19/11/2014

Cinquième rencontre de l’ACM à Marseille : Pour la construction d’une communauté des peuples méditerranéens

Par Sébastien Boussois

Depuis sa création en 2008, l’Assemblée des Citoyens et Citoyennes de la Méditerranée (ACM) vise à favoriser la consolidation de la parole et de l’action citoyennes à travers l’organisation d’activités et de rencontres et la création d’espaces de dialogue. Ses membres participent activement aux requis pour l’émergence d’une citoyenneté et d’une communauté méditerranéennes des peuples. L’ACM s’est aussi dotée d’une Charte constitutive fondée sur les valeurs de démocratie, de liberté, de paix, ainsi que sur le respect de la diversité culturelle et de la responsabilité environnementale.

©Julio Frangen, Cercle ACM  Zagreb | La villa Méditerranée

©Julio Frangen, Cercle ACM Zagreb | La villa Méditerranée

L’ACM a organisé cette année à Marseille (France) à la Villa Méditerranée, sa cinquième rencontre, du 13 au 16 novembre dernier. Dans l’esprit des quatre Assemblées précédentes, celle-ci a mis l’accent à nouveau sur le besoin qu’il y a de favoriser l’émergence d’une communauté méditerranéenne des peuples qui puisse être ancrée dans un espace politique méditerranéen commun. Les événements de ces dernières années ont en effet démontré que les peuples de la Méditerranée étaient en train d’écrire leur destin à travers leur aspiration à la liberté, la consolidation des revendications portées par les jeunes générations et le développement d’actions renforçant la société civile (Tunis, 2011). Les Cercles locaux de citoyens, groupements de citoyens soutenus par l’ACM, sont l’un des éléments permettant de renforcer ces perspectives par leur établissement régulier d’un diagnostic des crises en cours et leur formulation de propositions d’actions communes (Volos, 2012). Les divers conflits qui courent en Méditerranée ont certes un impact sur les modalités d’organisation des sociétés civiles méditerranéennes mais ce n’est pas pour autant qu’ils font barrage à l’action citoyenne (Istanbul, 2013).
Avec le soutien de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, la rencontre était placée sous le thème : «Citoyenneté et construction d’une communauté méditerranéenne des peuples». La Méditerranée n’est pas seulement une mer. C’est aussi une histoire partagée, et un avenir en commun qui reste à construire. Certes, bien des initiatives régionales ont été initiées dans le but de resserrer les liens prévalant entre pays méditerranéens ; mais elles n’ont pas toujours obtenu les effets escomptés.
Partant de ce constat, les participants à la cinquième rencontre de l’ACM ont oeuvré, au regard de leurs expériences passées et présentes et des obstacles qu’ils continuent à encourir, à l’établissement de propositions concrètes pour la poursuite de la construction d’une communauté méditerranéenne des peuples. Outre les membres des Cercles de citoyens et du Conseil Consultatif de l’ACM, cette rencontre a ainsi réuni des experts et des représentants d’institutions publiques concernées par la citoyenneté méditerranéenne.

©Julio Frangen, Cercle ACM  Zagreb | Les participants discutent au sein des agoras

©Julio Frangen, Cercle ACM Zagreb | Les participants discutent au sein des agoras

Les citoyens méditerranéens, réunis dans le cadre de l’Assemblée des citoyens et citoyennes de la Méditerranée (ACM), ont consacré leur première journée d’échanges à la dimension politique, économique et environnementale de la construction d’une communauté méditerranéenne. Sur le front des crises politiques, c’est un tableau sombre et sans appel qui a alimenté les échanges de la matinée, largement consacrée à la dimension politique de l’intégration méditerranéenne bloquée par le conflit israélo-palestinien et la guerre en Syrie. Ces deux conflits ont suscité des débats d’autant plus sensibles que les membres de l’agora ne voient pas de possibles clés de sortie. Puis Le cercle ACM de Tirana a présenté les résultats d’une enquête intitulée : “La Méditerranée, situation actuelle et perspective d’avenir”, à laquelle ont participé 73 personnes de 18 pays méditerranéens. 76 % ont estimé que l’ACM répondait partiellement à ces défis. Dans un climat général de crise dans les pays membres de l’association, les intervenants ont tenté à la fois de poser les principaux problèmes observés, mais également de travailler sur des solutions qui pourraient être proposées par la société civile. Les intervenants ont dressé l’état des lieux déplorable de la construction méditerranéenne. Les institutions, comme les politiques ont échoué.
Lors de la seconde journée, ce furent les dimensions sociales, culturelles et religieuses de la citoyenneté méditerranéenne qui étaient au cœur des débats des rencontres ACM. Les débats ont été organisés autour d’interventions portant sur l’égalité entre hommes et femmes, les migrations, l’intégration culturelle et le rôle de la religion dans l’affirmation de la citoyenneté.

Les participants sont repartis dans leurs pays respectifs, forts de la richesse des discussions, des rencontres avec les nouveaux membres, de la réflexion autour de nouveaux projets entre les Cercles de citoyens, qui encouragent l’ACM à aller encore plus loin pour les années à venir, afin de représenter une véritable force citoyenne pour soutenir les transformations politiques, économiques et sociales, majeures que traversent le bassin méditerranéen. C’est une occasion unique pour elle de se présenter comme une véritable réserve citoyenne et pacifique.

©Julio Frangen, Cercle ACM  Zagreb | La session d'ouverture à la Villa Méditerranée

©Julio Frangen, Cercle ACM Zagreb | La session d’ouverture à la Villa Méditerranée