18/03/2014

Les nouvelles frontières de l’eau : eaux souterraines, climat et sécurité

Le Conseil supérieur de la Formation et de la Recherche stratégiques (CSFRS) et la Fondation pour la recherche stratégique organisent le séminaire suivant, auquel participe Sébastien BOUSSOIS, de l’Institut MEDEA :

«Les nouvelles frontières de l’eau : eaux souterraines, climat et sécurité»

Programme : en cliquant ici.
Quand ? : mardi 18 mars 2014, de 9h à 12h45.
Où ? : Amphithéâtre Louis, Ecole militaire. 5, place Joffre. 75007 Paris (métro 8 « Ecole militaire). Une pièce d’identité sera demandée à l’entrée.
Langues : Français.
Inscription obligatoire : compléter le formulaire en ligne, ou écrire à seminaire_eau@frstrategie.org
Présentation :

Les aquifères partagés entre plusieurs États dessinent de nouvelles frontières invisibles de l’eau, dont les ressources sont tout aussi primordiales pour les usages domestiques et l’irrigation que les eaux de surface.

Initier des coopérations régionales relatives aux aquifères transfrontaliers s’impose comme un enjeu international de premier plan. Objet interétatique encore mal connu, la prise de conscience récente de leur importance croît à mesure que la concurrence et les tensions pour les eaux de surface s’intensifient.

La gestion des aquifères partagés se compare pour l’instant à un puzzle dont chaque État possède des pièces sans vision d’ensemble. Hormis quelques exceptions (Système Aquifère du Sahara Septentrional, Système Aquifère du Guarani, Système Aquifère de l’Iullemeden notamment), les incertitudes de connaissance prédominent. La caractéri¬sation par un pays de la partie d’un aquifère sur son territoire est en effet déjà très inégale. Ces lacunes compliquent les perspectives d’une modélisation (caractéristiques, usages) des systèmes d’eaux souterraines transfrontières, première étape d’une coopération interétatique.

La dimension transfrontalière des aquifères partagés est au mieux minorée, et le plus souvent ignorée, par les États concernés. La méconnaissance des caractéristiques des aquifères transfrontaliers favorise l’inaction, et limite pour l’instant l’intensité des tensions interétatiques. Mais cette dernière pourrait s’amplifier à mesure que la dépen¬dance aux eaux souterraines s’accroît.

Dans le même temps, les eaux souterraines transfrontalières constituent une terre vierge pour la coopération à plusieurs égards. Tout d’abord, les aquifères partagés ne souffrent pas (ou récemment) d’un historique de revendications et de tensions comme c’est généralement le cas pour les bassins de surface. L’absence de perception de la dimension transfrontalière des aquifères évite également un regard trop stratégique sur les ressources en eau qu’ils contiennent… Terre vierge ensuite pour la formalisation de la coopération : une initiative de coopération pour des eaux souter¬raines aura le choix, en fonction des contextes régionaux, entre partir d’une feuille blanche en créant un organisme dédié à la gestion conjointe des aquifères, et bâtir en s’appuyant sur des institutions existantes (traitant par exemple des eaux de surface partagées). L’indispensable phase d’amélioration des connaissances favorise enfin une rationalisation scientifique des enjeux relatifs aux eaux souterraines, ce qui est rarement possible dans le domaine très polarisé du partage des eaux de surface. Établir la confiance mutuelle nécessaire à une nouvelle coopération régionale exige ainsi la compréhension mutuelle, par les États d’un système aquifère, de leurs besoins et demandes réciproques. Vision politique et vision scientifique ne peuvent alors être dissociées.