossier revient au CSNU, ce qui va se passer c’est une quête de légitimité. La Russie paraît avoir offert une porte de sortie qui va finalement se retourner contre elle : le fait de refuser toutes résolutions contraignantes (chapitre VII) pourrait refaire paraître la Russie comme obstacle à des frappes franco-étatsuniennes contre le régime de Bachar al-Assad. Donc la Russie s’est positionnée sur le plan international dans une position très délicate et, à mon sens, elle, en voulant être une solution au conflit, elle risque de revenir à être un obstacle à la solution du conflit.

3. Plan interne : le Liban de l’agora est devenu celui de l’arène. Même au niveau interne, la Syrie s’est libanisée, il y a une résurgence de la guerre civile libanaise que l’on dresse aujourd’hui en Syrie par une parcellisation confessionnelle et un éclatement territoriale qui mènera à un affrontement entre différentes communautés. Actuellement en Syrie, il y a cette gestion du chaos identique à ce que le régime syrien a fait pendant la guerre civile libanaise: les alliances du régime syrien pendant la guerre civile se sont retournées plus d’une fois. Aujourd’hui on voit que le régime cherche à créer le chaos lui-même, largement aidé par le djihadistes, les salafistes et d’autres islamistes venus des pays à coté et aussi par ceux qui étaient en Syrie. Par exemple le régime a libéré Abou Moussab al Souri qui est un djihadiste connu pour inspirer plusieurs djihadistes en Europe. Il a mis en place une doctrine du djihad de proximité. Le régime a largement contribué à l’éclatement confessionnel en instrumentalisant deux choses, c’est à dire les minorités et la menace djihadiste. La Syrie avait déjà utilisé la carte djihadiste en libérant des extrémistes en 2005 pour qu’ils aillent en Iraq et aussi en 2007 dans les affrontements de Nahr el-Bared.

Mon deuxième point c’est la Syrianisation du Liban ou la tentation autoritaire face à la fracture politique.

Je vais aborder les répercussions de l’effritement du régime syrien sur la scène politique libanaise par le champ géographique libanais : Sud du Liban, Nord du Liban et Beyrouth. Je vais montrer en quoi la crise syrienne a des effets directs sur la scène sécuritaire et politique au Liban.

Le Sud  est le lieu géométrique des affrontements entre Israël et Liban, mais aussi à travers la Syrie, qui a instrumentalisé le Sud du Liban pour entretenir sa guerre froide contre Israël. C’est un des centres de gravité géopolitiques du levant à cause de ce triangle d’affrontement entre Syrie, Israël et Liban. Le front libanais a été stabilisé au peu près en 2006 à la fin de la guerre grâce au déploiement de la FINUL (12-13000 soldats) et notamment grâce au retour de l’état libanais à sud du Liban avec le déploiement des FAL, les forces armées libanaises (8000 soldats). Depuis 2009 le sud a été à peu près calme. Fin de l’année 2011 début 2012 il y a eu une reprise des tirs de roquettes du sud du Liban vers Israël. Il ne faut pas imputer la responsabilité au Hezbollah, mais à des factions palestiniennes instrumentalisées par Damas pour entretenir le front contre Israël.   C’était un signal du régime syrien pour montrer qu’ils ont encore des cartes et qu’ils peuvent réenclencher un front indirect contre Israël. A ce moment-là, le régime avait encore des cartes et il cherchait à anticiper la crainte des occidentale et d’Israël de réouverture d’un front au sud du Liban. Il y a aussi eu des attaques contre les soldats de la FINUL, pas par le Hezbollah mais ce qui se passe au sud du Liban est toujours sous accord tacite de Hezbollah. Là on a vu que le sud du Liban, dans la continuité de ce qu’il a toujours été, était une zone de tensions, instrumentalisée par les différentes factions, pour entretenir un conflit gelé.

Le Nord du Liban est la nouveauté de la crise Syrienne. Le nord est devenu le reflet du sud du Liban. C’est à dire que au sud du Liban il y a cette prédominance chiite qui mène le conflit contre Israël, le Nord du Liban a toujours été un bastion sunnite, notamment dans le Akkar et au tour de Tripoli même et il y avait des interactions nombreuses avec la Syrie. Depuis le début de la crise syrienne, les mouvements salafistes ont été solidaires avec les alliés syriens, donc il y a eu des échanges sur la frontière syro-libanaise qui sont devenus de plus en plus importants entre l’opposition syrienne et les islamistes libanais qui étaient positionné au nord du Liban. C’est le reflet du sud parce que, après des petites interactions, le Hezbollah a joué sa carte à Qusair: en ce sens il y a rupture car désormais le Hezbollah a rompu son orientation purement interne tournée vers la scène interne libanaise. Alors que le Hezbollah ait cherché à intérioriser son combat et à déplacer son combat militaire sur une action politique et sur une prise de pouvoir plus ou moins légitime et là il y a une rupture avec la politique de distançassions du Président Michel Sleiman vis à vis du conflit syrien. Le Hezbollah a rompu cet équilibre précaire qui était en place au Liban, en intervenant de manière assez fort qui a permis cette bascule stratégique favorable au régime de Damas puisqu’il permettait de contrôler les fournitures d’armes du Liban et le passage du soutien libanais aux rebelles syriens. La prise de Qusair est devenue un prétexte de Hezbollah pour intervenir et de rétablir un équilibre dans les rapports de force en Syrie, comme pour les fermes de Chebaa au Sud de Liban. Qusair est un prétexte à entretenir la résistance car les fermes de Chebaa n’occupent plus des parties du territoire libanais, donc Qusair est un peu devenu le prolongement au Nord du Liban de ce que les fermes de Chebaa sont au Sud Liban.

Quant à Beyrouth : il y a des conséquences de la crise syrienne sur la scène politique et sécuritaire au sein même de la capitale libanaise. Je reviens rapidement sur l’assassinat de Wissam al Hassan qui était le chef des services de sécurité et de renseignement libanais qui avait arrêté Michel Samaha, un ancien ministre libanais très proche du régime syrien et qui avait organisé des échanges d’armes. C’est une conséquence directe du conflit syrien au Liban et c’est de plus évidemment lié à l’assassinat de Hariri en 2005. Le plus marquant par rapport à Beyrouth c’est que pour la première fois la banlieue sud de Beyrouth a été attaquée,  ça c’est vraiment le fief de Hezbollah, Dahyieh, où personne ne met les pieds. Là pour la première fois ils sont vulnérables : des tirs de roquettes et après des attentats à la voiture piégée. La conséquence directe de cet attentat à Beyrouth c’est l’attentat de Tripoli quelques jours après.

Le plus symptomatique de ces reflets entre le nord et le sud sont les évènements de Saïda avec l’émergence du mouvement salafiste du Cheikh al-Asir qui a voulu faire contrepoids à l’hégémonie du Hezbollah et de son monopole sur les armes et qui a donc décidé de mener son conflit entre les salafistes et les chiites au sud du Liban.

Voilà ce mouvement de reflet entre le Sud et le Nord et Beyrouth. Toutes ces petites fractures, qui existaient déjà, se sont largement renforcées dans le contexte actuel de la crise syrienne. La question centrale maintenant au Liban va être l’attitude du Hezbollah, qui peut faire basculer les rapports de force et en ce moment a décidé de ne pas trop agir au Liban, mais est-ce que cet équilibre précaire va tenir longtemps ? Dans la mesure où sa participation au combat s’intensifie en Syrie, et s’il y a des frappes on ne sait pas quel sera la réaction du Hezbollah. Est-ce qu’il va réagir ? Est-ce qu’il va frapper Israël ? Est-ce qu’il va le faire du Golan ? Et quel va être son comportement dans la scène libanaise ? Ça c’est tout à fait important.

Il y a quelques jours on a organisé un colloque à Paris sur le Conseil de Coopération du Golfe et il y avait des chercheurs qui affirmaient que le Golfe était devenu le centre de gravité du Moyen Orient, mais pour moi c’est plus que jamais le Levant, le Liban et Syrie, qui demeurent le lieu stratégique des jeux d’équilibre régionaux.

 

 

 

By Jean-Baptiste Beauchard, PhD candidate associated to The Strategic-Research Institute of the French Military Academy (Institut de Recherche Stratégique de l’Ecole Militaire – IRSEM) and to the French Military Academy.

If some people doubted, let them be sure now: the international community doesn’t exist. Only an international system does . The latter is burst, divided, scattered to several enclosures more than ever. The world order is being henceforth spread by multiples literary sets where economical , enviromental and also safety choices are discusssed . The gravity center of this enclosures consists of an international orientations legitimization. Though the syrian matter brings a major innovation : untill now the collective security was , most of the time , the privilege of the United Nations Security Council ( UNSC); thus, this venerable situation was in charge of the collective security , particularly because the United Nations Charter commonly refers to the maintenance of the international peace and security . Unlike what is confirmed here and there , the UNSC is not in charge of respecting the international law but well and truly to what it discretionarly qualifes as a threat or a rupture of this international peace and security .

From then on , reaching to a consensus on what this qualification recovers suppose the transcendence of the possibility of a blockage linked to the veto right .It is easy to critisize the arbitrary of the executive branch of the United Nations but did we think once about what a decision with such instance  might signify without a consensus between great powers that more or less keep the big equilibirums of this world , are they too fragile ?

So , like the Israeli-palestinian matter , the UNSC blocks any adoption of a serious resolution on the syrian matter let us be reminded , because here also  a lot of confusions are made , that we have to distuinguish between the obligatory resolutions and the ones in the chapiter VII. In fact , all UN resolutions are obligatory , except the resolutions under the famous Chapiter VII , are imperative ; which means bindings . Already three sino-russian vetos were opposed to all the imperative resolutions on Syria , and only the 2042 resolution  that authorized the deployement of the UN observers was voted . Also, finding a solution, or rather adopting a consensus as for an answer to bring to the chemical strikes that happened near Damascus the 21st of August rewinded to leaving the UNSC enclosure , marked by the incapactiy of adopting an impreative resolution. Moving apart already the possibility of resorting to The United nations general assembly , that in the past , adopted a binding resolution towards Korea , by-passing somehow the empty chair policy lead at that time by Russia : In fact , The three conditions of the 377 resolution « acheson resolution ) are not united so that the general assembly seize to the Syrian matter .

After deciding to lead the strikes ‘ amercing ‘ the syrian chemical attack , no choice is left for the United States and France but to win the legitimacy of different international enclosures , that only these can provide a more fragile coalition than incertain . From this begins the big world trajectories , From Vilnius to Saint-Pétersbourg passing by Riyad and Cairo . In fact if the UNSC couldn’t give to Paris and Washington the legitimacy that they were looking for in New-York , the European union , the G20,  the Arab league and the Golf Cooperation Council ( GCC ) was to provide it for them , the outcome was reserved because more than a burst of the world order , the syrian matter points up an increasing polarization of the Member states within this diffrent enclosures , in particular among the «  occidental » states . Taking note that the regionalization of the collective security knows serious limits as the incapacity to handle the regional issues by the Arab league shows .

Far than being isolated , the United-States and France never successed to group a coalition larger than discounted , 7 countries from The G8 , 12 countries from the G20 , the whole GCC plus the majority of the Arab League line up along the French-American strikes in Syria .

Because the UN blocking was persistent and that the support of different international enclosures was finally deceiving , the legitimacy issue of the National Parliaments could have came as a substitue to the international legitimacy making partially a defect . The mass being said in Great Britain , the Battle of the Congress begins whereas the French Parliament was simply consulted as the French constituation allows . We can already question the political opportunity to submiss the kingly attribute to the defense of a badly informed elects’vote, eventhough the de-classification in France as well as in The United-States of certain confidential documents. Should we condition the presidential prerogative of peace or war to a parliament ? Fortunately , France dodged the trap, not the United states, so that , as absurd as the situation can be , France became the American Congress Hostage .

Whether it is parliamentary debates or several analysis on the opportunity of such strikes in Syria. None confirmed that the Syrian matter can be just political and not military and that for two years . But does the war not represent the continuity of politics by other means ? Opposing the military action and the political action is a non-sense since one is the extension of the other . The war , the war operations , the « surgical » strikes  are not political actions .

This search of a national legitimacy became , in any case , Serisouly compromised since the mixtures and nonsense due to the excessive syrian complexity that polorized the debate . For the political , only two speeches were possible to justify a military intervention , the first speech consisted of precizing that in the syrian case , there are only bad choices but that the non-action was worse than the action . The progressive disintegration of the country and potentially the region give evidence of the neccesity of seizing this case . The second speech consisted of precizing  that the war paradigms evolve and that as abstract that is , we won’t choose this camp , which would have allowed the extraction from the reducing dialectic opposing the syrian system to the islamist or jihadists rebels . The objective would have been double : re-establish a strategic credit facing the use of chemical arms and creating a power link favouring a change , small as it can be .In this context, we have to recall that the syrian regime understand just the power links , since , in 2005 , that was just thanks to the conjugation of the 1559 resolution ; lebaneses revolts and specially american warship cruised in the large mediterannean coastal range that Bachar Al-Assad had decided to withdraw his troops from Lebanon . In syria , it is actually about the stuggle against the death that the Geneva conferences 1 and 2 won’t change . Once again, only a change in power links will shake up this actual annihilation equilibrium .

It is in sinking quests of legitimacy that Russia has given the a priori masterful card of putting under control the chemical arms of the Syrian regime and to destruct them . This proposition has done more discomfort to the French and American chancelleries than relief . In Fact , while the military intervention is found hostage of the Congress decision more than incertain , the Russians had the advantage to open a « proper » escape door to all the diplomatic negotiations , a door that Paris and Washington had not adjusted . Indisputable success of the Russian maestro for the majority : nevertheless nothing is less certain .

The card played by the Russian diplomacy could indeed turn out to be a Pyrrhic victory for two reasons : the first one is that the American congres seems to be heading straight towards a negative vote that de facto linked President Obama and a fortiori France . The Russians would have also transformed the institutional impasse into a political gain that the French and Americans had sunk in . The Russian proposition moves away this hypothesis even though favorable to its posture . The second reason , more likely and more complex , is  that the Moscou proposition reintroduce the Syrian question in the heart of the UNSC , marginalized under the russian pulse for more than two years . Such is the paradox : the russians that appeared as an obstacle to any UN solution , could become a rampart to a solution that they are nevertheless the origin. Certainly ,an agreement on the principle doesn’t cost on its modalities ; but the Russian propostion risks to turn against Russia itself in the measure that its implementation will be hardly practicable . So, the option of neutralization and of the destruction of Syrian chemical weapons drows aside the military appeal for the moment , but can supply – in the probable case where it won’t succed – the legitimacy that France and the United-States had the difficulty to be equipped with .

 

« Twee maten, twee gewichten? » De (on)zin van « de strijd tegen radicalisering »

De wereld is een dorp. Conflicten elders in de wereld hebben dus ook een impact op onze lokale samenleving. Wat we vroeger al zagen met conflicten in Congo of Palestina zien we nu opnieuw met Syrië. Vooral het feit dat enkele jonge moslims van hier mee gaan strijden, baart de publieke opinie zorgen. Talloze Europese toppolitici roepen op om militair in te grijpen, maar problematiseren tegelijkertijd de moslimjongeren die de daad bij het woord voegen. Het mediadebat schijnt echter niet te gaan over wat jongeren in de armen van religieuze activisten en verzetsstrijders drijft, noch over de positie van onze overheid in deze oorlog. De focus lag eenzijdig op wat we moeten doen als ‘de geradicaliseerde elementen’ terug zouden komen naar ons dorp. Het actief opsporen van vreemde nummerplaten, verdachte buren, lange baarden, het ontnemen van de nationaliteit van hier geboren burgers, werden als oplossingen naar voor geschoven. Dit alles terwijl de grootste partij van ons land de Vlaams nationalistische radicalisering expliciet als programmapunt aanprijst en de extreem-nationalistische en neonazistische bewegingen nog nooit zo sterk hebben gestaan in Europa sinds de Tweede Wereldoorlog. Blijkbaar is de ene radicalisering niet even verontrustend als de andere. Wanneer is iets radicaal, vanaf wanneer wordt het een probleem en wie bepaalt dit?

 

Hasna Ankal is als journaliste gestart bij het jongerenpersagentschap StampMedia, maar schrijft ondertussen voor het Belang Van Limburg en is redractrice bij al.arte.magazine. Zij volgt de actualiteit in België en Marokko op de voet.

Brahim Laytouss is imam en voorzitter van de moskee en educatief centrum Al Markaz et- Tarbawi aan de Elyzeese Velden in Gent. Momenteel doctoreert hij aan de Universiteit van Antwerpen rond islamitische bewegingen in Vlaanderen.

Wanneer? 29 oktober 2013 om 20:00

Waar? Pianofabriek, Fortstraat 35, 1060 Sint-Gillis

Toegang: 5 euro, 4 euro (studenten en werkzoekenden)/ 1,25 euro (art.27)

Een initiatief van de Pianofabriek ism Kif Kif, Masereelfond en Mo* Magazine

 

Analyse

Tel-Aviv, Miroir des tensions originelles de la société israélienne ou «bulle »  rédemptrice ? Métaphores socio-historiques d’une ville-monde

Par Sébastien Boussois, senior advisor à l’Institut MEDEA, chercheur associé à l’ULB et au Centre Jacques Berque (Rabat)

Tel-Aviv a tout d’une grande capitale, mais pour des raisons politiques, elle ne l’est pas : c’est Jérusalem pour Israël(2). Pourtant, avec plus de trois millions d’habitants, la zone urbaine de Tel-Aviv qui regroupe 250 communes,constitue la plus grosse ville juive au monde, devançant largement New-York.Tour à tour symbole de la conquête sioniste, de la résistance politique juive à son environnement géopolitique arabe, de l’idéal collectiviste et socialiste,puis de l’entreprise néolibérale et spéculative, la ville blanche est prise dans de nombreuses contradictions qui n’en font nullement, comme toute grande agglomération, un espace homogène et égalitaire pour l’ensemble de ses concitoyens.

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Par Sébastien Boussois, senior advisor à l’Institut MEDEA, chercheur associé à l’ULB et au Centre Jacques Berque (Rabat)

Paru dans Eurorient, n°43, L’Harmattan, 2013.

« Was I sitting in Jaffa or Tel Aviv ? I couldn’t be sure.
(…)The relationships between ancient Jaffa and twentieth century
Tel-Aviv is a metaphor for that between Israel and
the Palestinians »

                                                                                                                                                                           Adam Lebor(1)

Tel-Aviv a tout d’une grande capitale, mais pour des raisons politiques, elle ne l’est pas : c’est Jérusalem pour Israël(2). Pourtant, avec plus de trois millions d’habitants, la zone urbaine de Tel-Aviv qui regroupe 250 communes,constitue la plus grosse ville juive au monde, devançant largement New-York.Tour à tour symbole de la conquête sioniste, de la résistance politique juive à son environnement géopolitique arabe, de l’idéal collectiviste et socialiste,puis de l’entreprise néolibérale et spéculative, la ville blanche est prise dans de nombreuses contradictions qui n’en font nullement, comme toute grande agglomération, un espace homogène et égalitaire pour l’ensemble de ses concitoyens.Elle est peut être devenue la ville la plus libre et tolérante d’Israël et de la région mais avec de fortes tensions originelles, le pari était loin d’être gagné. Il suffit d’observer Tel-Aviv de l’avion, son caractère déstructuré, ce front de mer bétonné, ses quartiers entiers de bâtiments à deux ou trois étages, aux allures vieillottes et non rénovées et au sud, Jaffa, pour s’en rendre compte. La city, au nord, tranche en effet avec la colline de Yafo. Vidée de ses habitants arabes en 1948, entièrement réhabilitée, elle brille de mille feux, avec sa place de village,son église franciscaine, son minaret et son joli front de mer méditerranéen.Du ciel, le choc architectural général est violent et témoigne de l’histoire mais aussi des clivages socio-économiques. « C’est la ville laide la plus belle de la planète »(3) affirmait Yoel Marcus, éditorialiste au Haaretz, journal libéral israélien de gauche, à propos de « sa » ville en 2007. Le vieux tranche avec le neuf, le classé avec l’inclassable, et les maison bauhaus des années 1920 avec les tours de bureaux aux allures déconstruites voire détruites. Il nous faut revenir sur quelques éléments préliminaires pour comprendre cette ville complexe qui a certes le mérite de bouger, mais peut être un peu trop vite pour que toutes les strates sociales qui l’habitent parviennent à suivre.

Une ville de contradictions socio-historiques 

D’emblée, la question peut paraître provocante, mais elle permet de poser le sujet : après un siècle d’existence, il convient de revenir sur l’histoire de cette ville-monde en en soulevant les contradictions, les déséquilibres et les déchirements internes. Capitale reconnue par la communauté internationale, Tel-Aviv s’est constituée sur un socle socio-géographique arabe dont Jaffa est le parangon de la politique de « désarabisation » de la terre de Palestine depuis le début du XXe siècle. Puis de nombreuses strates ethniques et culturelles se sont greffées à la société originelle. De ces tensions sociétales complexes, elle est parvenue pourtant à devenir un espace de respiration dans le pays. Tandis que beaucoup idéalisent cette « bulle » comme le reflet du caractère libéral et pluri-culturel de Tel-Aviv, la droite religieuse et nationaliste y voit d’abord un repère de gauchistes, de post-sionistes, de mécréants, et de Juifs peu soucieux des traditions séculaires du peuple hébreu.

Avec les pogroms en Russie, l’antisémitisme et le génocide en Europe, et la « menace démographique » arabe, il fallait peupler la terre d’Israël. La question de l’immigration en Israël est intéressante pour au moins quatre raisons : le jeune âge du pays (64 ans) ; l’étroitesse de ce dernier et son « encerclement » géographique symbolique et réel ; l’importation en Orient d’un modèle social européen et la question de l’adaptation à son environnement de toute une population peu rouée au Moyen-Orient ; la cohésion de tant de segments socio-ethniques différents de par leur origine,leur religion et leur culture et leur regroupement massif dans une grande métropole comme Tel-Aviv. Du peuplement d’un foyer juif à la fin du XIXe siècle à la création de l’État en 1948, de l’immigration mythique des Juifs qui arrivent dans un pays neuf sacralisé et qui fait rêver à la poursuite permanente de l’alya des Juifs du monde entier en terre d’Israël grâce à la loi du retour, en passant par l’immigration économique essentiellement non-juive après l’effondrement du bloc soviétique4 et par les famines en Éthiopie(5) : avec un rythme d’immigration aussi soutenu, la société israélienne trop hétérogène est au bord de l’implosion.Un siècle c’est beaucoup et peu à la fois pour une ville. La relative jeunesse de Tel-Aviv peut difficilement laisser supposer que la « colline du printemps »(6) ait pu être le résultat admis par tous et pour tous d’une lente agrégation des différentes strates sociales locales et immigrées qui composent aujourd’hui la région. Il fallait parer à l’urgence, et le produit de cette immigration accélérée a conduit à une urbanisation elle aussi accélérée, voire chaotique, bien loin des fondements idéologiques du sionisme laïc chers aux pionniers plus ruraux et aux Juifs du Yichouv du temps de la Palestine mandataire. Pourtant, cette main d’oeuvre devait servir la terre jusqu’à ce que la société s’urbanise et se tertiarise. Tel-Aviv reflète assez bien ce que la société israélienne est devenue : urbanisée,individualisée, paupérisée et déstructurée, aux antipodes des idéaux sionistes ruraux, socialisants et collectivistes pour la prospérité du plus grand nombre. Ainsi Tel-Aviv est devenue la plus grande mégalopole de l’État juif, et non plus de l’État des Juifs7 comme Herzl l’avait imaginé,c’est-à-dire le symbole d’un État laïc destiné à accueillir tous les Juifs dans une logique d’Etat-nation. Le pays est devenu depuis un État guidé par la ségrégation sociale et religieuse, sans mariage civil et avec loi du retour qui permet à tout juif d’être accueilli. Quelle place alors dans cet État dit « juif et démocratique » pour toutes les minorités qui ne seraient pas juives ou pas totalement juives au regard de la stricte loi juive, la Halakha, et en particulier pour les Arabes ?

                           « La différence des citoyens arabes est aussi le fait de l’État. En partie liée aux
                                impératifs sécuritaires (…), la différence prend plus profondément sa source
                                 dans la conception de l’État mise en oeuvre par les pères fondateurs d’Israël. »
                                                                       (LOUER, 2003, p. 20)

Une ville fière de ses libertés dans une région hostile : forces et faiblesses de la « bulle »

On retient pourtant aujourd’hui de Tel-Aviv son côté européen ashkénaze, jeune, opulent, branché et décalé en marge des tensions régionales et nationales. Symbole de liberté dans la région, elle ne l’est pas vraiment pour les Arabes et les Musulmans, qui y voient encore la provocation ultime de ce que l’opération de conquête européano-sioniste a généré de plus occidental et colonialiste dans la région. Quand des missiles tombent sur Tel-Aviv lors de la seconde guerre du Golfe en 1991, quand, dans une diatribe anti-israélienne prononcée lors d’une conférence en 2005, Mahmoud Ahmadinejad menace Tel-Aviv et appelle à rayer Israël de la carte, et quand le Hezbollah menace Tel-Aviv, c’est tout le pays qui est visé : Tel-Aviv devient Israël, Israël devient Tel-Aviv, le symbole juif et israélien qu’il faut détruire.Côté juif, Tel-Aviv n’est guère plus appréciée de la droite nationaliste et des ultra-orthodoxes qui y voient un lieu de débauche, une nouvelle Sodome et Gomorrhe. En effet, Tel-Aviv a été élue première destination touristique gay au monde dans une récente enquête(8). On y organise la venue de charters entiers de gays du monde entier. Si l’on parle d’une bulle pour les Israéliens-relativement privilégiés qui de là y oublient la guerre avec les Palestiniens,le Hamasthan et même l’occupation des Territoires, c’est que l’on doit bien reconnaître que la ville est un havre de paix et de loisirs, où il y fait bon vivre en toute saison, grâce à son climat, ses espaces verts, ses commerces,ses animations, ses attractions, sa cuisine, et sa joie de vivre : en deux mots,son atmosphère méditerranéenne. Les minorités sexuelles y vivent librement contrairement à ce qui se passe dans la région puisque l’on y trouve boites branchées, saunas gays, mais également sex shops ou spectacles de strip-teases divers. La plage du Hilton est réputée pour y être un lieu de drague gay tout comme le parc de l’Indépendance, considéré selon l’universitaire israélien Amir Fink comme un symbole de la libération homosexuelle dans le pays et comme « le lieu de rencontres gay le plus connu d’Israël »(9).chaque année la gay-pride de Tel-Aviv fait le plein, et elle a désormais même essaimé à Jérusalem ; ce qui n’est pas sans poser à chaque évènement quelques tensions et heurts entre les manifestants et les ultra-orthodoxes de Méa-Sharim comme en 2005 lorsqu’un « ultra » a poignardé trois d’entre eux10. Tel-Aviv est la bulle qui essaime, mais elle subit parfois aussi en son sein les contrecoups deson « arrogance » libérale. Un autre juif religieux commettait une fusillade au Centre gay et lesbien de Tel-Aviv le 1er août 2009, faisant malheureusement deux morts(11).Pourquoi avoir fait le choix d’évoquer cette ville dans cet ouvrage collectif consacré aux villes en guerre ? Malgré le vent de liberté qui souffle sur elle et malgré la bulle qu’elle constitue à l’échelle du pays, Tel-Aviv mène quand même sa guerre du quotidien après avoir parcouru un long chemin de combats socioéconomico-politiques en un siècle. Elle est faite de contradictions, des fruits d’une construction contre-nature en un temps record et qu’elle est devenue un puissant instrument politique au détriment des Arabes, des marginaux et des pauvres de ce pays. Tel-Aviv est parvenue, en partie, à sublimer ces tensions et rayonne à l’extérieur ; elle est une vitrine, et se révèle être aussi lorsque l’on creuse un peu un spectre exhaustif des tensions qui traversent la société israélienne et un excellent prisme des failles qui traversent le modèle sioniste depuis trente ans. Dans le même temps, la ville n’a jamais aussi bien défendu les couleurs de la liberté et de l’égalité dans une région aux multiples blocages identitaires, sociaux en termes de droits fondamentaux. Retour sur une ville aux multiples paradoxes et parfois à la limite de la schizophrénie.

(1) Adam Lebor (2006), City of Oranges Arabs and Jews in Jaffa, Londres, Bloomsbury.

(2) Les Juifs ont toujours rêvé de Jérusalem comme symbole du retour à la Terre sainte, mais
aussi comme capitale réunifiée du peuple d’Israël. Les sionistes ont fait de la ville sacrée
leur capitale malgré le désaveu de la communauté internationale qui reconnaît Tel-Aviv et
pose la question en suspens de la future capitale de l’État palestinien. En attendant, siège
du gouvernement et parlement, la Knesset sont à Jérusalem alors que toutes les ambassades
étrangères sont à Tel-Aviv.
(3)- Haaretz, 19 juillet 2007.

(4)- Près de 1 200 000 de russophones débarquent en Israël d’ex-URSS et d’Ukraine, la plupart
sans culture juive.
(5)- Ces famines ont conduit les Falashmuras, descendants mythiques du Roi Salomon et de la
reine de Saba, à s’installer en Israël. Aujourd’hui, ils vivent une vraie crise identitaire et font
partie des couches les plus défavorisées de la population.
(6)- « Tel-Aviv » en hébreu.

(7)- Titre de l’essai du journaliste autrichien, devenu père du sionisme et inspirateur de la création d’Israël en 1896.

(8)- Compagnie aérienne American Airlines.

(9)- Pour plus d’informations, lire l’ouvrage de A.S Fink et J. Press (1999), Independance Park,

the lives of gay men in Israel, Stanford, Stanford University Press.

(10)- http://www.fugues.com/main.cfm?l=fr&p=100_Article&article_id=18541& rubrique
_ID=75

(11)- http://www.lexpress.fr/actualite/monde/attentat-homophobe-meurtrier-a-tel-aviv_ 77
8188.html

à suivre …

 

Egyptian security forces storm Kerdasa to expel pro-Morsi militants from tourist town – 19/09/2013 – The Independent 

Des forces de sécurité égyptiennes soutenues par des véhicules blindés et des hélicoptères ont pris d’assaut une ville touristique près des Grandes Pyramides aujourd’hui. Le raid faisait partie d’une campagne renouvelée  par le gouvernement soutenu par des militaires pour dénigrer les partisans Islamistes armés du président évincé, Mohammed Morsi.

Bahrain opposition pulls out of dialogue with government– 19/09/2013– Al- Monitor

Compte tenu des méthodes de sécurité désescalade récemment adoptées par les autorités du Bahreïn, de l’opposition politique du pays a annoncé hier [septembre 18] qu’ils ont suspendu indéfiniment leur participation au dialogue national, affirmant que cette décision fera l’objet d’un réexamen constant, aux développements politiques et de sécurité dans le pays.

L’autre visage de l’Iran19/09/2013– Le Point

Depuis l’élection du président « modéré » Hassan Rohani, la République islamique multiplie les gestes d’ouverture. Ruse ou véritable tournant ? « Oubliez l’affreux Ahmadinejad et faites place au doux Rohani. » C’est en substance le message que souhaite désormais faire passer la République islamique à l’Occident depuis juin dernier et l’élection à la présidence de son « mollah modéré ». C’est que, contrairement à son prédécesseur ultra-conservateur, la victoire massive de Hassan Rohani dès le premier tour du scrutin ne souffre d’aucune contestation. « Le régime a cette fois jugé qu’il ne pouvait pas écraser les aspirations de la population comme ce fut le cas en 2009 », affirme au Point.fr François Nicoullaud ,ancien ambassadeur de France en Iran.

Zeven vragen over de voortdurende ‘oorlog tegen Syrië’19/09/2013– Dewereldmorgen

L’attaque de l’armes chimiques du 21 Août a Damas a réintroduit le conflict sur l’agenda politique. Il y avait des réactions indignées partout dans le monde sur cette attaque avec des armes non conventionelles qui ont fait quelque 1400 victimes. En outre, les Etats-Unis et la Russie étaient sur une trajectoire de collision. Alors que les Etats-Unis rendent coupable le régime de Assad, qui dépassé une ‘ligne rouge’, la Russie continu a soutenir son allié.

Divisions emerge among Syrian Kurdish groups– 19/09/2013 Al- Monitor

Divisions émergent entre les groupes kurde syriens. Le leader du parti de l’union démocratique kurde , Salih salim a déclaré a Al Hayat en 18 septembre ,qu’il est prêt à coopérer avec le gouvernement intérimaire de l’opposition Syrienne qu’Ahmed Tohme essaye de former . En plus , Il a ajouté qu’il était pas concerné de l’accord signé entre la coalition nationale syrienne et le Conseil National Kurde et qu’il est pas lié ou responsable de ces répercussions actuelles .

 

L’autre visage de l’Iran -19/09/2013- Le point.fr

Since the election of the « moderate » president Hassan Rohani , the islamic republic multipies the opening gestures . Cunningness or a real turning point ?

« Forget the dreadful Ahmadinejad and make place for the gentle Rohani

It is the message that the Islamic republic wishes to transmit to the West from last june and the presidential election of their ‘gentle mollah ‘ , which in contrast of his ultra-conservative predecessor , The massive victory of Hassan Rohani since the first round doesn’t suffer from any contestating . «  this time the regime proved that it can not crush the people’s aspiration as in the case of 2009 » said François Nicoullaud , Former France embassador in Iran in Point.fr

Bahrain Opposition Pulls Out Of Dialogue With Government-19/09/2013- Al-Monitor

In light of the Bahraini authorities’ recently adopted escalatory security methods, the country’s political opposition announced yesterday [Sept. 18] that they are indefinitely suspending their participation in the national dialogue, saying that this decision will be subject to continuous review in light of the political and security developments in the country.

Egyptian security forces storm Kerdasa to expel pro-Morsi militants from tourist town-19/09/2013- The Independent 

Egyptian security forces backed by armoured vehicles and helicopters stormed a tourist town near the Great Pyramids today. The raid was part of a renewed campaign by the military-backed government to put down armed Islamist supporters of the ousted president, Mohammed Morsi.

Zeven vragen over de voortdurende ‘oorlog tegen Syrië‘-19/09/2013-Dewereldmorgen

The attack with chemical weapons on August 21 in Damascus brought the Syrian conflict back on the political agenda. There was wordwide outrage on this attack with non-conventional weapons that made an estimated 1400 victims. Moreover, the United States and Russia were on a collision course. While the U.S. lay the blame on the Assad-regime, that exceeded a ‘red line’, Russia keeps supporting its ally.

Divisions Emerge Among Syrian Kurdish Groups-19/09/2013- Al-Monitor

The leader of the Kurdish Democratic Union Party (PYD), Salih Muslim, told Al-Hayat on Sept. 18 that he is willing to cooperate with the interim government of the Syrian opposition that Ahmad Tohme is working to form. Moreover, he said that he is not concerned with the agreement signed between the Syrian National Coalition and the Kurdish National Council (KNC) and that he is « not bound by it or responsible for its actual repercussions.”