Géopolitique

Syrie : scénarios et options pour une sortie de crise (Partie 1)

Par Thomas Pierretchercheur associé, maître de conférence à l’Université d’Edimbourg

En dépit des vœux pieux encore exprimés ici et là, l’échec des pourparlers de paix tenus en Suisse en février dernier met vraisemblablement un terme à tout espoir de résolution diplomatique du conflit syrien à brève échéance. Face à cette impasse, trois options s’offrent aux pays occidentaux : continuer d’assister au pourrissement du conflit ; miser sur un rétablissement du régime de Bachar al-Assad ; intervenir militairement soit de manière directe, soit via l’armement de l’opposition.

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Par Thomas Pierret, chercheur associé, maître de conférence à l’Université d’Edimbourg

La deuxième partie est accessible ici.

En dépit des vœux pieux encore exprimés ici et là, l’échec des pourparlers de paix tenus en Suisse en février dernier met vraisemblablement un terme à tout espoir de résolution diplomatique du conflit syrien à brève échéance. Face à cette impasse, trois options s’offrent aux pays occidentaux : continuer d’assister au pourrissement du conflit ; miser sur un rétablissement du régime de Bachar al-Assad ; intervenir militairement soit de manière directe, soit via l’armement de l’opposition. Aucune de ces options n’est attirante, mais on avancera néanmoins ici l’idée que la dernière est la seule à ouvrir des perspectives de résolution du conflit à court ou moyen terme.

L’échec des négociations de Genève 2 s’explique par une cause dramatiquement simple, à savoir le refus du régime syrien de considérer un partage du pouvoir et une transition politique telle que proposée dans le communiqué de Genève 1 en juin 2012. Par ce dernier, Américains et Russes se prononçaient en faveur de la création d’une autorité transitoire mixte composée de membres du régime et d’opposants. C’était là un compromis raisonnable car assurant une transition graduelle d’un régime politique exclusif à un système inclusif. Compromis raisonnable, certes, mais néanmoins inacceptable pour le clan Assad, qu’un tel accord aurait nécessairement marginalisé en lui retirant le pouvoir sans partage qu’il exerce sur la Syrie depuis quarante-quatre ans. Ce pouvoir exclusif, Assad fils s’apprête à le réaffirmer à travers une pseudo-élection présidentielle prévue pour juin, dont la conséquence inévitable sera d’anéantir les derniers vestiges du processus de Genève.

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© AFP/Jean-Marc Ferre. La conférence de Genève-2 s’est soldée par un échec. Le régime est resté sur une position intransigeante, refusant tout partage du pouvoir.

L’intransigeance du clan présidentiel tire profit des craintes de la minorité alaouite, à laquelle il appartient, quant aux menaces associées à une prise du pouvoir par l’opposition sunnite. Après trois ans de massacres perpétrés contre la base populaire de cette opposition par des forces loyalistes à dominante alaouite, de telles menaces ne relèvent pas du fantasme. Toutefois, la transition politique qui devait être discutée à Genève constituait précisément une chance unique de sortir du conflit tout en offrant des garanties de sécurité aux alaouites.

Que Genève 2 ait buté sur la question du partage du pouvoir vient rappeler que le moteur premier du conflit syrien est d’ordre interne. Il est utile de s’en souvenir contre l’idée d’une simple « guerre par procuration » où les puissances régionales (Iran, monarchies du Golfe et Turquie) auraient transformé une crise politique interne relativement bénigne en guerre civile impitoyable. Selon ce raisonnement, la clé de la paix en Syrie résiderait dans la résolution préalable des tensions entre les puissances régionales qui s’y affrontent. Il faut en réalité inverser cette logique : ce sont les dynamiques internes du conflit syrien qui ont attiré les interventions extérieures et ont, en retour, approfondi les lignes de faille régionales. Il suffit pour s’en convaincre de rappeler que le Qatar et la Turquie, aujourd’hui piliers de l’axe sunnite rangé derrière l’opposition, entretenaient avant 2011 d’excellentes relations avec les régimes syrien et iranien.

Une autre leçon de Genève 2 fut de donner tort à ceux qui attendaient encore des alliés russe et iranien d’Assad qu’ils jouent un rôle constructif dans la résolution de la crise. L’Iran, totalement aligné sur Damas, n’a jamais accepté le principe de transition politique énoncé à Genève 1, principe qu’ont en revanche endossé les États-parrains de l’opposition. Quant à la Russie, elle est de facto revenue sur son soutien initial au processus en appuyant les prétentions d’Assad à rester indéfiniment au pouvoir. Il ne faut donc attendre aucune concession d’Assad et de ses alliés à court ou moyen terme. À l’heure actuelle, la situation militaire leur est relativement favorable et l’on voit donc mal pourquoi les intéressés abandonneraient par la négociation ce qu’ils peuvent conserver par la force.

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© Reuters. La Russie, à travers son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov (à droite), soutient militairement et politiquement le régime d’Assad. Ici, avec son homologue syrien, Walid al-Mouallem.

Si, à l’avenir, Assad devait subir d’importants revers militaires, il conserverait la possibilité d’établir un mini-État alaouite sur la côte. La Russie et à l’Iran accepteraient volontiers une telle solution afin de sauvegarder ce qui pourrait l’être de leur influence dans la région. En effet, penser que les intérêts de ces deux pays pourraient être « garantis » dans une Syrie post-Assad unifiée ne fait guère de sens : un régime élu serait certainement hostile à Téhéran et Moscou eu égard à leur implication dans les crimes du pouvoir actuel, et l’idée que les intérêts syriens des États concernés pourraient être garantis par un accord international est à la fois politiquement problématique, car incompatible avec le principe de souveraineté nationale, et irréaliste, puisque les Occidentaux n’ont tout simplement pas assez de pouvoir sur le cours des événements pour être capables, quand bien même ils le souhaiteraient, de « garantir » quoi que ce soit à leurs interlocuteurs russes et iraniens. Ces derniers se prêteraient d’autant plus au jeu d’une partition territoriale de la Syrie qu’une telle option serait en harmonie avec leurs traditions respectives en matière de politique étrangère : on connaît la propension de Moscou à encourager le fractionnement des État qui sortent de sa sphère d’influence (avant la Crimée, il y eut l’Ossétie du Sud, l’Abkhazie et la Transnistrie) et, du Liban à l’Irak en passant par la Syrie, Téhéran a systématiquement misé sur des acteurs miliciens, entraînant ipso facto l’affaiblissement de l’État central.

Renoncer à l’illusion d’une contribution russe ou iranienne à la résolution du conflit implique également d’abandonner une option associée à l’idée de règlement diplomatique, à savoir l’imposition d’un embargo sur les armes à destination des deux parties. Premièrement, si les Occidentaux imposaient à leurs alliés régionaux d’observer un tel embargo, il y aurait de fortes chances que l’exemple ne soit pas suivi par le camp d’en face et que l’Iran et la Russie continuent d’armer Assad. Même s’ils arrêtaient de le faire, le régime syrien aurait assez en réserves, sans parler de ses industries militaires encore fonctionnelles, pour continuer le combat pendant des mois voire des années. En pratique, donc, un double embargo sur les armes donnerait à Assad un avantage qu’il chercherait à exploiter pour remporter une victoire totale contre les insurgés. En d’autres termes, un double embargo conduirait à une escalade du conflit plutôt qu’à un apaisement. De plus, il n’affaiblirait que les groupes rebelles approvisionnés en armes par des États, sans donc affecter les islamistes les plus radicaux, dont les réseaux logistiques sont privés et en grande partie clandestins.

 

Par Marjon Goetinck, Institut MEDEA

Le réseau belge de la Fondation Anna Lindh, coordonné par l’Institut MEDEA a participé à un rassemblement important sur le thème de « l’Art, Instrument & Expression des transformations sociales» du 10 au 12 avril dernier. Cet événement était organisé par le réseau marocain de la Fondation Anna Lindh avec le soutien de l’Union européenne et des autorités locales du Royaume du Maroc. Les organisations de la société civile de 7 pays euro-méditerranéens se sont rencontrées à Taroudant (Maroc), ville multiculturelle et multiconfessionnelle au Sud du Maroc.

Plus de 120 participants de Belgique, d’Espagne, d’Irlande, du Luxembourg, du Maroc, de Suède et de Tunisie provenant de 62 organisations membres travaillant dans le domaine de la culture et des arts se sont réunis pour célébrer la diversité des instruments et expressions artistiques et l’héritage commun de la région. De plus, cette initiative visait à mobiliser la société civile locale et à créer des opportunités pour la communauté locale à travers des ateliers dans des écoles, des espaces pour les bonnes pratiques, des spectacles de rue et des expositions artistiques.

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Plus de 120 personnes ont participé au festival culturel de Taroudant. La création artistique et l’idée de communauté culturelle méditerranéenne sont au coeur des bouleversements en cours dans la région, et ont été mis en avant lors du festival.

A l’inauguration du festival, en présence d’El Habib Choubani, ministre marocain chargé des relations avec le Parlement et la société civile, Mohamed Fahmi, chef de file du réseau marocain de la Fondation Anna Lindh, explique que « cet événement s’inscrit dans le nouveau contexte d’engagement civique présent dans la région méditerranéenne et les transformations profondes dans nos sociétés euro-méditerranéennes».

Certes, les soulèvements qui se sont déroulés depuis 2010 et dont certains se poursuivent dans de nombreux pays méditerranéens, ont affecté directement l’histoire contemporaine, ainsi que le paradigme de la coopération culturelle entre les deux rives de la Méditerranée. Toute une génération d’écrivains et d’artistes jeunes et audacieux a de plus en plus recours à la scène pour créer un dialogue social et ouvrir des espaces de contestation et de subversion.[1] Mais la rue est aussi devenue un lieu central pour répandre la culture, pour se différencier des lieux habituels de représentation. Des espaces urbains ont émergé comme des pépinières suscitant de nouvelles idées et des changements positifs. Dans ce nouveau contexte, comment pouvons-nous réinventer la coopération culturelle en Méditerranée? Qui doivent être les principaux acteurs? Quels sont les besoins et priorités aujourd’hui?

A travers des débats tenus à l’université de Taroudant, les représentants des pays ont partagé leurs idées sur ces enjeux et ces questions. Lilia Lahmar de Tanit Arts (Tunisie) a remarqué qu’en temps actuel de crise, les créations artistiques se multiplient, les acteurs artistiques explorent de nouvelles formes artistiques qui créent des visions originales et novatrices en impliquant davantage les communautés locales. Les dix dernières années ont vu la création de nouveaux théâtres indépendants, des compagnies de danse, des groupes de musique, des maisons d’édition, des galeries, des chercheurs culturels, et ainsi de suite. Tous partagent un désir de se démarquer des institutions officielles et d’explorer de nouvelles sensibilités artistiques et littéraires.

Jamal Youssfi de la Compagnie des Nouveaux Disparus (Belgique) relevait la question du clivage entre culture élitiste et populaire. « Quelle égalité est possible entre la culture qui a “les moyens” et celle qui ne les a pas? Pour réduire ce clivage, au-delà des débats interminables, il faut descendre dans la rue, faire un travail de recherche de réflexion auprès des citoyens afin d’arriver à avoir une égalité culturelle pour tous », dit-il. Mohammed El Hassouni de Théâtres Nomades (Maroc) ajoute : « En tant qu’artistes, nous sommes souvent loin de la société. Il faut parler le langage des gens avec lesquels on veut travailler. Il faut travailler au plus proche, pour se nourrir de la matière de gens. L’art ne peut être que proche du peuple. Il faut amener la création contemporaine au quartier. Il faut se demander comment nous, artistes, nous pouvons arriver à penser autrement.»

Il est essentiel que les arts et la culture fassent partie du processus de construction de nouvelles structures politiques et sociales. Parvenir à jouer ce rôle signifie avoir accès aux ressources financières, impliquer les groupes défavorisés et les jeunes, une promotion de programmes d’échanges destinés aux acteurs artistiques et soutenir les espaces culturels indépendants et libres. Eduard Miralles, de la Fondation Interarts et conseiller des relations culturelles à la ville de Barcelone en est convaincu : « Nous devrons promouvoir la culture comme quatrième pilier du développement durable et l’inscrire dans l’Agenda du Développement post-2015 ».[2]

Bien évidemment, la mobilité artistique demeure un besoin de base et un outil pour une coopération sérieuse. Cette rencontre à Taroudant, porteur d’une réflexion intelligente sur l’art et les transformations sociales, a répondu parfaitement à la nécessité d’offrir des espaces d’échange et de création de projets. Vu le succès de cette première édition, le réseau belge de la Fondation Anna Lindh encourage vivement à renouveler cette expérience l’année prochaine.

Le lien vers la vidéo gagnante du concours ici.

 


[1] « Mettre en scène la transition nordafricaine : les productions théâtrales après le printemps arabe », Cleo Jay : http://www.iemed.org/observatori-fr/arees-danalisi/arxius-adjunts/anuari/iemed-2013/Jay%20theatrales%20printemps%20arabe%20FR.pdf

[2] L’intervenant a cité l’initiative mondiale « l’Agenda 21 » qui lutte pour la présence de la culture dans l’Agenda du Développement post-2015.

 

 

Press review

25th April-2nd May

Syrian rebels who received first US missiles of war see shipment as « an important first step » – 28/04/2014 – The Washington Post

Under the leadership of a young, battle-hardened rebel commander, the men entrusted with the first American missiles to be delivered to the Syrian war are engaged in an ambitious effort to forge a new, professional army. Abdullah Awda, 28, says he and his recently formed Harakat Hazm – or Movement of Steadfastness – were chosen to receive the weapons because of their moderate views and, just as important, their discipline.

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Syrian rebels who received first US missiles of war see shipment as « an important first step » – 28/04/2014 – The Washington Post

Under the leadership of a young, battle-hardened rebel commander, the men entrusted with the first American missiles to be delivered to the Syrian war are engaged in an ambitious effort to forge a new, professional army. Abdullah Awda, 28, says he and his recently formed Harakat Hazm – or Movement of Steadfastness – were chosen to receive the weapons because of their moderate views and, just as important, their discipline.

John Kerry warns Israel could become « aparteid State »  – 28/04/2014 – The Daily Telegraph

John Kerry has warned that Israel risks becoming an “apartheid State” if it fails conclude a historic peace deal with the Palestinians, in a graphic indication of his frustration at the collapse of his peace initiative. His blunt comment, made behind closed doors at a meeting of senior international officials, broke a long-standing American taboo on comparing Israel’s treatment of the Palestinians to apartheid-era South Africa, and is certain to damage his already frayed relations with the Israeli political establishment.

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© AP/Ahmed Gomaa. An Egyptian Court has sentenced nearly 700 alleged Morsi supporters.

In Egypt, almost 700 supporters of then President Morsi condemned to death penalty – 28/04/2014 – Le Monde

Minya Court, in Egypt, has condemned to death penalty on Monday 28th April, 683 supporters of the then Islamist president Mohammed Morsi, for acts of violence and murders of policemen. These sentences have now to be approved by the Egyptian mufti, but it is only a formality.

Racism: in North Africa, do Black people are considered as full citizens? – 29/04/2014 – Jeune Afrique

In 2004, Jeune Afrique wondered: “Are North Africans racists?” The evocation of this taboo had provoked many different reactions. Natives or migrants, Black people were outraged to be the target of an unnamed contempt, being insulted everyday: kahlouch (negro), qird (monkey), abid (slave)…

Authoritarianism is back in Iraq: al-Maliki looks at a third term – 29/04/2014 – Orient XXI

Amidst continuing violence and political instability Iraqi people will vote on 30th April 2014. These national elections, the first legislative poll since the American withdrawal from the country, will have an impact on the political transition and the nation-building process. Incumbent Prime Minister Nuri al-Maliki is seeking a third mandate despite his unpopularity and growing political opposition. Does Iraq is heading toward another authoritarian regime?

Southerners gather to demand secession on anniversary of civil war – 29/04/2014 – Yemen Times

Thousands of Southerners commemorated the 20th anniversary of the 1994 civil war on Sunday by gathering at Al-Orod Square in Mukalla City, Hadramout to condemn the division of the South into two federal regions and to renew calls for secession. Demonstrations were slated to be held in al-Mo’ala, Aden, but security forces prevented Southern Movement (al-Hirak) supporters from organizing protests in the former capital of South Yemen, according to Majed al-Shoaibi, a journalist with Southern Movement affiliations.

 

Revue de presse

Du 25 avril au 2 mai

Des rebelles syriens, qui ont reçu les premiers missiles américains, voient la livraison comme un « premier pas important » – 28/04/2014 – The Washington Post

Sous le leadership d’un jeune commandant rebelle endurci par la guerre, des hommes, à qui ont été confiés des missiles américains pour la guerre en Syrie, ambitionnent de mettre sur pied une nouvelle armée, professionnalisée.

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Des rebelles syriens, qui ont reçu les premiers missiles américains, voient la livraison comme un « premier pas important » – 28/04/2014 – The Washington Post

Sous le leadership d’un jeune commandant rebelle endurci par la guerre, des hommes, à qui ont été confiés des missiles américains pour la guerre en Syrie, ambitionnent de mettre sur pied une nouvelle armée, professionnalisée. Abdallah Awa, un jeune homme de 28 ans, raconte que lui et le groupe qu’il a formé récemment, Harakat Hazm (mouvement de la ténacité), ont été choisis pour recevoir ces armes pour la modération de leurs opinions, ainsi que de leur discipline, un point fondamental.

John Kerry avertit Israël de ne pas devenir un « Etat apartheïd » – 28/04/2014 – The Daily Telegraph

John Kerry a averti qu’Israël risquait de devenir un «Etat apartheid» s’il ne signait pas un accord de paix historique avec les Palestiniens. Cette sortie témoigne en des termes peu diplomatiques sa frustration devant l’échec de son initiative pour la paix. Son commentaire, direct, qui a été tenu en huit clos lors d’une réunion de hauts-responsables internationaux, rompt avec un vieux tabou américain sur la comparaison du traitement réservé par Israël aux Palestiniens à la période d’apartheid en Afrique du Sud. Cet épisode ne va pas arranger ses relations déjà tendues avec la classe politique israélienne.

En Egypte, près de 700 militants pro-Morsi condamnés à mort – 28/04/2014 – Le Monde

Le tribunal de Minya, en Moyenne-Egypte, a requis la peine de mort, lundi 28 avril, contre 683 partisans du président islamiste déchu, Mohammed Morsi, pour des actes de violence et le meurtre de policiers. Ces peines doivent désormais être approuvées par le mufti égyptien, une étape considérée comme une formalité.

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© AP/Ahmed Gomaa. Des proches des pro-Morsi condamnés à la peine de mort dénoncent une justice à la solde du régime militaire d’al-Sissi.

Racisme : au Maghreb, les Noirs sont-ils des citoyens comme les autres ? – 29/04/2014 – Jeune Afrique

En 2004, Jeune Afrique s’était posé la question : «Les Maghrébins sont-ils racistes ?» L’évocation du tabou avait provoqué une tempête de réactions dissonantes. Natifs ou migrants, les Noirs s’indignaient d’être les cibles d’un mépris sans nom, essuyant quotidiennement brimades, crachats et noms d’oiseaux : kahlouch (nègre), qird (singe), abid (esclave)…

Retour de l’autoritarisme en Irak : un troisième mandat pour Maliki ? – 29/04/2014 – Orient XXI

C’est dans un contexte de violence et d’instabilité que les Irakiens voteront le 30 avril 2014. Ces élections législatives, premier scrutin organisé depuis le retrait américain, pèseront sur la transition et la reconstruction du pays. Le premier ministre sortant Nouri al-Maliki envisage un troisième mandat malgré son impopularité et une opposition croissante. Un nouvel autoritarisme prévaudra-t-il en Irak ?

Les sudistes se rassemblent pour exiger la sécession lors de l’anniversaire de la guerre civile – 29/04/2014 – Yemen Times

Des milliers d’habitants du sud du Yémen ont commémoré dimanche le 20ème anniversaire de la guerre civile de 1994 sur la place Al-Orod, dans la ville d’al-Mukalla (province de l’Hadramout). Ils voulaient manifester leur opposition à la division du Sud en deux régions fédérales et ont renouvelé leurs appels à la sécession. Les manifestations devaient initialement se tenir à al-Mo’ala, à Aden, mais les forces de l’ordre ont empêché les partisans du Mouvement du Sud (al-Hirak) d’organiser des manifestations dans la capitale de l’ex-Yémen du Sud, selon Majed al-Shoaibi, un journaliste proche du Mouvement.

 

Picture of the week

© Matan Horenstein. On Monday April 28th at 10am, the sirens rang throughout Israel,  people freezing in memory of the six millions Jewish victims of Nazism, on Yom Hashoah, the day of the Holocaust.

 

Photo de la semaine

© Matan Horenstein. Les sirènes ont retenti lundi 28 avril 2014 à 10 heures pendant deux minutes à travers tout Israël, figeant tout un peuple en mémoire des six millions de victimes juives du nazisme, lors de Yom Hashoah, le jour de la Shoah.

 

Door Marjon Goetinck, Medea Instituut 

Het Belgisch netwerk van de Anna Lindh stichting, gecoördineerd door het MEDEA instituut, heeft deelgenomen aan een grote samenkomst rond het thema ‘Kunst: Instrument en Expressie van Maatschappelijke verandering ». Dit evenement werd georganiseerd door het Marokkaanse netwerk van de Anna Lindh-stichting met steun van de Europese Unie en de lokale autoriteiten van het Koninkrijk Marokko. Organisaties van de burgersamenleving van zeven Euro-mediterrane landen ontmoetten elkaar in Taroudant (Marokko), een multiculturele en multireligieuze stad in het zuiden van Marokko.

Meer dan 120 deelnemers uit België, Spanje, Ierland, Luxemburg, Marokko, Zweden en Tunesië van 62 lidorganisaties, werkzaam op het gebied van cultuur en kunst, kwamen samen voor diversiteit van de instrumenten en om de artistieke expressie en het gemeenschappelijk erfgoed van de regio te vieren. Daarnaast is dit initiatief gericht op het mobiliseren van de lokale burgermaatschappij en de kansen voor de lokale gemeenschap te creëren door middel van workshops op scholen, straatvoorstellingen en kunsttentoonstellingen te organiseren.

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Meer dan 120 personen hebben deelgenomen aan het cultureel festival van Taroudant. De artistieke creatie en het idee van een culturele gemeenschap in de Mediterrane regio liggen aan de basis van het festival.

Tijdens de opening van het festival en in het bijzijn van de Marokkaanse minister van relaties tussen het parlement en de burgersamenleving, El Habib Choubani, verteld Mohamed Fahmi, hoofd van het Marokaans netwerk van de Anna Lindh stichting, dat « dit evenement een onderdeel is van het maatschappelijk engagement dat aanwezig is in de Mediterrane regio en de diepgaande veranderingen in onze euro-mediterrane samenlevingen. »

De opstanden die sinds 2010 plaatsvinden, en waarvan enkelen nog aan de gang zijn in vele Mediterrane landen, hebben zowel een directe invloed gehad op de hedendaagse geschiedenis alsook op het paradigma van de culturele samenwerking tussen de twee oevers van de Middellandse zee. Een hele generatie van schrijvers en jonge en dappere artiesten maken gebruik van het podium om zo een sociaal dialoog te creëren en plaats te maken voor kritiek en subversie. [1] De straat staat ook centraal om cultuur te verspreiden, en om uit de gebruikelijke context te stappen. Stedelijke ruimte hebben zich ontpopt tot broeinest van nieuwe ideeën en positieve veranderingen. Hoe kunnen we binnen deze nieuwe context de culturele samenwerking met de Mediterrane regio herontdekken? Wie zouden de protagonisten moeten zijn? Wat zijn de behoeften en prioriteiten vandaag de dag?

Aan de hand van debatten die gehouden worden aan de universiteit van Taroudant, hebben de vertegenwoordigers van de verschillende landen hun ideeën uitgewisseld over deze vragen en kwesties. Lilia Lahmar van Tanit Arts (Tunesië) merkte op dat, in tijden van crisis, artistieke creaties verdubbelen en dat artiesten, met het meer en meer betrekken van lokale gemeenschappen, nieuwe kunstvormen verkennen die nieuwe originele visies teweeg brengen. De laatste tien jaar heeft een opmars gekend van nieuwe onafhankelijke theaters, dansgezelschappen, muziekgroepen, uitgeverijen, galerijen en noem maar op. Allen delen ze het verlangen zich te onderscheiden van de officiële instellingen en nieuwe artistieke en litteraire velden te ontdekken.

Jamal Youssfi van de « Companie des Nouveaux Disparus » (België) haalde de kloof tussen populaire en elitaire cultuur aan « Welke gelijkheid is er mogelijk tussen de culturen die over ‘middelen’ beschikken en diegene die dat niet kan? Om deze kloof te dichten, meer nog dan de eindeloze debatten, moeten we de straat op en samen met de burgers nadenken om samen tot een gelijkheid van culturen te komen. Mohammed El Hassouni van de  » Théâtres Nomades » (Marokko) voegt daar aan toe: « Wij, als artiesten, staan soms ver van de samenleving. We moeten de taal spreken van de mensen met wie we willen samenwerken om ons te voeden met de ideeën van de mensen. Kunst moet dicht bij het volk staan. We moeten de hedendaagse kunst naar hun buurten brengen. We moeten ons afvragen hoe we, als artiest, anders kunnen denken. »

Het is van belang dat kunst en cultuur deel uitmaken van het bouwproces van nieuwe politieke en sociale structuren. Deze rol kunnen spelen betekent toegang hebben tot financiële middelen, het betrekken van kansarme groepen en jongeren, het bevorderen van uitwisselingsprogramma’s voor artiesten en het steunen van onafhankelijke en vrije culturele centra. Eduard Miralles, van de Interarts stichting en raadgever van culturele betrekkingen van de stad Barcelona is hiervan overtuigd: « We moeten cultuur promoten als een vierde peiler van duurzame ontwikkeling en inschrijven op de Ontwikkelingsagenda na 2015 ».[2]

Uiteraard blijft de artistieke mobiliteit een basisbehoefte en een hulpmiddel voor serieuze samenwerking. Deze samenkomst in Taroudant, die intelligente bedenkingen over kunst en sociale verandering met zich mee bracht, heeft helemaal kunnen antwoorden aan de nood aan ruimten voor uitwisseling en projecten. Gezien het succes van deze eerste editie, moedigt het Belgisch netwerk van de Anna Lindh stichting aan om deze positieve ervaring volgend jaar te herhalen.

Om de winnende video te zien klik hier

 


[1] http://www.iemed.org/observatori-fr/arees-danalisi/arxius-adjunts/anuari/iemed-2013/Jay%20theatrales%20printemps%20arabe%20FR.pdf

[2] Eduard Miralles verwijst naar het wereldwijd initiatief «Agenda 21 », die pleit voor de aanwezigheid van Cultuur in de Ontwikkelingsagenda na 2015.