21/05/2014

L’intégration politique, stratégique et régionale de la mer Morte : l’enjeu du Canal mer Rouge mer Morte pour la paix au Proche-Orient (Partie 1)

Par Sébastien Boussoisdocteur es sciences politiques, conseiller scientifique de l’Institut MEDEA (Bruxelles), chercheur associé à l’ULB (Université Libre de Bruxelles) et au Centre Jacques Berque (CNRS-Rabat), auteur de Sauver la mer Morte, un enjeu pour la paix au Proche-Orient ?, Armand Colin, Paris, 2012. Il est par ailleurs président du CCMO (Cercle des Chercheurs sur le Moyen-Orient).

Paru dans Journal européen d’hydrologie

La deuxième partie de cette étude est disponible ici.

Envisager le sauvetage de la mer Morte est un vieux débat au Proche-Orient depuis au moins un siècle. Le réchauffement climatique, l’évaporation accélérée de l’eau de par sa nature (10 fois plus salée que n’importe quelle mer au monde), l’exploitation industrielle de potasse sur ses rives, le tourisme de masse pour ses vertus médicales, comme le détournement du Jourdain depuis soixante ans, ont eu raison de l’un des plus importants lacs salés au monde. Entre 1930 et 2010, la mer Morte a en effet perdu un tiers de sa superficie, passant de 1200km2 à seulement 800 km2.

Envisager la coopération de trois pays, Israël, Palestine, et Jordanie sur un projet de canal qui viserait à sauver cet espace maritime transfrontalier unique au monde n’est pas une mince affaire. Beaucoup misent depuis longtemps sur de tels projets régionaux pour relancer la dynamique de paix. Cela passerait par la dynamique bilatérale économique et politique entre Israéliens et Arabes, comme Koby Huberman, cet homme d’affaires qui dirige la société Strategic Landscapes, le pense. Depuis longtemps, cet Israélien croit « en une paix économique avant une paix politique car il y a de plus en plus d’hommes d’affaires juifs et arabes qui montent des projets commun en dehors de toute connotation politique, et ce même de pays arabes n’ayant aucune relation diplomatique avec Israël. »[1] Quant au dossier de l’eau et de la mer Morte, il n’est pour Huberman qu’un prolongement de ce type de coopérations initialement économiques : « Tout cela se fera avec le temps, mais il faudra commencer par la proclamation de l’Etat palestinien et le retour à la souveraineté palestinienne sur les rives de la mer Morte ».

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© Google. Trois pays bordent la mer Morte : Israël, la Jordanie et les Territoires palestiniens. Une coopération tripartite sur un projet de canal avec la mer Rouge pourrait avoir des retombées politiques positives.

Israéliens, Jordaniens et Palestiniens n’ont pas attendu cet hypothétique événement avant de signer entre eux et auprès de la Banque mondiale un accord de principe qui viserait à construire ce grand canal allant de la mer Rouge à la mer Morte. L’idée est donc de construire un canal qui partirait d’Akaba, au bord de la mer Rouge côté jordanien, qui remonterait jusqu’à la mer Morte soit en sous sol soit en extérieur. Le dénivelé entre les deux mers (417m) devrait permettre la construction d’une usine de dessalement, d’une centrale de production électrique; puis de surélever le niveau de la mer Morte à son niveau originel (-395m).

Les origines

En 2002, lors du Sommet mondial du Développement durable tenu à Johannesburg en Afrique du Sud, Jordanie et Israël manifestent leur souhait de construire ensemble un canal reliant les deux mers. Le 9 avril 2005, les trois gouvernements israélien, jordanien et palestinien se retrouvent au Forum Economique Mondial en Jordanie et signent une lettre commune adressée à la Banque mondiale en la sollicitant pour la levée de fonds pour le projet de RSDSC. Le Forum avait lieu sur les rives de la mer Morte, et la lettre des termes de référence du projet fut signée entre les trois ministres concernés, Ghassan Al Khatib, ministre jordanien de l’Eau et de l’Irrigation, Raed Abu Soud, ministre palestinien de l’Eau, et Benjamin Ben Eliezer, ministre israélien des Infrastructures. Alec Mc Phail, ingénieur travaillant à la Banque mondiale depuis 20 ans, est aujourd’hui le responsable en chef du projet au sein de l’institution financière. Il se souvient des prémices: « En 2005, la Jordanie et Israël sont venus nous voir avec le projet de RSDSC et nous ont demandé de trouver le moyen de lever les fonds. Les Palestiniens les ont rejoints aussi et les trois gouvernements ont signé une lettre conjointe qu’ils ont adressée à notre vice-président, Christian Portmann en charge du secteur Moyen-Orient et Afrique du Nord. Tout est parti de là ».[2]

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© Agence Petra. Le roi Abdallah de Jordanie et le président israélien Shimon Peres. Les deux pays ont manifesté leur souhait en 2002 de coopérer pour construire un canal reliant la mer Morte et la mer Rouge.

Ce projet commun est un tournant dans la perception régionale des moyens de solutionner la question de l’eau et de la mer Morte. Pour la première fois, trois entités « s’accordent » à trouver des moyens communs pour un projet commun. On bascule d’une approche unilatérale et nationale – ou chaque pays tentait de trouver sa solution propre – à une conception multilatérale et internationale autour du « Grand Canal ». Eretz Ron, directeur de projet pour le compte de l’État hébreu est lucide sur ce qu’est ce projet au départ scientifique : « C’est un projet surtout politique »[3]. D’une idée israélienne historique, puis israélo-jordanienne, nous parvenons avec l’intégration des Palestiniens comme bénéficiaires du projet à un projet régional avec des acteurs et des bénéficiaires. Mc Phail tient à préciser que « ce projet n’est au départ pas qu’un projet israélien car les urgences provenaient des deux côtés du Jourdain. Il y a un intérêt local mais aussi international, et ce canal que l’on cherche à conceptualiser et réaliser depuis un siècle pourra servir de modèle de coopération et de paix ». Et ce même si l’idée de ce type de canal a été depuis près d’un siècle largement plus anticipée et envisagée par les sionistes et les Israéliens que par les Arabes.

Le projet de canal

Symboliquement, le tracé du RSDSC emprunterait la route de la mer des roseaux citée dans la Bible ; l’idée assez simple sur le papier de transporter de l’eau de la mer Rouge vers la mer Morte se révèlera un chantier majeur d’une dizaine d’années si le projet venait à aboutir. Estimé à 15 milliards de dollars, le projet soutenu et porté par la Banque mondiale depuis 2008 est en cours d’étude de faisabilité par un cabinet indépendant d’ingénieurs parisien, Coyne et Bellier.

Il y a trois projets majeurs liés au « canal » qui dépassent largement la question du sauvetage de la mer Morte. Si la conduite de 180 km est en effet l’axe majeur du projet initial, il faut raisonner en chiffres pour comprendre que le projet est pharaonique et n’est pas qu’un simple canal : on estime à 2 milliards de mètres cubes le transport d’eau qui sera effectué chaque année depuis la mer Rouge, soit environ 5 millions de mètres cubes par jour, destinés aux Israéliens, aux Jordaniens et aux Palestiniens. Il sera construit côté jordanien car il était nécessaire que les Israéliens donnent un gage à leurs partenaires arabes et à la Banque mondiale. Pour pouvoir présenter ce projet comme un projet régional, Tel Aviv avait tout intérêt à accepter l’idée que le canal ne passe ni sur son sol ni ne traverse les Territoires palestiniens ; ce qui avait posé problème  pour le projet de Med Dead avec les Jordaniens. Avec un canal destiné aux trois pays, et traversant le pays le plus pauvre en eau, le projet sur le papier avait plus de chances de sensibiliser la communauté internationale.

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© Banque mondiale. La Banque mondiale soutient le projet de canal mer Morte-mer Rouge depuis 2008. Une étude de faisabilité est en cours par un cabinet indépendant d’experts.

Le second projet envisagé autour du canal serait l’implantation d’une usine hydroélectrique qui fournirait chaque année entre 150 et 250 millions de watts répartis entre les trois pays. Enfin, et pas des moindres, la construction d’une usine de dessalement verrait le jour, à dimension internationale. Quatre endroits avaient tout de même été imaginés pour la construction : à proximité de la mer Morte, au sud du bassin directement,  à près de 50 km, selon le choix des tunnels, pipelines ou canaux ; ou encore directement à Akaba. Actuellement on s’achemine vers une implantation au sud-est de la mer Morte à proximité du village de Feifa. Jusqu’à maintenant, la question du dessalement de l’eau de mer a toujours eu un aspect artisanal. L’objectif ici serait d’en faire un modèle international.

En utilisant l’énergie produite par la centrale hydroélectrique,  il serait possible de produire près de 800 millions de m3 d’eau dessalée répartie ensuite entre les trois pays. Enfin, le restant de l’eau pompée, soit 1200 millions de m3, irait directement dans la mer Morte. A ce rythme, on envisage que « la stabilisation de la mer Morte à -410 mètres pourrait être achevée en 2048 »[4].

Le calendrier des opérations

De la demande initiale jordanienne en 2002 jusqu’à la signature des termes de référence entre les trois pays en 2005, il s’est écoulé encore deux ans entre 2005 et 2006 pour que la Banque mondiale effectue la levée de fonds de 15 millions d’euros nécessaires à l’étude de faisabilité du canal.  En juin 2005, les donateurs initiaux que sont la Banque mondiale et la Banque de développement sont rejoints par huit pays qui participent à hauteur de 16,7 milliards de dollars pour un projet d’étude estimé initialement à 15.

Entre 2007 et 2008, la Banque mondiale a commencé à entamer ses consultations publiques et lancé une série de projets de rapports de faisabilité qui ont démarré en 2009 : janvier 2009 pour les options techniques, mars 2009 pour des prochaines étapes techniques, avril 2009 pour la seconde réunion des donateurs internationaux, mars 2009 pour le lancement d’études alternatives au RSDSC, mars 2009 également pour la désignation des experts indépendants ; avril 2009 avec le cabinet français Coyne et Bellier qui décrocha le contrat face à de grands groupes américains et s’engagea à rendre ses conclusions courant 2011.

En haut de l’organigramme, la Banque mondiale s’entoure d’une équipe de travail dirigée par Alec Mc Phail, d’un comité consultatif  et d’une équipe de consultants. En bas de l’échelle, les gouvernements israélien, jordanien, et palestinien interfèrent via un comité technique d’accompagnement en lien direct avec l’institution financière. Entre les trois strates décisionnelles, le panel d’experts indépendants, le comité des donateurs et le comité technique d’accompagnement assurent la liaison entre Banque mondiale et gouvernements.

Du national à l’international ou la politisation globale du projet : le cas de la France

Si l’Union européenne est discrète sur le projet, les pays membres donateurs tentent de faire fructifier leur investissement dans le projet en termes d’image et de coopération. C’est le cas de la France qui participe au projet depuis le début et a répondu présent dès la levée de fonds, en soutenant directement les trois gouvernements impliqués dans le projet : le président Sarkozy a approuvé le projet de RSDSC en 2008 et Valérie Höffenberg, à l’époque représente spéciale de l’Elysée pour la dimension économique, culturelle et commerciale, éducative et environnementale du processus de paix au Proche-Orient, croit en sa mission notamment dans le domaine de l’eau comme celle d’une mission d’apaisement et de coopération entre des individus et des pays : « Je ne crois pas en une guerre de l’eau, et je défends aujourd’hui comme le président Sarkozy l’idée d’hydrodiplomatie. Nous nous sommes investis et croyons en ce projet car nous pensons que tous les grands projets mondiaux de ce type doivent être parrainés au niveau international ; si les retombées ne sont que régionales, alors nous aurons en partie échoué ». Au nom de la France, elle se rend régulièrement dans la région pour rencontrer les ministres concernés par le projet, des trois gouvernements, que ce soit du ministère des Affaires étrangères israélien, du ministère des Infrastructures, du ministère de l’Eau jordanien ou palestinien. Elle rencontre également les acteurs français impliqués dans des projets politiques hydrographiques en cours dans les territoires palestiniens comme ceux de l’AFD, l’Agence française de développement. « Avant moi, le projet était piloté en cabinet interministériel avec Jean-Marie Linois, mais malgré son immense travail au ministère de l’Ecologie, il n’y a pas eu de suite. J’ai rapatrié l’aspect environnemental de ce grand projet au Quai d’Orsay car c’est un projet global de coopération » nous confiait Valérie Höffenberg[5]. Même si l’on peut difficilement croire en le désintéressement total de la République française à l’égard de ce projet, au vu des titres de Höffenberg, on sait aussi que bon nombre d’entreprises françaises seraient impliquées dans le projet du RSDSC tant il nécessite de compétences et de corps de métiers. Ainsi, elle peut se rendre au nom du Président de la République française afin d’inaugurer ou promouvoir des projets réalisés avec Hervé Conan par exemple, de l’AFD de Jérusalem-est, basée à Sheikh Jarrah. Elle promeut aujourd’hui principalement le projet du RSDSC et croit en son effet stimulant pour la paix : « La France s’engage dans ce projet car elle croit en la paix». Le problème est que le président Sarkozy et sa représentante d’alors, probablement candides de l’extérieur sur les vraies complexités politiques internes que recèle ce projet, semblent soutenir plus qu’un canal mais une « Vallée de la paix » toute entière et faire ainsi de la région d’Arava une Dubaï bis, à tous les coups dangereuse pour l’environnement régional[6]. Munqueth Meyer, de FOEME en Jordanie voit cela avec méfiance : « Le président français ne semble pas réaliser qu’il met les pieds en pleine controverse politique. L’idée serait malvenue de faire plus que le canal, avec des hôtels comme à Dubaï ou des casinos comme c’est le cas à Las Vegas. Cela  dénaturerait toute la région et menacerait l’héritage mondial qu’est la mer Morte et la vallée d’Arava »[7] La représentante spéciale ne l’évoque pas, ne souhaite pas réagir, mais le projet deviendrait alors un vaste projet économique rentable pour la France. On comprend la dimension hautement politique et géopolitique du projet pour qu’il ait été rapatrié d’un ministère « secondaire » à un ministère régalien : « La priorité de ce projet est certes l’approvisionnement en eau mais les effets sur le processus de paix sont multiples : Israël a un intérêt à ce que la Jordanie ne soit pas assoiffée et donc déstabilisée. Les Israéliens ont aussi un intérêt à ce que les Palestiniens aient accès à leur eau. » Lorsqu’on lui suggère pourtant de reconsidérer la redistribution actuelle des zones de contrôle de l’eau et particulièrement auprès des Palestiniens, elle répond sans hésitation en se positionnant clairement du côté israélien : « Mais le circuit palestinien est en piteux état ; les Israéliens aimeraient bien pouvoir augmenter leur débit à leur égard, mais les fuites provoqueront une pollution des nappes phréatiques ».

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© La Tribune. Le projet de canal a attiré l’attention des investisseurs et des pays étrangers. L’Etat français et des entreprises françaises surveillent déjà de près.

En réalité, une grosse partie de l’action de l’Agence française de développement se concentre déjà sur les Territoires palestiniens : solution politique ou non ? En tout cas, les projets visant à améliorer l’état du circuit de distribution palestinien ne manquent pas et l’explication à une telle profusion sur le site du consul général de France  est sans ambiguïté :

« Les Territoires Palestiniens et Jérusalem-est occupent une place unique parmi les pays d’intervention de l’AFD :

 Cet espace politique et géographique, aux contours fragiles et qui regroupe plus de 3,7 millions d’habitants, n’est pas administré par un Etat.

 La situation d’isolement que vit aujourd’hui la bande de Gaza rend très difficile les conditions de vie de sa population, dont le seuil de pauvreté atteint des niveaux records et dont les besoins vitaux sont, massivement et de façon croissante, pris en charge par les organisations internationales.

 En Cisjordanie, la construction du mur de séparation et les restrictions drastiques imposées à la circulation des biens et des personnes restreignent considérablement le fonctionnement et l’essor de l’économie, ce qui accroît encore la dépendance de la population vis-à-vis de l’aide internationale »[8].

Les projets en cours de l’AFD, dirigée par Hervé Conan, sous la tutelle du Ministère de l’Economie et des Finances, du Ministère de l’Intérieur et du Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable, font partie du créneau de l’aide publique au développement et visent les objectifs suivants[9] :

« Projets d’infrastructures communautaires et municipales financés par l’AFD

 Programme d’appui au développement municipal (12 millions d’euros), avec la réalisation d’infrastructures Programme d’appui au développement municipal (12 millions d’euros), avec la réalisation d’infrastructures urbaines dans 21 municipalités de Cisjordanie et de Gaza, sous la supervision d’un fonds municipal (Municipal Development Fund) soutenu par les bailleurs de fonds afin de gérer les projets urbains.

 Programmes d’infrastructures communautaires et de création d’emplois (1) à Gaza (5 millions d’euros) et (2) en Cisjordanie et à Gaza (6 millions d’euros), sous la forme de 93 microprojets d’infrastructures communautaires, réalisés en deux programmes par des ONG locales, sous la supervision de l’organisation palestinienne Welfare Association, visant la création d’emplois temporaires et la distribution de revenus.

 Construction et rénovation d’écoles (5,5 millions d’euros) portant sur huit écoles en Cisjordanie et six écoles à Gaza (150 classes – 6 500 élèves environ).

 Programmes de développement communautaire (1) dans la région d’Hébron et autour de Jérusalem (7 millions d’euros) et (2) dans le nord de la Cisjordanie (3,5 millions d’euros) sous la forme de 101 microprojets de construction ou de réhabilitation de petites infrastructures (extension d’écoles, réseaux d’eau potable, dispensaires, réfection de routes…), réalisés en deux programmes par des petites municipalités, sous la supervision de la Palestinian Economic Council for Development and Reconstruction (PECDAR).

 Rénovation de quartiers dans la ville de Gaza (6,5 millions d’euros), avec la réhabilitation des réseaux d’eau et d’assainissement ainsi que de la voirie de desserte de six quartiers (60 000 habitants environ) et la modernisation du système d’information géographique de la municipalité.»[10]

Si les projets locaux restent encore du domaine essentiellement de l’AFD, le Quai d’Orsay semble davantage attiré par le projet international du RSDSC qui assurera une notoriété probablement bien meilleure aux membres donateurs. Il est toujours difficile pour autant d’évoquer l’ostracisme israélien mais ce qui est certain du côté du Quai d’Orsay, c’est que l’aspect régional l’emporte sur une quelconque responsabilisation israélienne : le passage du national à l’international permet en partie de dédouaner l’une des parties concernées ; elle ne remet pas forcément les charges à plat mais permet d’espérer un apaisement politique : « Nous sommes suspendus aux premiers résultats du rapport de faisabilité et à la fin 2011, nous en saurons suffisamment pour décider de la suite à donner à notre action et notre soutien », poursuit Valérie Höffenberg. Sur la question de l’occupation israélienne des rives de la mer Morte depuis 1967, la représentante optimiste fournit une réponse toutefois évasive : « A l’issue du conflit, les Palestiniens retrouveront les rives de la mer Morte dont ils disposaient avant 1967. C’est pour cela que les Palestiniens ont un intérêt à se mobiliser pour le projet : le manque d’eau est évident et dépasse largement la question du contrôle du Jourdain par Israël. C’est pour cela que je crois que le RSDSC est vraiment une chance pour tous ». Combien la France a-t-elle prévu d’investir dans le projet à venir ? Valérie Höffenberg préfère procéder par étapes : « Je ne sais pas. La France s’est engagée dans le paiement des pré-rapports mais rien ne dit encore à ce stade si elle s’investira dans la réalisation du Canal. »



[1] Interview réalisée le 7 mars 2011.

[2] Interview réalisée en janvier 2011.

[3] Cité dans l’article de Jeremy Sharp, « U.S Foreign Aid to Israel », septembre 2010, crs. 6.

[4] Red sea-Dead sea water Conveyance Study program Feasibility Study, par Coyne-et-Bellier, Public consultation Meetings, juin 2010.

[5] Interview réalisée en décembre 2010 à Paris.

[6] Voir plus loin

[7] Cité dans l’étude de H.S Salem, page 3 :321, op. déjà cité.

[8] http://www.consulfrance-jerusalem.org/france_jerusalem/spip.php?article943

[9] http://www.afd.fr/jahia/Jahia/home/pays-d-intervention-afd/mediterranee-et-moyen-orient/pays-Mediterranee/territoires-palestiniens

[10] idem