07/10/2013

Tunisie : le grand jour d’octobre

Par Meriem Ben Lamine, enseignante chercheur à l’Université de Tunis.

Le Samedi  5 octobre 2013 était un grand jour en Tunisie, en effet, 24 partis représentés au sein de l’Assemblée Nationale Constituante ont entamé le dialogue national supposé durer 4 semaines pour faire sortir la Tunisie de la crise politique consécutive à l’assassinat du député Mohamed Brahmi et arrêter  « l’hémorragie » de l’économie.
Un dialogue national entre la Troika et l’opposition qui se base sur la feuille de route proposée par le quartet parrain du Dialogue national, à savoir l’Union Générale des Travailleurs Tunisiens ( UGTT), l’Union Tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat (UTICA), la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme ( LTDH) et l’Ordre des avocats. Le quartet, a présenté en septembre, une feuille de route, dans le préambule de sa feuille de route, le Quartet indique  que : «L’objectif est de faire prévaloir l’intérêt supérieur de la nation en adoptant une démarche consensuelle afin de parvenir à des élections transparentes garantissant une compétition politique pacifique et équitable».
La première feuille de route a proposé ce qui suit : la tenue d’une première session de dialogue en présence des trois présidents et des représentants des partis politiques à l’Assemblée nationale constituante; la composition d’un gouvernement de compétences présidé par une personnalité nationale indépendante; le nouveau gouvernement bénéficiera de toutes les prérogatives pour la gestion du pays et n’acceptera aucune motion de censure à son encontre, sans la signature de la moitié des membres de l’Assemblée Nationale Constituante ; la poursuite des travaux de l’Assemblée nationale constituante dans un délai ne dépassant pas les quatre semaines, à compter de la date de la première session du Dialogue national; la sélection définitive des membres de l’Instance supérieure indépendante pour les élections; L’approbation de la loi électorale dans un délai de deux semaines; la planification des prochaines élections; L’achèvement de la rédaction de la Constitution et son approbation dans un délai de quatre semaines avec la collaboration d’une commission d’experts; le démarrage des concertations pour la nomination d’une personnalité indépendante à la tête du gouvernement qui devra par la suite effectuer des consultations pour former son gouvernement ; le gouvernement actuel devra présenter sa démission dans un délai de trois semaines à compter de la date du démarrage de la première session du Dialogue national; les partis politiques s’engagent à poursuivre le Dialogue national sous les auspices des quatre parrains de l’initiative.
A la suite du refus d’Ennahda de cette première initiative, le quartet a élaboré une nouvelle feuille de route. Le nouveau plan de sortie de crise comporte plusieurs modifications par rapport à la première initiative. La condition de la démission préalable de l’actuel gouvernement comme préalable au lancement d’un dialogue national a été, en effet, remplacé par un engagement solennel de la part de l’actuel Chef du gouvernement à démissionner dans un délai de 15 jours à compter de la date du choix d’une personnalité nationale indépendante pour diriger le futur gouvernement. Ce choix qui doit obligatoirement être consensuel devrait avoir lieu dans le cadre du dialogue national. Le nouveau Premier ministre aura ainsi quinze jours pour former un gouvernement de compétences nationales.
Ainsi, seules quatre questions ont été retenues et qui vont être débattues autour de la formation d’un gouvernement de compétences nationales présidé par une personnalité indépendante. Les membres de ce gouvernement ne seront pas candidats aux prochaines élections, l’annonce par le  gouvernement de sa démission dans un délai maximum de trois semaines et enfin, le parachèvement par l’Assemblée Nationale Constituante, dans un mois de l’adoption de la constitution, de la future loi électorale et la composition et l’installation de l’Instance Supérieure Indépendante des Elections.
Les partis pourront-ils pour une fois mettre de coté leur intérêt et trouver le chemin du consensus sur les différents points de la feuille de route ? Le plus dur a commencé.