05/09/2013

Une journée de colloque sur « Les pays du Conseil de Coopération du Golfe, nouvelles puissances du monde arabe » à la mairie de Paris, le 6 septembre 2013

Les ambitions des Etats du Conseil de Coopération du Golfe semblent n’avoir aucune limite. Il suffit de jeter un œil par le hublot, en arrivant, par exemple, à Dubaï, pour comprendre la puissance économique d’une région qui se veut le nouveau centre de la mondialisation, un pont entre l’Occident et l’Asie. Tout est démesuré dans la péninsule Arabique : les gratte‐ciel, des villes symboles de l’hyper urbanité… Mais les excès de la rente pétrolière et d’un développement économique agressif se sont transformés, pour Washington ou Paris, en une nouvelle voix arabe. Les leaders de la région le savent, et pensent représenter un nouveau rêve arabe, un peu à la manière d’un american dream, de l’american way of life.

Ces excès créent aussi des préjugés sur des sociétés très peu connues de l’intérieur et réduites à une vision médiatique : l’Arabie saoudite serait un pays de fanatiques religieux et, aux Émirats arabes unis, tout le monde roulerait en voiture de luxe. C’est oublier la réalité des sociétés, certes conservatrices, mais plus complexes qu’on ne le croit, où les débats publics sur la notion de citoyenneté existent, bien qu’aucun de ces pays ne soit une démocratie. Et ce rêve d’être la nouvelle puissance arabe a aussi ses limites : la crise économique n’a pas épargné les pays du Golfe et les révolutions en Tunisie et en Égypte ont montré que des pays comme l’Arabie saoudite sont de solides monarchies qui n’accepteront aucune fitna, ou division, un interdit islamique. Pourtant, la contestation est là, comme au Koweït, qui peine à être un « modèle démocratique » pour la région. Et l’omniprésent Qatar : qu’en est-il vraiment de cette « puissance » ?

Après son ouverture par l’ancien ministre des Affaires étrangères français, Hubert Védrine, cette journée d’étude est organisée en quatre tables rondes. Chacune est introduite par la définition de la problématique et des enjeux et la présence de nombreux intervenants prestigieux nourrira le débat. Une première traitera des pays du CCG comme nouvelle puissance mondiale ; une seconde sur l’Arabie saoudite et le modèle monarchique en question ; ensuite une troisième sur les ambitions mondiales des Emirats avec le cas du Qatar ; enfin une dernière table traitera des Etats du Golfe après le « Printemps arabe ».

Organisé en partenariat avec le Cercle des Chercheurs sur le Moyen-Orient (CCMO), et la revue Moyen-Orient, avec l’accueil et l’appui de la Mairie de Paris, ce colloque est ouvert à tous sur simple inscription (inscriptions@ccmo.gmail.com).