02/04/2014

MEDEA cité dans le nouveau numéro de la revue « Moyen-Orient »

Le nouveau numéro de la revue « Moyen-Orient » (avril-juin 2014) s’intéresse au Conseil de Coopération du Golfe (CCG). L’Institut MEDEA est cité dans ce numéro, suite au colloque co-organisé le 6 septembre 2013 sur « les pays du Conseil de Coopération du Golfe : nouvelles puissances arabes ? ». Ce colloque s’était tenu à la mairie de Paris.

Le numéro « Moyen-Orient » est disponible cette semaine en kiosque.

numéro moyen-orient

© Moyen-Orient.

Présentation :

En mars 2014, une grave crise diplomatique a éclaté au sein du Conseil de coopération du Golfe (CCG), une organisation qui, aux yeux du monde, réunit des monarchies arabes soucieuses de protéger leurs intérêts économiques et d’assurer leur sécurité. En réalité, il existe bien des différends entre l’Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Koweït, Oman et le Qatar, entre des régimes vieillissants et des despotes plus ou moins éclairés. Un premier cliché tombe, le CCG n’étant pas un tout homogène. Et ce ne sera pas le seul. Ainsi, au-delà des gratte-ciel, des excès urbains et des dépenses de milliardaires, il existe de vraies questions intérieures dans des pays touchés par la pauvreté, la discrimination et autres interrogations « citoyennes » qui bouleversent le Moyen-Orient depuis les révolutions de 2011. Les manifestations à Bahreïn sont là pour le rappeler.
Les « printemps arabes » ont aussi souligné le caractère autoritaire de régimes certes stables (pour combien de temps ?), mais enfermés dans une certaine paranoïa : face aux menaces d’un Iran en phase de réconciliation avec les États-Unis, d’un Irak qui n’arrive pas à se relever de près de dix années d’occupation (2003-2011), d’une Syrie déchirée par la guerre civile… Pourtant, ils ont tout traversé : de la révolution islamique de 1979 jusqu’aux soulèvements populaires de 2011, en passant par les attentats du 11 septembre 2011, rien n’a pu les déstabiliser au point de les renverser. Leur poids financier y est sans doute pour quelque chose : le CCG est la onzième économie de la planète en 2013, la plus riche du monde arabe, le cœur de l’industrie pétrolière avec, à sa tête, l’Arabie saoudite, détentrice des plus grandes réserves de brut après le Venezuela (265,9 milliards de barils contre 297,6 milliards en 2012). Cette position, Riyad l’entretient en pesant sur les décisions de politiques intérieures de ses petits voisins, comme l’a démontré la crise de mars 2014, quand le royaume, Bahreïn et les Émirats arabes unis ont décidé de retirer leurs ambassadeurs du Qatar. Les ambitions de Doha sur la scène internationale agacent et il fallait rappeler l’émir Tamim bin Hamad al-Thani (en fonction depuis juin 2013) à l’ordre, au nom d’une officielle voix commune du Golfe.
Dès lors, une question se pose : le CCG est-il le symbole de la puissance arabe dans un Moyen-Orient en transition, où Le Caire et Damas n’ont plus le poids d’antan ? En dépit des différends entre ses membres et de la place médiatisée du Qatar, l’Arabie saoudite est la puissance régionale qui a le plus profité des « printemps arabes » pour réaffirmer sa position de leadership. Les autres monarchies s’alignent, considérant que l’important, c’est la sécurité et la stabilité des pouvoirs en place. Les autorités de Riyad seront-elles capables d’assurer cette vision à long terme ? Le roi Abdallah est âgé de quatre-vingt-treize ans et dirige un pays dont près de la moitié de la population a moins de vingt-cinq ans…

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